Héritage : L’ancien Maire de Rome face à la gestion des terrains du Village Olympique de 1960

Premier Magistrat de Rome de 2013 jusqu’à sa démission forcée en 2015, Ignazio Marino fut l’un des porteurs de la candidature olympique et paralympique de Rome 2024 avant d’en être l’un de ses plus farouches détracteurs.

Cette semaine, l’ancien élu du Parti Démocrate n’est pas revenu sur la question de la candidature italienne, mais a néanmoins évoqué sa mésaventure olympique lorsqu’il est arrivé au Capitole.

(Crédits - Ignazio Marino / Page officielle Facebook)

(Crédits – Ignazio Marino / Page officielle Facebook)

Dans une interview pour le site « Wanted In Rome », Ignazio Marino rappelle en effet que « l’une des premières choses que j’ai découvert en 2013 a été tout sauf encourageant : la ville de Rome n’avait pas encore fini de payer une part des terrains utilisés pour l’aménagement du Village Olympique des Jeux de 1960 ».

Si le financement du site est resté une problématique majeure pour les services de la capitale italienne, il faut aussi se souvenir que ce nouveau quartier hérité de l’organisation des JO d’été n’a pas connu une reconversion optimale après la clôture de l’événement.

Des acheteurs et des locataires ont bien entendu pris possession des lieux, mais ces derniers se sont progressivement détériorés jusqu’à devenir un îlot d’habitations relativement vétustes.

Un plan de rénovation avait toutefois été acté en 2008 mais les moyens financiers furent in fine réorientés sur d’autres projets.

(Crédits - Francesca Oggiano / Invision / LUZphoto)

Vue du quartier résidentiel, héritage du Village Olympique de 1960 (Crédits – Francesca Oggiano / Invision / LUZphoto)

Ignazio Marino avait pourtant vanté le modèle des Jeux de Rome 1960 lorsqu’il était favorable à la candidature de Rome 2024.

« Je me souviens des Jeux de 1960 qui ont été le symbole de l’essor économique, de la prospérité et de la croissance en Italie et en Europe au sortir de la tragédie de la guerre.

[…] Il n’y aura pas d’éléphants blancs en 2024 et de travaux inutiles. Il y aura toujours le lien d’une ville portée par son passé et tournée vers l’avenir.

Notre projet s’engage à régénérer le territoire et à renforcer la modernisation des infrastructures déjà bâties. Nous voulons bien faire les choses, avec simplicité et sans gaspillage » avait notamment affirmé l’ancien élu en juillet 2015, en marge d’une visite au siège du Comité International Olympique (CIO).

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JO 2024 : Le CIO conforte les Villes Candidates mais fait un premier constat amer

Avec l’apport de l’Agenda 2020 et le « big bang » de la procédure des candidatures, le Comité International Olympique (CIO) a revu à la fois la cadence des présentations officielles, mais aussi l’étude des dossiers techniques.

Ainsi, du fait de la suppression de la phase dite de « requérance », le CIO a institué un processus de deux ans découpé en trois étapes. Les deux premières étaient constituées du dépôt des premiers volets techniques – le 17 février 2016 et le 07 octobre 2016 – tandis que la troisième a été fixée au 03 février 2017.

A cette date, les trois Villes Candidates que sont Los Angeles (États-Unis), Budapest (Hongrie) et Paris (France), devront remettre le volet consacré à la livraison des Jeux, à l’expérience et à l’héritage olympique.

(Crédits - CIO)

(Crédits – CIO)

Mais avant cette échéance, le CIO a tenu à faire un point sur le processus actuel. Cette semaine, la Commission Exécutive de l’instance olympique a donc étudié le Rapport d’avancement présenté par la Commission d’évaluation des Villes Candidates.

Sur la base de celui-ci, la Commission Exécutive a décidé de confirmer la présence de Los Angeles, Budapest et Paris dans la course pour l’obtention des Jeux d’été de 2024.

« Il n’a été relevé à ce stade aucun problème majeur qui justifierait qu’une Ville en particulier ne passe pas à l’étape suivante.

[…] Durant l’étape 3, en avril-mai, la Commission d’évaluation du CIO se rendra dans chaque Ville, avant de publier un rapport final qui sera communiqué à l’ensemble des membres du CIO et rendu public avant la séance d’information sur les Villes Candidates 2024 destinée aux membres du CIO et Fédérations Internationales des sports olympiques d’été prévue en juillet 2017″ a précisé le CIO dans un communiqué.

L’institution de Lausanne (Suisse) a par ailleurs officialisé les dates relatives aux visites de la Commission d’évaluation.

Conformément au tirage au sort effectué en décembre 2015, Los Angeles sera la première des Villes Candidates à recevoir la délégation conduite par Frank Fredericks. La « Cité des Anges » sera ainsi inspectée du 23 au 25 avril 2017.

Le mois de mai sera ensuite plus chargé pour la Commission d’évaluation, puisque cette dernière visitera Budapest du 10 au 12 mai, puis Paris du 14 au 16 mai.

L’inspection parisienne aura lieu une semaine à peine après le deuxième tour de l’élection présidentielle (07 mai). La Commission pourrait dès lors s’entretenir avec le Président élu, même si ce dernier n’entrera officiellement en fonction que quelques jours plus tard.

Présentation de l'Agenda 2020 par Thomas Bach, lors de la 128e Session du CIO, le 02 août 2015 (Crédits - CIO / Ian Jones)

Présentation de l’Agenda 2020 par Thomas Bach, lors de la 128e Session du CIO, le 02 août 2015 (Crédits – CIO / Ian Jones)

En marge de ces annonces, le Président du CIO a fait un premier bilan du processus nouvellement mis en place pour les candidatures, dressant à cette occasion un constat quelque peu amer.

« Nous devons examiner en profondeur le processus des candidatures au-delà de 2024. Nous sommes satisfaits pour 2024 mais nous constatons que depuis l’adoption de l’Agenda Olympique 2020, il y a dans la sphère politique davantage de changements qui s’opèrent dans les mécanismes de prise de décisions.

On assiste dans de nombreux pays, et pas seulement en Europe mais sur d’autres continents également, à la montée de mouvements populistes et contestataires qui posent un certain nombre de questions sur la procédure de candidature » a notamment affirmé Thomas Bach.

A ce moment-là, le Président du CIO devait indéniablement penser au retrait de Rome (Italie) consécutif à l’arrivée au Capitole, du « M5S » et de Virginia Raggi, farouche opposante à la candidature italienne pour 2024.

