JO 2026 : Les citoyens de Calgary rejettent le projet de candidature

Comme pour toute consultation populaire, l’issue du scrutin référendaire organisé ce mardi à Calgary (Canada) paraissait incertaine. Le résultat était en conséquence redouté par les partisans de la candidature olympique et paralympique pour les Jeux d’hiver de 2026.

In fine, les citoyens de la ville de l’Alberta ont rejeté le projet de candidature.

Par 56,4% des suffrages exprimés, les citoyens éteignent ainsi les espoirs et l’ambition de Calgary 2026 qui devrait en toute logique abandonner la poursuite du projet. Soutenue in extremis par les élus du Conseil Municipal au début du mois de novembre, la candidature n’aura donc pas réussi à franchir le cap du référendum et ce, comme bien d’autres prétendantes olympiques par le passé.

La mobilisation des partisans de Calgary 2026 – ici avec le site Internet de la candidature – n’aura finalement pas suffit à renverser une tendance de fond (Crédits – Calgary 2026)

Avec ce résultat, Calgary rejoint la liste des défections affichées pour la course aux JO 2026 et qui comprend notamment Innsbruck (Autriche) et Sion (Suisse), deux cités qui ont elles-aussi été dans l’obligation de se retirer après un vote défavorable de leurs citoyens.

Surtout, Calgary ne fait que confirmer une tendance de fond qui se constate de processus de candidature en processus de candidature.

Malgré les efforts – tardifs – déployés par le Comité International Olympique (CIO) pour revoir la procédure afin d’en réduire le coût et d’en faciliter la compréhension, tant par les villes intéressées que par les habitants des territoires concernés, nombre de collectivités se sont en effet retirées d’une entreprise qui n’a plus vraiment la côte, d’autant plus en ce qui concerne les Jeux d’hiver.

Plus complexes à organiser que l’échéance estivale, en raison principalement des infrastructures spécifiques aux compétitions hivernales et dont la réutilisation post-JO n’est pas pleinement garantie, les Jeux d’hiver sont confrontées à un réel désamour des Villes Candidates et des citoyens. L’édition de Sotchi 2014 et l’instrumentalisation politico-financière de celle-ci a bien évidemment compté dans la perception populaire des Jeux, mais la mobilisation sur le terrain et à présent sur les réseaux sociaux a également été déterminante.

Aujourd’hui, et comme un principe établi, une candidature aux Jeux soulève en effet une opposition de base. Bien qu’elle ne soit pas toujours structurée – ce fut le cas à Calgary avec des mouvements contestataires divers – son efficacité ne se dément pas ou très rarement. Il faut dire qu’avec l’émergence des réseaux sociaux, la diffusion d’informations se fait de manière instantanée et perdure dans le temps en ce qui concerne les arguments qui, de fait, sont bien souvent identiques (coûts des Jeux, exemple des dérapages de Sotchi 2014 ou Athènes 2004, etc).

Dans le cas présent, les atermoiements un temps constaté au plus haut niveau décisionnel – avec en particulier l’ultimatum adressé en octobre dernier par le Maire de la Ville à l’attention du Premier Ministre du Canada – ont sans doute impacté l’opinion publique. Le souvenir des Jeux de Montréal 1974 et de la dette municipale a également dû être un élément-clé qui a conduit au choix des citoyens de Calgary.

(Crédits – CIO)

Désormais, seules deux Villes Candidates vont poursuivre – au moins pour les prochaines semaines – le processus de candidature établi par le CIO pour 2026.

Mais avec des faiblesses potentiellement insurmontables, Stockholm (Suède) et Milan / Cortina d’Ampezzo (Italie) sont aujourd’hui dans une position des plus fragiles.

Du côté suédois, la nouvelle majorité municipale n’est pas franchement enthousiaste à l’idée de soutenir la candidature aux Jeux, tandis que de l’autre côté des Alpes, les autorités nationales italiennes ont pour l’heure adressé un soutien institutionnel tout en refusant toute participation financière pour le bouclage du budget d’organisation.

Cette situation complique par ailleurs le travail du CIO qui, sans envisager pour l’instant un Plan B tel qu’une double attribution 2026-2030 ou tout du moins une réouverture de la procédure de candidature, se retrouve dans un cas de figure similaire à celui des Jeux de 2022 où seules les villes de Pékin (Chine) et Almaty (Kazakhstan) avaient atteint la ligne d’arrivée, le 31 juillet 2015.

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