JO 2020 : Les candidatures fragilisées par les révélations de scandales ?

L’organisation des Jeux Olympiques fait régulièrement l’objet de scandales, politiques, économiques ou de mœurs.

L’attribution des Jeux d’hiver de Salt Lake City avait ainsi été entachée par des révélations de corruption et avait plongé le Comité International Olympique (CIO) dans la tourmente, à l’aube des années 2000.

Plus récemment, des journalistes britanniques avaient soulevé le possible versement de pots-de-vin à des électeurs olympiques en faveur de la candidature de Londres pour les Jeux d’été de 2012.

Cette année, alors que les Villes Candidates aux JO 2020 s’apprêtent à accueillir la Commission d’Évaluation du CIO dans les prochaines semaines, plusieurs affaires ressortent dans les pays concernés et pourraient avoir un impact sur le choix de la Ville Hôte.

En Espagne, le dopage demeure un mot tabou, de nombreux sportifs étant régulièrement soupçonnés d’avoir recours à des produits illicites. La récente suspension du laboratoire antidopage de Madrid, couplée à l’ouverture du procès sur l’opération Puerto, pourraient de fait, nuire durablement à la candidature olympique de la capitale qui retente sa chance pour la troisième fois consécutive, après 2012 et 2016.

Mais pour le Ministre des Sports, José Ignacio Wert, « il faut reconnaître l’effort que nous avons fait au cours de ces dernières années. Sur l’affaire de la suspension du laboratoire de Madrid, il ne s’agit ni d’une manipulation, ni d’un acte de mauvaise foi. C’est un problème technique sur lequel l’Agence Antidopage Espagnole n’était même pas obligée de communiquer ». Cette affaire remonte à la fin de l’année 2012, lorsque l’Agence Mondiale Antidopage (AMA) a décidé de suspendre le laboratoire madrilène, à la suite d’une erreur de manipulation ayant conduit à l’invalidation d’un échantillon.

Pour ce qui est du procès sur l’opération Puerto, le Ministre estime que « l’engagement de l’Agence Antidopage Espagnole est sans faille et le pays est en harmonie avec les organisations internationales ».

Pour Oscar Pereiro, vainqueur du Tour de France cycliste en 2006, « cette affaire a été mal traitée dès le début. Juger l’affaire Puerto aujourd’hui n’a plus de sens », sauf, comme l’explique le site Sport24, « à révéler des documents compromettants pour le sport, les hautes autorités espagnoles et la candidature de Madrid à l’organisation des Jeux Olympiques 2020 ».

Faisant figure de favorite pour l’attribution des Jeux d’été, Tokyo n’est pas à l’abri non plus, de la révélation de scandales. En début de semaine, la presse a ainsi relaté les sévices subies par des membres de l’équipe nippone féminine de judo, depuis 2008. L’entraineur Ryuji Sonoda avait pris, selon les déclarations et plaintes formulées par les athlètes, l’habitude de gifler et de frapper les compétitrices à coups de sabre en bambou. L’entraîneur en question a présenté sa démission mais le scandale est là et pourrait ternir l’image de la candidature japonaise.

De même, ce vendredi, le double Champion Olympique des moins de 66kg, Masato Uchishiba (2004 et 2008) a été condamné à cinq ans de prison ferme pour le viol d’une étudiante en Septembre 2011. Tout au long du procès, l’ancien médaillé olympique avait clamé son innocence. Cela n’a pas suffit à convaincre le tribunal.

Istanbul pour sa part n’est pas à l’abri. Les rapports diplomatiques de la Turquie avec Chypre ou encore la question kurde, pourraient laisser des traces dans la course olympique si les tensions venaient à être ravivées.