JO 2024 : Face à la politique migratoire de Donald Trump, l’USOC se veut rassurant

La réaction était attendue. Elle est intervenue ce lundi soir.

Par l’intermédiaire de son Président – par ailleurs membre du Comité International Olympique (CIO), Larry Probst, et de son Directeur Général, Scott Blackmun, le Comité Olympique des États-Unis (USOC) a publié une déclaration officielle dans laquelle il évoque le Décret de Donald Trump relatif à l’immigration.

Sujet à polémiques et à manifestations aux quatre coins des États-Unis – notamment à Los Angeles (Californie) – ce Décret prive temporairement l’entrée sur le sol américain des ressortissants de sept pays.

(Crédits - USOC)

(Crédits – USOC)

« Nous avons reçu un certain nombre de demandes de renseignements au sujet du Décret émis par le Président Trump vendredi. Comme les États-Unis, le Mouvement Olympique a été fondé sur des principes de diversité, d’inclusion, d’opportunité et de dépassement de l’adversité.

En qualité de représentant du Mouvement Olympique aux États-Unis, nous adoptions ces valeurs.

Nous reconnaissons également la tâche difficile qui consiste à assurer la sécurité d’une Nation. Nous espérons sincèrement que l’ordre exécutif mis en œuvre récemment reconnaîtra de façon appropriée les valeurs sur lesquelles notre Nation et le Mouvement Olympique ont été fondés.

Nous avons spécifiquement été interrogés sur l’impact que le Décret présidentiel pourrait avoir sur les athlètes et les officiels venant aux États-Unis pour participer et assister à des compétitions.

Reconnaissant le pouvoir extraordinaire du sport pour rassembler les gens dans une célébration pacifique de l’amitié, de l’excellence et du respect, le Gouvernement Fédéral nous a informés aujourd’hui qu’il travaillera avec nous pour que les athlètes et les officiels de tous les pays puissent accéder aux États-Unis afin de se rendre à des compétitions internationales » ont ainsi affirmé et précisé les deux responsables sportifs américains.

Par cette déclaration, ces derniers souhaitent au plus tôt éteindre les polémiques naissantes autour des Décrets présidentiels de Donald Trump – tout en restant dans un discours convenu – et ce, alors que Los Angeles ambitionne de devenir Ville Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024 et que les États-Unis sont en passe d’accueillir des événements sportifs majeurs, comme les Mondiaux d’athlétisme à Eugène (Oregon) en 2021.

Quoiqu’il en soit, les prochaines semaines seront déterminantes pour la candidature olympique et paralympique, d’autant plus si le Maire de Los Angeles confirme son positionnement parmi les leaders politiques de la fronde au Président Trump.

Au-delà de son soutien à la candidature de LA 2024, Eric Garcetti n’oublie pas les fondements politiques qui sont les siens, lui qui est actuellement candidat à sa propre succession, et qui pourrait éventuellement être intéressé par le poste de Gouverneur de Californie en 2018, avant peut-être, de se lancer dans la course à l’investiture du Parti Démocrate pour la Présidentielle de 2020.

Autant d’échéances certaines ou potentielles qui jalonneront les mois à venir dans la « Cité des Anges ».

Plus que jamais, la candidature de Los Angeles 2024 se retrouve au cœur de considérations politiques, qu’elle n’avait sans doute pas imaginé il y a encore six mois.

Les principales figures de la candidature – Eric Garcetti et Casey Wasserman, son Président – sont en effet des proches de la candidate Démocrate battue par Donald Trump lors de l’élection présidentielle 2016, Hillary Clinton.

Les deux hommes forts de la candidature de LA 2024 auraient dès lors souhaité travailler avec l’ex-First Lady plutôt qu’avec le détonnant – et déroutant – leader Républicain.

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JO 2024 : Los Angeles face aux décisions controversées de Donald Trump

Quelques semaines après son investiture, le Président Donald Trump n’en finit pas de faire parler de lui.

Comme il s’y était engagé durant la campagne présidentielle américaine, le leader Républicain a acté des mesures polémiques liées au Mexique et à l’immigration.

