JO 2024 : « La France n’est pas aimée parce qu’elle donne des leçons aux autres »

Après RTL en début de semaine, Armand de Rendinger était l’invité d’Europe 1 hier soir.

Spécialiste des questions olympiques, celui qui publie ce mois-ci l’ouvrage « La tentation olympique française » (Éditions France Empire), est revenu sur les faiblesses de la France dans le monde olympique d’aujourd’hui.

Selon lui, la France doit « arrêter de se regarder le nombril. On a échoué, non pas que les Anglais étaient meilleurs pour 2012 ou les Chinois meilleurs pour 2008, ou Athènes mieux que Lille 2004, mais parce que l’on fait fausse route, on se regarde le nombril.

On sait être candidat, on suit le processus, le protocole, mais nous sommes toujours en train d’essayer de vendre ce que nous sommes et nous nous considérons toujours comme les meilleurs.

C’est une forme de condescendance et d’arrogance.

Je crois qu’il faut arrêter ça complètement ! La France n’est pas aimée parce qu’elle donne des leçons aux autres, des leçons de morales, de démocratie, d’Olympisme.

On est les enfants de Coubertin, c’est très clair, mais pauvre Coubertin, il est décédé en 1937, il a été enterré en Suisse, personne n’a voulu ramener ses cendres en France.

Nous décevons l’Olympisme ».

4 pensées

  1. Ok, mais à part dire que les Français ne savent pas faire, ne sont pas bons, ceci, cela, que propose-t-il de concret pour y arriver? Je partage son opinion, mais le passé c’est le passé, que suggère ce monsieur pour que le prochain dossier l’emporte??? C’est aussi du nombrilisme que de toujours retourner le couteau dans la plaie. La France a perdu en 1992, 2004, 2008, 2012 et aussi pour les JO d’hiver 2018. On le sait tous.

    « Nous décevons l’olympisme ». Et bien, rien de moins…Alors que dire de tous les pays qui ont fait défection pour 2022??? Qu’a fait l’Allemagne de concret pour l’olympisme depuis 1972? Que dire de la Russie qui avec ses jeux pharaoniques a failli provoquer une crise majeure pour le CIO qui est passé très près de n’avoir aucune candidature pour 2022? Et la Suisse qui pourtant l’abrite sur son sol et qui tous les 4 ans se désiste depuis 2006 (Souvenons-nous de Berne 2010, des tentatives avortées de Zurich pour 2014, de Genève 2018 ou encore de St-Moritz 2022)? Sans parler des États-Unis qui ont été en froid avec le CIO pendant près d’une décennie. à cause des droits TV et dont les candidatures pour 2012 et 2016 ont subi une véritable humiliation. Quand à la Norvège, son flip-flop pour 2022 ne doit pas avoir laissé un souvenir particulièrement bon à Lausanne…Et le Brésil qui se fait tirer les oreilles depuis 2009 et sa désignation pour 2016, pensez-vous vraiment qu’il soit en odeur de sainteté au CIO? Et la Turquie qui bute sur le même obstacle depuis sa première candidature pour 2000? Doit-on également parler de Madrid et de ses 3 candidatures en ligne toutes rejetées, dont le résultat pour la dernière fut un véritable camouflé pour les Espagnols, à tel point que la ville refuse l’idée même de se représenter? Les Britanniques n’ont pas non plus gagné à leur première tentative. Londres n’ayant obtenu 2012 que d’extrême justesse après les défaites de Birmingham pour 1992 et de Manchester pour 1996 et 2000…Rappelons-nous aussi de la gifle infligée à Athènes pour 1996 et du revers vécu par Beijing pour 2000. L’Australie elle aussi a perdu deux candidatures avant de gagner la 3e. Le Japon lui aussi a subi la défaite à 3 reprises (1988, 2008, 2016) avant de s’imposer pour 2020. PyeongChang et la Corée du Sud ont du attendre la 3e fois de suite pour être enfin désignés.

    La France ne déçoit pas l’olympisme, elle ne fait tout simplement pas ce qu’il faut pour savoir lui parler. Et franchement, y’a-t-il encore quelqu’un au CIO qui se soucie du fait que le baron soit enterré en Suisse et non en France? Sincèrement, le discours de victimisation a ses limites…

    1. Le problème Cyril, est qu’il est vrai qu’a chaque candidature, la défaite française est sujette à beaucoup de question. Certain membre du CIO ne se sont jamais retenue de dire que les français ont « perdus » car leurs comportements,dans les lieux de discussion était jugé exécrable. Hautain, arrogant, nombriliste,etc… sont les mots qui reviennent le plus souvent, même si en 2005 pour les jeux de 2012, je n’avais pas pour une fois vu, une si grosse « arrogance » de notre équipe de candidature jusqu’au jour de l’élection.

