JO 2024 : Le retrait de Budapest est acté

Si aucun communiqué officiel n’a pour l’instant été publié par le Comité de Candidature de Budapest 2024, les autorités hongroises ont acté ce mercredi soir – comme c’était prévisible depuis la fin de semaine dernière – le retrait de la course à l’organisation des Jeux.

Contacté par « Sport & Société », le Comité de Candidature n’a souhaité faire aucun commentaire, précisant néanmoins qu’une communication interviendrait prochainement par l’intermédiaire du Comité Olympique de Hongrie (HOC).

Le logo de la candidature a été repensé ce mercredi soir et apparaît désormais sur fond noir (Crédits - Budapest 2024)

De manière symbolique, le logo de la candidature a été repensé ce mercredi soir et apparaît désormais sur fond noir (Crédits – Budapest 2024)

Ce retrait de Budapest apparaissait inéluctable après le pari réussi du mouvement contestataire « Momentum Mozgalom ». Ce dernier était parvenu entre mi-janvier et mi-février a collecté un nombre suffisant de signatures pour contraindre la Ville de Budapest à mettre en œuvre un référendum.

Bien que les signatures auraient mérité une vérification par la Commission électorale avant l’organisation d’un tel scrutin populaire, le nombre de documents collectés – plus de 266 000 signatures alors que la loi en exigeait 138 000 – fut suffisant pour faire vaciller la candidature de la capitale hongroise.

Plutôt que de risquer un camouflet face aux électeurs, le Premier Ministre Viktor Orbán et la Municipalité ont préféré mettre un terme à l’aventure olympique et paralympique, quelques mois seulement avant le scrutin olympique de Lima (Pérou), et avant les élections législatives de 2018 qui représente une échéance majeure pour la majorité gouvernementale actuelle.

Mais si le retrait de Budapest est évidemment un fiasco pour les autorités hongroises, il constitue surtout un terrible aveu d’échec pour le Comité International Olympique (CIO) et son Président, Thomas Bach.

Ce dernier avait fait de la réforme de l’Agenda 2020 le pilier de sa campagne pour la présidence de l’institution en septembre 2013. Depuis, il avait œuvré à mettre en place les 40 Recommandations de l’Agenda parmi lesquelles plusieurs mesures pour rendre le modèle olympique plus vertueux, grâce notamment à une réduction des coûts pour les candidatures.

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l'Agenda 2020, en décembre 2015 (Crédits - CIO / Ian Jones)

Thomas Bach, brandissant un exemplaire de l’Agenda 2020, en décembre 2015 (Crédits – CIO / Ian Jones)

Néanmoins, la communication du CIO a sans nul doute été insuffisante pour rassurer les Villes Candidates et plus encore, l’opinion publique.

De plus en plus soucieux de contrôler les grands projets qui engagent les deniers publics, les citoyens sont devenus de redoutables freins pour les candidatures aux Jeux et ce, alors même qu’ils devraient en être des porteurs.

Le retrait il y a peu de la candidature des Grisons (Suisse) pour l’investiture helvète pour 2026 n’en est que l’une des illustrations les plus évidentes, sans compter aussi l’abandon de Hambourg (Allemagne) pour 2024.

Désormais, la course olympique se jouera en présence de seulement deux Villes Candidates – alors qu’elles étaient cinq sur la ligne de départ le 15 septembre 2015 -, une situation inédite dans le cadre de l’attribution des Jeux d’été, depuis le milieu des années 1980 avec l’unique candidature de Los Angeles pour 1984 et le duel Séoul / Nagoya pour 1988.

Quoiqu’il en soit, les prochaines semaines s’annoncent tumultueuses pour le CIO.

Thomas Bach avait récemment évoqué la possibilité d’effectuer un double vote le 13 septembre prochain, à savoir l’élection de la Ville Hôte de 2024 et l’élection de la Ville Organisatrice de 2028.

Mais cette perspective – qui se résumerait de fait à l’attribution d’une édition à Los Angeles et d’une autre à Paris – rencontre cependant la contestation de plusieurs membres de l’institution de Lausanne (Suisse), notamment au sein de la Commission exécutive.

Le modèle olympique devra en tous cas être remanié pour espérer attirer à nouveau les Villes Candidates et renouer ainsi avec une certaine attractivité. Le temps sera court ; l’année 2019 étant marquée logiquement par le lancement de la procédure pour les Jeux d’hiver de 2026.