(Crédits - Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

(Crédits – Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

Ainsi, Donald Trump a notamment signé un Décret pour officialiser la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, mur que le Président souhaite voir financer – a postériori – par les autorités de Mexico. Toutefois, ces dernières ont d’ores et déjà écarté cette possibilité, le Président Enrique Pena Nieto annulant au passage une visite à Washington (District of Columbia).

Mais le Président Trump a aussi engagé un autre Décret – aux multiples impacts – concernant l’immigration, en interdisant temporairement ou jusqu’à nouvel ordre, l’arrivée sur le sol américain de ressortissants issus de sept pays : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Sans surprise, cette dernière mesure a soulevé une vague de contestation outre-Atlantique, d’autant plus dans les villes considérées comme « sanctuaires » pour les immigrés par le nouveau Président des États-Unis.

Dans le viseur de Donald Trump, Los Angeles a fait savoir qu’elle demeurerait une ville d’accueil et ce, après de multiples déclarations écrites du Maire Eric Garcetti au cours des derniers jours, et à la suite d’une conférence de presse organisée depuis l’aéroport international de la ville.

« Je me suis entretenu ce matin à l’aéroport LAX avec les membres du Congrès, Maxime Waters et Ted Lieu, les responsables des douanes et de la protection des frontières, notre police aéroportuaire et des avocats en immigration pour évoquer l’impact des ordonnances présidentielles dans notre ville.

J’ai aussi rencontré des proches de certaines personnes touchées par ces décisions, pour mieux comprendre comment la ville de Los Angeles peut aider les gens durant cette période très difficile, déroutante et douloureuse.

J’ai voulu les assurer que Los Angeles honorera une tradition américaine unique, en demeurant toujours un lieu de refuge pour les personnes de toutes les nationalités et de toutes les confessions religieuses.

L’interdiction d’accès à des personnes sur un critère religieux ou sur celui de leur pays d’origine n’est pas seulement contraire aux idéaux américains, c’est aussi une mesure dangereuse contre notre sécurité nationale.

Il existe des stratégies efficaces, rationnelles, humaines et constitutionnelles pour garantir la sécurité des Américains, et c’est ce que nous attendons du Président à l’égard du peuple américain » a notamment affirmé le Maire Démocrate de Los Angeles.

(Crédits - Eric Garcetti / Compte Twitter du Maire de Los Angeles)

(Crédits – Eric Garcetti / Compte Twitter du Maire de Los Angeles)

Les mesures prises par le Président Donald Trump ont également fait réagir au-delà des frontières américaines, et un possible impact sur la candidature olympique et paralympique de Los Angeles 2024 n’est plus à écarter.

Sans évoquer la candidature ou la perspective du vote olympique du 13 septembre prochain, Richard Peterkin, membre du Comité International Olympique (CIO) à Saint-Lucie, n’a pas hésité à pointer la politique actuelle des autorités fédérales des États-Unis.

Sur son compte Twitter, le responsable olympique a notamment indiqué que « le Décret de Donald Trump relatif à l’immigration est totalement contraire aux idéaux olympiques.

Selon lui, la responsabilité collective l’emporte sur la justice individuelle ».

Si elle n’engage que son auteur, cette déclaration illustre en tous cas l’état d’esprit qui pourrait être celui de bon nombre de membres de l’institution qui élira la Ville Hôte des Jeux d’été de 2024.

La visite prochaine de la Commission d’évaluation du CIO – du 23 au 25 avril – sera déterminante pour la candidature de Los Angeles et ce, même si Donald Trump a récemment assuré de son soutien le CIO et la candidature américaine.

Le Maire de la ville devrait être de la partie, tout comme les membres américains du CIO, Larry Probst – par ailleurs Président du Comité Olympique des États-Unis (USOC) -, Anita DeFrantz, Conseillère de LA 2024 en charge de l’héritage, sans oublier Angela Ruggiero, qui est aussi Présidente de la Commission des Athlètes de l’institution de Lausanne (Suisse).

Toutes ces personnalités – avec également les leaders de la candidature comme Casey Wasserman, Président, et Janet Evans, vice-Présidente – devront alors assurer la Commission d’évaluation de la qualité du projet olympique et paralympique, tout en essayant d’atténuer l’image d’ores et déjà désastreuse des mesures présidentielles sur la scène internationale.

