JO 2026-2030 : Vers un retour en force de l’option américaine ?

Face à l’incertitude entourant actuellement la course à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2026, un retour en force de la candidature de Salt Lake City (Utah, États-Unis) n’est pas à exclure.

Selon une information en provenance de la Ville Hôte des JO 2002, communiquée ce soir à « Sport & Société », le Comité Exploratoire de Salt Lake City se réunira dès 15h00, soit 22h00, heure française. Si l’objet de ce rendez-vous soudain n’a pas été précisé, nul doute qu’il devrait porter sur les dernières actualités émanant des Villes Candidates aux JO 2026.

(Crédits – Utah Olympic Legacy Foundation)

Bien que disposant d’infrastructures de grande qualité et d’un projet technique relevé, la candidature conjointe de Milan et Cortina d’Ampezzo (Italie) est ainsi fragilisée depuis plusieurs semaines par l’absence de soutien de la part du Gouvernement italien.

Du côté de Stockholm (Suède), le récent changement de majorité à la tête du Conseil Municipal pourrait rebattre les cartes et conduire in fine à un retrait de la candidature.

A l’autre bout de la planète, à Calgary (Canada), les élus municipaux devraient se prononcer ce mardi en direction d’un abandon des travaux préparatoires liés au projet olympique et paralympique et ce, compte-tenu de négociations poussives sur la répartition des coûts d’organisation entre les trois échelons institutionnels compétents (État Fédéral, Province, Ville).

Au regard de ce triple constat et face au risque d’un retrait successif des trois Villes Candidates encore en lice, l’idée d’une candidature de sauvetage pourrait donc faire surface et apparaître en conséquence comme une sortie de secours adéquate pour le Comité International Olympique (CIO).

Salt Lake City dispose d’ores et déjà de l’expérience d’un tel événement et possède des infrastructures de qualité – héritées de 2002 – pour l’accueil éventuel des compétitions en 2026.

Cet état de fait se conjugue par ailleurs avec un engouement populaire exprimé à maintes reprises dans des enquêtes d’opinion réalisées au cours des dernières années et par la volonté affirmée des autorités publiques de renouer avec l’organisation des Jeux.

Les travaux menés jusqu’alors par le Comité Exploratoire de Salt Lake City avaient en outre mis en exergue un coût d’organisation prévisionnel relativement modeste, ce qui pourrait, là-encore, convaincre les institutions olympiques, à Colorado Springs, siège du Comité Olympique des États-Unis (USOC) et à Lausanne, la capitale olympique.

Concrètement, le Comité Exploratoire avait estimé à 1,29 milliard de dollars le montant des investissements nécessaires pour permettre l’organisation des Jeux, dans les sites existants et dans des installations nouvelles ou temporaires.

Ce chiffrage, présenté en janvier dernier, constituait alors l’aboutissement de l’étude de faisabilité réalisée par ledit Comité et destinée à fournir les arguments utiles aux pouvoirs publics. Ces derniers s’étaient par la suite réunis au sein de l’Utah State Capitol pour officialiser la perspective d’une candidature aux Jeux, une candidature alors davantage évoquée pour l’échéance 2030.

(Crédits – USOC)

Néanmoins, même si l’USOC avait choisi d’écarter l’hypothèse 2026 pour mieux se focaliser sur les préparatifs organisationnels des Jeux d’été de Los Angeles 2028, la situation actuelle pourrait finalement changer la donne.

Si tel devait être le cas, les États-Unis pourraient apparaître, comme avec les Jeux de 1984, comme les sauveurs des anneaux olympiques. Reposant sur un financement privé de l’événement, le modèle américain a déjà fait ses preuves par le passé, avec en outre un bénéfice constaté à chacune des éditions olympiques organisées au pays de l’Oncle Sam.

Le Comité de Candidature de Boston 2024 avait d’ailleurs repris cet élément pour en faire un argument de campagne. Comme le précisait alors l’infographie réalisée, les Jeux de Los Angeles 1984 étaient parvenus à dégager un surplus de 232,5 millions de dollars, tandis que les Jeux d’Atlanta 1996 et de Salt Lake City 2002 avaient affiché des données respectives de 10 millions et de 56 millions de dollars.

Avant son retrait à l’été 2015 au profit de Los Angeles, le Comité de Candidature de Boston 2024 avait rappelé les bénéfices engendrés par les éditions olympiques organisées sur le sol américain (Crédits – Boston 2024)

Avec le potentiel retour de Salt Lake City sur le devant de la scène, les États-Unis feraient aussi une double opération particulièrement intéressantes : redorer le blason de la ville de l’Utah, entaché par la corruption et les conditions d’attribution des Jeux de 2002, et assurer immanquablement une manne financière conséquente pour l’USOC et ses partenaires en cas de désignation finale par le CIO.

La perspective d’une présence successive des Jeux d’hiver (2026) et d’été (2028) aux États-Unis est encore loin et est, à ce stade, hypothétique, mais la réunion d’aujourd’hui pourrait tout de même fournir de premières indications quant à la suite des événements.

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