      Des fois, on a la sensation qu’il ne faut pas, que la France gagne, pour de mystérieuse raisons. Maintenant, il est normal qu’il s’alarme de la sorte car si nous candidatons une nouvelle fois, il ne faudra pas refaire (encore) les même erreurs, parce qu’une nouvelle déconvenue pourrait définitivement nous enlever l’idée de les organiser un jour. Et le CIO en réalité actuellement aimerait pour une fois, que Paris se présente (Manque de candidats prestigieux ? Mauvaise image du refus systématique de la capitale française ? ).

      1. Oui, Francis effectivement. Les défaites françaises sont sujettes à questionnement. Mais systématiquement, on accuse le CIO alors que l’on ne regarde pas

        Comme le dit d’ailleurs très bien M. de Rendinger, 3 mois avant le vote en 2005 les chicanes internes ont miné la candidature parisienne. Ce n’est pas le CIO qui en était responsable, mais bien les promoteurs de la candidature.

        La France n’est pas plus ou moins aimée qu’un autre pays. J’ai d’ailleurs utilisé les exemples d’autres pays pour démontrer que le CIO en a aussi recalé bien d’autres à plusieurs reprises: Japon (1988, 2008, 2016), Turquie (2000, 2004, 2008, 2012, 2020), États-Unis (2012, 2016), Espagne (2010 et 2014 avec Jaca, 2012, 2016, 2020 avec Madrid), Brésil (2000, 2004, 2012), Russie (2004, 2012 et Sotchi recalée pour 2002), Grande-Bretagne (1992, 1996, 2000), Chine (2000, Harbin pour 2010), Grèce (1996), Australie (1992, 1996), Italie (2000, 2004, 1992 avec Cortina, 1998 avec Aoste), Allemagne (2000, 2012, 2018), Canada (1996, 2008), Corée du Sud (2010, 2014), Autriche (2006, 2010, 2014), Suède (2004, et à de très nombreuses reprises pour les JO d’hiver, la dernière fois en 2002 avec Östersund), Qatar (2016, 2020), Azerbaïdjhan (2016, 2020). Ces pays, même déçus, n’ont pas tous crié au scandale. Nombreux d’entre eux se sont remis à l’ouvrage et ont persévéré jusqu’à parfois gagner. Londres 2012 était la 4e candidature de la GBR, Sydney 2000 la 3e de l’Australie, PyeongChang l’a emporté lors de son 3e essai. Le Canada a essuyé deux échecs en été avant de gagner 2010. Le Brésil a perdu 2000, 2004 et 2012 et s’est imposé pour 2016. Le Japon a essuyé 3 échecs pour 1988, 2008 et 2016 avant d’être désigné pour 2020. La France est-elle seule dans son cas? NON.

        C’est bien plutôt la mentalité française qui est à changer. CE N’EST PAS PARCE QUE LA FRANCE SE PRÉSENTE QUE LE CIO VA LUI DONNER LES JEUX. C’est bien cela l’arrogance française autant décriée. Elle doit se battre comme les autres et espérer s’imposer. Les JO ne sont pas un dû. La Grèce l’a amèrement appris à ses dépens en 1996. Coubertin, paix à son âme, est mort depuis bien longtemps. On ne peut plus se baser sur cet héritage pour espérer s’imposer, alors que des puissances émergentes frappent à la porte: Brésil, Chine, Afrique du Sud, Russie, Turquie, Qatar, Azerbaïdjan et demain Émirats Arabes Unis, Inde, Argentine, et d’autres encore.

        De plus, je reprécise encore une fois que Paris a été battu d’extrême justesse par Londres, 4 voix ce n’est rien quand on voit les marges qu’Athènes, Beijing, Rio et Tokyo ont obtenu! Cela veut dire que de nombreux membres du CIO veulent voir des JO à Paris.

        Le timing également est très important pour décrocher les JO. Est-on au bon endroit au bon moment? Est-ce notre tour? N’y a-t-il pas des faits ou des enjeux géopolitiques qui vont permettre à une autre ville de s’imposer? Paris ne peut pas toujours jouer les jokers de luxe. 1992 était joué d’avance, 2008 également. 2012 était nettement plus ouverte et Londres a joué ses atouts et elle a réussi mieux que Paris à le faire. 2024 est aussi très ouverte. Il est trop tôt pour l’Afrique du Sud, les Jeux n’auront pas eu lieu en Europe depuis 10 ans, le fait que Bach soit président du CIO me semble être un désavantage majeur pour l’Allemagne (avec ce qui s’est passé pour 2022, le pire qui puisse arriver est même une victoire allemande car cela démontrerait que les réformes voulues par le CIO ne sont qu’une vaste foutaise), et les États-Unis peuvent attendre. Istanbul risque de payer l’instabilité à ses frontières. Le Moyen-Orient, et donc l’Asie, n’ont aucune chance après 2018, 2020 et 2022…Paris a des chances très importantes, peut-être même plus encore que pour 2012. Mais il va falloir se battre pour gagner cette olympiade!

        Le mieux, et je suis certain que c’est qui a été fait ou va être fait, est de s’asseoir avec les membres du CIO et de leur demander clairement ce qu’ils attendent de la France. Et si celle-ci fait tout ce qu’il faut et qu’elle perd encore une fois, ce ne sera pas la fin du monde.

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