Alpes françaises 2030 : Edgar Grospiron se montre optimiste

Installé au poste de Président du Comité d’Organisation des Jeux d’hiver (COJO) des Alpes françaises 2030 en février dernier, Edgar Grospiron sait que les mois qui viennent seront déterminants pour assurer la réussite du projet et la bonne livraison de celui-ci au regard des contraintes calendaires. A environ 1 700 jours de l’événement, celui qui fut Champion Olympique de bosses aux Jeux d’Albertville 1992 affiche confiance et détermination.

Edgar Grospiron, Président du Comité d’Organisation des Jeux des Alpes françaises 2030, mardi 18 février 2025 à Décines-Charpieu, Rhône (Crédits – CNOSF / KMSP)

Au moment où la structuration du COJO s’intensifie – avec la récente venue de Cyril Linette en tant que Directeur Général et la mise en ligne d’une plateforme de recrutement – le projet des Alpes françaises 2030 entre dans une phase capitale.

2025 sera en effet une année-clé pour activer les grands chantiers organisationnels, avec, dans les semaines à venir, la révélation de la carte des sites affinée à l’aune notamment des discussions avec les Collectivités Territoriales associées au projet et avec le concours du Comité International Olympique (CIO). La question budgétaire sera aussi un élément majeur des réflexions à venir, alors que le COJO doit sanctuariser un effort inférieur à 2 milliards d’euros. Sur ce point, la quête de futurs sponsors – dont certains qui ont pu être de l’aventure de Paris 2024 – sera déterminante.

En attendant, le Président du COJO a fait part de ses impressions, 100 jours après la constitution de l’instance organisatrice des Jeux des Alpes françaises 2030.

Comme il l’a affirmé sur ses réseaux sociaux :

Je peux aujourd’hui affirmer une chose avec certitude : j’ai une vision très claire de ce que seront ces Jeux, et de ce qu’ils peuvent accomplir.

Nous avons une chance unique : offrir des Jeux magnifiques, à l’image de toutes les Alpes françaises, du Mont-Blanc à la Méditerranée ; valoriser notre richesse touristique et faire rayonner la France ; laisser un héritage stratégique à la hauteur des enjeux climatiques.

Edgar Grospiron va plus loin dans son propos, sans toutefois révéler pour l’heure la finalité des arbitrages.

Ainsi qu’il l’expose :

Aujourd’hui, je sais où chaque compétition doit être organisée ; en quoi notre dispositif est cohérent et porteur de sens ; quelle en est la valeur ; que ces Jeux peuvent être sobres, budgétairement et écologiquement.

Mais aussi, quelles disciplines additionnelles intégrer pour incarner la montagne toute l’année ; comment faire rayonner l’excellence française ; comment concevoir une Cérémonie d’ouverture à la hauteur de notre histoire olympique ; comment démontrer que, même dans un contexte morose, on peut voir grand et voir loin ; que c’est non seulement un atout, mais c’est surtout une nécessité absolue.

En évoquant ainsi sa pensée autour de l’événement planétaire, Edgar Grospiron entend démontrer que les Alpes françaises 2030 peuvent être un projet structurant pour le sport français et les territoires concernés par la venue des Jeux, dans la lignée d’Albertville 1992 – dernière édition des Jeux d’hiver orchestrée dans l’Hexagone – et de Paris 2024 dont le succès a été unanimement salué.

Le leader du COJO souhaite également par ce propos balayer autant que possible les critiques qui ont pu émailler la candidature, puis la phase chaotique d’instauration dudit COJO, qui pointaient l’absence de véritable colonne vertébrale pour un projet ficelé en l’espace de quelques mois à l’été 2023.

Edgar Grospiron enfonce à cet égard le clou, misant sur le partage d’un narratif qu’il juge au-dessus de toute autre considération. Au moins sur la forme.

Comme l’affirme avec conviction le Président du COJO, mais tout en restant évasif sur le fond :

Oui, j’ai une vision, un dispositif, un budget mais ce qui fera la différence, c’est le narratif.

Ce que ces Jeux feront naître dans le cœur des Français comptera plus que tout. Et ce narratif est fort : il montre qu’avoir de grandes ambitions n’est pas une question de moyens, de chance, ou de talent. C’est une question de vision, de sens, et de collectif. Je veux rassembler des femmes et des hommes alignés avec ce projet. Même si il y a des résistances, des jeux d’influence, des personnes qui veulent instrumentaliser ces Jeux, ou simplement… n’en veulent pas. C’est là que le plus dur commence : faire exister cette vision, ensemble.

[…] Le temps est compté : on organise habituellement des Jeux en 7 ans. Nous en avons moins de 5. Les 100 premiers jours ont été forts. Il en reste 1 700. Et nous les vivrons avec la même intensité.

Tony [Estanguet] a ouvert la voie. A nous de la poursuivre.

La France a écrit de grandes pages de l’Olympisme et elle doit continuer de le faire. Nous ne sommes que de passage pour n’écrire qu’une page de cette grande histoire. Et nous le ferons ensemble.

Edgar Grospiron, Président du Comité d’Organisation des Alpes françaises 2030 devant la 144e Session du CIO réunie à Costa Navarino, Grèce, le 20 mars 2025 (Crédits – IOC / Greg Martin)

Celui qui, après sa carrière sportive, s’est tourné vers le milieu des conférences – en insufflant des discours portant sur la motivation des équipes, la performance, la communication ou encore le coaching professionnel, et en créant en ce sens la méthode « Motivator » – sait à l’évidence qu’il sera attendu au tournant d’une aventure olympique et paralympique mal née et qu’il se doit de stabiliser pour conduire au mieux les préparatifs.

Son sens du dialogue et sa capacité à réunir les interlocuteurs seront de précieux atouts dans cette mission qu’il avait un temps touché du doigt avec Annecy 2018 avant d’abandonner la candidature eu égard aux faiblesses structurelles du dossier et du manque de moyens déployés et sans doute aussi d’ambition de l’ensemble des parties prenantes.


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