Un exercice difficile mais sans doute nécessaire pour éviter à la candidature d’être plombée dans les mois à venir par les décisions controversées de Donald Trump.

En novembre 2016, Janet Evans s’était d’ailleurs voulue rassurante avant même la prise de fonction du Président.

« Nous sommes fortement convaincus que les Jeux Olympiques et LA 2024 transcendent la politique et peuvent contribuer à rassembler nos communautés et le monde entier.

Nous sommes impatients de coopérer étroitement avec le Président élu, Donald Trump, et avec l’ensemble du Gouvernement Fédéral, afin de livrer des ‘Jeux nouveaux pour une ère nouvelle’ qui serviront et motiveront l’ensemble du Mouvement Olympique en 2024″ avait déclaré l’ancienne Championne Olympique de natation dans le cadre d’une interview exclusive pour « Sport & Société ».

JO 2024 : Après Rome et Paris, le Président du CIO découvre le projet de Los Angeles

Mercredi soir, le Club France et la candidature de Paris 2024 avaient reçu la visite du Président du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach. Ce dernier, qui s’était rendu sur le site de l’Italie et du projet de Rome 2024 plus tôt cette semaine, a effectué ce samedi une nouvelle visite.

Caseay Wasserman, Président de LA 2024 et Eric Garcetti, Maire de Los Angeles, ont été les guides de Thomas Bach ce soir (Crédits - LA 2024 / Getty Images)

Casey Wasserman, Président de LA 2024 et Eric Garcetti, Maire de Los Angeles, ont été les guides de Thomas Bach ce soir (Crédits – LA 2024 / Getty Images)

La Maison des États-Unis installée dans le quartier d’Ipanema à Rio de Janeiro a ainsi accueilli Thomas Bach.

Comme pour ses précédentes visites aux Villes Candidates, le Président du CIO a rencontré et salué plusieurs sportifs avant de découvrir la mise en scène du projet olympique et paralympique.

Sur ce point, les candidatures ont résolument mis en avant la technologie : Rome avait proposé à Thomas Bach de visualiser son projet à travers des lunettes 3D, Paris a misé sur un écran numérique et Los Angeles a quant à elle fusionné les avantages d’un écran avec ceux d’une maquette toute en lumière.

(Crédits - LA 2024 / Getty Images)

(Crédits – LA 2024 / Getty Images)

La « visite interactive » s’est déroulée sous l’égide du Maire de Los Angeles, Eric Garcetti.

Casey Wasserman, Président de la candidature de LA 2024, et Angela Ruggiero, membre du CIO et Directrice de LA 2024 en charge de la stratégie étaient également présents autour de Thomas Bach.

Jusqu’à la fin des Jeux, le Président du CIO – mais aussi plusieurs dizaines de membres de l’institution – se rendront dans les différentes Maisons des Comités Nationaux Olympiques.

Bien entendu, les visites auront un aspect plus important encore pour les Villes Candidates – Los Angeles, Budapest, Rome et Paris -, les Jeux de Rio 2016 étant l’un des seuls événements durant l’année à venir où elles auront l’occasion et la possibilité de présenter leur projet respectif.

JO 2024 : L’Université UCLA de Los Angeles touchée par une fusillade

Le 13 novembre 2015, Paris était victime d’une série d’attentats. Ce mercredi, Los Angeles (États-Unis) a été frappée par une fusillade au sein de l’Université UCLA.

Si ces deux événements ne sont en rien comparables – au regard du mode opératoire ou du nombre de victimes – ils démontrent toutefois que la sécurité sera l’un des enjeux en vue de la désignation de la Ville Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024.

Face à ces drames, la capacité des services d’ordre à assurer la sécurité – au sens de la prévention et de la répression – est en effet analysée et scrutée avec attention pour les Villes Candidates.

Ce soir, la fusillade qui s’est produite à l’Université de Californie à Los Angeles, et qui a fait deux victimes dont le tireur, rappelle deux choses : la place occupée par le récurrent débat autour du port d’armes à feu aux États-Unis – débat encore présent dans l’optique de la Présidentielle de novembre 2016 – ; mais aussi, dans le cadre d’un projet aux JO, la nécessité d’optimiser la sécurité de vastes espaces appelés à recevoir du public et de neutraliser toute intrusion suspecte.

