JO 2020 : Madrid y croit encore et mise sur ses installations existantes

Madrid croit encore en son rêve olympique et en ses chances.

Malgré la crise économique et sociale qui frappe le pays et en dépit d’une baisse de confiance dans la dernière projection du BidIndex du site spécialisé « Games Bids », la capitale madrilène espère toujours devenir la seconde ville d’Espagne à organiser les Jeux, plus de vingt ans après Barcelone 1992.

Madrid 2020 face à la presse internationale

Pour cela, les membres du Comité de Candidature, mettent en avant la sécurité que représente Madrid 2020, avec des infrastructures existantes et un budget relativement faible.

D’ailleurs, comme l’a souligné Juan Antonio Samaranch Jr, fils de l’ancien Président du Comité International Olympique (CIO), « Madrid propose une nouvelle voie, différente. […] La dernière fois que nous avons choisi une Ville Olympique, le monde était différent.

Aujourd’hui, chaque dollar compte et les hommes politiques, les représentants du monde sportif, les responsables de candidatures, doivent rendre des comptes pour chaque dollar dépensé« .

Une rigueur budgétaire et financière s’appliquera-t-elle aux Jeux Olympiques ?

Le vote final du mois de septembre en donnera une indication. Si Madrid parvient à décrocher l’organisation des JO après deux tentatives infructueuses (2012 et 2016), cela marquera sans nul doute un virage dans les choix du CIO.

Ana Botella et Sebastian Coe

Après Sotchi 2014, Rio 2016 et PyeongChang 2018, l’institution olympique ferait ainsi le choix de la sécurité.

Les retards enregistrés par Rio et l’incertitude quant à la durabilité des infrastructures de Sotchi pourraient en effet convaincre les Olympiens de choisir Madrid et ses installations existantes (85%).

Néanmoins, les garanties financières apportées par Istanbul et Tokyo pourrait satisfaire le Mouvement Olympique, soit pour parcourir un nouveau territoire – la Turquie – comme cela fut le cas avec la Chine en 2008 et prochainement le Brésil, soit pour revenir au Japon, hôte des JO d’été 1964 à Tokyo, des JO d’hiver 1972 à Sapporo et 1998 à Nagano.

Illustrations : Crédits – Madrid 2020
– En marge du Congrès SportAccord, les représentants de Madrid 2020 ont présenté les atouts de la candidature espagnole devant la presse internationale
– Ana Botella, Maire de Madrid, échange avec Sebastian Coe, Responsable du Comité d’Organisation des JO de Londres 2012, lors du Congrès SportAccord

3 pensées

  1. Ce serait en effet un gros bouleversement pour l’Olympisme que de se mettre au low cost, mais sans aucun doute un changement positif : même si le monde va se remettre de la crise un jour ou l’autre, ce n’est plus possible que les Jeux coûtent si chers. Entre Pékin, Londres et Sotshi (incontestablement les plus coûteux), il faut changer les choses, mais aussi revenir vers les valeurs de la simplicité du sport, et pas que du city/regional/national branding.

    De même, je pense qu’il serait intéressant de se pencher sur le cas de Tokyo (Le site Game Bids a publié un article concernant les motivations de leur candidature). Si Madrid veut des Jeux pour relancer son économie et révolutionner les dépenses de l’Olympisme, et que Istanbul veut créer des liens entre Europe et Asie et ouvrir les Jeux à une autre culture et à un autre peuple, Tokyo aura quelle utilité ? Certes, économiquement, politiquement et écologiquement plus sûrs, et très soutenu, quel est le motif de ces Jeux ? Vous l’avez dit vous même sans peut-être vous en rendre compte, mais avec Istanbul, le CIO découvre un autre territoire. Tokyo a, elle, déjà eu les Jeux, et le reste du pays deux Olympiades d’hiver. Le simple principe de redevenir le centre du monde n’est plus suffisant, il faut améliorer les choses. Istanbul et Madrid propose ce changement. C’est la faiblesse de Tokyo, même si elle est (actuellement) favorite.

    Je pense qu’il faut arrêter de dénigrer la candidature de Madrid, qui même si dangereuse, vaut la peine d’être tentée. Je me dédouane de tout « favoritisme » en ajoutant que je soutiens aussi Istanbul qui serait vraiment novateur ! Mais j’aime aussi Tokyo, et ces Jeux seraient sans aucun doute grandiose (… Justement, peut-être un peu trop flambant !)

    1. Bonjour,

      Merci pour ce commentaire, très juste !

      Effectivement, Tokyo a l’avantage d’être favorite – actuellement, mais Istanbul et Madrid n’ont rien perdu, loin de là !
      Madrid propose la sécurité, sur les coûts mais aussi les installations avec 85% de sites existants, dont le Stade Olympique qui aurait besoin d’une reconfiguration ou encore la Caja Magica pour le tennis (dont j’ai récemment présenté les grandes lignes) ou le Centre Aquatique.

      Istanbul possède moins d’infrastructures mais avec l’engagement économique et politique, elle promet de réaliser de bonnes installations, peut être un peu trop éloignées les unes des autres avec le concept de quatre noyaux…

      Tokyo enfin s’appuie, comme vous le rappelez, sur son passé et les JO de 1964. La candidature s’est améliorée par rapport à celle de 2016 mais reprend néanmoins les mêmes fondamentaux (Implantation du Village Olympique, aspect environnemental…). L’une des nouvelles dispositions majeures concerne toutefois le Stade Olympique. En lieu et place d’un Stade de 100 000 places sur la Baie, le Comité de Candidature propose de réaménager le Stade National avec le concours de Zaha Hadid.

      Comme vous le dites, peut être les JO de Tokyo seraient-ils trop flambant… A voir !

      Comme vous, je pense qu’il ne faut pas dénigrer Madrid, car outre ses atouts évidents, la candidature peut faire penser à… Rio ! En position d’outsider face à Chicago et Tokyo notamment, la ville brésilienne avait réussi son finish, il ne faut pas l’oublier.

      Quoiqu’il en soit, la compétition 2020 s’annonce corsée jusqu’au 07 septembre, mais plus encore, celle de 2024 s’annonce d’ores et déjà comme de haute tenue 🙂

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