Advertisements

JO 2024 : Budapest pourrait retirer sa candidature dès la semaine prochaine

Et si la Ville de Budapest renonçait à l’organisation d’un référendum concernant sa candidature olympique et paralympique ?

L’option semble en tous cas sur la table après les échanges tenus en fin de semaine entre le Maire de la capitale hongroise et le Premier Ministre.

Istvan Tarlós a en effet engagé des discutions avec les autorités gouvernementales et devrait à nouveau les consulter en début de semaine prochaine. Le Gouvernement devrait ensuite se réunir, tout comme le Conseil Municipal qui pourrait dès lors être amené à se prononcer sur un éventuel retrait de la candidature de Budapest.

Visuel du Stade Olympique (Crédits - Budapest 2024 / Brick Visual)

Visuel du Stade Olympique (Crédits – Budapest 2024 / Brick Visual)

Bien que le projet de Budapest 2024 ait été au cœur de la campagne pour l’organisation d’un référendum, cette dernière a aussi suscité la mobilisation des opposants au Premier Ministre de la Hongrie.

Si un retrait devait intervenir mercredi 22 février, cela permettrait aux autorités locales d’éviter la tenue d’une consultation populaire plus que périlleuse, mais surtout, cela permettrait au Gouvernement de Viktor Orbán de contourner un probable fiasco à quelques mois des élections législatives de 2018.

Quoiqu’il en soit, la perspective d’un retrait semble aujourd’hui quasi-inéluctable, ce qui conduirait le Comité International Olympique (CIO) à devoir choisir – le 13 septembre prochain – entre deux Villes Candidates (Paris et Los Angeles).

Le Comité de Candidature a d’ailleurs annoncé ce samedi la suspension des contrats et ce, après plusieurs jours de flottement au cours desquels aucune initiative promotionnelle n’a été lancée sur Internet ou sur le terrain alors même que les Villes Candidates ont la possibilité de défendre leur projet respectif à l’échelle internationale depuis le 03 février.

« Au cours des dernières semaines, le projet de candidature est devenu un débat national.

L’unité politique en soutien à la candidature olympique hongroise s’est brisée. Si cette unité n’est pas rétablie dans un court laps de temps, Budapest n’aura aucune chance de battre deux des plus grandes villes que sont Paris et Los Angeles.

Jusqu’à ce que cette unité soit restaurée derrière la candidature de Budapest 2024, nous prenons la décision de suspendre les contrats, de ne pas émettre de nouvelles commandes et de ne pas utiliser le budget qu’il nous reste » a ainsi fait savoir la candidature hongroise dans un communiqué.

Pour le CIO, un nouvel abandon d’une Ville Candidate sonnerait comme un indéniable échec de sa stratégie de renouveau portée par l’Agenda 2020.

Avec seulement deux candidatures en lice pour les Jeux Olympiques d’été, l’institution de Lausanne (Suisse) se retrouverait confrontée à une crise sans précédent depuis les années 1980 lorsque Los Angeles fut seule en course pour l’accueil des Jeux de 1984 et lorsque deux villes furent sur les rangs pour les Jeux de 1988, Séoul (Corée du Sud) finalement élue, et Nagoya (Japon).

Pour les Jeux d’hiver, une telle situation s’était présentée il y a seulement deux ans, au moment où Almaty (Kazakhstan) et Pékin (Chine) s’étaient retrouvées dans un duel inattendue après les retraits des Grisons (Suisse), de Cracovie (Pologne), de Munich (Allemagne), d’Oslo (Norvège), de Stockholm (Suède) et de Lviv (Ukraine).

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits - Budapest 2024)

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits – Budapest 2024)

Budapest comptait s’inspirer de Villes Hôtes passées pour concevoir un nouveau modèle olympique, loin des extravagances de certaines éditions récentes.

Dans une interview exclusive accordée à « Sport & Société » en octobre 2016, le Président du Comité de Candidature avait d’ailleurs précisé cette ambition.

« Les Jeux Olympiques de Budapest seront l’occasion pour le Mouvement Olympique de se réengager avec des villes de taille moyenne, et de créer des opportunités à travers le monde.

Anvers, Amsterdam, Barcelone, Stockholm et Helsinki – villes semblables à Budapest – ont toutes accueilli les Jeux Olympiques avec un énorme succès.

