JO 2026 : Trois candidatures recommandées par la Commission exécutive

Au moment où le Comité International Olympique (CIO) s’engage pleinement dans les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) à Buenos Aires (Argentine), l’institution s’apprête aussi à confirmer la liste – restreinte – des Villes Candidates à l’organisation des Jeux d’hiver de 2026.

Avant que la Session du CIO ne fasse son choix en début de semaine prochaine (08 et 09 octobre 2018), la Commission Exécutive a publié ce jeudi une recommandation pour maintenir dans la course trois des quatre villes intéressées par l’échéance hivernale.

(Crédits – CIO)

Ainsi, l’organe exécutif du CIO a fait savoir aujourd’hui, qu’après l’examen des projets respectifs et l’étude de faisabilité pour chacun d’entre eux, il apparaissait pertinent et judicieux de conserver les candidatures de Calgary (Canada), Stockholm (Suède) et Milan / Cortina d’Ampezzo (Italie). En revanche, la Commission évince de sa recommandation le projet présenté par Erzurum (Turquie), projet qui représentait le retour de la Turquie sur la scène olympique, après les échecs successifs des candidatures d’Istanbul pour les Jeux d’été.

Pour établir cette short-list de trois Villes Candidates – un niveau déjà atteint pour les Jeux d’hiver de 2018 lorsque PyeongChang (Corée du Sud), Munich (Allemagne) et Annecy (France) furent sélectionnées – la Commission Exécutive s’est surtout focalisée sur les propositions des Villes en lien avec l’Agenda 2020 et la Nouvelle Norme, deux documents qui visent à réduire les coûts des candidatures et de l’organisation des Jeux.

Dans un communiqué, la Commission a à ce titre fait mention d’un premier satisfecit concernant les candidatures étudiées :

Elles envisagent d’utiliser en moyenne 80% de sites temporaires ou existants, contre 60% que prévoyaient les Villes Candidates à l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver de 2018 et 2022.

Par ailleurs, leurs premières projections en termes de coûts de fonctionnement pour les Jeux sont en moyenne 15% inférieures (environ 300 millions de dollars) à celles des Villes des deux procédures de candidature précédentes.

A l’aune des conclusions élaborées pour chacune des Villes Candidates, la Commission Exécutive du CIO semble pour l’heure privilégier la candidature de Calgary, notamment en raison de l’héritage des Jeux de 1988 sur lequel la cité canadienne entend s’appuyer pour concevoir son projet pour 2026.

Derrière, Stockholm apparaît comme une option intéressante avec un concept reprenant les fondements de la candidature pour 2022 et une expérience des Jeux proposée au cœur de la ville, ce qui n’est pas sans rappeler le concept présenté par Oslo (Norvège) pour les Jeux de 2022.

Pour ce qui est du projet italien, si le duo Milan / Cortina d’Ampezzo dispose d’un potentiel évident selon les termes du communiqué olympique, il n’empêche que les soubresauts constatés ces dernières semaines pourraient impacter le développement à venir du concept et in fine rendre caduque les chances transalpines.

Pour Erzurum, l’échéance olympique de 2026 aurait pu être un premier tremplin afin de préparer et d’élaborer un solide dispositif pour 2030, voire plus loin encore.

Compte-tenu des investissements massifs nécessaire à la bonne tenue des Jeux sur le territoire, la Commission Exécutive du CIO n’a toutefois pas souhaité poursuivre les discussions à ce stade de la candidature, renvoyant le dossier turc en direction des autorités locales et des ambitions développées par ces dernières pour faire du territoire, une future place forte des sports d’hiver.

Portées directement par le Président Erdogan, ces ambitions visent notamment à accroître les équipements de sports d’hiver, avec une coopération renforcée à l’échelle internationale et un investissement de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

La Commission encourage néanmoins la Turquie et Erzurum à postuler à l’accueil d’événements internationaux, au premier rang desquels, les Jeux Olympiques de la Jeunesse. Après avoir ouvert les bras à l’Afrique pour les JOJ 2022, le CIO pourrait donc choisir de faire confiance à la Turquie et, de manière plus large peut-être, au Moyen-Orient, pour héberger l’antichambre des Jeux Olympiques dans un avenir plus ou moins proche.

(Crédits – Sport & Société)

D’ici là, la course aux Jeux de 2026 pourrait rapidement se transformer en véritable calvaire pour l’institution de Lausanne (Suisse). Après le fiasco des Jeux de 2022, pour lesquels seules deux Villes Candidates avaient réussi à atteindre le seuil des présentations devant la Session, le CIO pourrait en effet se retrouver à court de prétendantes dans les semaines et mois à venir.

Le manque de soutien de la part des autorités nationales italiennes est ainsi de nature à éliminer de facto la candidature de Milan / Cortina d’Ampezzo, sans compter les risques auxquels s’expose Calgary en organisant, à la mi-novembre, une consultation populaire à l’issue forcément incertaine. Reste alors le cas de Stockholm. La situation politique nationale conjuguée aux potentielles craintes locales pourraient là-aussi fragiliser durablement le projet olympique et paralympique.

Si à ce stade de la course, qui ne fait réellement que commencer, aucun signal n’est envoyé en direction d’une double attribution des Jeux de 2026-2030, il n’est pas à écarter la prise en compte de cette option. Si tel devait être le cas, au moins deux Villes pourraient faire leur retour dans la course et devenir des alternatives pour le CIO, à savoir Salt Lake City (Utah, États-Unis) et Sapporo (Japon).

Scénario fiction à l’heure actuelle, l’idée d’une organisation des Jeux d’hiver à Lausanne n’est pas non plus à négliger. En 2026, la Capitale Olympique aura en effet acquis l’expérience des Jeux Olympiques de la Jeunesse grâce à la tenue de l’événement en 2020. L’événement laissera d’ailleurs un héritage important pour le territoire, avec bien sûr le Village des Athlètes, mais également des équipements sportifs à l’échelle cantonale.

Quoiqu’il en soit, plus encore que les Jeux d’été, le modèle des Jeux d’hiver est aujourd’hui à la croisée des chemins.

Une chose est sûre cependant, le comportement des trois Villes Candidates pour 2026 et l’attitude du CIO seront déterminants pour la suite du processus de désignation de la Ville Hôte.

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