Milan-Cortina 2026 : Il y a 65 ans, Cortina d’Ampezzo organisait les Jeux

Le 26 janvier 1956, Cortina d’Ampezzo accueillait les premiers Jeux d’hiver sur le sol italien. Soixante-cinq ans plus tard, la station alpine se prépare à recevoir l’édition 2026, conjointement avec Milan.

Les anneaux olympiques disposés à Cortina d’Ampezzo en 1956 (Crédits – CIO / Milano-Cortina 2026)

Village italien d’un peu plus de 6 000 habitants, situé dans la Province de Belluno, en Vénétie, Cortina d’Ampezzo a su forger sa réputation de station de sports d’hiver tout au long du XXe siècle. Aujourd’hui encore, le site dispose d’une solide expertise, accueillant de façon régulière des compétitions d’envergure internationale dans le domaine du ski alpin.

Mais parmi les événements organisés in situ, les Jeux Olympiques d’hiver de 1956 demeurent une référence et ont d’ailleurs inspiré les candidatures italiennes successives. Avant cette échéance, Cortina d’Ampezzo avait déjà tenté à deux reprises d’accueillir les Jeux, d’abord pour l’édition de 1944, puis pour celle de 1952.

A l’aube des années 1940, le village italien se positionne ainsi pour amener dans le pays les anneaux olympiques.

Le 09 juin 1939, le Comité International Olympique (CIO) lui confie d’ailleurs lesdits anneaux en le désignant hôte des Jeux d’hiver 1944. Ce jour-là, Cortina d’Ampezzo s’impose face à deux concurrentes, Montréal (Canada) et Oslo (Norvège). Dès le premier tour, la candidature italienne prend l’avantage, avec 16 suffrages obtenus, contre 11 pour le projet canadien et 7 pour le dossier norvégien. Au tour suivant, Cortina l’emporte avec le même nombre de voix, tandis que Montréal se contente d’une deuxième place symbolique avec 12 voix, Oslo étant reléguée en bas de tableau avec seulement 2 voix. A l’issue du scrutin, 4 abstentions sont par ailleurs dénombrées.

Le contexte géopolitique international a toutefois raison de ces Jeux quelques mois plus tard, la Seconde Guerre Mondiale conduisant in fine à l’annulation de l’événement. Mais alors que Londres (Royaume-Uni) avait fait acte de candidature, avec succès, pour les Jeux d’été de 1948, après avoir initialement décroché ceux de 1944, Cortina d’Ampezzo ne dépose pas de candidature pour la première édition suivant la fin du conflit mondial.

L’Italie revient toutefois rapidement dans la course aux anneaux olympiques, moins d’un an après l’attribution des JO 1948 à Saint-Moritz (Suisse), le 06 septembre 1946.

Lors de la 41e Session du CIO, réunie le 21 juin 1947 à Stockholm (Suède), Cortina est néanmoins battu par Oslo, revenante elle-aussi. La capitale norvégienne l’emporte dès le premier tour, par 18 voix contre 9 pour Cortina, et 1 seulement pour Lake Placid (États-Unis).

La troisième tentative sera finalement la bonne. Le 28 avril 1949, l’Italie se voit en effet attribuer l’organisation des Jeux de 1956 au cours de la 44e Session réunie à Rome. A l’issue d’un unique tour de scrutin, Cortina d’Ampezzo se distingue très largement, avec 31 voix obtenues, contre 7 pour Montréal, 2 pour la candidature américaine du Colorado et 1, encore une fois, pour Lake Placid.

Vasque olympique des Jeux Olympiques d’hiver de Cortina d’Ampezzo 1956 (Crédits – CIO / Milano-Cortina 2026)

Au jour de la Cérémonie d’ouverture, le 26 janvier 1956, Cortina d’Ampezzo accueille quelques 821 athlètes en provenance de 32 pays avec, dans le détail, 687 hommes et 134 femmes.

