JO 2024 : Le contexte politique italien, principale faiblesse du projet de Rome ?

Pour les Jeux Olympiques d’été de 2020, Rome faisait figure de favorite jusqu’à son retrait surprise avant même le dépôt officiel de sa candidature.

La capitale italienne renonçait alors à son ambition d’accueillir une deuxième fois l’événement planétaire, après l’édition des JO 1960, en raison d’un contexte politique et économique particulièrement défavorable.

Basant son projet sur l’héritage du Parc Olympique Foro Italico ainsi que sur l’aménagement de nouvelles infrastructures dans des quartiers-clés de la ville, Rome 2020 présentait pourtant un concept compact à l’image de Tokyo 2020.

L’ancien Président du Conseil, Silvio Berlusconi, avait soutenu l’initiative portée par le Comité Olympique Italien. Mais son successeur, imposé par l’Union Européenne, Mario Monti, n’était pas de cet avis, refusant de fait d’accorder les garanties financières indispensables à la poursuite d’une aventure olympique incertaine avec une concurrence européenne (Madrid) et internationale (Tokyo et Istanbul) forte.

Foro Italico - tennis - Rome

Mais l’élection de Tokyo pour organiser les JO 2020 a ouvert la voie à l’Europe pour l’échéance 2024.

Rome devrait se lancer dans la course, de même que plusieurs villes qui ont déjà annoncé leur intention de soumissionner, à l’image de Hambourg ou Berlin (Allemagne), tandis que d’autres devraient venir progressivement, comme Paris (France) ou Istanbul (Turquie) voire même Madrid (Espagne).

Mais le « Vieux Continent » devra aussi compter avec la volonté exacerbée des États-Unis (Boston, Los Angeles, Washington DC…) mais aussi de l’Afrique (Durban…).

Dès lors, quelles peuvent être les chances de la « Ville Éternelle » sur la scène olympique ?

Comme pour 2020, Rome disposera d’un solide concept axé sur le Foro Italico, emblème de la ville et symbole d’une reconversion olympique réussie et maîtrisée. Des infrastructures parmi les plus importantes – et coûteuses – des Jeux n’auraient pas à être construites, comme par exemple le Stade Olympique, le Centre Aquatique ou encore le Stade de tennis, ce qui réduira d’autant plus le budget global de l’organisation.

Mais la capitale italienne devra surmonter un handicap majeur et peut être même insurmontable jusqu’à un changement radical de gouvernance : l’instabilité politique en Italie.

Matteo Renzi

Depuis l’installation de la candidature de Rome 2020, le 19 mai 2010, quatre Présidents du Conseil se sont succédé à la tête du Palais Chigi : Silvio Berlusconi (2008-2011), Mario Monti (2011-2013), Enrico Letta (2013-2014) et désormais, le très probable Matteo Renzi, actuel Maire de Florence.

En fin de semaine, le jeune loup de la politique italienne a en effet provoqué une sorte de « coup d’État » interne, en forçant Enrico Letta à la démission. Dès demain, le Président de la République, Giorgio Napolitano, devrait confier à Matteo Renzi, le soin de former une nouvelle équipe gouvernementale.

Jusqu’à quand cette dernière tiendra la barre du pays ? Personne ne peut le prédire aujourd’hui. Mais nul doute qu’une nouvelle vague d’élections, démissions… provoquerait une fissure profonde dans le dossier olympique de l’Italie et un manque certain de crédibilité.

Car bien que le pays demeure une nation puissante aux yeux du Comité International Olympique (CIO), elle n’en demeure pas moins une économie encore fragile, une fragilité accrue par le mal italien à trouver une issue durable à la crise de gouvernance.

Un pays tel que les États-Unis pourrait alors faire figure de recours à une situation politique et économique instable. Rome aurait alors un deuxième échec consécutif à son actif. Un échec qui anéantirait sûrement les chances italiennes pour les décennies à venir.

Illustrations :
– Vue d’ensemble du Foro Italico avec au premier plan le Stade de tennis et en arrière plan, le Stade Olympique (Crédits – Page officielle Facebook)
– Matteo Renzi (Crédits – Page officielle Facebook)

6 pensées

  1. Une candidature de l’Italie serait vraiment une belle et bonne chose !

    D’abord parce que l’Italie n’a connu que les JO à une seule reprise, et ça fera 64 ans, c’est déjà pas mal ! C’est autant que Londres entre 1948 & 2012. Donc déjà un avantage, par rapport à des possibles candidatures allemande ou espagnole (qui ont eu les JO en ’72 et ’92). Mais vu que les JO 2020 seront déjà dans une ville au passé olympique, cela peut jouer en la faveur d’une ville nouvelle dans un pays qui n’a encore jamais eu les JO (comme l’Afrique du Sud, ou la Turquie par exemple).

    Ce serait également une excellente chose pour le Mouvement Olympique puisque un grand nombre de sites existent d’ores et déjà, dans un bon état, et dans un Parc magnifique. Donc déjà beaucoup de coût en moins, ce qui plaira au CIO et aux italiens ! Une chose qui serait plus difficile à prouver pour Milan, ou même pour la France.

    Un atout aussi pour l’économie du pays et de la région, car cela redynamisera ce pays qui a été durement touché par la Crise. De même, aux vues de la qualité des infrastructures des JO d’hiver de 2006 à Turin, dont les coûts étaient restés modérés, cela est bon signe, d’autant plus avec un projet aux dépenses réduites.

    C’est vrai que dans tout ce panel de bonnes choses, le gros défaut, c’est la stabilité politique du pays. Alors certes, il est connu que les Italiens n’aiment pas beaucoup les politiciens et ont une confiance toute singulière à leurs égards… & d’ici 2024 la situation pourrait se stabiliser durablement s’ils ont un bon leader. Mais en attendant, cela ne figure rien de bon, car un nouveau Président pourrait être opposé à l’idée d’une candidature… Donc tout stopper… Il faut croiser les doigts que les choses s’arrangent, et offre une candidature superbe !

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    1. Concernant le désir du CIO de visiter une ville nouvelle, n’ayant jamais accueilli les Jeux, je pense que l’expérience de RIO 2016 sera déterminante. En fonction de comment se déroule l’événement olympique, le CIO ouvrira encore ses portes ou au contraire, les refermera sur des nations sûres.

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    2. Oui et Non ! Oui car effectivement le Parc Olympique est l’ atout indéniable de la capitale italienne, l’expérience des organisations est également positives.

      Mais pourquoi non ? Car malgré ces avantages l’Italie à été servie très récemment, en 2006 avec Turin justement (JO d’hiver, mais JO quand même), alors que L’Afrique qui n’a jamais accueillie les jeux, la Turquie qui (même si pour moi se concentrera plus sur l’Euro 2024) seront très fortes.

      Concernant, Paris elle n’a certes pas de Parc Olympique mais les équipements sportifs vers le Sud-Ouest parisien « Roland Garros, Parc des Princes, Stade Jean Bouin, le futur Arena 92,etc… » peut également l’avantagé et fait office de « Parc », il manque en gros une piscine olympique, un bassin d’eau vives qui sera d’ailleurs en construction d’ici 2016,et quelques équipements mineurs (temporaire).

      Pour finir, Rome n’a pas eu les jeux d’été depuis 64 ans, que dire de la ville lumière… 90 ans !

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