Roland Garros : Ségolène Royal entre sur le court

Afin d’y voir plus clair et éventuellement de débloquer une situation tendue, un rapport d’expertise a récemment été publié dans le cadre du projet de modernisation du stade de tennis de Roland Garros.

Les conclusions de ce rapport, réalisé par le Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable (CGEDD), à la demande de Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, ont finalement eu pour effet de raviver les tensions et surtout l’impatience de la Fédération Française de Tennis (FFT) pour que son projet puisse enfin avancer.

Mais ce forcing de la FFT ne semble pas émouvoir Ségolène Royal, loin de là.

Ségolène Royal

Ainsi, comme le rapporte aujourd’hui « Le Journal du Dimanche », la Ministre estime que son devoir « est de garantir le bon déroulement de la procédure.

Personne n’est au-dessus des lois.

Je ne souhaite pas polémiquer avec la Fédération, qui était informée de cette mise à l’étude. Elle s’inscrit en droite ligne du discours du Premier Ministre lors de la Conférence environnementale, à savoir la concertation et l’examen des études alternatives ».

Dès lors, rien de surprenant à ce que le rapport d’expertise préconise la réalisation d’une nouvelle étude de faisabilité des deux projets en opposition : celui porté par la FFT et la Ville de Paris et celui défendu par les associations.

Une nouvelle étude qui devrait de fait impacter le calendrier de la FFT et le souhait de cette dernière de pouvoir dévoiler le nouveau Roland Garros avant 2020. Surtout, elle pourrait fragiliser l’apport de Roland Garros à une future candidature olympique.

Vue aérienne du nouveau stade de Roland Garros

Or, le site historique de la Porte d’Auteuil est l’un des éléments-clés et constitue l’une des forces majeures d’un éventuel dossier de la capitale française.

Ségolène Royal semble en avoir conscience, mais selon elle, « rien ne serait pire que de donner le signal que les JO conduisent aux destructions des rares espaces naturels classés de Paris ».

Une référence explicite aux arguments des uns et des autres relatifs au projet d’aménager un nouveau court semi-enterré de 4 950 places dans la zone des Serres d’Auteuil. Il s’agit en effet du point de crispation principal entre les responsables de la FFT et les opposants au projet officiel.

Pour la Maire de Paris en tous cas, les retards de la modernisation et de l’extension de Roland Garros (XVIe arrondissement) pourraient avoir des conséquences graves vis-à-vis du Comité International Olympique (CIO).

Anne Hidalgo « s’inquiète du retard pris par ce projet indispensable au maintien de ce tournoi international à Paris. Le calendrier de livraison serait alors, au mieux, à échéance 2025 ou 2026.

A l’heure où Paris envisage de s’engager dans une candidature aux Jeux Olympiques de 2024, un tel retard pris dans l’extension de Roland Garros serait un très mauvais signal envoyé au CIO. Il réduirait considérablement nos possibilités de l’emporter ».

Roland Garros - serres d'Auteuil

Dans les prochaines semaines, la Commission Supérieure des Sites va émettre un avis concernant les permis de construire à accorder à la FFT pour débuter les travaux.

Si cet avis ne lie pas Ségolène Royal, elle pourrait toutefois s’y référer, soit pour accorder tout ou partie des trois permis en attente. Ainsi, les projets qui ne prêtent pas à débat seraient confirmés, mais l’aménagement des Serres d’Auteuil pourrait être retoqué.

Comme elle l’a précisé, « que va-t-il se passer ? Il va y avoir des contentieux.

Alors ne vaut-il pas mieux bien faire les choses en amont et avoir des bases juridiques solides lorsque les permis seront délivrés plutôt que de les voir annulés par la suite ?

C’est un très mauvais calcul de la Fédération de vouloir passer en force, surtout sur un site classé ».

La bataille est donc loin d’être achevée et nul doute que les porteurs des projets alternatifs à Paris – Gonesse, Marne-La-Vallée et Versailles – recalés en 2011, se frottent aujourd’hui les mains en constatant le blocage subi par le projet de la capitale alors que les initiatives de délocalisation auraient pu être bouclées dans les temps impartis.

En espérant peut-être que la FFT décide in fine et en dernier recours, de ré-ouvrir la procédure qu’elle a pourtant écarté très tôt afin de conserver le site historique de 1928.

Illustrations : Crédits – Portail du Gouvernement / FFT

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