Vue du campus universitaire de l'UCLA (Crédits - LA 2024)

Vue du campus universitaire de l’UCLA (Crédits – LA 2024)

Or, dans le cas de l’Université UCLA, ce ne sont ni plus ni moins que les athlètes et leurs accompagnateurs qui doivent être accueillis au sein du campus universitaire et ce, si Los Angeles décroche l’organisation des Jeux de 2024.

Plus de 10 500 sportifs et plusieurs milliers d’accompagnateurs seront alors logés durant les Jeux au cœur d’un espace qui proposera également huit services de restauration, des centres d’entraînement majeurs – le Drake Stadium, une piscine olympique, une piscine dédiée au plongeon, des installations pour le tennis, le beach-volley, l’équitation, le basketball, etc…, sans oublier un centre médical de premier plan.

Vue intérieure de l'un des restaurants universitaires de l'UCLA (Crédits - LA 2024)

Vue intérieure de l’un des restaurants universitaires de l’UCLA (Crédits – LA 2024)

Les responsables de la candidature de Los Angeles 2024 pourraient prendre la parole dans les prochaines heures pour exprimer leur émotion, mais aussi pour rassurer les décideurs olympiques, ces derniers gardant en mémoire les tragiques événements de Munich 1972 et, dans une moindre mesure, l’attentat survenu au sein du Parc du Centenaire en 1996 à Atlanta.

D’ores et déjà, le Maire de la « Cité des Anges » s’est exprimé via un communiqué de presse.

« Mes pensées et mes prières vont à toutes les personnes touchées par ce qui semble avoir été un meurtre et un suicide sur le campus de l’UCLA.

Cet horrible événement, dans un établissement dédié à l’apprentissage et à la compréhension mutuelle, nous rappelle une fois de plus la fragilité d’une société pacifique. Heureusement, le campus est à présent sûr, mais c’est le cœur brisé que j’ai vu les équipes d’intervention circuler sur les avenues habituellement remplies par les étudiants.

Je tiens à féliciter la communauté de l’UCLA pour son extraordinaire grâce et son calme face à une matinée traumatisante » a notamment affirmé Eric Garcetti, par ailleurs l’un des hommes forts de Los Angeles 2024.

Qu’il s’agisse d’une action menée par un groupe terroriste ou par un individu radicalisé pour diverses raisons, chaque événement dramatique peut rapidement avoir des répercussions internationales pour une Ville Candidate à l’organisation des Jeux. Et plus encore pour une Ville Hôte.

Les récentes Cités Olympiques ont parfaitement pris conscience de cette problématique.

Rio de Janeiro (Brésil) n’y échappera pas non plus, les autorités fédérales brésiliennes ayant prévu à l’occasion des JO 2016, la plus importante opération de sécurité jamais menée dans le pays.

JO 2024 : Avec un projet planifié à 4 milliards de dollars, la candidature de Los Angeles se précise

D’ici la fin du mois, le Comité Olympique des États-Unis (USOC) désignera une nouvelle ville pour figurer dans la course à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

Après le retrait de Boston (Massachusetts), l’USOC a en effet décidé de relancer le processus interne, en réactivant ses contacts avec les villes écartées en janvier dernier : Washington (District of Columbia), San Francisco (Californie) et Los Angeles (Californie).

Peter Hadfield, décathlonien australien, lors des Jeux Olympiques de Los Angeles 1984 (Crédits - CIO)

Peter Hadfield, décathlonien australien, lors des Jeux Olympiques de Los Angeles 1984 (Crédits – CIO)

Cette dernière apparaît néanmoins en position de favorite face à ses concurrentes et cela pour trois raisons principales : l’engagement de la classe politique régionale, l’image de marque de L.A auprès des membres du Comité International Olympique (CIO) et enfin l’existence de nombreux équipements sportifs, hérités de l’organisation des Jeux en 1932 et surtout en 1984.