Thomas Bach devait également penser à la récente élection de Donald Trump à la Maison Blanche et à l’échange téléphonique qu’il a eu avec ce dernier il y a peu.

« Nous avons besoin de revoir la procédure actuelle car elle produit trop de perdants.

On peut se réjouir d’un grand nombre de candidats mais très vite, le processus produit de nombreux perdants alors que le but est de trouver le meilleur hôte » a par ailleurs déclaré Thomas Bach.

Il faut dire que l’un des objectifs de l’Agenda 2020 était de faire revenir les villes dans le giron du CIO et ce, après deux scrutins olympiques marqués par une raréfaction des postulants (trois pour 2020, deux pour 2022).

Or, malgré la réforme – qui a notamment consisté à une baisse des frais liés au droit de candidature – la course pour 2024 entre désormais dans un manège à trois, alors que cinq villes avaient officiellement fait acte de candidature au cours de l’année 2015.

Outre les « survivantes » Los Angeles, Budapest et Paris, il y avait en effet Rome comme indiqué précédemment, et Hambourg (Allemagne).

Notons par ailleurs la présence de Boston, première des candidatures américaines.

Toutefois, la méfiance populaire à l’égard de la machine olympique et de ses dirigeants a eu raison de ces trois dernières candidatures au travers de trois issues distinctes : l’arrivée d’un mouvement politique contestataire pour la première, la tenue d’un référendum pour la seconde, et enfin la succession de sondages plus alarmistes les uns que les autres pour la troisième.

La course pour 2024 est loin d’être terminée.

Des rebondissements ne sont pas à écarter d’ici le 13 septembre 2017 et l’élection de la Ville Hôte. Quoiqu’il en soit, le CIO devra en tirer les enseignements en gardant aussi à l’esprit les préparatifs des prochaines échéances, à savoir PyeongChang 2018, Tokyo 2020 et Pékin 2022.

JO 2024 : Thomas Bach remercie Rome pour « l’exceptionnel travail qui a abouti à un excellent projet »

Dans un langage des plus diplomatiques, le Président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach, a adressé un courrier – en date du 14 octobre 2016 – à l’attention du Président du Comité Olympique Italien (CONI), Giovanni Malago.

Sur moins de deux pages, Thomas Bach remercie ainsi l’engagement des autorités sportives et politiques italiennes pour la candidature de Rome 2024, tout en regrettant la décision issue du Conseil Municipal et de la Maire, Virginia Raggi.

D’ailleurs, cette dernière n’est jamais citée dans le document et les autorités municipales ne sont évoquées que brièvement pour pointer une décision motivée par des considérations politiques.

Si le Président du CIO assure l’Italie que la coopération entre l’institution olympique et les autorités transalpines ne souffrira d’aucun écueil, il est tout de même difficile d’imaginer que le retrait de Rome – moins de cinq ans après un premier désistement causé par des considérations politico-économiques – n’ait pas de répercussion sur les prochains échanges.

Bien qu’il soit partiellement revenu sur son propos au cours de récentes déclarations, Giovanni Malago a sans doute eu conscience de cette problématique, allant jusqu’à écarter l’idée d’une nouvelle candidature olympique de l’Italie pendant « 30 à 50 ans ».

Quoiqu’il en soit, le retrait de la candidature de Rome 2024 pose de nouvelles questions au CIO et à sa stratégie olympique.

Giovanni Malago et Thomas Bach lors des festivités du centenaire du Comité Olympique Italien, en 2014 (Crédits - CONI)

Giovanni Malago et Thomas Bach lors des festivités du centenaire du Comité Olympique Italien, en 2014 (Crédits – CONI)

Monsieur le Président,

Cher ami Giovanni,

Nous vous remercions de votre lettre en date du 11 octobre 2016. Le CIO a pris note du retrait de la candidature de Rome pour les Jeux de la XXXIII Olympiade, après le vote du Conseil Municipal.

Au regard des informations que nous avons reçu au cours des derniers jours, il est clair que la décision du Conseil Municipal a été motivée par des raisons politiques, au-delà du projet olympique.

Le CIO est pleinement conscient que ce fut une décision très difficile à prendre pour le CONI et ce, alors que la candidature bénéficiait du soutien de tous les autres niveaux de gouvernement en Italie et de la population de Rome et de l’Italie.

Je tiens à remercier le CONI et le Comité de Candidature pour leur exceptionnel travail qui a abouti à un excellent projet pour une candidature durable, réalisable et transparente, dans la lignée de l’Agenda Olympique 2020. Il ne fait aucun doute que ce projet aurait laissé un effet positif et un héritage durable pour la ville de Rome, pour la région du Latium, projet auquel le CIO aurait pu contribuer à hauteur d’un investissement d’environ 1,7 milliard de dollars.

Puis-je également vous demander de transmettre les remerciements du CIO au Gouvernement de l’Italie, au Conseil de Gouvernement et au Conseil Régional du Latium et à tous les Italiens qui ont tant soutenu cette candidature.

Soyez assuré que les excellentes relations entre le CIO et le CONI ne seront pas affectées par cette décision. Nous allons continuer à travailler en étroite coopération avec le CONI pour promouvoir et développer les sports olympiques en Italie.

Vous souhaitant à vous, à tous les membres de vos équipes du CONI et de la candidature, le meilleur pour un avenir prospère.

Cordialement,

Thomas Bach

JO 2024 : Pour Rome, l’aventure prend fin avec une vidéo et un dossier de candidature inachevé

Inéluctable depuis l’annonce de Virginia Raggi à la fin du mois de septembre dernier, le retrait de la candidature olympique et paralympique de Rome 2024 devait encore être officialisé auprès du Comité International Olympique (CIO) par l’intermédiaire du Comité Olympique Italien (CONI).

C’est désormais effectif, après la conférence de presse du Président du CONI, Giovanni Malago, survenue en ce début de semaine.

Malgré l’officialisation de ce retrait – le deuxième d’une candidature de Rome après celui pour les JO 2020 – le CONI a tout de même rendu public le second volet du dossier technique consacré à la gouvernance, aux aspects juridiques et au financement des sites.

Ce volet, transmis au CIO par les trois autres Villes Candidates et dont « Sport & Société » a présenté un compte-rendu détaillé pour chacune (Los Angeles ; Budapest ; Paris), présente notamment une actualisation du concept initialement proposé.

