Milan-Cortina 2026 : Des Jeux pour l’histoire

En choisissant ce lundi de confier les clés de l’organisation des Jeux d’hiver de 2026 au projet transalpin incarné par Milan et Cortina d’Ampezzo, le Comité International Olympique (CIO) a, consciemment ou non, marqué l’histoire et ce, à plus d’un titre.

Pour l’Italie, pour Cortina d’Ampezzo et peut-être plus encore pour le Mouvement olympique, il y aura en effet un avant et un après 24 juin 2019.

Présentation du projet de Milan-Cortina 2026 devant la 134ème Session du CIO, le 24 juin 2019 (Crédits – CIO / Greg Martin)
  • L’histoire pour l’Italie

Forte de ce succès – longtemps incertain en raison des turbulences constatées au début du processus de candidature – l’Italie va ainsi pouvoir s’atteler à l’organisation des quatrièmes Jeux de son histoire, les troisièmes en ce qui concerne l’événement hivernal.

Avec cette performance à venir, l’Italie confirme son rang de nation olympique, seulement devancée par les États-Unis sur le plan des Jeux d’hiver – quatre éditions organisées (1932, 1960, 1980, 2002) – et ex-æquo avec la France qui comptabilise elle-aussi trois éditions hivernales (1924, 1968 et 1992). Si l’on intègre l’organisation des Jeux d’été par Rome en 1960, le total des éditions olympiques organisées en Italie permet à la péninsule de monter sur la troisième marche du podium, juste derrière les États-Unis et la France toujours, qui comptent pour leur part respective, neuf et six éditions des Jeux – été et hiver confondus – en incluant les Olympiades prochaines de 2024 et de 2028.

Le succès de la candidature de Milan-Cortina 2026 conforte en outre la place du Nord de la péninsule pour le Mouvement sportif transalpin, les deux précédentes éditions italiennes des Jeux d’hiver ayant eu lieu à Cortina d’Ampezzo en 1956 dans la région de la Vénétie et à Turin en 2006 dans la région du Piémont.

La délégation italienne à l’annonce de l’attribution des Jeux d’hiver de 2026 à Milan-Cortina 2026, le 24 juin 2019 (Crédits – CIO / Greg Martin)
  • L’histoire pour Cortina d’Ampezzo

Cortina d’Ampezzo inscrira elle-aussi son nom dans l’histoire des Jeux, puisqu’elle deviendra la quatrième ville au monde à accueillir pour la deuxième fois les Jeux d’hiver. Avant elle, seules Saint-Moritz (Suisse ; 1928 et 1948), Innsbruck (Autriche ; 1964 et 1976) et Lake Placid (États-Unis ; 1932 et 1980) étaient parvenues à livrer deux fois un tel événement.

Le choix de Cortina d’Ampezzo ne fut pas anodin pour la candidature italienne. La force de Cortina résidait et réside plus encore aujourd’hui dans son expérience de l’accueil de grandes manifestations sportives et dans sa capacité à mobiliser ses sites reconnus dans le monde, pour certains hérités des Jeux de 1956.

Aussi, l’intégration de la station dans le dispositif olympique et paralympique pour 2026 a permis au projet de reposer sur pas moins de 93% de sites existants ou temporaires, soit un niveau inédit pour des Jeux d’hiver et une opportunité unique pour réduire les coûts d’organisation.

Le Président du CIO, Thomas Bach, paraphant le Contrat Ville Hôte des Jeux d’hiver de 2026, le 24 juin 2019 (Crédits – CIO / Greg Martin)
  • L’histoire pour le Mouvement olympique

Au-delà de l’Italie et de la région de Cortina d’Ampezzo, la victoire de la candidature transalpine est aussi un symbole fort pour le Mouvement olympique.

Pour la première fois dans l’histoire de ce dernier – Jeux d’été et d’hiver confondus – l’organisation de l’événement-phare a été confié à une Ville Candidate disposant du nom de deux entités territoriales. Or, jusqu’à présent, le nom d’une seule ville devait figurer au-dessus de l’appellation de Ville Candidate et ce, conformément à la pratique en vigueur et surtout aux exigences fixées par la Charte Olympique (Règle 33 et Texte d’application de ladite réglementation).

L’adaptation du Mouvement olympique – qui a bénéficié ces derniers mois tant à Milan-Cortina 2026 qu’à Stockholm-Are 2026 – répondait à un souci de représentativité, le nombre de villes candidates ou potentiellement intéressées ayant été réduit de manière drastique en raison de retraits stratégiques (Salt Lake City, Sapporo) ou d’abandons purs et simples (Sion, Calgary, Innsbruck).

Pour le CIO, il s’agissait dès lors de limiter la casse et de s’adapter aux contraintes territoriales – disponibilité de sites existants – ou aux exigences locales – souci de limitation des dépenses – afin de permettre le maintien et le développement de deux projets sur la base de la durabilité et de l’héritage.

Avec le changement de procédure de candidature en passe d’être adopté et avec la jurisprudence de 2026, il est à penser que le CIO autorisera d’autres candidatures de ce genre dans un avenir plus ou moins proche. Cela pourrait alors conforter la stratégie de territoires comme la Rhénanie du Nord-Wesphalie (Allemagne) ou le Queensland (Australie) désireux de proposer une offre olympique et paralympique pour les Jeux d’été de 2032.

Assurément, après la double attribution des Jeux de Paris 2024 et de Los Angeles 2028 et la désignation de Milan-Cortina 2026, le CIO entre dans une nouvelle ère, davantage centrée sur le dialogue et l’échange avec les territoires, avec également un mot d’ordre : l’adaptabilité.

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