Alpes françaises 2030 : Un soutien populaire mais une visibilité à travailler

Si le rendez-vous olympique et paralympique de 2030 recueille l’approbation d’une majorité de Français, ces derniers sont dans le même temps encore nombreux à ne pas savoir que l’Hexagone sera l’Hôte de l’événement dans moins de cinq ans.

Vue de la patinoire Polesud de Grenoble, Isère (Crédits – Grenoble Alpes Tourisme)

Alors que la France se prépare à accueillir l’échéance des Jeux Olympiques d’hiver de 2030, trente-huit années après Albertville 1992, la population française semble aujourd’hui relativement enthousiaste à l’idée de retrouver un événement qui fera son retour sur le continent européen l’an prochain pour la première fois depuis 2014 et les Jeux de Sotchi.

De fait, selon un sondage de l’institut « ODOXA » pour « Winamax » et « RTL », 55% des Français se disent favorables à l’organisation des JO 2030 dans l’Hexagone, sachant que le rendez-vous quadriennal est par ailleurs perçu par une majorité des sondés comme un événement rassembleurs (75%) et générateurs d’emplois (69%).

Mais derrière ces chiffres encourageants, il y a surtout lieu de souligner que si 62% des Français sont informés que l’édition 2030 se déroulera dans les Alpes tricolores, 38% affirment à ce stade ne pas savoir que la France sera à nouveau l’Hôte du rendez-vous aux cinq anneaux.

(Crédits – Alpes françaises 2030)

Un an après les Jeux de Paris 2024 dont le succès a été largement salué dans l’opinion publique comme au sein des organisations sportives internationales, la visibilité des JO 2030 s’installe comme l’un des défis majeurs du Comité d’Organisation (COJO) qui doit aussi composer avec les autres chantiers-clés de l’événement que sont évidemment la question de la localisation des sites et la problématique budgétaire, sans compter les notions d’héritage pour les territoires appelés à abriter les compétitions.

Sur ces points, l’enquête réalisée au début du mois d’octobre 2025 révèle que le modèle même des Jeux d’hiver suscite la méfiance d’une majeure partie des Français, 65% estimant que l’événement a un impact négatif sur l’environnement, lorsque 81% estiment que le coût de la manifestation hivernale est potentiellement trop élevé, soit une proportion légèrement supérieure à celle entourant les JO d’été (80%).

Au-delà de la quête de visibilité que devront poursuivre les organisateurs, ces derniers auront aussi à travailler sur la perception des sports d’hiver, sachant que si 56% des Français s’intéressent auxdits sports, seuls 35% déclarent suivre au moins de temps en temps des compétitions.

Sur l’aspect de la pratique sportive, l’effort à mener pour créer une dynamique auprès de la population et inciter celle-ci à s’adonner davantage aux sports d’hiver – via l’aménagement du territoire, la modernisation des structures et un travail sur l’image de marque – constitue également une opportunité à saisir pour le COJO, d’autant plus en considérant que seuls 36% des Français déclarent pratiquer les sports d’hiver ; une pratique en particulier notable chez les 25-34 ans (48%).

Thomas Bach, Président du Comité International Olympique, brandissant la pancarte Alpes françaises 2030 désignées comme Hôte des Jeux d’hiver de 2030 par la 142e Session du CIO, mercredi 24 juillet 2024 à Paris (Crédits – IOC / Greg Martin)

A l’évidence, moins de cinq ans avant l’ouverture des JO 2030, le COJO des Alpes françaises 2030 ne manque pas de dossiers à traiter.

Avant de penser à mettre sur la table les conditions d’un accroissement de l’adhésion populaire autour du projet, l’instance organisatrice devra néanmoins veiller à maintenir au moins en l’état l’engouement relatif exprimé jusqu’à aujourd’hui et qui témoigne d’une certaine stabilité par rapport à un précédent sondage réalisé en 2024.

Une stabilité en trompe-l’œil si l’on compare les chiffres révélés cette semaine avec l’enquête « Publicis Sport & Entertainment » menée pour le compte du Comité International Olympique (CIO) en septembre 2023 et qui, deux mois à peine après l’annonce d’une candidature française, faisait état d’une adhésion populaire de l’ordre de 68% à l’échelle du pays et jusqu’à 72% en Provence-Alpes-Côte-d’Azur, l’une des deux Régions appelées à recevoir les Jeux.

Aussi, les organisateurs des Alpes françaises 2030 pourraient être inspirés de regarder du côté des États-Unis, et plus particulièrement de l’Utah où plus ou moins 80% des habitants se sont jusqu’alors déclarés favorables au retour des Jeux sur leur territoire.

Un chiffre au sommet qui – outre l’incroyable stabilité constatée année après année – fut l’un des arguments imparables de la candidature de Salt Lake City qui, depuis plus d’une décennie, a travaillé avec abnégation pour s’assurer de décrocher une édition des Jeux.

Ce qui sera effectif dans moins de neuf ans avec l’édition de 2034. Précisément celle qui succédera aux Alpes françaises 2030.

* Sondage réalisé sur Internet le 06 octobre 2025 auprès d’un échantillon de 1 001 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, avec une marge d’erreur de 2,5%.


En savoir plus sur Sport & Société

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire