JO 2020 : La Commission d’évaluation estime que les trois dossiers de candidature « démontrent une bonne compréhension des exigences du CIO »

Le Comité International Olympique vient de dévoiler le traditionnel Rapport d’évaluation concernant les Villes Candidates à l’organisation des JO.

Pour l’Olympiade 2020, trois villes sont en compétition : Istanbul, Tokyo et Madrid.

Rapport d'évaluation du CIO pour 2020

Concernant Istanbul, la Commission estime que « le dossier de candidature et les garanties démontrent une bonne compréhension des exigences du CIO et le respect de ces dernières. […] Le gouvernement national a fourni des garanties financières très claires et sans équivoque tant pour le budget du COJO que pour le budget hors COJO« .

La Commission note également une « planification de l’héritage bien pensée [qui] s’aligne entièrement sur les stratégies [gouvernementales] ».

De plus, « la riche histoire d’Istanbul, la diversité culturelle de la ville, son amour pour le sport et la fête, ainsi que sa popularité en tant que destination touristique, constitueraient certainement des facteurs très positifs pour la promotion des Jeux ».

Un bémol est apporté par la Commission concernant une partie des sites.

Selon elle, « des travaux d’infrastructure majeurs seraient nécessaires afin que le noyau forestier, situé au nord de la ville, et le noyau portuaire, sur la rive asiatique du Bosphore, puissent accueillir des sites de compétition ».

Aussi, la Commission estime qu’étant donné « l’emplacement excentré du village des médias, les médias pourraient avoir besoin de chambres plus proches des sites de compétition pour leur personnel opérationnel. Cela diminuerait le nombre de chambres nécessaires dans le village, mais augmenterait la demande de chambres en hôtel ».

Néanmoins, le CIO estime que les estimations liées aux trajets entre les différents sites sont peut être un peu trop « optimistes ». Le rapport ajoute d’ailleurs qu’au vu « des estimations de croissance du trafic, la Commission estime que le risque d’engorgement pendant les Jeux reste élevé, en particulier dans la zone côtière et la zone du Bosphore ».

Du point de vue environnemental, la Commission rappelle qu’Istanbul et la Turquie « ne sont qu’au début de l’apprentissage de la durabilité et le projet 2020 constituerait un véhicule important pour établir de nouvelles normes et approches. […] Il s’agit d’un programme ambitieux et plusieurs des mesures proposées n’ont encore jamais été appliquées dans ce contexte. La capacité du COJO à conduire le programme proposé et à soutenir ses partenaires de mise en œuvre serait déterminante pour ce succès« .

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Pour Tokyo, les membres de la Commission d’évaluation soulignent le fait que « la vision des Jeux du Comité de candidature de Tokyo 2020 est en parfaite harmonie avec la stratégie urbaine à long terme baptisée ‘Tokyo Vision 2020’ du gouvernement métropolitain de Tokyo ». En outre, les « plans relatifs à l’héritage sont bien pensés. Ils comprennent des initiatives sur les plans structurel, social et environnemental ».

Signe positif pour la capitale nippone, « il n’y a aucun risque concernant l’acquisition des terrains car tous les terrains requis pour les sites ont d’ores et déjà été garantis ». La Commission est par ailleurs « convaincue que les travaux seraient terminés à temps et que Tokyo possède la capacité financières nécessaires pour les réaliser« .

Néanmoins, le CIO pense que « trois sites emblématiques existants des Jeux de 1964 localisés dans la zone héritage (centre-ville) et que Tokyo propose d’utiliser pour accueillir les épreuves de judo, tennis de table et boxe, présenteraient un certain nombre de difficultés du point de vue opérationnel étant donné l’espace limité autour de ces sites ».

Du point de vue de l’hébergement, « le nombre total de chambres existantes à Tokyo est un atout et élimine le risque associé à la nécessité de construire de nouveaux hôtels ». Concernant les délégations de sportifs, « Tokyo propose un seul village olympique pour les athlètes et officiels sur un site de 44 hectares avec un emplacement attrayant sur les quais. L’expérience des athlètes serait encore favorisée grâce à la proximité du village avec le centre-ville » de la capitale japonaise.