Si l’esprit et l’héritage des JO 1960 sont toujours présents, la volonté de poursuivre et surtout d’achever l’aménagement de certains quartiers est également à l’ordre du jour. Cette volonté s’exprime par exemple au travers de la dernière vidéo publiée par le Comité de Candidature.

Reprenant les éléments de langage du communiqué de presse ayant suivi la décision de la Maire de Rome, la vidéo se base surtout sur la richesse du patrimoine de la « Ville Éternelle » et s’attarde de longues secondes sur le projet encore inachevé de la « Citta dello Sport » dans le quartier de Tor Vergata.

Ce projet – dont le coût a sensiblement augmenté au cours des dernières années pour avoisiner la somme de 600 millions d’euros – fut l’un des arguments de la Maire de Rome pour dénoncer la pertinence de la candidature et refuser d’apporter un quelconque soutien institutionnel, politique et surtout financier.

Visuel du projet de Citta dello Sport à Tor Vergata (Crédits - Roma 2020)

Visuel du projet de Citta dello Sport avec l’aménagement de deux arènes multifonctionnelles à Tor Vergata (Crédits – Roma 2020)

L’absence de soutien de la part de la Municipalité a d’ailleurs été mentionnée dans le volet technique consacré à la gouvernance.

Le Comité de Candidature de Rome 2024 expose notamment que « le 29 septembre, le Conseil Municipal a voté le retrait de son soutien à la candidature, même si aucune confirmation officielle n’a encore été reçue ».

Ces quelques mots sont les seuls éléments qui figurent dans le dossier, le reste du document étant dédié à l’apport de garanties sur la forme de gouvernance qu’aurait pu prendre le Comité d’Organisation des JO 2024, ou encore sur le financement des sites.

Faute de soutien de la part des autorités, une part importante de cette dernière caractéristique n’a pas été compilée au sein du dossier de candidature. En effet, si l’on mesure bien un budget hors-COJO d’un montant de 2,860 milliards d’euros (2,596 milliards d’euros), il est en revanche difficile de parvenir à une estimation claire de la partie COJO.

Il est toutefois possible de remarquer l’évaluation d’une modernisation du Stade Olympique du Foro Italico pour 50,54 millions de dollars (45,9 millions d’euros) ou encore une enveloppe de 883,336 millions de dollars (802,243 millions d’euros) pour la construction du Village des Athlètes à Tor Vergata, près de l’Université du même nom.

Concernant le site de la « Citta dello Sport », un investissement global de 569,46 millions de dollars (517,182 millions d’euros) a été inscrit au dossier, dont 542,11 millions (492,34 millions d’euros) à la charge de financements publics.

Sur ce dernier point, et au-delà de ces quelques chiffres, ce qui frappe surtout à la lecture du dossier, c’est la place importante accordée aux pouvoirs publics.

Ainsi, le dossier de candidature mentionne que « tous les investissements liés à de nouvelles infrastructures ou à des travaux permanents sur des sites existants seront financés par le Gouvernement italien.

La seule exception concerne le nouveau Stade de l’AS Roma qui sera assuré par un financement privé ».

Ce modèle de financement n’est pas sans rappeler ici celui récemment annoncé par le Comité de Candidature de Budapest 2024.

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Sur le plan de la gouvernance, Rome 2024 avait prévu d’établir – en cas de succès de la candidature – un Comité d’Organisation, dont les membres auraient été nommés par le Gouvernement Italien, la Ville de Rome, la Région du Latium, le CONI et le Comité Paralympique Italien (CIP).

Les membres italiens du CIO, des représentants du CONI et du CIP auraient également siégé au sein de l’instance décisionnelle, de même que d’anciens sportifs emblématiques.

Au côté du COJO, une Agence de Planification Olympique (AGENZIA) aurait été installée afin de livrer les infrastructures nécessaires aux Jeux.

Au dessus de ces instances, et sur le modèle de ce que propose Budapest 2024, un Conseil Olympique aurait été chargé de superviser l’ensemble des projets.

Comme pour sa rivale hongroise et comme pour l’aspect portant sur le financement des sites, la candidature italienne aurait alors misé sur une forte présence du monde institutionnel et politique, ce dernier étant représenté à divers échelons.

Ainsi, selon les termes évoqués dans le dossier de candidature, « le Conseil Olympique sera mis en place et comprendra des représentants du Gouvernement italien – coordonné par le Bureau du Président du Conseil italien – ; le Maire de Rome ; le Président de la Région du Latium ; le Président du COJO ; le Président du CONI et le Président du CIP.

Ce Conseil Olympique sera chargé d’assurer la supervision, la coordination stratégique et le suivi du projet olympique et paralympique.

Il sera présidé par le Président du Conseil italien et inclura un représentant de l’Agence Nationale de Lutte contre la Corruption (ANAC) pour assurer les plus hauts standards de transparence et de responsabilité dans toutes les étapes de la planification des Jeux et de leur livraison.

Le Conseil supervisera également la mise en place du COJO et de l’Agenzia, instance en charge de la livraison des infrastructures qui sera créée par une Loi Olympique ».

Concernant l’héritage des Jeux, Rome 2024 aurait instauré un Groupe de travail sous la direction du Conseil Olympique.

Ce Groupe aurait été composé de représentants du COJO – sous la responsabilité du Directeur de l’Héritage – mais également du Gouvernement italien, de la Ville de Rome, de la Région du Latium, du CONI, du CIP, des Universités de Rome, dont celle de Tor Vergata, sans négliger non plus des représentants de la Chambre de Commerce de Rome, et plus étonnant, du groupe audiovisuel de la RAI.

Les Organisations Non-Gouvernementales et les associations environnementales auraient par ailleurs été associées à la conception de la planification du projet d’héritage.

Vue aérienne du Stadio Olimpico de Rome (Crédits - Roma 2024)

Vue aérienne du Stadio Olimpico de Rome (Crédits – Roma 2024)

Enfin, en ce qui concerne le domaine sensible mais toujours essentiel du soutien populaire, Rome 2024 a mentionné dans son dossier de candidature, un sondage réalisé par l’institut IPSOS en septembre 2016.

Selon cette enquête*, 63% des Romains et 67% des Italiens ont affirmé souhaité que Rome puisse accueillir les Jeux.

Bien que ces chiffres soient plus que positifs, il est cependant intéressant de constater un recul de l’engouement de la population pour la candidature. Si l’on se réfère à un précédent sondage – publié le 19 janvier 2016 par le même institut – 66% des Romains et 77% des Italiens se déclaraient alors favorables à l’accueil des Jeux.