Si les discussions ont été engagées par l’USOC, aucune indication n’avait pour le moment été communiquée par la Ville de Los Angeles.

Toutefois, l’Hôtel de Ville a rappelé son intérêt pour l’accueil des Jeux, dans le cadre d’un échange avec « Sport & Société » ce lundi et le Maire de Los Angeles a précisé les contours de la candidature, auprès du quotidien « Los Angeles Times », dans la nuit de lundi à mardi.

Carte du projet de Los Angeles 2024 (Crédits - SCCOG)

Carte du projet de Los Angeles 2024 (Crédits – SCCOG)

Ainsi, les autorités de la « Cité des Anges » entendent planifier un projet à hauteur de 4 milliards de dollars (près de 3,63 milliards d’euros), projet qui devrait sauf surprise, reprendre les grandes lignes de la candidature soumise à l’USOC à l’hiver dernier.

Ce projet serait donc basé autour de quatre pôles principaux avec des lieux emblématiques comme par exemple le Los Angeles Memorial Coliseum, hôte des Cérémonies olympiques en 1932 et 1984 et récemment lieu d’accueil des Jeux Olympiques Spéciaux. La plage de Santa Monica mais aussi les diverses arénas de la ville (Staples Center, Nokia Theater, Pauley Pavilion…) seraient également mobilisées pour offrir au monde un spectacle olympique d’envergure.

Outre ce montant global de 4 milliards de dollars, une garantie financière de 400 millions de dollars (362,8 millions d’euros) serait incorporée à la proposition de Los Angeles pour atténuer un éventuel dérapage des coûts, sachant que les autorités locales tablent sur une recette de billetterie conséquente ainsi que sur l’apport du CIO – entre 1,5 et 2 milliards de dollars (1,36 à 1,81 milliard d’euros) – afin d’établir un bénéfice comparable à ce que la Ville et le Comité d’Organisation des Jeux avaient réalisé en 1984.

(Crédits - Boston 2024)

(Crédits – Boston 2024)

« Je pense que c’est une bonne chose pour cette ville. Je pense que nous en profiteront économiquement et socialement.

Je ne peux pas éliminer le risque [d’un dépassement des coûts] mais sur une échelle de 1 à 5, mon évaluation personnelle ferait état du niveau le plus bas » a notamment affirmé le Maire de Los Angeles, Eric Garcetti.

Celui-ci démontre en tous cas un enthousiasme intact vis-à-vis de la candidature olympique de sa ville.

Eric Garcetti, Maire de Los Angeles (Crédits - Page officielle Facebook)

Eric Garcetti, Maire de Los Angeles (Crédits – Page officielle Facebook)

Acteur incontournable du projet lors de la bataille interne, Eric Garcetti s’apprête donc à endosser le maillot de patron de la candidature pour les JO 2024, sans doute accompagné dans cette tâche par l’influent homme d’affaires, patron d’un groupe de médias et personnalité impliquée dans le monde sportif régional, Casey Wasserman, déjà présent dans le projet retoqué par l’USOC.

Si ces différents éléments se confirment dans les jours et semaines à venir, Los Angeles pourrait faire une entrée plus que remarquée sur la scène olympique mondiale.

Outre le « sauvetage » de la candidature américaine pour l’échéance 2024, son image de marque auprès du CIO et du grand public et les multiples atouts dont elle dispose, la ville de Los Angeles pourrait rapidement apparaître comme la plus redoutable des candidatures.

Au point d’obtenir le statut – convoité mais risqué – de favorite ? Pour l’heure, les médias américains placent la candidature de Paris en bonne position.

JO 2024 : Candidature des États-Unis : Et maintenant ?

Ce lundi, l’annonce du Maire de Boston, Marty Walsh, n’a fait que préfigurer la décision finale prise par le Comité Olympique des États-Unis (USOC), à savoir le retrait de la candidature olympique de la principale ville du Massachusetts.

Aujourd’hui, à un peu plus d’un mois de la date limite du dépôt des candidatures pour les Jeux d’été de 2024 – le 15 septembre – l’institution américaine se retrouve confrontée à deux options : ne pas présenter une candidature et renoncer de fait à l’ambition d’accueillir à nouveau les Jeux sur le sol américain ou sélectionner une nouvelle ville et miser sur un succès dans les deux ans à venir.

