JO 2034-2038 : La Nouvelle-Zélande dans la course aux Jeux ?

Un ancien Vice-Président du Comité Olympique de Nouvelle-Zélande (NZOC) a récemment plaidé pour le développement d’une candidature du pays à l’organisation des Jeux d’hiver de 2034 ou 2038. Convoquant le souvenir du projet avorté pour l’édition 2006, l’idée n’a, à l’évidence et en l’état actuel, aucune chance d’aboutir.

Vue aérienne de Queenstown, Nouvelle-Zélande (Crédits – Official website of Queenstown NZ)

Au cours des trois dernières décennies, la Nouvelle-Zélande a vu émerger – épisodiquement – l’idée d’établir une candidature à l’organisation des Jeux d’hiver.

Au début des années 1990, un premier projet est ainsi évoqué, mais ne rencontre pas l’appui institutionnel indispensable à la mise en œuvre d’une entreprise de cette envergure. A la fin de cette même décennie, une autre proposition est elle-aussi écartée, les autorités gouvernementales de l’époque ne souhaitant pas s’engager dans un projet possiblement coûteux.

Par la suite, d’autres propositions ont pu être formulées, notamment pour les Jeux de 2010, 2022 et ceux de 2026.

Pour cette dernière édition, Bruce McGechan, consultant en marketing, avait encouragé à l’automne 2014 la mise en œuvre d’une étude de faisabilité, en avançant un projet susceptible de générer jusqu’à 5,6 milliards de dollars néo-zélandais de retombées économiques entre 2026 et 2031, soit 3,15 milliards d’euros.

Ledit projet reposait alors sur un investissement prévisionnel de 862,5 millions de dollars (485,69 millions d’euros) pour aménager des infrastructures sportives, dont 565 millions à la seule charge de l’État (318,16 millions d’euros). Cinq arénas nécessaires à la tenue des épreuves de glace avaient alors été projetées, avec un coût estimatif de 500 millions de dollars (281,56 millions d’euros), et deux Villages des Athlètes avaient été évoqués pour 248 millions de dollars (139,65 millions d’euros), l’un à Queenstown pour les épreuves de neige, l’autre localisé dans la capitale, Auckland, pour les épreuves de glace.

Courant 2015, ni les pouvoirs publics, ni le NZOC, n’avaient toutefois souhaité accompagner l’ambition du consultant en marketing.

(Crédits – Bruce McGechan)

Au milieu des diverses pistes mentionnées, celle datant de 1998 pour viser les JO 2006, constitue aujourd’hui la pierre angulaire d’un discours récemment tenu par Bruce Ullrich.

Vice-Président du Comité d’Organisation des Jeux du Commonwealth de Christchurch en 1974, puis Chef de mission pour les Jeux du Commonwealth de 1982 et 1986, ainsi que pour l’équipe olympique néo-zélandaise qui participa aux Jeux d’été de Séoul en 1988, Bruce Ullrich a également été Vice-Président du NZOC.

En 1998, il fut à la tête du groupe de travail qui porta une réflexion sur le développement d’une candidature aux Jeux d’hiver. A ce moment-là, un concept reposant sur l’île du Sud, avec Christchurch comme point de chute de l’événement planétaire, avait été élaboré.

Aujourd’hui, Bruce Ullrich estime que le temps est venu de réfléchir à nouveau à la possibilité pour le pays aux 5 millions d’habitants de candidater pour recevoir les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver pour la première fois de l’histoire dans l’hémisphère sud, ce qui impliquerait une adaptation majeure du calendrier, l’hiver étant en effet inversé par rapport à l’hémisphère nord.

Deux échéances sont évoquées par l’ancien dirigeant sportif qui mise sur les réformes olympiques, à savoir 2034 ou 2038, et deux villes principales sont aussi suggérées, en l’occurrence Christchurch et Queenstown, qui, avec d’autres localités du pays, seraient appelées à supporter l’accueil des épreuves de glace et de neige.

Toujours à l’aune de la proposition de Bruce Ullrich, la seconde ville du pays, Christchurch, et la région de Canterbury, seraient le cœur des Jeux, tandis que Queenstown et Wanaka seraient susceptibles d’abriter une partie des athlètes dans des Villages secondaires. Situé à environ 80 kilomètres de Christchurch, le Mont Hutt serait quant à lui mobilisé pour recevoir les compétitions de ski alpin.

Vue du domaine skiable de Coronet Peak en Nouvelle-Zélande (Crédits – Official website of Queenstown NZ)

En dépit du schéma ainsi formulé, le NZOC ne semble cependant pas plus réceptif que lors des précédentes formulations.

Comme l’a de fait exposé un porte-parole de l’instance olympique néo-zélandaise qui ambitionne davantage d’accueillir les Jeux du Commonwealth en 2034 :

[L’organisation des Jeux est] une entreprise complexe et exigeante qui nécessite un examen attentif.

Malheureusement, nous savons qu’il n’est actuellement pas possible d’organiser des Jeux Olympiques d’hiver en Nouvelle-Zélande, car nous manquons de ressources, d’installations et d’infrastructures nécessaires.

Sur un même ton, le Directeur Général de Snow Sports NZ a lui-aussi exprimé ses doutes quant à la faisabilité d’un tel projet.

Ainsi que l’a affirmé Nic Cavanagh auprès du site “Stuff” :

Actuellement, il n’est pas possible d’organiser une course de descente olympique ou paralympique [en Nouvelle-Zélande] en raison du fait que nous n’avons pas de pente homologuée qui respecte la réglementation internationale en vigueur.

Bien que ce serait fantastique pour les athlètes kiwis d’avoir l’opportunité de concourir sur la neige à domicile, il faudrait par ailleurs déterminer s’il est écologiquement et financièrement faisable d’organiser des Jeux d’hiver en Nouvelle-Zélande.

Une manière – sans doute – de clore le débat. Au moins jusqu’à la prochaine proposition.

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