Peut-être conscient de cette érosion, le Comité de Candidature a retenu du dernier sondage la perception des Jeux auprès de la population.

Dans le détail de la dernière enquête, 82% des sondés ont ainsi indiqué que l’organisation des Jeux serait un boosteur pour l’économie et l’emploi, tandis que 78% ont mentionné la promotion d’une image positive de l’Italie sur la scène internationale.

(Crédits - Virginia Raggi / Page Facebook)

(Crédits – Virginia Raggi / Page Facebook)

Si différents critères ont pu entrer en ligne de compte pour justifier la décision de la Maire de Rome, il paraît évident que Virginia Raggi a fondé son choix sur la crainte d’un dérapage des coûts.

Elle l’avait d’ailleurs évoqué quelques semaines avant de prendre sa décision, en rappelant notamment la dette laissée par la Coupe du Monde de football de 1990.

Une telle crainte n’était peut-être pas infondée, en particulier lorsque Virginia Raggi a dû prendre connaissance du volet consacré au financement des sites, et lorsqu’elle a fait le constat du poids majeur attendu du financement public, ainsi que de la situation politique et économique de la ville et plus largement de l’Italie.

Une chose est sûre : avec le retrait de Rome, l’hécatombe olympique se poursuit, au grand dam du CIO.

* Sondage réalisé auprès d’un échantillon représentatif composé de 2 300 personnes.

JO 2024 : Après la décision de Virginia Raggi, réaction du Comité de Candidature de Rome 2024

Ce mercredi après-midi, Giovanni Malago, Président du Comité Olympique Italien (CONI) et Luca Pancalli, Président du Comité Paralympique Italien, devaient s’entretenir avec la Maire de Rome, Virginia Raggi.

Toutefois, constatant un retard de plus de 35 minutes sur l’horaire prévu (14h30), les leaders du Mouvement sportif transalpin ont finalement quitté l’Hôtel de Ville afin de regagner le Palais du Foro Italico. C’est d’ailleurs au sein de ce bâtiment – siège du CONI – que Giovanni Malago a laissé exprimé sa colère face à la décision de Virginia Raggi.

En cette fin d’après-midi, le Comité de Candidature a pris le relais, en publiant un communiqué de presse énumérant les promesses qui ne seront pas tenues à l’égard de la population et du territoire, et en diffusant une campagne intitulée « Rome sans futur ».

(Crédits - Roma 2024)

(Crédits – Roma 2024)

« Nous prenons note de la décision prise par les vainqueurs des dernières élections à Rome, mais nous sommes cependant profondément surpris et déçus :

  • Déçus pour Rome et ses citoyens, en particulier pour sa jeunesse ;
  • Déçus pour les près de 200 000 personnes qui auraient pu trouver un emploi grâce à l’organisation des Jeux Olympiques ;
  • Déçus pour les citoyens de Rome qui espéraient une amélioration de leur qualité de vie et une modernisation de leur ville afin de rendre celle-ci plus verte et accessible sans dépenser un centime du budget municipal ;
  • Déçus face au 1,7 milliard de dollars* qui auraient pu stimuler l’économie de Rome, aider sa banlieue et permettre la rénovation de nombreuses installations sportives actuellement abandonnées et inutilisées. Nous sommes particulièrement déçus pour cette occasion manquée de recevoir des ressources qui auraient été allouées exclusivement au développement de Rome et de son économie ;
  • Déçus qu’une nouvelle force politique ne soit pas capable d’accepter le défi de la modernisation et de prendre la responsabilité du changement, dans la légalité et la transparence, pour permettre le lancement d’un important projet de réaménagement urbain, comme cela fut le cas avec les Jeux de Rome 1960 ;
  • Déçus que la rhétorique l’ait emporté sur les nouvelles règles du CIO ;
  • Déçus pour Cagliari et la Sardaigne, mais aussi pour Milan, Turin, Vérone, Udine, Gênes, Bologne, Florence, Naples, Bari et Palerme, des villes qui ont toutes rêvé à l’ambition olympique italienne avec beaucoup d’enthousiasme et qui maintenant sont condamnées par la décision de l’administration d’une seule ville qui ne prend pas en considération les intérêts de sa propre ville et de son pays ;
  • Déçus que cette même force politique ait transformé une occasion extraordinaire pour les jeunes, avec une décision idéologique, politique et démagogique qui consiste à choisir de ne rien faire ;
  • Déçus pour les milliers de citoyens qui ont choisi le changement, mais qui vont aujourd’hui le regretter ;
  • Déçus pour la jeune génération qui a travaillé dur et avec enthousiasme au sein du CONI et de la candidature pour promouvoir un projet aujourd’hui balayé par la peur ;
  • Déçus pour le grand travail qui a été effectué pour renforcer notre image à l’étranger au cours des 17 derniers mois, et pour créer un dossier que chacun considère comme répondant aux plus hauts standards. La décision d’aujourd’hui entraîne un coup sévère pour la crédibilité de l’Italie dans le monde ;
  • Déçus que ce travail n’ait pas été mis en œuvre et que les préjugés aient réussi à gagner ;
  • Déçus que Rome manque l’extraordinaire opportunité de devenir la capitale mondiale du sport avec les Jeux Olympiques et la capitale de l’Église avec le Jubilé de 2025 ;
  • Déçus encore pour les projets et les infrastructures qui devront de toute façon être réalisés mais qui pèseront entièrement sur le budget de la ville ;
  • Déçus qu’une ville comme Rome abandonne et ne soit pas capable de rivaliser.

Mais ce qui nous attriste le plus est d’avoir à dire à nos enfants que la nouvelle municipalité de Rome n’a pas le courage de prendre la responsabilité de l’avenir. Il aurait été tellement préférable d’avoir à leur dire qu’un nouveau pouvoir éclairé est prêt à prendre des décisions difficiles et à avoir le courage pour se frayer un chemin sans se faire piéger ».

(Crédits - Roma 2024)

(Crédits – Roma 2024)

Ce dernier propos n’est pas sans rappeler celui tenu par Diana Bianchedi, Directrice Générale de Rome 2024.

Il y a quelques semaines, comme une ultime tentative pour retourner une situation déjà critique, elle avait en effet adressé une lettre ouverte à Virginia Raggi en évoquant la jeunesse et notamment le rôle maternel, les deux femmes étant mère de famille.

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* Cette somme correspond à la contribution que le Comité International Olympique (CIO) accordera à la Ville Hôte des JO 2024.