Selon toute vraisemblance, l’USOC devrait choisir la deuxième option et partir rapidement à la recherche de cette ville qui viendra sauver les espoirs du Mouvement olympique américain. C’est en tous cas ce que l’USOC a annoncé hier soir, précisant par ailleurs qu’aucune communication officielle n’interviendrait avant le mois d’août et le choix éventuel d’une nouvelle candidature.

Vasque olympique de Los Angeles, le 1er septembre 1984 (Crédits - CIO)

Vasque olympique de Los Angeles, le 1er septembre 1984 (Crédits – CIO)

Après le retrait de Boston, trois villes apparaissent comme de potentielles requérantes pour porter les couleurs des États-Unis dans la course à l’organisation des JO 2024.

Ces trois villes ne sont autres que les trois cités qui furent pourtant éliminées en janvier 2015 au profit de Boston : Los Angeles (Californie), San Francisco (Californie) et Washington (District of Columbia).

Si les deux dernières peuvent légitimement prétendre à porter les couleurs américaines et à organiser, le cas échéant, la grand messe du sport mondial, la première est incontestablement favorite et devrait par conséquent être retenue par l’USOC.

Ainsi, Los Angeles deviendrait la solution alternative – la roue de rechange diront certains – d’une candidature nationale qui n’a pas débuté sa campagne sous les meilleures auspices. De fait, « La Cité des Anges » devra redoubler d’efforts pour convaincre les membres du Comité International Olympique (CIO). Mais si les efforts sont certes nécessaires, ils ne devraient toutefois pas être insurmontables, loin de là.

Los Angeles dispose en effet de plusieurs atouts pour concourir à l’organisation des Jeux et même pour les obtenir.

Trois de ces atouts peuvent d’ores et déjà être présentés.

1 / L’engagement de la classe politique régionale et le soutien d’Anita DeFrantz (membre du CIO)

(Crédits - Page officielle Facebook / Eric Garcetti)

(Crédits – Page officielle Facebook / Eric Garcetti)

Le Maire de Los Angeles, Eric Garcetti, demeure un fidèle partisan d’une candidature olympique pour 2024. Après avoir « mouillé la chemise » en fin d’année 2014 pour sa ville, l’élu Démocrate devrait revenir dans l’arène olympique et soumettre la candidature de Los Angeles à l’USOC.

Ce mardi, dans le cadre d’une brève déclaration, Eric Garcetti a ainsi affirmé :

« Je suis heureux de pouvoir engager des discussions avec l’USOC afin de présenter l’offre la plus forte et la plus responsable, au nom de notre ville et de notre nation ».

Si Los Angeles peut se targuer d’avoir l’appui du Maire ainsi que des élus locaux et régionaux, il ne manque plus que le soutien des membres du CIO aux États-Unis, parmi lesquels Anita DeFrantz.

Récemment, cette dernière affirmait que « Los Angeles est une ville prête en permanence.

Elle n’aurait besoin que d’un préavis de deux ans pour pouvoir accueillir les Jeux ».

Indiscutablement, il est difficile de faire meilleure déclaration de soutien à une ville !

Dans les prochains jours, et en marge de la 128e Session du CIO réunie à Kuala Lumpur (Malaisie), l’USOC devrait donc avancer ses pions pour se refaire une santé après le fiasco de Boston 2024.

Sur ce point, la Session du CIO intervient au parfait moment. Les membres de l’institution olympique seront en effet rassemblés au Centre des Congrès de Kuala Lumpur et leurs collègues de l’USOC – trois membres du CIO aux États-Unis sont aujourd’hui en fonctions – devraient profiter de cette occasion pour soumettre l’idée d’une candidature de Los Angeles.