Le plan de Budapest 2024 réintroduit ce modèle rafraîchissant de compacité, de Jeux intimes et intégrés dans la ville, et permettant l’accélération des projets existants.

Accueillir les Jeux Olympiques à Budapest permettra de restaurer l’héritage de ces Villes Olympiques moyennes » avait notamment affirmé Balázs Fürjes.

Cette ambition avait par la suite été mentionnée devant l’Assemblée Générale des Comités Nationaux Olympiques (ANOC) réunie mi-novembre à Doha (Qatar).

La candidature de Budapest 2024 avait alors martelé un message clair : Budapest est la bonne ville, au bon moment.

JO 2024 : Interview pour « Radio Canada » concernant la perspective d’un référendum à Budapest

Tandis que la candidature de Budapest 2024 se retrouve de plus en plus fragilisée dans l’optique d’un référendum, « Radio Canada » a proposé hier soir un reportage sur cette perspective et plus largement, sur le devenir du modèle des Jeux Olympiques.

Ici Radio Canada

Interviewé par le journaliste Robert Frosi dans le cadre de l’émission « L’heure du monde », je vous propose de retrouver mon témoignage (entre 40:15 et 43:30 sur le lecteur).

– Un mouvement de jeunes opposants aux Jeux – le groupe « Momentum » – avait lancé une pétition pour la tenue d’un référendum sur cette candidature. Pour aller de l’avant, ce référendum a recueilli suffisamment de signatures pour qu’effectivement, on y aille.

J’en ai parlé avec Kévin Bernardi qui est l’auteur d’un Rapport sur les Impacts et l’Héritage des Jeux Olympiques, et qui m’a expliqué que les chances que ce référendum soit victorieux en Hongrie sont réelles.

En règle générale, sur des référendums relatifs à des questions olympiques, les partisans du retrait d’une candidature sont plus nombreux à se mobiliser que les partisans de la candidature en elle-même.

On l’a vu par exemple à Hambourg pour la candidature allemande pour 2024, on l’a aussi vu au cours des dernières années dans les Grisons pour la Suisse, on l’a vu également à Cracovie pour les JO 2022, etc… A chaque fois, on a des retraits de candidatures.

– Advenant le retrait de Budapest, il ne resterait plus que deux villes en lice pour les Jeux de 2024. Est-ce l’avenir des Jeux Olympiques qui est en train de se jouer en ce moment.

Il reste Paris et Los Angeles, deux candidates dans la tourmente – Paris qui se démène en ce moment avec un mini-scandale autour de leur slogan, et Los Angeles qui avec l’arrivée de Donald Trump à la présidence a du plomb dans l’aile à cause des politiques restrictives de libre circulation – et pour Kévin Bernardi, il faut absolument que le message du Comité International Olympique (CIO) de redonner une dimension humaine aux JO passe, sinon, ça pourrait être effectivement la fin.

C’est vraiment une mission que devra mettre en œuvre le CIO pour arriver justement à avoir une communication suffisamment efficace pour à la fois convaincre l’opinion publique et à la fois, les villes potentiellement candidates et ce, pour éviter un désamour qui conduirait in fine à ne plus avoir de Villes Candidates.

JO 2024 : A Budapest, « Momentum Mozgalom » annonce avoir collecté plus de 266 000 signatures

Ce vendredi marque la fin officielle de la collecte de signatures par les partisans d’un référendum portant sur la candidature olympique et paralympique de Budapest (Hongrie).

Depuis un mois, le mouvement « Momentum Mozgalom » et ses alliés ont sillonné la capitale hongroise afin de recueillir un minimum de 138 000 signatures. Ce chiffre – représentant 10% des électeurs inscrits – devait être atteint dans un délai strict afin de contraindre les autorités locales à organiser un référendum.

Aujourd’hui, le mouvement politique – qui a pu compter sur la mobilisation de 1 800 militants sur le terrain – a annoncé avoir collecté pas moins de 266 151 signatures.

(Crédits - Momentum Mozgalom)

(Crédits – Momentum Mozgalom)

Bien entendu, la Commission électorale de Budapest va désormais étudier chacune des signatures collectées pour en vérifier l’authenticité et la validité. D’ici 45 jours au plus tard, ladite Commission dévoilera le résultat de ses vérifications.