JO 2024 : Gianni Alemanno critique violemment Virginia Raggi pour sa gestion de la candidature de Rome

L’annonce du retrait de la candidature de Rome 2024 n’aura pas tardé à faire réagir au sein de la classe politique locale.

Si la réaction du prédécesseur de Virginia Raggi – Ignazio Marino (Parti Démocrate) – est bien sûr attendue, c’est un autre ancien Maire de Rome qui a exprimé son sentiment sur les réseaux sociaux.

Gianni Alemanno, Maire de la capitale italienne de 2008 à 2013, a critiqué le renoncement de Virginia Raggi, renvoyant d’ailleurs cette dernière dos-à-dos avec Mario Monti, Président du Conseil Italien qui avait enterré la précédente candidature, à savoir celle de Rome 2020.

(Crédits - Gianni Alemanno / Page Facebook)

(Crédits – Gianni Alemanno / Page Facebook)

« Aujourd’hui, Virginia Raggi a commis un délit très grave à l’encontre de la ville de Rome, en effaçant sa candidature aux Jeux Olympiques de 2024.

Comme Monti, la Maire brûle ainsi la possibilité d’obtenir des investissements publics et privés de plusieurs milliards d’euros pour la ville, et des dizaines de milliers d’emplois pour nos jeunes.

De cette façon, Rome va perdre 10 ans, en ayant la possibilité de se représenter seulement à compter de l’échéance 2028 ou même 2032, et ce, alors que sous mon mandat, nous avions la possibilité d’obtenir les Jeux de 2020. Aujourd’hui, nous laissons partir ceux de 2024.

C’est une décision dommageable et grave sur la durée, une décision qui dépasse les problématiques municipales de ces derniers mois.

Après ce choix, tous les Romains, de chaque bord politique, doivent avoir la certitude qu’il est déjà temps de tourner la page d’une administration municipale qui représente une catastrophe pour la capitale » estime celui qui fut partisan de l’ambition olympique italienne.

Dès la fin de l’année 2012, quelques mois à peine après le retrait forcé de Rome 2020, Gianni Alemanno avait indiqué son intention d’épauler les responsables du Comité Olympique Italien (CONI) pour soumettre un nouveau projet.

Au printemps 2013, alors en pleine campagne pour les élections municipales, l’ancien Ministre de Silvio Berlusconi (2001-2006) avait à nouveau encouragé le dépôt d’une nouvelle candidature, mais à la condition que l’élection de la Ville Hôte des JO 2020 soit favorable à l’Europe et de surcroît, à l’Italie.

Gianni Alemanno s’était ensuite félicité des propos tenus par Thomas Bach, vice-Président et futur Président du Comité International Olympique (CIO).

« [Les déclarations de Thomas Bach ne font que confirmer] la confiance que peut avoir notre ville.

Aujourd’hui, nous sommes déterminés à relancer l’application pour les Jeux de 2024″ avait ainsi affirmé le Maire de l’époque.

Cette déclaration faisait suite aux propos de l’ex-Président du Comité Olympique Allemand (DOSB), des propos qui aujourd’hui, à la lumière des événements, peuvent apparaître cruels pour les responsables de la candidature de Rome 2024.

« [Une candidature de Rome pour 2024 serait forte et très appréciée [par le CIO car] l’Italie est un grand pays, avec une grande culture sportive.

La tentative avortée pour les JO de 2020 a été un mauvais signal, car cette candidature aurait pu constituer une grande opportunité pour l’Italie, qui aurait ainsi été en mesure de démontrer que les Jeux Olympiques peuvent apporter croissance et prospérité » avait déclaré Thomas Bach.

JO 2024 : Avec le retrait de Rome, l’hécatombe olympique se poursuit

Elles étaient initialement cinq à postuler à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

Rome (Italie) fut la première à se positionner officiellement – dès le 15 décembre 2014 – suivie par Boston (États-Unis), puis Hambourg (Allemagne), Paris (France) et Budapest (Hongrie).

La course promettait alors d’être passionnante, au moins autant que pour l’attribution des JO 2012.

Cette ferveur s’accompagnait il faut dire de l’adoption d’un important projet de réformes, intitulé Agenda 2020, et ayant pour objectif de moderniser la procédure des candidatures, tout en rendant plus transparent les règles et les modalités d’attribution de l’événement olympique.

(Crédits - Boston 2024)

(Crédits – Boston 2024)

Toutefois, les premières secousses se sont manifestées au printemps 2015 avec les déboires de la candidature américaine et les multiples changements opérés à sa tête ainsi que dans son projet. Après plusieurs mois de sondages en baisse et d’une contestation populaire croissante, les autorités du Massachusetts et celles du Comité Olympique des États-Unis (USOC) avaient finalement convenu de cesser l’aventure olympique.

La ville de Los Angeles (Californie) fut alors et sans surprise repêchée après avoir été éliminée par la cité étudiante de la côte Est quelques mois auparavant. Celle qui fut deux fois Ville Olympique (1932 et 1984) se relança alors dans la course pour incarner à la fois l’héritage des Jeux et la rupture avec les pratiques passées.

Malgré ce changement de ville – qui aurait été impossible à compter du 15 septembre 2015, date de la clôture officielle des candidatures par le Comité International Olympique (CIO) – la course aux JO 2024 se poursuivait avec cinq concurrentes.

Mais dans la foulée de Boston, une autre ville s’est retrouvée peu à peu empêtrée entre les exigences de son projet, le coût éventuel de l’organisation, et la fronde populaire. Faisant figure de modèle novateur, Hambourg avait multiplié les initiatives pour promouvoir son concept compact, peut-être à l’excès, ce qui finalement a conduit au rejet de la candidature par la voie du référendum, le 29 novembre 2015.

Exit donc Hambourg et l’Allemagne.

(Crédits - Mutabor / Hamburg 2024)

(Crédits – Mutabor / Hamburg 2024)

Seules quatre Villes Candidates ont franchi la fin d’année 2015, non sans se questionner sur l’opportunité de donner la parole aux citoyens et surtout sous quelle forme (concertation, référendum, etc…).

Si Los Angeles, Paris et Rome ont rapidement écarté l’idée d’une consultation populaire – faisant notamment valoir des sondages au beau fixe – Budapest a longtemps débattu d’une telle entreprise avant in fine de renoncer, arguant de l’enthousiasme de la classe politique.