C’est d’ailleurs une femme, pour la première fois de l’histoire, qui prononce le serment olympique, en la personne de Giuliana Chenal Minuzzo, médaillée de bronze de la Descente durant les Jeux d’Oslo 1952. Le patineur de vitesse Giudo Caroli, quant à lui, est désigné pour être l’ultime porteur de la torche, autrement dit, celui ayant l’honneur d’allumer la vasque olympique.

Durant ces Jeux – qui seront les derniers où le patinage artistique se tient en plein air – la délégation italienne glane 3 médailles, toutes en bobsleigh, dont un titre olympique.

Construit dans la perspective des Jeux, le Stadio Olimpico del Ghiaccio est l’enceinte-phare de l’événement, avec une capacité de 12 000 à 14 000 spectateurs. Pour l’occasion, les Cérémonies d’ouverture et de clôture, mais également le tournoi de hockey-sur-glace et les épreuves de patinage sont organisés dans cet écrin aménagé, sans toiture, en contrebas des montagnes qui dominent la vallée de Cortina.

Ce stade iconique – qui a servi de décor pour le film « Rien que pour vos yeux » (1981), tiré de la saga James Bond – a par la suite connu une importante rénovation au milieu des années 2000 et ce, afin d’être pleinement opérationnel pour les Championnats du Monde de curling 2010. Les travaux menés à l’époque conduisent en particulier à couvrir l’enceinte, tout en maintenant les gradins de bois originaux.

Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Cortina d’Ampezzo, le 26 janvier 1956 (Crédits – CIO / Milano-Cortina 2026)

Après la tenue des VIIe Jeux Olympiques d’hiver, Cortina d’Ampezzo a essayé de redevenir Ville Olympique par deux fois durant la décennie 1980.

Ainsi, le 30 septembre 1981, la cité italienne se présente face à Calgary (Canada) et Falun (Suède) avec l’espoir d’obtenir les Jeux d’hiver de 1988. La 84e Session du CIO, réunie ce jour-là à Baden-Baden (à l’époque en Allemagne de l’Ouest) fait néanmoins le choix de la candidature canadienne, Cortina étant même éliminée dès le premier tour avec seulement 18 voix, contre 25 voix pour Falun et 35 voix pour Calgary, une abstention étant en outre comptabilisée.

Le projet de Calgary l’emporte ensuite au second tour par 48 suffrages contre 31.

Cinq années plus tard, Cortina retente sa chance lors de la 91e Session organisée à Lausanne (Suisse). Dans la Capitale Olympique, la candidature italienne doit cette fois-ci affronter pas moins de six rivales, à savoir Albertville (France), Anchorage (États-Unis), Berchtesgaden (alors en Allemagne de l’Ouest), Falun (Suède), Lillehammer (Norvège) et Sofia (Bulgarie).

En dépit de la forte concurrence, Cortina parvient à se hisser jusqu’au troisième tour de scrutin, terminant-là sa course avec 7 voix, contre 29 pour Albertville – future lauréate -, 28 pour Sofia, 11 pour Falun et 9 pour Lillehammer qui, deux ans plus tard, sera élue Ville Hôte des JO 1994. Au cinquième et dernier tour, la candidature française s’impose finalement par 51 suffrages, contre 25 pour Sofia et 9 pour Falun.

Au cours des années suivantes, l’Italie fut présente sur la scène des candidatures olympiques et paralympiques avec d’autres villes que Cortina, mais avec tout de même le souvenir des Jeux de 1956 qui furent, faut-il le rappeler, les premiers – hiver et été confondus – à se tenir sur le sol de la péninsule.

De fait, Aoste fut l’une des candidates en lice pour les JO 1998, remportés par Nagano (Japon), avant que Tarvisio ne tente sa chance, comme Ville Requérante, pour les Jeux de 2002, attribués à Salt Lake City (États-Unis). L’intérêt italien se confirma à nouveau, avec une proposition soumise au CIO pour les Jeux de 2006. La ville de Turin remporte l’organisation de cette édition le 19 juin 1999 à Séoul (Corée du Sud), face aux projets portés par Helsinki (Finlande), Klagenfurt (Autriche), Poprad-Tatry (Slovaquie), Sion (Suisse) et enfin Zakopane (Pologne).