Si le nombre requis de 138 000 signatures et bel et bien atteint, les autorités n’auront d’autre choix que de procéder à la consultation des citoyens de Budapest.

D’après une enquête réalisée à la fin du mois de janvier, 62% des sondés ont mentionné leur opposition au projet pour les JO 2024, contre seulement 31% qui ont apporté un appui à la candidature.

Mais le plus inquiétant pour le Comité de Candidature de Budapest 2024 reste que 79% des citoyens de Budapest sont favorables à un référendum et que 86% des sondés sont prêts à se rendre aux urnes dans le cas où une telle consultation viendrait à être mise en œuvre par les autorités municipales.

Au-delà de la seule candidature, les citoyens de Budapest seraient par ailleurs susceptibles d’exprimer une franche opposition à l’action politique actuellement menée par le Premier Ministre, Viktor Orban.

Une personnalité décriée dans et en dehors des frontières hongroises, mais surtout une personnalité de premier plan pour la candidature de Budapest 2024.

JO 2024 : La situation se complique du côté de Budapest

A deux jours de la fin de la collecte des signatures pour l’organisation d’un référendum, les opposants à la candidature de Budapest 2024 ont le vent en poupe.

Selon toute vraisemblance, le nombre de signatures exigé devrait être atteint d’ici le 17 février, ce qui conduirait les autorités locales à mettre en place une consultation populaire qui interviendrait durant le printemps.

Pour Budapest, l'arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits - Budapest 2024)

Pour Budapest, l’arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits – Budapest 2024)

D’ici-là, les enquêtes sondagières font état d’une réelle défiance à l’égard de la candidature olympique et paralympique de la capitale hongroise. Un premier sondage avait d’ailleurs conforté les partisans d’un référendum les 28 et 29 janvier. Un second sondage est venu par la suite confirmer la tendance.

Réalisé entre le 25 et le 31 janvier, ce sondage mené auprès de 1 000 personnes révèle des chiffres encore plus inquiétants pour le Comité de Candidature de Budapest 2024.

Ainsi, à l’échelle de la Hongrie, 45% des sondés se déclarent favorables à la candidature de Budapest, alors que 51% y sont opposés.

Dans le même temps, à l’échelle de la capitale, 62% des sondés affirment être opposés au projet pour les JO 2024, tandis que 31% seulement se prononcent en faveur de la candidature actuellement en compétition face à Los Angeles (États-Unis) et Paris (France).

D’autres données viennent par ailleurs renforcer les arguments des partisans à un référendum.

De fait, 74% des Hongrois se prononcent en faveur d’une telle consultation et 79% des citoyens de Budapest sont d’un avis similaire.

Mais surtout, 86% des sondés dans la capitale affirment être prêts à se rendre aux urnes si un référendum venait à être organisé dans les prochaines semaines.

JO 2024 : A Budapest, les partisans d’un référendum pourraient revendiquer 110 000 signatures à l’issue du week-end

Ce week-end du 04 et 05 février pourrait constituer un moment important de la campagne en vue de l’organisation d’un référendum à Budapest (Hongrie) consacré à la candidature olympique et paralympique de la ville.

En effet, après avoir annoncé la collecte de 70 000 signatures à la fin du mois de janvier – soit moins de quinze jours après le lancement de l’initiative populaire – le mouvement « Momentum Mozgalom » a revendiqué vendredi soir le seuil de 85 000 signatures.

Selon les projections du mouvement contestataire communiquées ce dimanche à « Sport & Société », le cap des 110 000 signatures devrait être franchi ce soir. Si cela se confirme, les partisans d’un référendum ne seraient plus qu’à quelques dizaines de milliers de signatures de l’objectif fixé par la loi.

(Crédits - NOlimpia Budapest)

(Crédits – NOlimpia Budapest)

Pour rappel, la tenue d’un scrutin référendaire à l’échelle de Budapest doit recueillir l’appui d’au moins 10% des citoyens inscrits sur les listes électorales, soit pour la capitale hongroise, 138 000 personnes.

Le mouvement « Momentum Mozgalom » et ses partenaires ont jusqu’au 17 février pour parvenir à ce chiffre. Une fois atteint, nul doute que les porteurs de « NOlimpia » effectueront une intense campagne sur le terrain et les réseaux sociaux afin de garantir l’issue du scrutin.