2 / Los Angeles a « sauvé » les Jeux en 1984 et possède une indéniable image de marque auprès du CIO

Vue du Memorial Coliseum de Los Angeles, à l'occasion de la Cérémonie d'ouverture 1984 (Crédits - CIO / Getty Images / Steve Powell)

Vue du Memorial Coliseum de Los Angeles, à l’occasion de la Cérémonie d’ouverture 1984 (Crédits – CIO / Getty Images / Steve Powell)

La ville reste une valeur sûre pour le CIO qui a en souvenir l’accueil des Jeux 1932, mais surtout ceux de 1984, période où les tensions entre les États-Unis et l’ex-URSS étaient encore grandes et où le sport était érigé non pas en modèle pour la société ou pour la ville, mais en outil de propagande politique et diplomatique.

En outre, seule Ville Candidate, Los Angeles a – d’une certaine manière – sauvé les Jeux Olympiques en 1984, une édition une nouvelle fois marquée par le boycott d’une partie des nations.

(Crédits - Boston 2024)

(Crédits – Boston 2024)

Mais au-delà de cette considération qui a toutefois permis d’établir l’image de marque de Los Angeles auprès du CIO, l’organisation des JO en Californie a aussi permis d’établir un nouveau modèle de financement des Jeux, avec une participation du secteur privé.

Les Jeux de 1984 restent également une référence olympique, puisqu’ils ont généré – pour la première fois de l’Histoire des Jeux – un bénéfice de l’ordre de 232,5 millions de dollars (210,26 millions d’euros).

3 / Le Stade Olympique existe déjà – ce n’était pas le cas à Boston – ainsi que de nombreux équipements nécessaires aux Jeux d’été

Projet de Parc Olympique pour les JO 2024 (Crédits - Los Angeles 2024 / SCCOG)

Projet du noyau de Downtown Cluster, avec au centre, le Memorial Coliseum rénové et le Centre Aquatique pour les JO 2024 (Crédits – Los Angeles 2024 / SCCOG)

Les Jeux de 1984 ont facilité la construction ou la modernisation de certains équipements sportifs et infrastructures de communication et de transport. Ils ont aussi permis de mobiliser des installations de très grande qualité, installations dont la renommée internationale n’est plus à faire à l’instar du Staples Center ou de l’impressionnant Memorial Coliseum, Stade Olympique en 1932 et en 1984.

Aujourd’hui, le Memorial Coliseum demeure d’ailleurs au cœur de l’actualité.

Outre l’accueil des Jeux Olympiques Spéciaux (pour les personnes en situation de déficience intellectuelle) du 25 juillet au 02 août, Los Angeles prévoit en effet d’engager un ambitieux plan pour rénover son stade mythique. Une opportunité pour héberger les Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux pour la troisième fois de l’Histoire de la ville.

Au-delà de son grand stade, Los Angeles peut appuyer son projet pour 2024 sur 4 noyaux principaux et ce, comme elle a pu le faire lors de la présentation d’une première ébauche de son projet, en avril 2014.

Ces 4 noyaux pourraient intégrer des sites de compétitions distants de moins de 30 minutes du Village des Athlètes et pourraient de ce fait, permettre l’élaboration d’un nouveau projet compact par l’USOC.

Il y a un an, les prévisions d’utilisation des sites étaient les suivantes et témoignent du savoir-faire et de la qualité des installations de Los Angeles.

Carte du projet de Los Angeles 2024 (Crédits - SCCOG)

Carte du projet de Los Angeles 2024 (Crédits – SCCOG)

– Downtown Cluster avec 12 sites en plus du Village des Athlètes

  • Cérémonies et athlétisme au sein du Stade Olympique (93 600 places) ;
  • Badminton, gymnastique rythmique, trampoline et tennis de table au Los Angeles Convention Center (67 000 m²) ;
  • Volleyball et gymnastique artistique au Staples Center (18 000 à 19 000 places) ;
  • Canoë-kayak en slalom dans la Los Angeles River ;
  • Plongeon au Uytengsu Aquatics Center de l’Université de Californie du Sud (1 700 places) ;
  • Escrime (finales) au Nokia Theater (7 100 places) ;
  • Basketball (première partie du tournoi et finales) au Farmers Field (76 000 places) ;
  • Natation et natation synchronisée au nouveau Centre Aquatique (transformé en stade de football de 20 000 places après les JO)…
  • Waterpolo au LA84 Foundation Swim Stadium (10 000 places) ;
  • Taekwondo (finales) au Walt Disney Concert Hall (2 300 places) ;
  • Haltérophilie au Shrine Auditorium (6 300 places).