Carte du concept olympique de Milan-Cortina 2026 (Crédits – Milano-Cortina 2026)

Avec la perspective d’une nouvelle candidature, faisant suite au retrait prématuré du projet de Rome 2024 pour les Jeux d’été, Cortina d’Ampezzo s’impose rapidement comme une option viable. Le Comité National Olympique Italien (CONI) prend in fine la décision d’élaborer un projet conjoint avec Milan, dans la Région de la Lombardie, avec un total de quatre clusters sportifs pour favoriser les installations existantes et limiter en conséquence les coûts.

Aujourd’hui, après la désignation de l’attelage Milan-Cortina 2026 par le CIO, le 24 juin 2019, les autorités locales, accompagnées par le Comité d’Organisation, se préparent à accueillir à nouveau l’événement hivernal, dans une configuration toute autre que celle proposée en 1956.

Dans maintenant cinq ans, le 06 février 2026, le cluster de Cortina sera ainsi mobilisé pour abriter les compétitions de curling, les épreuves de ski alpin Dames, sans compter aussi le bobsleigh, la luge, le skeleton, et enfin le biathlon. Les Cérémonies quant à elles n’auront pas lieu à Cortina, comme en 1956, mais à Milan, pour l’ouverture, et dans les Arènes de Vérone, pour la clôture.

Un Village des Athlètes secondaire et un Centre des Médias seront par ailleurs utilisés au moment des Jeux et compléteront dès lors le dispositif prévu dans ce secteur des Dolomites.

Pour ce qui du curling, le Stadio Olimpico des Jeux de 1956 servira de trait d’union historique. Adapté aux nouvelles normes, la jauge de l’enceinte sera établie à 3 100 spectateurs, après une mise à niveau de l’ouvrage pour un investissement global de 8,747 millions de dollars, dont 3,476 millions à la charge du Comité d’Organisation.

Un même rappel avec l’histoire sera fait au travers de l’utilisation du Centre de glisse de Cortina pour les épreuves de bobsleigh, luge et skeleton. D’importants travaux devront cependant être réalisés pour cet équipement existant hérité des JO 1956 et qui pourra, durant les Jeux de 2026, recevoir jusqu’à 9 000 spectateurs par session. D’ici-là, le site, fermé depuis 2010, fera l’objet d’une profonde cure de jouvence à hauteur de 53,244 millions de dollars, dont 5,532 millions pour des aménagements spécifiques qui seront financés par le Comité d’Organisation.

Au-delà de ces sites, le cluster comprendra également le site de Tofane (15 000 places), à l’Ouest de Cortina d’Ampezzo, pour l’ensemble des épreuves féminines de ski alpin, soit la Descente, le Super-G, le Slalom géant, le Slalom, le Combiné alpin et l’épreuve par équipes. Des aménagements mineurs de 8,838 millions de dollars devront au préalable être menés sur ce site, avec une part de 7,469 millions à la seule charge des organisateurs.

Hôte régulière de compétitions internationales de biathlon depuis son inauguration en 1971, la Sudtirol Arena à Anterselva (19 000 places) devra elle-aussi connaître un léger lifting d’ici 2026, avec une enveloppe budgétaire de 5,452 millions de dollars, avec là-encore une participation majeure du Comité d’Organisation (4,754 millions).

Temps de trajets estimés entre les quatre clusters du projet olympique de Milan-Cortina 2026 (Crédits – Milan-Cortina 2026)

Pour mener à bien l’organisation des Jeux, les parties au projet devront, outre les agencements nécessaires sur les sites sportifs, veiller à l’enclenchement des travaux relatifs au Village (37,076 millions de dollars de fonds publics), mais encore aux transports.

Pour ce dernier poste d’ailleurs, la Région de la Vénétie bénéficiera d’une contribution de l’État à hauteur de 325 millions d’euros pour assurer la réalisation de chantiers de modernisation des infrastructures et ainsi permettre une desserte adéquate des sites du cluster de Cortina d’Ampezzo en 2026.

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