Un « Non » des électeurs à la candidature de Budapest 2024 entraînerait l’inévitable retrait du projet de la course aux Jeux d’été et ce, comme ce fut le cas en novembre 2015 avec la candidature allemande de Hambourg 2024.

Cependant, comme le mentionnait cette semaine « Sport & Société », des doutes se sont faits jour concernant la véracité des propos de « Momentum Mozgalom » en ce qui concerne le nombre de signatures obtenues.

Selon une source locale, entre 30 000 et 35 000 signatures auraient pu être collectées, alors que les partisans de « NOlimpia » avaient annoncé le chiffre de 70 000. Si l’on affine ces données aux nouvelles estimations de « Momentum Mozgalom », ce serait un décompte potentiel de 50 000 à 60 000 signatures d’ici ce dimanche soir et non de 110 000.

(Crédits - Capture d'écran / Sport & Société)

(Crédits – Capture d’écran / Sport & Société)

Une chose est sûre : que le chiffrage de « Momentum Mozgalom » soit ou non avéré, le Comité de Candidature de Budapest 2024 reste particulièrement silencieux et ce, alors même qu’il a déposé le troisième et dernier volet technique de son projet au Comité International Olympique (CIO).

Élément non-négligeable et qui peut avoir son importance, contrairement à ces deux rivales – Los Angeles (États-Unis) et Paris (France) – Budapest n’a pas encore rendu public son dossier de candidature dans son intégralité.

A ce jour, soit 48h après le dépôt officiel au siège de l’institution de Lausanne (Suisse), seuls les deux premiers volets sont consultables sur la plateforme Internet de la candidature hongroise.

JO 2024 : La candidature de Budapest dans une position de fragilité selon un sondage

Alors que les Villes Candidates doivent fournir au Comité International Olympique (CIO), le troisième volet de leur dossier de candidature respectif, ce vendredi 03 février, le projet de Budapest 2024 semble soumis à une contestation populaire grandissante.

Comme l’a évoqué très tôt « Sport & Société », la contestation a pris corps sur les réseaux sociaux avant de gagner le terrain, via des actions ponctuels dans différents secteurs de la capitale hongroise.

Aujourd’hui, le mouvement « NOlimpia » revendique plus de 70 000 signatures obtenues pour l’organisation d’un référendum – sur 138 000 nécessaires d’ici le 19 février – mais une autre estimation fait état d’un bilan à mi-parcours compris entre 30 000 et 35 000 signatures.

L'organisation des Jeux Olympiques est aujourd'hui considérée comme un poids par les citoyens de Budapest (Crédits - HVG)

L’organisation des Jeux Olympiques est aujourd’hui considérée comme un poids par les citoyens de Budapest (Crédits – HVG)

Quoiqu’il en soit, la dynamique est clairement à l’avantage des opposants à la candidature de Budapest 2024 et un récent sondage semble d’ailleurs confirmer cette tendance, qui tranche avec les donnés d’un sondage dernièrement présenté par le Comité de Candidature.

Réalisés du 28 au 29 janvier 2017 par l’hebdomadaire « HVG »* – proche des réformateurs de Gauche opposés au Premier Ministre Viktor Orban, cette enquête fait état d’une défiance majeure à l’égard de la candidature olympique et paralympique.

Ainsi, 68% des sondés se déclarent opposés aux Jeux dans la mesure où ces derniers engendreraient des dépenses plus utiles sur d’autres postes d’activités. Cet argument est d’ailleurs l’un des points centraux du discours des opposants au projet de Budapest.

Dans le même temps, seuls 26% des sondés – issus de Budapest exclusivement – estiment que l’organisation des Jeux dans leur ville renforcerait le sentiment de fierté nationale pour le peuple hongrois.

Enfin, en cas de tenue d’un référendum à l’échelle locale, 54% des sondés voteraient pour le retrait de la candidature.

Ces chiffres devraient alerter une nouvelle fois le Comité de Candidature de Budapest 2024. Particulièrement silencieux depuis quelques jours, ce dernier pourraient se préparer à une campagne référendaire à haut risque.

En effet, si les opposants parviennent à recueillir le nombre de sésames requis par la loi électorale, la mise en œuvre d’une consultation populaire pourrait intervenir rapidement, avec une issue potentiellement éliminatoire pour la candidature.

