JO 2032 : L’Inde n’a pas l’intention de renoncer à ses ambitions

Malgré le récent retrait des Championnats du Monde de Boxe 2021 en raison d’un défaut de paiement, l’Inde maintient un intérêt élevé pour l’organisation de grands événements avec notamment, en ligne de mire, les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2032.

Portrait de Narinder Batra, Président du Comité Olympique de l’Inde et membre du Comité International Olympique (Crédits – CIO / Greg Martin)

Engagée dans la lutte contre l’épidémie de Covid-19, l’Inde est aujourd’hui focalisée sur la protection de sa population, mais n’en demeure pas moins une puissance régionale aux ambitions fortes, sur le plan économique, diplomatique, mais aussi sportif.

Ainsi, le pays pourrait se décider à soumettre une candidature à l’organisation des Jeux d’été de 2032 une fois que l’épidémie aura été résorbée sur le territoire national.

Si une réflexion sur le sujet a déjà été menée dans le pays, l’élaboration d’un projet technique reste à ce stade en suspens comme l’a affirmé Narinder Batra, Président du Comité Olympique Indien (IOA) depuis 2017, Président de la Fédération Internationale de Hockey-sur-gazon depuis 2016 et par ailleurs membre du Comité International Olympique (CIO) depuis l’an passé. Dans un entretien avec l’AFP, à l’aune de la gestion de la crise sanitaire actuelle, ce dernier a ainsi fait savoir :

Nous sommes sérieux et tout à fait déterminés à organiser les Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 et les Jeux Olympiques 2032.

[La candidature] est un projet au long cours qui n’avancera pas, je pense, jusqu’en décembre. Ce n’est pas le moment de parler d’une candidature olympique avec de grands groupes ou avec l’État. Il faut d’abord trouver comment résoudre ce problème qui concerne le monde entier.

Thomas Bach, Président du Comité International Olympique, et Narendra Modi, Premier Ministre de l’Inde, le 27 avril 2015 (Crédits – CIO)

Freinée en 2015 par Thomas Bach, Président du CIO, qui avait convenu avec Narendra Modi, Premier Ministre de l’Inde, l’ambition indienne s’est à nouveau révélée deux ans plus tard, avec une première prise de position du prédécesseur de Narinder Batra en faveur d’une candidature aux Jeux d’été.

Il n’empêche, aujourd’hui comme hier, le défi est immense à plus d’un titre.

Bien que deuxième pays au monde avec ses 1,3 milliard d’habitants, l’Inde reste une nation en construction dans le domaine du sport, là où le rival chinois est parvenu à s’imposer à marche forcée sur la scène internationale avec une place désormais reconnue parmi les nations les plus performantes aux Jeux. A titre d’exemple, la délégation indienne n’était parvenue à glaner que deux médailles – une en argent et une en bronze – lors des derniers Jeux d’été de Rio 2016. Quatre ans auparavant, aux Jeux de Londres 2012, l’Inde avait affiché un résultat meilleur, mais tout de même faible, avec six médailles (deux en argent et quatre en bronze).

La performance sportive et la détection de jeunes talents avaient d’ailleurs été l’un des points soulevés par Thomas Bach pour exprimer ses doutes quant à une potentielle candidature du pays. Le Président de l’institution olympique avait ainsi déclaré :

Il faut exploiter l’énorme potentiel que représente la population au nombre de 1,2 milliard de personnes, dont 80 millions sont des jeunes.

La jeunesse est l’un des trois piliers de l’Agenda 2020 et c’est là un exemple concret de la manière dont nous pouvons vous aider.

En outre, l’Inde souffre encore de la mauvaise image liée à l’organisation chaotique des Jeux du Commonwealth en 2010, mais également des relations tumultueuses avec le Pakistan voisin, relations qui peuvent conduire à des dérapages lors de manifestations sportives.

Ainsi, en février 2019, la Commission Exécutive du CIO n’avait pas hésité à révoquer le statut d’épreuve de qualification olympique du pistolet vitesse à 25 mètres de la Coupe du Monde de Tir alors organisée à New Delhi. Peu avant, le CIO avait en effet été informé d’un refus de visa d’entrée adressé par les autorités indiennes à l’égard d’une délégation pakistanaise composée de deux athlètes et d’un officiel.

Le Président du CIO, Thomas Bach, en compagnie de la Première Ministre du Queensland, Annastacia Palaszczuk, le 10 septembre 2019 à Lausanne (Crédits – CIO / Greg Martin)

Dès lors, si l’Inde désire s’affirmer parmi les possibles prétendantes à l’organisation des Jeux – avec un projet porté par New Delhi voire Bombay, candidate proposée pour l’accueil de la Session du CIO en 2023 – il lui faudra sans doute d’abord résoudre ses problèmes internes avant d’espérer ensuite rivaliser avec les candidatures déjà discutées au CIO pour 2032.

A l’heure actuelle, au moins trois dossiers sont étudiés pour cette échéance, à savoir celui du Queensland (Australie), celui de la Rhénanie du Nord-Westphalie (Allemagne) ou encore celui développé par l’Indonésie.

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