Aujourd’hui, les choses pourraient néanmoins changer du côté de la Hongrie où la porte a de nouveau été ouverte pour une aventure des plus périlleuses. Mais c’est avant tout en Italie que les choses se sont considérablement dégradées depuis le début de l’année et l’arrivée à la tête de la « Ville Éternelle » de Virginia Raggi et du Mouvement 5 Étoiles.

Ayant fait de son refus des JO 2024 l’un de ses principaux thèmes de campagne, Virginia Raggi n’a cessé depuis son élection au mois de juin 2016 de contester l’opportunité d’une candidature de Rome.

Après avoir annoncé son intention de faire connaître sa décision en octobre 2016 – après des rencontres et des réunions pour tenter de renégocier la gigantesque dette de la capitale italienne – la Première Magistrate avait rejeté l’invitation du Président du Conseil Italien à se rendre à Rio de Janeiro (Brésil) afin de défendre les chances transalpines aux JO 2016.

Cette absence – remarquée par la presse internationale et les membres de la Famille Olympique – avait d’ailleurs conduit à l’annulation de la conférence de presse de Rome 2024, une conférence dont l’exercice avait été autorisé par le CIO pour l’ensemble des Villes Candidates.

Avec le retrait ce mercredi de la candidature italienne, la péninsule se retrouve dans une situation particulièrement délicate et qui peut se résumer aux récentes déclarations du Président du Comité Olympique Italien (CONI).

« Pour les 30 ou 50 ans qui viennent, nous dirons au revoir aux Jeux.

[…] La candidature est devenue un jeu complexe qui ne concerne plus seulement le sport, mais qui est désormais orienté pour moitié par la politique.

Comme le monde du sport, nous sommes embarrassés, car il s’agit d’un événement dont l’organisation est prévue dans 8 ans » avait ainsi affirmé Giovanni Malago durant la première quinzaine de septembre.

Ces propos, loin d’être anodins, peuvent en tous cas s’entendre au regard de la difficulté de l’Italie à se faire comprendre aux yeux du CIO depuis plus de dix ans et l’obtention des JO 2006 par Turin.

Depuis cette date, les Jeux ont échappé à l’Italie et ce, alors qu’ils auraient pu constituer une évidence avec la candidature de Rome 2020.

Les querelles politiques et la crise économique avaient cependant douché les espoirs du Mouvement olympique italien et ses représentants au sein du CIO, à commencer par Mario Pescante qui fit le choix de démissionner de ses fonctions de vice-Président de l’institution de Lausanne (Suisse) en février 2012.

Avec désormais deux retraits en moins de cinq ans, la crédibilité italienne et encore davantage celle de Rome, est considérablement entamée parmi la Famille Olympique.

Le discrédit est présent et pourrait être durable, ce qui pose la question de la légitimité d’une nouvelle candidature pour 2028 ou 2032, même avec une autre ville que Rome comme l’a récemment laissé entendre Matteo Renzi, Président du Conseil et ancien Maire de Florence.

(Crédits - Sport & Société)

(Crédits – Sport & Société)

Dans l’attente de prochaines évolutions, la course se retrouve désormais limitée.

Face à l’incertitude qui risque de s’accroître pour Budapest – et au regard de son profil d’outsider aussi – les Jeux d’été de 2024 semblent plus que jamais se diriger vers un duel entre deux mastodontes de l’Olympisme, deux villes ayant une riche expérience et surtout une ambition débordante compte-tenu de leurs candidatures passées : Los Angeles (deux fois Hôte des JO et sept fois candidates) et Paris (deux fois Hôte des JO et trois fois candidates).

Mais si ce duel annoncé – rêvé et excitant – est une formidable publicité pour les Jeux et ses sponsors, il n’en demeure pas moins l’illustration des limites du Mouvement Olympique tel qu’il s’est constitué et transformé depuis sa création et surtout depuis sa mutation dans les années 1980 sous l’impulsion de Juan Antonio Samaranch.

Le CIO peut-il en effet se satisfaire du maintien de deux ou trois candidatures finales pour 2024 lorsque les Jeux d’été drainaient jusqu’à sept prétendantes pour 2016 (dont quatre officiellement candidates) ; neuf pour 2012 (cinq dans le tableau final) ; dix pour 2008 (cinq finalistes) ; onze pour 2004 (cinq finalistes) ?

Force est de constater que la réforme Agenda 2020 n’a pas encore produit les effets escomptés. D’ailleurs, ces derniers seront-ils visibles dans les années à venir et en particulier dès le lancement des candidatures pour 2028 ?

A suivre. Il n’est pas certain en effet que des villes ayant fait acte de candidature par le passé fassent à nouveau partie des concurrentes.

Parvis du Stade de Durban en Afrique du Sud (Crédits - Moses Mabhida Stadium)

Parvis du Stade de Durban en Afrique du Sud (Crédits – Moses Mabhida Stadium)

Rome bien sûr ne devrait pas se risquer à pareil challenge dans un avenir proche, de même que Madrid (Espagne) dont les trois précédentes tentatives (2012, 2016 et 2020) se sont toutes soldées par de cuisants échecs, ou encore Istanbul (Turquie) qui a espéré ouvrir l’Olympisme vers de nouveaux horizons avec ses candidatures échelonnées dans le temps (2000, 2004, 2008, 2012, 2020).

L’Australie a bien fait mention d’un intérêt pour 2028.

L’Afrique du Sud pourrait aussi se décider à repartir dans la course après une tentative remarquée mais infructueuse avec Le Cap pour 2004. Le Pérou avec Lima – hôte de la Session qui désignera la Ville Organisatrice des JO 2024 en septembre 2017 – pourrait également se pencher sur la question d’une candidature, de même que l’Argentine qui prépare actuellement les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2018.

Les leçons et les enseignements qui seront tirés dans les mois à venir sur les préparatifs et l’organisation des Jeux de Rio 2016 seront sans nul doute un premier indicateur sur les chances de ces territoires à prétendre à l’accueil du plus grand événement sportif de la planète.

Toutefois, face au désamour persistant dont il est victime, le CIO pourrait ne pas avoir le choix et être forcé en conséquence de revoir encore ces critères de sélection.

Le « gigantisme » des Jeux – longtemps vilipendé – est peut-être arrivé à l’heure de son crépuscule. Le CIO garde d’ici-là une manne financière conséquente pour affronter les temps difficiles qui s’annoncent.

(Crédits - Comité Olympique de Suède)

(Crédits – Comité Olympique de Suède)

Car au-delà des seuls Jeux d’été – certes plus prestigieux et à l’audience télévisée plus importante – c’est bien l’ensemble du système olympique qui se trouve à présent dans une impasse.