En cas de rejet de la part des citoyens, les autorités locales et nationales n’auraient d’autre possibilité que de retirer le projet de la course à l’organisation des Jeux d’été de 2024.

Pour Budapest, l'arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits - Budapest 2024)

Pour Budapest, l’arrivée du marathon aurait lieu sur la Place des Héros (Crédits – Budapest 2024)

Le CIO se retrouverait dès lors avec le maintien de deux candidatures, comme ce fut le cas entre Almaty (Kazakhstan) et Pékin (Chine) pour les JO d’hiver 2022.

Pour l’échéance 2024, Los Angeles (États-Unis) serait appelée à livrer la bataille finale avec Paris (France).

Une affiche de rêve mais que n’espère sans doute pas le CIO, car bien que ces deux mégalopoles ont la capacité évidente d’accueillir les Jeux, le retrait de Budapest sonnerait comme un indéniable aveu d’échec pour la réforme olympique de l’Agenda 2020.

* Sondage réalisé auprès de 600 personnes.

JO 2024 : Les partisans d’un référendum ont déjà collecté 70 000 signatures à Budapest

La candidature olympique et paralympique de Budapest 2024 parviendra-t-elle à conduire son projet jusqu’au 13 septembre 2017, date de l’élection de la Ville Hôte par le Comité International Olympique (CIO) ?

La mobilisation des partisans d’un référendum ouvre en tous cas la problématique.

(Crédits - NOlimpia Budapest)

(Crédits – NOlimpia Budapest)

Lancée officiellement jeudi 18 janvier, la mobilisation doit aboutir à la collecte de 138 000 signatures de citoyens de Budapest (Hongrie) avant la mi-février. Si le nombre de signatures exigé est atteint, les autorités devront dès lors étudier l’organisation d’un scrutin référendaire à l’échelle de la ville.

D’ores et déjà, le mouvement « NOlimpia » – directement inspiré de « NOlimpia Hamburg » et surtout de « NO Boston Olympics » – a fait savoir ce week-end que le chiffre des 70 000 signatures avait été franchi, ce qui laisse à penser que la barre des 138 000 paraphes pourrait être dépasser dans les quinze jours à venir.

Le succès rencontré par l’initiative de la jeune organisation politique – hostile au Premier Ministre Viktor Orban – « Momentum Mozgalom », peut d’abord s’expliquer par le nombre important d’abonnés sur les réseaux sociaux.

Sur la page Facebook de « NOlimpia », plus de 30 000 internautes suivent ainsi l’actualité du mouvement.

Ensuite, les derniers sondages menés à Budapest et en Hongrie démontrent la marge de manœuvre dont peut bénéficier l’opposition à la candidature et ce, à l’instar de celle qui fut en place à Boston (États-Unis) lorsque la ville du Massachusetts était candidate pour 2024, avant le repêchage de Los Angeles.

Le mouvement « NOlimpia » peut enfin compter sur un maillage territorial assuré par des dizaines de militants. Ces derniers quadrillent ainsi la capitale hongroise afin de collecter un maximum de signatures en un minimum de temps.

L’action menée jusqu’à présent porte ses fruits. En attendant peut-être une riposte des autorités et du Comité de Candidature.

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits - Budapest 2024)

Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature (Crédits – Budapest 2024)

Pour l’heure, ces derniers s’appuient toujours sur un sondage favorable et le Conseil Municipal a récemment réitéré son soutien à la candidature. A l’approche du dépôt du troisième et dernier volet du dossier technique – le 03 février – les élus ont en effet voté à une très large majorité – 25 voix sur 29 – en faveur du projet olympique et paralympique.

Comme il l’avait mentionné dans le cadre d’une interview exclusive pour « Sport & Société », le Président de Budapest 2024 a d’ailleurs rappelé l’importance de l’Agenda 2020 du CIO pour les villes comme Budapest.

« Le nouveau programme olympique permet à une nouvelle génération de villes de taille moyenne d’accueillir les Jeux ; et cette nouvelle génération de villes moyennes créera de nouvelles possibilités pour le Mouvement Olympique.

Ce vote renforce encore plus notre candidature et avec le soutien écrasant du Gouvernement de Hongrie, cela nous permettra de livrer des Jeux magnifiques dans une ville qui est prête à les accueillir.

