Alpes françaises 2030 : La garantie de l’État se fait attendre

Attribuée sous conditions en juillet dernier, l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2030 dans les Alpes françaises est encore soumise à la signature effective de la garantie de l’État par le Premier Ministre d’ici le 1er octobre 2024.

Michel Barnier, porteur de la flamme olympique sur le Plateau des Glières, Haute-Savoie, le 23 juin 2024 (Crédits – Paris 2024 / Cédric Bufkens / SIPA PRESS)

Le 24 juillet 2024, à l’avant-veille de la Cérémonie d’ouverture des Jeux de Paris 2024 qui a marqué le retour de la France dans le concert des hôtes olympiques, les membres du Comité International Olympique (CIO) avaient assisté à l’ultime présentation de la candidature tricolore pour les JO 2030, avant de se prononcer en faveur d’une attribution desdits Jeux aux Alpes françaises.

Mais même en ayant recueilli une large majorité des suffrages, le dossier français fut sélectionné sous réserve de la fourniture de la garantie de l’État, autrement considérée comme la garantie de livraison des Jeux.

Or, en raison de la convocation d’élections législatives anticipées quelques semaines auparavant et de l’absence d’un Premier Ministre en fonction – Gabriel Attal étant alors Chef du gouvernement démissionnaire – cette nécessaire garantie n’a pu être délivrée à l’institution olympique dans les temps. Aussi, au moment de l’attribution des JO 2030, le CIO avait pris soin de préciser un calendrier strict au sein duquel devait venir s’insérer la fourniture de la garantie signée par le futur Premier Ministre.

Aujourd’hui, l’institution de Lausanne (Suisse) reste dans l’attente de la fourniture du précieux document.

Ce document – à transmettre d’ici le 1er octobre 2024 – officialisera sur le papier l’engagement de l’État à accompagner le développement et la mise en orbite du projet olympique et paralympique des Alpes françaises pour 2030, sachant que le Parlement français devra par la suite approuver cet engagement d’ici le 1er mars 2025.

Comme l’avait évoqué le Président du CIO, Thomas Bach, en marge de la décision portant sur l’attribution des Jeux :

Nous sommes témoins de l’engagement plein et entier du Président de la République et des Présidents des deux Régions.

Nous sommes maintenant dans une situation où, d’un côté, nous avons pleinement confiance en nos amis français, et d’un autre côté, nous avons la responsabilité d’assurer la livraison des Jeux Olympiques d’hiver dans l’intérêt des athlètes et de toutes les parties prenantes.

Après des discussions prudentes avec les autorités françaises, la Commission Exécutive du CIO est arrivée à la conclusion que la meilleure solution pour cette situation extraordinaire est une élection sous conditions.

Thomas Bach, Président du Comité International Olympique, brandissant la pancarte Alpes françaises 2030 désignées comme Hôte des Jeux d’hiver de 2030 par la 142e Session du CIO, mercredi 24 juillet 2024 à Paris (Crédits – IOC / Greg Martin)

Nommé par Emmanuel Macron pour diriger le gouvernement, plus tôt ce mois-ci, Michel Barnier est un connaisseur des rouages de la machine olympique.

Co-président aux côtés de Jean-Claude Killy du Comité d’Organisation des Jeux d’Albertville 1992, celui qui fut par la suite un influent dirigeant européen est convaincu par l’ambition tricolore pour 2030.

A la mi-septembre, il avait d’ailleurs annoncé une réunion prochaine avec les porteurs du projet, tandis qu’une rencontre avec son ancien acolyte s’est tenue ces jours-ci sans que la teneur des discussions n’ait été dévoilée.

Ainsi que l’a révélé « Ski Chrono », magazine de ski édité par « Le Dauphiné Libéré », Jean-Claude Killy a été le premier visiteur non-politique du nouvel hôte de l’Hôtel de Matignon.

Nul doute que la question des JO 2030 fut à l’ordre du jour de cet entretien au sommet, surtout en considérant l’attachement des deux hommes à la problématique de la montagne et des Jeux, et en tenant compte de surcroît du calendrier serré tel que rappelé précédemment.

Le cas de Val d’Isère a certainement aussi dû être au cœur des discussions, la célèbre station n’ayant à date pas été intégrée formellement au dispositif des JO 2030, à l’inverse de ses voisines, Courchevel et Méribel qui se répartissent l’orchestration des épreuves de ski alpin pour le volet masculin et féminin.


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