Dans le domaine des transports, le CIO est élogieux à l’égard de Tokyo. Ainsi, « disposant de l’un des meilleurs réseaux de transports publics du monde en termes de modernité et d’efficacité, l’essentiel des groupes de clients bénéficieraient de temps de trajets courts. Le concept repose sur la possibilité pour Tokyo de créer un centre-ville entièrement consacré à la célébration des Jeux ».

Comme pour Istanbul, « le dossier de candidature et les garanties démontrent une bonne compréhension des exigences du CIO et le respect de ces dernières ».

Enfin, la Commission estime que « le budget du COJO a été préparé de façon efficace et approfondie en tenant compte des exigences ainsi que de l’expérience des précédentes villes hôtes afin d’appliquer le tout au contexte de Tokyo. Il représente une estimation raisonnable des coûts et des revenus liés à l’accueil des Jeux ».

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Concernant Madrid, les membres de la Commission d’évaluation soulignent le fait que « la planification de l’héritage est étroitement liée au plan de développement stratégique de la ville et s’appuie sur le travail déjà accompli lors des candidatures olympiques de 2012 et 2016 ».

La Commission rappelle également que « Madrid présente un projet très compact » avec le fait que « tous les terrains nécessaires pour les sites et l’aménagement olympique ont été obtenus ».

Les membres de la Commission insiste aussi sur le fait qu’aucun « investissement majeur dans les infrastructures de transport ne serait nécessaire pour accueillir les Jeux Olympiques », compte tenu des travaux réalisés au cours des vingt dernières années et qui permettent « à la ville de bénéficier d’un réseau routier et d’un système de transports publics denses et modernes« .

Cependant, « bien que le Comité de candidature ait placé les sites de cyclisme sur route, de triathlon et de tir à l’arc parmi les sites existants, […] la Commission juge que d’importants travaux d’aménagement seraient nécessaires, équivalent au type de travaux requis pour un site temporaire ».

En outre, la Commission « juge que si l’utilisation de lieux connus du centre-ville (Las Ventas et le Parc du Retiro) constituerait indubitablement un grand attrait pour les Jeux, leur transformation en sites olympiques pourrait présenter des difficultés ». De plus, « la présence d’un grand pont autoroutier [au niveau du site proposé pour l’aviron et la canoë] rend le développement de ce site complexe, lequel nécessiterait des investissements considérables ».

Comme pour les deux adversaires de Madrid, la Commission estime que « le dossier de candidature et les garanties démontrent une bonne compréhension des exigences du CIO et le respect de ces dernières ».

Enfin, la Commission d’évaluation souligne que « Madrid bénéficie des importants investissements réalisés par le passé dans les infrastructures de la ville et, par conséquent, ne requiert que peu d’investissements en capital supplémentaire. La Commission estime que le risque financier auquel Madrid 2020 s’exposerait devrait être gérable sur sept ans, au vu de la situation globale de l’économie espagnole et des garanties du gouvernement« .

10 pensées

  1. Nous voilà bien avancés ^^ ! On devait avoir trop d’espoirs, en pensant que ça changerait la donne, et au final, tout est globalement bien ! Ou comment créer le suspense pendant encore 2 mois !

    Heureusement que ça se rapproche (et qu’on saura pour les JOJ 2018 entre temps !) pour se mettre quelque chose sous la dent ! Vivement l’annonce. D’ailleurs, le CIO donne-t-il toujours des notes techniques aux candidatures ? Si oui, quand les donneront-ils ?

    1. Et bien non, aucune note technique ne sera attribuée pour le Rapport d’évaluation 2020.

      Néanmoins, en lisant les détails du Rapport, on peut percevoir un léger avantage donné à Tokyo, devant Istanbul et Madrid. Cette dernière reçoit plusieurs critiques mais l’aspect économique et financier ne semble pas être un handicap comme nous aurions pu le penser.

    2. Néanmoins, si l’on prend en considération les moyennes des notes techniques obtenues par les Villes Requérantes, voici les résultats :

      – Istanbul = 6,982 / 10
      – Tokyo = 8,017 / 10
      – Madrid = 8,089 / 10

      Madrid est donc en tête du point de vue technique, mais par rapport au dossier de requérance. Or, des ajustements ont été réalisées par les trois Villes Candidates, ajustements perceptibles dans les dossiers de candidature.

      De fait, on ne peut pas véritablement tirer de conclusion par rapport aux premières notes techniques. Il aurait fallu un deuxième examen, dans le cadre du Rapport d’évaluation…

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