Budapest est la bonne ville au bon moment » a ainsi affirmé Balázs Fürjes, en faisant également une référence au slogan porté devant les Comités Nationaux Olympiques réunis en novembre 2016 à Doha (Qatar).

JO 2024 : La candidature de Budapest dévoile de nouveaux chiffres pour éteindre une contestation naissante

Comme en septembre 2016, le Comité de Candidature de Budapest 2024 profite de la résurgence de la question référendaire pour dévoiler les résultats d’un nouveau sondage.

Ainsi, selon l’institut Kód Kft, 63% des Hongrois soutiennent aujourd’hui la candidature olympique et paralympique de la capitale, un chiffre en augmentation au regard des précédentes enquêtes d’opinion et ce, quelque soit l’institut à l’origine du sondage.

En septembre dernier, l’IFOP avait ainsi révélé que 58% des habitants de Hongrie soutenaient le projet aux JO 2024 soit douze points de mieux qu’un an auparavant.

(Crédits - Budapest 2024)

(Crédits – Budapest 2024)

« Nous sommes ravis de constater que le soutien au projet de Budapest pour les Jeux Olympiques continue de croître, et que de plus en plus de villes à travers la Hongrie appuient la candidature.

La Hongrie s’exprime par le sport, et les Jeux Olympiques et Paralympiques sont l’événement sportif le plus important au monde.

Les lieux publics de Budapest et les infrastructures ont été conçus et développés autour du sport, des grands événements, et de l’amour de la Hongrie pour le sport » a affirmé Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature.

Si la proportion des citoyens en faveur des Jeux est en augmentation, cette dernière est encore plus marqué auprès des jeunes, 71% des 18-29 ans soutenant Budapest 2024.

Mais au-delà du soutien à la candidature, les Hongrois semblent désormais bien informés des ambitions de leur pays, puisque le sondage mentionne le fait que 95% de la population a entendu parler au moins une fois du projet de la capitale.

La population est également réceptive à l’aspect économique, les deux tiers des sondés misant sur des retombées positives pour l’économie nationale et l’emploi, ainsi qu’au potentiel touristique des Jeux, 86 à 90% des sondés estimant que l’organisation de l’événement entraînerait un regain d’intérêt pour le pays.

Ces chiffres, bien que favorables à la candidature de Budapest 2024, ne masquent toutefois pas les mouvements de contestation qui se font de plus en plus présents.

(Crédits - Montage / Sport & Société)

(Crédits – Montage / Sport & Société)

Une première initiative structurée avait ainsi vu le jour en fin d’année 2016. Mais le mouvement Olimpiát ? Ne a depuis été rejoint par NOlimpia dont la forme n’est pas sans rappeler celle prise par les mouvements NOlympia Hamburg et avant celui-ci, No Boston Olympics.

Instigateur de ce dernier, Chris Dempsey a d’ailleurs été l’un des conseillers de NOlimpia qui entend contraindre les autorités locales à organiser un référendum.

La tâche ne sera pas aisée, d’autant plus lorsque l’on sait que les autorités nationales et municipales ont écarté à plusieurs reprises l’idée de tenir un tel scrutin. Une décision réitérée en novembre 2016.

Toutefois, le mouvement qui comptabilise d’ores et déjà plus de 15 000 abonnés sur le réseau social Facebook, entend parvenir à récolter en un mois, les 138 000 signatures nécessaires pour forcer les pouvoirs publics à organiser un référendum.

Pour réaliser ce challenge, NOlimpia peut compter sur l’appui de 150 militants et un rassemblement « portes ouvertes » a été programmé pour samedi 21 janvier dans l’optique de convaincre jusqu’à 1 500 personnes supplémentaires.

Cette potentielle armada serait dès lors mobilisée aux quatre coins de Budapest – en particulier devant des monuments emblématiques ou sur des artères particulièrement fréquentées – pour sensibiliser la population locale.

Si un référendum venait in fine à être organisé, les citoyens de Budapest seraient appelés à se prononcer sur la question suivante :

« Êtes-vous favorable à ce que la Municipalité retire la candidature de Budapest à l’organisation des Jeux d’été de 2024 ? »

A quelques mois de la visite de la Commission d’évaluation du Comité International Olympique (CIO) à Budapest (10 au 12 mai), nul doute que les autorités locales et nationales essaieront d’éteindre les braises d’une contestation naissante.

