Les Français favorables à l’organisation de la Coupe du Monde de Rugby 2023

La France est candidate à l’organisation de la Coupe du Monde de Rugby 2023.

Après avoir accueilli l’événement en 2007 et avoir constaté l’engouement populaire dans les stades et dans les clubs, avec une hausse des licences, la Fédération Française (FFR) a souhaité transformé l’essai en postulant à nouveau à l’organisation de la compétition.

A moins d’un an – novembre 2017 – de l’élection du pays hôte de l’événement, un sondage Kantar / TNS Sofres pour Midi Olympique apporte un argument supplémentaire aux porteurs de la candidature française : 74% des Français se déclarent ainsi favorables à l’organisation de la Coupe du Monde sur le sol hexagonal.

Mais si cet appui populaire est important, la qualité logistique et technique du projet le sera également.

La Coupe Webb Ellis (Crédits - World Rugby)

La Coupe Webb Ellis (Crédits – World Rugby)

Bien sûr, la France n’a plus à prouver son expérience des grandes compétitions et son savoir-faire dans l’accueil d’événements majeurs dans le domaine du sport et au-delà. Néanmoins, lorsque la candidature tricolore a été officialisée, elle le fut avec l’ambition de disposer à l’horizon 2023 d’une enceinte sportive spectaculaire.

En l’occurrence, l’ancienne équipe dirigeante de la FFR comptait s’appuyer sur le Grand Stade de Ris-Orangis dont la construction aurait dû débuter dans les mois à venir.

Cependant, avec l’élection de Bernard Laporte et l’arrivée d’une nouvelle équipe à la tête de la Fédération, les cartes ont été rebattues. Il faut dire que l’ancien sélectionneur du XV de France avait fait de l’abandon du projet de Grand Stade l’une de ses principales promesses de campagne, compte tenu notamment du coût du chantier.

Il aurait en effet fallu débloquer jusqu’à 600 millions d’euros pour aménager l’installation de 82 000 places avec toit rétractable et pelouse amovible, similaire aux grandes enceintes américaines.

Cet investissement – qui aurait reposé en partie sur les fonds de la FFR et sur un appel aux partenaires privés – avait d’ailleurs été pointé du doigt par la Cour des Comptes, dans un rapport rendu public en février 2016.

L’institution avait en particulier ciblé les risques relatifs à la pérennité du Stade de France qui, en cas de nouveau stade, aurait immanquablement été délaissé.

« L’État, en tant que propriétaire et concédant du Stade de France, est directement concerné par ce projet qui bouleverserait l’économie des manifestations sportives et événementielles de grande ampleur en Île-de-France.

Il se doit de prendre en compte deux risques, l’un budgétaire, l’autre patrimonial. […]

Les délais connus actuellement, qui laissent vraisemblablement ouverte jusqu’en 2017 la question de la création du stade, offrent encore à l’État la possibilité d’agir ou de se préparer à le faire. Cette faculté doit être saisie, sauf à se trouver entre 2017 et 2020, acculé par inertie dans une impasse coûteuse. […]

L’État ne peut ignorer […] un risque pour les finances de la collectivité locale qui apporterait sa garantie » avait notamment estimé la Cour des Comptes.

Désormais, avec le retrait annoncé du projet, la FFR espère indéniablement éviter des contraintes financières sensibles pour ses propres comptes.

Toutefois, l’abandon du projet ne sera-t-il pas de nature à fragiliser les fondements de la candidature de la France à l’organisation de la Coupe du Monde 2023 ? Oui et non.

Oui, car jusqu’à il y a peu, la FFR semblait disposer à bâtir une nouvelle infrastructure ultramoderne dédiée au rugby, à l’instar de Twickenham pour l’Angleterre. Un argument qui aurait pu séduire la Fédération Internationale, World Rugby, soucieuse, comme toute Fédération, d’assurer la visibilité de son sport.

Non, car la FFR pourra compter sur les enceintes ayant servi à la Coupe du Monde de 2007, des enceintes qui ont été en majeure partie rénovée à l’occasion de l’EURO 2016 de football. Cet événement a aussi permis la construction de nouveaux sites potentiellement utiles pour la Coupe du Monde de Rugby 2023.

(Crédits - UEFA EURO 2016)

Cérémonie de clôture avant la finale de l’EURO 2016 de Football au Stade de France (Crédits – UEFA EURO 2016)

De fait, si l’on se réfère au modèle proposé pour 2007, la France pourrait mobiliser le Stade de France pour les Cérémonies d’ouverture et de clôture, ainsi que pour le match d’ouverture et la finale.

L’installation de 80 000 places devrait d’ailleurs être pleinement opérationnelle en 2023 d’autant plus si la France obtient l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.

Parmi les autres équipements de 2007 qui pourraient à nouveau être utilisés en 2023, le Stade Orange Vélodrome de Marseille (67 394 places), le Parc des Princes à Paris (49 691 places), mais encore les stades Félix Bollaert à Lens (38 223 places), La Beaujoire – qui va bénéficier d’importants travaux en 2017 – à Nantes (37 473 places), Geoffroy Guichard à Saint-Étienne (42 000 places) et le Stadium Municipal à Toulouse (33 150 places) semblent des options pertinentes.

L’organisation de l’EURO 2016 a en outre offert de nouvelles perspectives qui pourraient bénéficier au Mondial 2023 de Rugby, avec l’édification du Stade Matmut-Atlantique à Bordeaux (42 115 places), du Grand Stade à Lyon-Décines (59 186 places), mais aussi du Stade Pierre Mauroy à Lille (50 157 places), ou encore de l’Allianz Riviera à Nice (35 624 places).

L’Arena 92, actuellement en construction et qui servira d’écrin à l’équipe du Racing 92 et éventuellement aux compétitions de gymnastique si Paris décroche les JO 2024, est aussi une enceinte potentielle (32 000 places).

A ces sites, il convient aussi d’ajouter le Stade Jean Bouin (20 000 places) qui n’existait pas dans sa configuration actuelle en 2007. Le futur stade de Montpellier (25 à 30 000 places) – qui est appelé à remplacer le Stade de la Mosson – est également une installation à ne pas négliger d’autant plus si les travaux permettent d’achever l’équipement dans les temps.

Avec ces différents éléments, la candidature tricolore peut donc apparaître à la fois comme un projet sûr, reposant sur des équipements expérimentés, mais aussi comme un projet neuf avec une partie du dispositif offrant des prestations nouvelles par rapport à l’édition 2007.

Reste à connaître bien sûr les contours définitifs de la candidature ainsi que les éléments techniques des deux concurrents retenus par World Rugby : l’Irlande et l’Afrique du Sud.

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Une réflexion sur “Les Français favorables à l’organisation de la Coupe du Monde de Rugby 2023

  1. Ne pas oublier Gerland dédié au Rugby, mais aussi Rennes (site des 1/2 finales de top14 avec un réel engouement populaire) ou encore Le stade des Alpes-Grenoble et bien d’autres.

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