JO 2030 : Sapporo en position de force

Parmi les trois territoires intéressés par de prochaines échéances olympiques et paralympiques hivernales, la ville de Sapporo (Japon) fait aujourd’hui figure de favorite pour décrocher l’organisation des Jeux de 2030.

Plusieurs signaux penchent en effet en faveur de la cité nippone.

(Crédits – Office de Tourisme de Sapporo)

Son expérience d’abord, avec l’accueil en 1972 des premiers Jeux Olympiques d’hiver sur le sol asiatique.

Grâce à cet événement et au cours des dernières décennies, Sapporo s’est dotée d’infrastructures majeures, à l’image du tremplin de Miyanomori construit en amont de l’événement, ou du Dôme édifié à l’aube des années 2000 avec une capacité comprise entre 40 000 et 50 000 places. La tenue des Jeux a en outre permis le développement des stations de ski dans la région d’Hokkaido, plaçant dès lors le Japon comme une nouvelle destination mondiale pour la pratique des sports d’hiver, aux côtés de l’Europe et de l’Amérique du Nord.

Aujourd’hui, la ville avance sa proposition avec un pourcentage élevé de sites existants, comme l’a mentionné cette semaine, Octavian Morariu, Président de la Commission de Futur Hôte pour les Jeux d’hiver, Commission qui sera chargée de recommander un territoire pour 2030 et au-delà :

A Sapporo, le concept des Jeux est parfaitement conforme à l’Agenda Olympique 2020 avec 92% de sites existants.

Sa détermination ensuite, la ville ayant un temps envisagé de présenter une candidature pour les Jeux d’hiver de 2026.

Le calendrier a néanmoins été repoussé en raison du séisme qui a frappé la région en septembre 2018, les autorités préférant alors se concentrer sur la reconstruction des zones endommagées. Un mal pour un bien sans doute, puisque la ville a aussi pu revoir et affiner son dossier technique pour les Jeux, en lien avec les discussions engagées avec le Comité International Olympique (CIO).

Son positionnement vis-à-vis de Tokyo 2020 plaide aussi en faveur d’une candidature de Sapporo.

En effet, en devenant hôte prochaine des épreuves de marche et du marathon des JO 2020, Sapporo a démontré son attachement à l’esprit olympique et sa volonté de contribuer au succès des quatrièmes Jeux organisés sur le territoire nippon, après ceux de 1972 donc, ainsi que ceux de Tokyo 1964 et Nagano 1998.

Mais au-delà de ce constat, Sapporo bénéficie également de la bonne image envoyée par la capitale au CIO. De fait, l’avancement des préparatifs de Tokyo 2020 montre la capacité des Japonais à s’adapter face aux défis logistiques – l’exemple du Stade Olympique notamment – et prouve surtout le sérieux avec lequel est mené le chantier des Jeux, malgré les polémiques quant aux coûts de ces derniers.

Dans ses vœux pour la nouvelle année, le Président du CIO, Thomas Bach, avait d’ailleurs souligné l’engagement des autorités nippones pour assurer le succès de l’édition olympique 2020 :

A ce stade avant les Jeux, je n’ai jamais vu un hôte olympique aussi bien préparé que Tokyo.

Tous les éléments nécessaires au succès des Jeux Olympiques sont déjà en place. Toute la société japonaise se rassemble autour des Jeux Olympiques. La demande pour l’achat de billets a dépassé toutes les attentes. Plus de 200 000 personnes se sont portées volontaires et l’engagement du milieu des affaires atteint un niveau record. Enfin, le relais de la flamme olympique, qui débutera bientôt, marquera une autre étape décisive pour galvaniser l’enthousiasme du public avant les Jeux.

Yasuhiro Yamashita, Président du Comité Olympique du Japon et nouveau membre du CIO lors de la 135ème Session, vendredi 10 janvier 2020 (Crédits – CIO / Christophe Moratal)

Au regard de ces divers éléments – renforcés par l’entrée, ce vendredi 10 janvier, d’un deuxième membre nippon au sein du CIO en la personne de Yasuhiro Yamashita – un projet olympique et paralympique conduit par Sapporo peut être de nature à séduire le CIO, en quête de crédibilité après la mise en place d’une batterie de réformes au cours des dernières années (Agenda 2020 et Nouvelle Norme).

En s’appuyant sur un territoire où une majeure partie des installations nécessaires aux Jeux est d’ores et déjà en place, l’institution de Lausanne (Suisse) poursuivrait le mouvement engagé avec la désignation, en juin 2019, d’un autre territoire expérimenté, à savoir l’attelage italien Milan-Cortina pour l’organisation des Jeux de 2026.

L’institution conforterait en outre la place de l’Asie comme destination de première importance pour l’événement olympique et ce, après les choix successifs de Pékin 2008, PyeongChang 2018, Tokyo 2020, Pékin 2022, sans oublier Singapour 2010, Nanjing 2014 et Gangwon 2024 pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse d’hiver (JOJ).

Octavian Morariu, Président de la Commission de Futur Hôte pour les Jeux d’hiver, le 08 janvier 2020 à la Maison Olympique de Lausanne (Crédits – CIO / Christophe Moratal)

En marge de la 135ème Session du CIO, qui s’est tenue cette semaine à Lausanne et en parallèle de la tenue des troisièmes JOJ d’hiver dans la Capitale Olympique, Thomas Bach a esquissé la possibilité d’un choix rapide pour les JO 2030, sur la base des travaux de la Commission de Futur Hôte.

Comme il l’a ainsi affirmé :

Cette Commission donnera le ton et nous venons de constater hier, avec l’élection de la Province de Gangwon, la rapidité de travail de la Commission.

Il ne faudra pas une éternité pour que nous ayons une proposition [pour 2030], mais il est trop tôt pour spéculer quant au moment où la Commission fera une recommandation.

La Commission de Futur Hôte des Jeux d’hiver – issue des changements apportés à la procédure de candidature par le CIO – vient en remplacement de la Commission d’évaluation des Villes Candidates qui était jusqu’alors établie en amont de toute décision olympique.

A l’instar des échanges engagés avec les potentiels candidats pour les Jeux d’été de 2032, le calendrier traditionnel qui voulait qu’une Ville Hôte soit désignée sept ans avant la tenue effective des JO est aujourd’hui rendu obsolète, la Commission pouvant choisir un territoire dans un délai plus bref.

Le Président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach, lors de la 135ème Session organisée à Lausanne le 10 janvier 2020 (Crédits – CIO / Christophe Moratal)

Pour Sapporo, le mois de janvier 2020 s’annonce déterminant pour la suite de son aventure olympique.

Ce samedi 11 janvier, une délégation menée par le Maire de la ville, Katsuhiro Akimoto, s’est d’ailleurs entretenue avec le Président et des représentants du CIO.

Un rendez-vous qui intervient quelques jours avant la réunion, le 29 janvier prochain, de la Commission Exécutive du Comité Olympique Japonais (JOC) qui devrait donner son feu vert à l’entrée officielle de Sapporo dans la phase dite de dialogue, la ville ayant été la seule à faire part de son intérêt en décembre dernier.

Pour Thomas Bach en tout cas, sans présager des décisions futures, le dossier nippon est à ce stade plus que crédible :

Nous sommes impressionnés par ce que nous avons entendu aujourd’hui et ce que nous savons de la candidature initialement développée pour 2026. Il s’agit d’une fondation très solide.

Techniquement, nous ne voyons aucun problème majeur.

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