Le risque serait en effet que cette contestation devienne rapidement hors de contrôle et aboutissent à l’échec de la candidature hongroise.

Au cours des dernières années, un tel élan avait balayé les ambitions de Boston (États-Unis) et de Hambourg (Allemagne) pour les Jeux d’été de 2024, sans compter les initiatives qui furent là encore couronnées de succès du côté de Munich (Allemagne) et de Cracovie (Pologne) pour les Jeux d’hiver de 2022.

JO 2024 : Le Parc Olympique de Budapest se dévoile

Par petites touches, la candidature de Budapest (Hongrie) dévoile les visuels de ce que pourrait être l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été en 2024.

Ainsi, après avoir publié les visuels de la Place des Héros ou encore du parvis du Parlement de Hongrie, Budapest 2024 a présenté ce matin les premiers éléments relatifs au Stade Olympique.

budapest-2024-stade-olympique-1

Visuel du Stade Olympique (Crédits – Budapest 2024 / Brick Visual)

Ce dernier – à ne pas confondre avec le Puskas Stadion en cours de rénovation – disposera d’une capacité de 60 000 places et pourra accueillir les Cérémonies d’ouverture et de clôture ainsi que les compétitions d’athlétisme.

Comme le précise le dossier de candidature de la capitale hongroise, la construction de l’enceinte sportive est envisagée entre 2020 et 2023 pour un investissement de 269,270 millions de dollars (253,8 millions d’euros).

La participation des autorités nationales ne sera pas négligeable – comme d’ailleurs pour l’ensemble du projet – puisque le Gouvernement prévoit d’investir 245,409 millions de dollars (231,3 millions d’euros) pour bâtir la future installation.

budapest-2024-stade-olympique-2

Visuel du Stade Olympique avec les tribunes de 60 000 places et la piste d’athlétisme (Crédits – Budapest 2024 / Brick Visual)

En plus de sa capacité à organiser des événements majeurs, le futur stade offrira – grâce à son implantation en bordure du Danube – un cadre majestueux aux spectateurs, mais aussi aux athlètes.

En effet, le Village Olympique sera implanté à proximité immédiate du Stade Olympique, de même que le Village des Médias.

Des compétitions auront également lieu sur place, au cœur du Noyau du Parc Olympique, l’un des trois pôles de la Zone du Danube.

Le BMX trouvera ainsi place au sein d’un stade (5 000 sièges) prévu pour un coût de 6,802 millions de dollars (6,41 millions d’euros). Le complexe de canoë-kayak (slalom) – qui doit être aménagé pour 27,346 millions de dollars (25,78 millions d’euros) – offrira pour sa part 8 000 places, tandis que le site temporaire du triathlon permettra d’accueillir 2 500 spectateurs. Les équipements temporaires devraient nécessiter une enveloppe de 5,630 millions de dollars (5,31 millions d’euros).

L’haltérophilie de son côté, siègera au Centre des Congrès de Budapest (4 500 places). Un vaste programme de rénovation sera engagé à hauteur de 135,368 millions de dollars (127,58 millions d’euros).

Le handball sera hébergé au sein de la Budapest Olympic Arena (10 000 places) dont les aménagements prévus d’ici 2021 devraient avoisiner un coût de 55,351 millions de dollars (52,16 millions d’euros).

Enfin, le tennis prendrait place dans un complexe dédié dont les travaux devraient mobiliser 62,349 millions de dollars (58,76 millions d’euros). Les matchs se dérouleraient dans des enceintes de 10 000 places, 5 000 places et 3 000 places, ainsi que dans sept terrains adjacents d’une capacité de 250 places.

budapest-2024-parc-olympique-nocturne

Visuel du Parc Olympique, avec au premier plan, le Village des Athlètes (Crédits – Budapest 2024 / Brick Visual)

Outre les visuels du Parc Olympique et du Stade des Cérémonies, Budapest 2024 a aussi présenté deux visuels du Centre Aquatique actuellement en construction dans l’optique des Championnats du Monde de natation 2017.

Le Centre – implanté dans le Noyau de l’Île d’Obuda dans la Zone du Danube – disposera d’une capacité de 15 000 places au moment des Jeux.

budapest-2024-centre-aquatique-2

Visuel du Centre des Sports Aquatiques (Crédits – Budapest 2024 / Brick Visual)