Les difficultés du CIO à mobiliser les villes pour les Jeux d’hiver au cours des dernières années se sont d’ailleurs manifestées avec éclats et inquiétudes pour l’échéance de 2022 : référendums défavorables de Munich (Allemagne) et Cracovie (Pologne) ; retrait de Lviv (Ukraine) et Oslo (Norvège) ; renoncement de Stockholm (Suède) ; réflexion puis abandon de Barcelone (Espagne).

In fine, la course aux JO 2022 s’était soldée par un duel inattendu et aux antipodes des expériences passées : Almaty (Kazakhstan) face à Pékin (Chine), la victoire finale allant à cette dernière en dépit de réels défis techniques dans une région où l’enneigement est une problématique majeure. Un comble pour des Jeux d’hiver en sursit.

La campagne pour 2026 ne s’annonce guère plus ouverte avec la présence notable de la Suisse et le retour de la Suède, mais avec le retrait déjà effectif de la Province du Québec et certainement des États-Unis, davantage préoccupés par l’obtention des Jeux d’été de 2024.

JO 2024 : « Il est irresponsable de dire oui à la candidature de Rome » (Virginia Raggi)

Dès 14h30 ce mercredi, Virginia Raggi devait s’entretenir avec les leaders du Comité Olympique et du Comité Paralympique d’Italie.

La Maire de Rome devait en effet recevoir Giovanni Malago et Luca Pancalli au sein du Capitole afin de discuter de la candidature de Rome 2024 et de faire connaître sa décision quant à un probable retrait.

Finalement, Virginia Raggi ne s’est pas présentée à la réunion, ce qui a conduit les leaders du Mouvement olympique et paralympique a quitté le Capitole.

Parvis et façade du Capitole, siège de l'Hôtel de Ville de la capitale italienne (Crédits - Ville de Rome)

Parvis et façade du Capitole, siège de l’Hôtel de Ville de la capitale italienne (Crédits – Ville de Rome)

Depuis son élection à la tête de la « Ville Éternelle » en juin dernier, la représentante du Mouvement 5 Étoiles n’a jamais caché son hostilité au projet olympique et paralympique.

Préférant attendre le dernier moment pour tenter d’éventuelles négociations avec les autorités nationales, Virginia Raggi n’avait toutefois pas empêché la poursuite de la campagne promotionnelle de Rome 2024.

Aujourd’hui, la Maire de Rome devrait sonner la fin de l’aventure pour la candidature, une candidature qui avait pris le relais d’un précédent projet lui aussi avorté et contraint à l’abandon. C’était alors celui de Rome 2020 qui avait été balayé en février 2012 par la crise politique et économique italienne.

Une conférence de presse se tiendra dès 15h30 dans l’enceinte du Capitole. L’événement sera diffusé – c’était une demande de transparence de Giovanni Malago – en direct sur les comptes sociaux officiels de la Ville de Rome.

La semaine prochaine, une motion sera présentée par les élus du M5S afin de parachever le retrait de la candidature.

Encore à l’état de projet, ladite motion devrait être composée des éléments suivants :

« Conformément à la ligne soutenue par le M5S, et même après une analyse approfondie, il ressort qu’il n’y a pas de conditions pour poursuivre la candidature de la Ville de Rome pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 ».


16h45 : La conférence de presse de Virginia Raggi n’a donc pas réservé de surprise.

Comme il fallait s’y attendre, la Maire de Rome a annoncé son refus de soutenir la candidature, condamnant de fait cette dernière à un retrait.

Outre l’expérience des villes passées ainsi que la situation économique et financière de la capitale et du pays, Virginia Raggi a aussi utilisé l’argument des infrastructures abandonnées comme celles de la Citta dello Sport, pour justifier sa décision.

16h22 : Pour appuyer son argumentaire, Virginia Raggi expose aussi les chiffres de l’économie italienne sous la présidence de Mario Monti – au moment du retrait de la précédente candidature de Rome 2020 – et sous celle de Matteo Renzi.

Selon les chiffres publiés, la dette italienne s’élevait à 1 928 milliards d’euros sous Mario Monti, alors qu’elle se situe aujourd’hui à 2 250 milliards d’euros.

16h19 : Sans surprise, Virginia Raggi s’appuie sur les coûts des précédentes Olympiades – notamment Montréal 1976 – pour annoncer son refus de soutenir la candidature de Rome.

« Au regard des données étudiées, ces Jeux ne sont pas durables » a par ailleurs affirmé Virginia Raggi.

16h15 : La Maire de Rome l’affirme sans ambiguïté face à la presse, alors que son propos s’affiche en même temps sur les panneaux télévisés installés dans la Salle de Réception.

« Il est irresponsable de dire oui à la candidature de Rome 2024 ».

16h12 : Avec près de 45 minutes de retard, la Maire de Rome fait son entrée dans la Salle de Réception, accompagnée par son Adjoint aux Sports, Daniele Frongia.

16h02 : Le CONI et le Comité de Candidature de Rome 2024 s’exprimeront également devant la presse.

Dans une brève déclaration publiée sur la Page Facebook de la candidature, les leaders du projet ont regretté l’absence de réunion avec la Maire de Rome.

« La délégation du CONI et de Rome 2024 ont quitté le Capitole sans rencontrer la Maire Virginia Raggi.

Le Président du CONI et les responsables de la candidature s’exprimeront face à la presse au siège du CONI » ont par ailleurs indiqué les porteurs de la candidature italienne.

Capture d'écran (Crédits - Sport & Société)

Capture d’écran (Crédits – Sport & Société)

15h56 : Presque 30 minutes de retard.

Virginia Raggi se fait toujours attendre dans la Salle de Réception de l’Hôtel de Ville de Rome. Initialement fixé à 15h30, le rendez-vous avec la presse n’a toujours pas débuté.

Quoiqu’il en soit, l’intérêt de l’annonce à venir se constate sur les réseaux sociaux : Roma2024 est ainsi l’une des trois mentions les plus populaires de la journée sur Twitter en Italie, tandis que plus de 6 200 internautes sont d’ores et déjà connectés pour suivre la conférence de presse.

Capture d'écran (Crédits - Sport & Société)

Capture d’écran (Crédits – Sport & Société)

15h38 : La conférence de presse devrait débuter avec quelques minutes de retard.

