Quatre ans presque jour pour jour avant la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver des Alpes françaises 2030, la gouvernance de cette édition demeure une problématique majeure, avec désormais le lancement d’une mission d’accompagnement devant aboutir à une clarification pour une organisation enfin opérationnelle. Un nouveau chantier à l’issue encore incertaine.

Convoquée la semaine dernière, la réunion du Bureau Exécutif rassemblant les diverses parties prenantes aux Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 s’est tenue ce lundi 26 janvier 2026 pour tenter d’endiguer la crise en cours au sein du Comité d’Organisation (COJO).
Une crise – trouvant son origine dans la naissance même du projet olympique et paralympique tricolore – qui a déjà vu le départ de plusieurs collaborateurs, parmi lesquels la Directrice des Opérations en décembre 2025, et le Directeur de la Communication, plus tôt ce mois-ci.
Face à un contexte aussi chaotique, les acteurs en présence ont décidé de se mobiliser, sans la promesse pour autant d’une sortie de crise prochaine.
Dans un communiqué annoncé dès hier soir par les services du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative et finalement publié ce mardi 27 janvier en fin de matinée, le COJO se montre ainsi volontaire et sous pression.
Comme l’énonce en ce sens le document d’une page :
Le COJO a engagé une démarche proactive afin de garantir au projet Alpes françaises 2030 une organisation plus lisible, stable et opérationnelle.
Le Président du COJO, Edgar Grospiron, a ainsi lancé une mission d’accompagnement dédiée à cette nouvelle phase de sa structuration.
Cette mission a pour objectif de formuler des propositions opérationnelles, budgétairement soutenables et adaptées aux spécificités du projet Alpes françaises 2030.

Concrètement, cette démarche devra conduire – si cela est possible – à une clarification de la gouvernance et ce, alors que le Président du COJO s’est isolé ces dernières semaines parallèlement à des luttes d’influence et des pressions politiques persistantes.
A ce titre, un diagnostic fondé sur l’analyse d’organisations de référence et des besoins spécifiques du projet sera réalisé, avec une phase de co-construction associant les équipes du COJO, les instances internes, de même que le Comité International Olympique (CIO) qui avait attribué sous conditions l’organisation des Jeux en juillet 2024.
Sur la base des diverses consultations et travaux ainsi menés, une restitution dudit diagnostic sera par la suite effectuée auprès des parties prenantes au projet olympique et paralympique.
Le lancement de cette mission d’accompagnement n’est pas sans rappeler l’installation par le CIO de Michel Barnier, ex-Premier Ministre et surtout ancien Co-Président des Jeux d’Albertville 1992, comme préfigurateur du COJO à la fin de l’année 2024.
Confiée à une personnalité dont l’identité n’a pas été dévoilée à ce stade, la présente mission survient en tout cas à un moment charnière pour le COJO des Alpes françaises 2030. Moins de dix jours avant l’ouverture des Jeux de Milan-Cortina 2026 dont il doit prendre le relais, et presque quatre ans jour pour jour, avant l’inauguration planifiée de l’édition 2030.
En temporisant de la sorte, le COJO et le Ministère – sous l’œil attentif de Lausanne (Suisse) – veulent néanmoins se donner du souffle et ce, bien que le temps soit plus que jamais compté.

De surcroît, les instances tricolores gardent à l’esprit que le CIO reste pour l’heure concentré sur la livraison et le bon déroulement des JO 2026, sachant que le concept éclaté autour de trois Régions – Lombardie, Trentin-Haut-Adige et Vénétie – constituera l’une des clés dans la réussite ou non de cette édition à plus d’un million de billets écoulés.
Avec par la suite les nécessaires enseignements à retirer à l’issue des Jeux et qui pourraient bien avoir un impact quant au projet français qui se caractérise lui-aussi par une vaste répartition territoriale à travers les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Une délégation des Alpes françaises 2030 se rendra d’ailleurs en Italie durant les Jeux de 2026 pour prendre part au Programme des Observateurs de l’institution olympique et pour mesurer dans le même temps les challenges à accomplir dans la planification et la préparation d’un tel événement.
Ladite délégation côtoiera sur place d’autres représentants de Comités d’Organisation et autres candidatures, toujours soucieux d’apprendre des Hôtes pour adapter leur propre vision des Jeux.
Elle retrouvera notamment Utah 2034 dont la structuration de la gouvernance, la conception du projet et les perspectives de soutiens, tant dans l’opinion publique qu’auprès de futurs sponsors, sont à mille lieues de l’état actuel des préparatifs des Alpes françaises 2030. Avec un calendrier bien différent aussi.
En savoir plus sur Sport & Société
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
