JO 2026 : Journée décisive pour Calgary

Décidée au cours du premier semestre 2018, l’idée d’une consultation populaire à Calgary (Canada) prend aujourd’hui forme. Après deux journées de vote anticipé plus tôt ce mois-ci, les citoyens de la principale ville de l’Alberta sont en effet appelés à s’exprimer aujourd’hui quant à l’opportunité de présenter une candidature à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2026.

Cette consultation a néanmoins bien failli ne jamais voir le jour après la confusion relative au débat sur la répartition des coûts d’organisation. Au début de l’automne, le Maire de Calgary, Naheed Nanshi, avait en effet adressé un ultimatum aux autorités fédérales canadiennes pour revoir la répartition envisagée entre les trois échelons compétents, à savoir, outre la Ville, la Province et l’État.

Ce mardi 13 novembre, les bureaux de vote seront ouverts de 8h à 20h, heure locale, soit de 18h mardi à 04h mercredi, heure française (Crédits – Calgary 2026)

In fine, le coup de force de l’élu local a conduit à un accord permettant d’assurer un financement public à hauteur de 2,875 milliards de dollars canadiens (1,933 milliard d’euros), sur une enveloppe globale de 5,24 milliards de dollars (3,52 milliards d’euros).

Dans le détail, la Ville de Calgary prendra en charge un investissement de l’ordre de 720 millions de dollars (484 millions d’euros), comprenant notamment deux programmes de rénovation d’infrastructures. La Province de l’Alberta abondera quant à elle avec un financement de 700 millions de dollars (470 millions d’euros), tandis que l’État Fédéral a pris l’engagement de supporter un effort budgétaire de 1,453 milliard de dollars (977 millions d’euros), soit un peu plus de la moitié du coût d’organisation envisagé à la charge des pouvoirs publics.

La bataille de chiffres qui avait précédé la conclusion d’un accord tripartite pourrait toutefois laisser des traces dans l’opinion publique, soucieuse plus que jamais, de la bonne gestion des deniers de la part des Collectivités.

Les opposants aux Jeux et à la candidature de Calgary se sont d’ailleurs engouffrés dans la brèche ouverte par le Maire lui-même. Certains pointent le risque d’un sous-investissement des pouvoirs publics en faveur de projets structurants pour l’ensemble du territoire (transports, etc), tandis que d’autres estiment que l’organisation des Jeux pourrait pénaliser la venue d’entreprises et d’investisseurs en raison d’une hausse éventuelle des taxes et des impôts locaux.

Contrairement à ce qui a pu être mis en place avec succès du côté de Boston (Massachusetts, États-Unis) et de Hambourg (Allemagne) pour les Jeux de 2024, l’opposition à la candidature canadienne ne semble toutefois pas aussi structurée, avec, dans le cas présent, un attelage de divers groupes et associations.

Il n’empêche, l’issue du scrutin référendaire apparaît aujourd’hui très incertaine. Le Maire, qui souhaite un écart significatif et incontestable lors des résultats, regardera évidemment avec beaucoup d’attention la journée de vote.

En cas de victoire du « Oui », la candidature pourra aisément poursuivre son projet et s’avancera en ce sens en direction du printemps 2019 au cours duquel la Commission d’évaluation du Comité International Olympique (CIO) viendra inspecter les sites proposés par Calgary 2026.

En cas de succès du « Non », il conviendra en revanche de fermer la page de la candidature et de renoncer à l’accueil des Jeux, après l’édition de 1988.

Jusqu’à la dernière minute, les porteurs de la candidature de Calgary 2026 vont tâcher de convaincre les indécis (Crédits – Calgary 2026)

Mais même si le « Oui » l’emporte ce soir, rien n’empêchera par la suite le Conseil Municipal de se prononcer pour un retrait anticipé de la candidature aux Jeux au gré des tendances et des mouvements d’opinion. L’organe institutionnel local a en effet le pouvoir de ne plus soutenir le projet à un moment ou à un autre, ce qui entraîne inévitablement, l’abandon de la candidature.

Dans un passé proche, deux Villes Candidates se sont d’ailleurs illustrées par une telle décision, souvent brutale pour les porteurs de projet.

Pour les Jeux de 2022, et en dépit d’un référendum organisé quelques temps auparavant, les autorités d’Oslo (Norvège) avaient fini par renoncer à supporter la candidature aux Jeux d’hiver. Il faut dire que dans ce cas précis – qui pourrait faire jurisprudence pour Calgary – le résultat favorable du référendum avait été obtenu au bout de la nuit après des retournements de situation et avec une majorité relative. En excluant les votes « Non » et Blancs, le « Oui » l’avait ainsi emporté à 53,45% des suffrages.

Plus récemment encore, pour les Jeux de 2024, la Maire de Rome (Italie), foncièrement opposée à l’idée d’une candidature de sa ville pour l’accueil des JO d’été, avait mis ses menaces à exécution en retirant son soutien lors d’une conférence de presse organisée à l’Hôtel de Ville.

(Crédits – CIO)

Quoiqu’il en soit, l’issue du scrutin pourra aussi avoir des répercussions sur la course aux Jeux de 2026 dans son ensemble.

Actuellement au nombre de trois, les Villes Candidates sélectionnées par le CIO pourraient se retrouver à deux dès ce mercredi.

Stockholm (Suède) et Milan / Cortina d’Ampezzo (Italie) poursuivrait alors leur entreprise respective avec des forces, mais aussi des faiblesses, qui pourraient le cas échéant avoir une incidence sur la course. D’ici-là, nul doute que les deux concurrentes européennes et le CIO auront les yeux rivés sur Calgary durant les prochaines heures.

Même à des milliers de kilomètres de distance, l’avenir des deux rivales dépend inévitablement du devenir de la candidature canadienne.

Mais Stockholm et l’attelage italien ne seront pas les seuls à être attentif à l’issue du scrutin. Les villes potentiellement en lice pour 2030 auront ainsi un œil ouvert en direction du Canada, à commencer bien sûr par Salt Lake City (Utah, États-Unis) qui ambitionne depuis plus de cinq ans de présenter une candidature et d’organiser à nouveau les Jeux d’hiver. Dans une moindre mesure, Sapporo (Japon) et Erzurum (Turquie) devraient également suivre les résultats de la consultation populaire de Calgary.

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