JO 2036 : Le Maire d’Istanbul à la manœuvre

Candidate pour la sixième fois, Istanbul (Turquie) entend profiter des Jeux de Paris 2024 pour parfaire son dossier, misant par ailleurs sur sa propre expérience dans l’accueil de manifestations sportives d’ampleur, à l’image des Jeux Européens que la cité stambouliote recevra en 2027.

Veste kaki, le Maire d’Istanbul, Ekrem İmamoğlu, a assisté à des épreuves dans le cadre des Jeux Olympiques de Paris 2024, comme ici depuis la Bercy Arena, samedi 27 juillet 2024 (Crédits – Ekrem İmamoğlu / Page officielle X, ex-Twitter)

Le 26 juillet dernier, le Maire d’Istanbul a pu assister à la Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’été de Paris 2024, comme d’autres élus invités pour l’occasion par la Maire de la capitale française.

Au-delà de cet événement marquant, et de sa présence ultérieure dans les tribunes de plusieurs épreuves pour encourager les athlètes de la délégation turque, Ekrem İmamoğlu a aussi eu l’opportunité de prendre part, samedi 27 juillet, à une réunion à laquelle ont pris part des représentants de villes et de pays désireux d’accueillir les Jeux Olympiques à l’horizon 2036, soit précisément la prochaine édition estivale disponible sur le calendrier, 2028 étant sécurisée pour Los Angeles (Californie, États-Unis) et 2032 pour Brisbane (Queensland, Australie).

Car même si la « Perle du Bosphore » en est à sa sixième tentative, après ses échecs pour 2000, 2004, 2008, 2012 et, plus récemment 2020, Istanbul compte bien poursuivre son ambition avec une détermination renouvelée, en retenant les enseignements de ses écueils passés, mais également en analysant l’organisation effective des Jeux et d’autres compétitions à travers le monde.

Aussi, la venue à Paris du Maire de la cité stambouliote vise à préparer les prochaines étapes d’une candidature qui devra s’adapter à la nouvelle mouture du processus de désignation des Futurs Hôtes actée ces dernières années par le Comité International Olympique (CIO). Une candidature qui devra également parvenir à unifier l’ensemble des acteurs institutionnels et économiques attendus autour du projet, notamment avec l’appui indispensable du Président Recep Tayyip Erdoğan, pourtant détracteur de premier plan de l’édile d’Istanbul.

(Crédits – Istanbul 2020)

Comme l’a en tout cas affirmé Ekrem İmamoğlu dans le cadre d’une interview pour l’agence de presse Reuters, le 26 juillet dernier :

Istanbul a postulé et malheureusement les candidatures n’ont pas abouti.

Nous postulons pour 2036.

Les 16 millions de stambouliotes sont prêts à accueillir les Jeux. La volonté du gouvernement local ne suffit pas. Les habitants et les volontaires doivent être impliqués dans la candidature, compte-tenu de la riche histoire de la ville et de son paysage miraculeux.

En tant que ville sportive, Istanbul est prête.

Désireux de s’appuyer tant sur les investissements massifs consentis au fil des candidatures infructueuses pour doter la ville d’équipements sportifs et de moyens logistiques importants, que sur les retours d’expérience de territoires hôtes de grands événements, le Maire d’Istanbul mise aussi sur l’organisation future de manifestations d’ampleur en Turquie et dans sa cité.

De fait, deux rendez-vous continentaux – mais à l’impact international – sont perçus comme des tremplins potentiels pour accompagner la candidature et, le cas échéant, l’organisation des Jeux d’été de 2036, à savoir les Jeux Européens de 2027 et l’EURO 2032 de football que la Turquie abritera conjointement avec l’Italie.

Ainsi que l’a précisé en ce sens le Maire d’Istanbul qui multiplie les déplacements et les marques d’intérêt depuis l’été 2021 :

Les Jeux Européens seront pour nous l’occasion de faire une très bonne répétition pour les Jeux Olympiques.

Istanbul a accueilli des événements sportifs très importants et dispose d’installations prêtes. A cette fin, toute la ville a une très grande capacité à accueillir de tels événements.

Ekrem İmamoğlu, Maire d’Istanbul, le 13 juillet 2021 (Crédits – Ekrem İmamoğlu / Page officielle Twitter)

Au-delà de ces considérations, l’exemple parisien de Jeux dans la ville pourrait servir d’inspiration aux porteurs de la candidature stambouliote dans la mesure où la cité turque possède un riche patrimoine et une histoire qui ont déjà été des marqueurs des précédents projets, en particulier celui formulé pour l’édition 2020.

A l’époque, les partisans du projet olympique et paralympique avaient ainsi mis en exergue le caractère historique que pouvait revêtir l’attribution des Jeux à Istanbul et à la Turquie pour tenter de convaincre les membres électeurs du CIO.

Comme l’avait souligné Hasan Arat, alors Président du Comité de Candidature :

Istanbul 2020 offre au Mouvement Olympique une série de premières historiques : les premiers Jeux en Turquie, les premiers Jeux se déroulant à cheval sur deux continents simultanément, les premiers Jeux au sein d’une nation dont plus de la moitié de la population est âgée de moins de 25 ans.

En choisissant Istanbul 2020, le CIO choisira d’écrire l’Histoire.

En septembre 2013, et bien que sensible à de tels arguments, le CIO avait néanmoins fait le choix de Tokyo (Japon) pour relever le challenge des JO 2020, à l’issue d’un scrutin marqué au premier tour par une égalité entre la candidature turque et la candidature espagnole incarnée par Madrid.

Si le tour intermédiaire avait tourné à l’avantage d’Istanbul – qui avait devancé la cité madrilène par 49 suffrages contre 45 – la fin du vote s’était finalement soldée par la victoire de la capitale nippone par 60 voix contre 36 pour la candidature d’Istanbul.


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