– Westside Cluster avec 5 sites à 24 minutes du Village Olympique

  • Golf au Riviera Country Club ;
  • Tir-à-l’arc et BMX au Drake Stadium (11 700 places) ;
  • Basketball (deuxième partie) au Pauley Pavilion de l’Université de Californie (12 800 places) ;
  • Hockey-sur-gazon (deuxième partie) au Corsair Stadium du Santa Monica College (6 600 places) ;
  • Beach-volley et triathlon sur la plage mythique de Santa Monica.

– Avalon Cluster avec 4 sites à 23 minutes du Village Olympique

  • Cyclisme sur piste au Velo Sports Center (2 450 places) ;
  • Hockey-sur-gazon (première partie et finales) au StudHub Track Stadium (20 000 places) ;
  • Rugby et football au StubHub Soccer Stadium (27 000 places) ;
  • Tennis au StubHub Tennis Stadium (8 000 places) ;

– Harbor Cluster avec 5 sites à 29 minutes du Village Olympique

  • Canoë-kayak (sprint) et aviron au Long Beach Marine Stadium ;
  • Handball (première partie) à la Walter Pyramid de l’Université de Californie (5 000 places) ;
  • Handball (deuxième partie et finales) à la Long Beach Arena (13 500 places) ;
  • Judo, taekwondo (première partie) et lutte au Long Beach Convention Center ;
  • Voile dans la Long Beach Marina / Queen Mary.

En complément de ces 4 noyaux, un autre pôle fut présenté dans le cadre du projet initial de Los Angeles 2024, pôle où fut regroupées les disciplines de plein air ou celles qui nécessitent l’utilisation de sites plus éloignés du centre de la ville :

  • VTT au Griffith Park ;
  • Cyclisme sur route dans le célèbre quartier de Hollywood ;
  • Équitation au Santa Anita Park ;
  • Escrime (première partie) sur Hollywood Boulevard ;
  • Volleyball au Forum (17 500 places) ;
  • Pentathlon moderne et tir au Fairplex Fairgrounds ;
  • Triathlon sur la célèbre avenue de Beverly Hills, Rodeo Drive ;
  • Football (finales) au Rose Bowl Stadium (92 500 places) ;
  • Tournoi de football : Qualcomm Stadium de 71 300 places (San Diego / Californie), AT&T Stadium de 80 000 places (Arlington / Texas) et Sam Boyd Stadium de 40 000 places (Las Vegas / Nevada).
(Crédits - SCCOG)

Logo de Los Angeles 2024 (Crédits – SCCOG)

Au regard de ces multiples infrastructures et des atouts majeurs de Los Angeles, il est à penser qu’un projet olympique incarné par cette ville californienne sera particulièrement redoutable pour n’importe quelle autre Ville Requérante à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

Los Angeles fut battue pour l’investiture américaine en janvier dernier. Elle peut aujourd’hui revenir sur le devant de la scène et s’imposer comme une prétendante sérieuse – davantage même que Boston – au Graal olympique.

Une autre donnée, indépendante du choix de la ville, doit aussi être pris en considération lorsqu’il s’agit d’évoquer une candidature olympique américaine : l’apport des États-Unis pour les revenus du Mouvement olympique.

Lors de ses deux précédentes candidatures (New York 2012 et Chicago 2016), l’USOC s’était présenté devant le CIO dans une posture inconfortable, les deux institutions étant alors en froid concernant la répartition des droits, en particulier en ce qui concerne les droits de diffusion des Jeux.

Sur ce point, un chiffre a permis de mettre d’accord les deux parties. Un chiffre qui permet aujourd’hui, plus qu’hier, de prendre conscience des enjeux, à la fois pour le Pays de l’Oncle Sam et pour le CIO : 7,65 milliards de dollars, comme la somme déboursée par l’entreprise NBC Universal pour acquérir les droits de diffusion des Jeux aux États-Unis jusqu’en 2032.

Jamais, une telle somme n’avait été mobilisée par une entreprise de télévision à l’égard du Mouvement olympique.