D’ores et déjà, le ton semble être donné avec l’illustration apposée à l’affichage officiel. On y reconnaît aisément les « voiles » de Calatrava avec le projet abandonné de la Citta dello Sport de Tor Vergata.

Une manière de reprendre la communication choisie par Beppe Grillo, leader du Mouvement 5 Etoiles, qui avait récemment repris les images de sites abandonnés après les Jeux d’été d’Athènes 2004.

JO 2024 : Incertitudes et confusion autour de la candidature de Rome

La confusion règne à Rome au moment où Virginia Raggi s’apprête à faire connaître sa décision quant à la candidature olympique et paralympique.

La Maire de Rome rencontrera demain, dès 14h30, le Président du Comité Olympique Italien (CONI), Giovanni Malago, dans l’enceinte du Capitole.

L’occasion de s’entretenir sur le projet de Rome 2024 et peut-être de clarifier enfin une position qui laisse la candidature dans une incertitude majeure à quelques semaines du dépôt du second volet technique auprès du Comité International Olympique (CIO).

Le créneau choisi demain pourrait correspondre à l’annonce de la Maire de la capitale italienne qui avait indiqué ce week-end son intention de rendre public sa décision dans le courant de la semaine.

De gauche à droite, Luca Pancalli, Président du Comité Paralympique Italien ; Virginia Raggi, Maire de Rome ; et Daniele Frongia, Adjoint en charge des Sports, lors d'une réunion le 29 août 2016 (Crédits - Daniele Frongia / Page Facebook)

De gauche à droite, Luca Pancalli, Président du Comité Paralympique Italien ; Virginia Raggi, Maire de Rome ; et Daniele Frongia, Adjoint en charge des Sports, lors d’une réunion le 29 août 2016 (Crédits – Daniele Frongia / Page Facebook)

Un ultime rebondissement n’est toutefois pas à écarter.

Comme le mentionne ainsi l’agence ANSA, la Maire de Rome et son Adjoint aux Sports, Daniele Frongia, – représentants du Mouvement 5 Étoiles – seront en effet auditionnés mardi 27 septembre dès 13h30 par la 7ème Commission permanente du Sénat en charge de l’éducation publique, du patrimoine culturel, de la recherche scientifique, du divertissement et du sport.

L’annonce en a été faite par le Président de ladite Commission, Andrea Marcucci (Parti Démocrate).

Concrètement, les élus de Rome auront l’occasion de présenter leurs arguments à l’égard de la candidature de Rome 2024, une candidature élevée au rang de priorité nationale par le Président du Conseil Italien, Matteo Renzi, qui en avait fait l’annonce officielle le 15 décembre 2014 avant d’appuyer le projet à de multiples reprises.

Cette audition à venir illustre en tous cas les tensions extrêmes qui opposent les dirigeants locaux et nationaux.

Matteo Renzi avait récemment critiqué la volonté de Virginia Raggi de renoncer à la candidature de Rome, rappelant notamment le caractère national du projet.

A défaut de rendre sa décision cette semaine, Virginia Raggi pourrait dès lors être tentée de faire connaître son choix définitif lors de cette audition et ce, dans le cadre d’une tribune prestigieuse pour une répercussion majeure.

Si, in fine, Virginia Raggi ne prononce pas un refus clair et précis à l’encontre de la candidature, une seconde option pourrait s’offrir à elle, répondant notamment à la demande du Parti Radical Italien, à savoir l’organisation d’un référendum.

(Crédits - Referendum Olimpiadi Roma 2024 / Page Facebook)

(Crédits – Referendum Olimpiadi Roma 2024 / Page Facebook)

En attendant, le Comité de Candidature poursuit sa campagne et sa promotion.

Pour tenter de convaincre la Maire de Rome de changer d’avis et de soutenir le projet, la candidature a publié il y a quelques jours une lettre ouverte dans la presse italienne. Elle avait également annoncé la possibilité de revoir les plans du Village des Athlètes, comme une manière de renouer le dialogue avec les autorités municipales en place depuis juin dernier.

Malgré les efforts de la candidature italienne, les tergiversations autour de cette dernière ne sont pas de nature à rassurer le CIO.

Même si la situation est bien différente, un parallèle peut toutefois être réalisé avec la candidature de Boston qui avait un temps porté les couleurs américaines avant un retrait tonitruant et le repêchage de Los Angeles à l’été 2015.

A l’époque, le Président de l’institution olympique avait eu des mots très durs à l’égard des dirigeants de la candidature du Massachusetts.

« De l’extérieur, j’avais cessé de suivre [les péripéties entourant la candidature]. C’était très déroutant. A chacune des journées, il y avait un nouveau projet, de nouvelles personnes ou de nouvelles idées. Je ne suivais plus.

Mais ce que nous avons pu constater, c’est que Boston n’a pas tenu les promesses qu’elle avait faites au Comité Américain » avait ainsi affirmé Thomas Bach à la fin du mois de juillet 2015.

JO 2024 : « Cette semaine donnera lieu à l’annonce de notre décision sur la candidature de Rome »

La candidature de Rome 2024 sera-t-elle encore en course au moment du dépôt du second volet du dossier technique au siège du Comité International Olympique (CIO), le 07 octobre prochain ? Pas sûr.

Selon toute vraisemblance, la Maire de Rome devrait annoncer son refus de soutenir le projet olympique et paralympique, et en conséquence le retrait de la candidature, d’ici au 04 octobre, date de la fête du Mouvement 5 Étoiles dont elle est membre.

(Crédits - Virginia Raggi / Page Facebook)

(Crédits – Virginia Raggi / Page Facebook)

Si elle pourrait in fine s’affranchir de la tutelle du fondateur du mouvement politique, Beppe Grillo, il semble peu probable que Virginia Raggi soit décidée à aller dans cette direction, elle qui a multiplié les déclarations hostiles à l’égard de la candidature de Rome 2024 et de ses dirigeants depuis son arrivée à la tête de la « Ville Éternelle », en juin dernier.

Il y a quelques semaines, Virginia Raggi avait indiqué qu’elle rendrait sa décision courant octobre. Aujourd’hui, elle se montre plus précise encore.

« Il y a une chose que l’on appelle la Trêve Olympique pendant les Jeux Olympiques et Paralympiques qui ont pour moi la même considération.

Nous avons conclu cette période et je pense que cette semaine donnera lieu à l’annonce de notre décision sur la candidature de Rome aux JO » a ainsi fait savoir la Maire de la capitale italienne selon des propos rapportés par l’agence ANSA.