JO 2030 : Le Comité Olympique du Japon ne renonce pas à Sapporo

Alors que les premières mesures de simplification des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020 sont attendues d’ici l’automne, les autorités sportives nippones, bien que concentrées sur cette échéance, n’oublient pas pour autant la candidature de Sapporo pour les Jeux d’hiver de 2030.

Yasuhiro Yamashita, Président du Comité Olympique du Japon, lors de la 135ème Session, vendredi 10 janvier 2020 (Crédits – CIO / Christophe Moratal)

Au cours d’une conférence de presse tenue à la mi-juillet, le Président du Comité Olympique du Japon (JOC), par ailleurs membre du Comité International Olympique (CIO) depuis janvier dernier, s’est exprimé sur les incertitudes entourant l’organisation des Jeux de Tokyo 2020.

Mais aussi étonnant que cela puisse paraître compte-tenu de la situation actuelle – entre surcoût à prévoir à la charge des autorités nippones et sondages désormais défavorables pour Tokyo 2020 – Yasuhiro Yamashita a également fait mention de la candidature de Sapporo 2030 pour laquelle le JOC a donné son feu vert au début de l’année.

Comme l’a ainsi affirmé le dirigeant nippon :

Nous avons entendu de nombreuses préoccupations quant à savoir si les Jeux Olympiques et Paralympiques peuvent effectivement avoir lieu ainsi que des suggestions pour annuler les Jeux. Nous traversons actuellement une situation que personne n’a connue auparavant et nous aimerions nous concentrer sur ce que nous devons faire maintenant.

[Si les Jeux de Tokyo 2020] se déroulent avec succès, alors nous pouvons avoir une perspective claire de la possibilité d’accueillir ceux de 2030 à Sapporo.

En évoquant ouvertement la potentielle attribution des JO d’hiver 2030 au Japon, le Président du JOC veut démontrer que le pays reste, quoiqu’il arrive, un partenaire de première importance pour le Mouvement Olympique et qu’il est surtout en capacité, une fois encore, de se relever d’une crise et de prouver de fait sa force de résilience.

Les anneaux olympiques dans la Baie de Tokyo, le 23 juillet 2020 (Crédits – CIO)

Il faut dire que l’aventure de Tokyo 2020 n’en est pas à son premier défi.

Tout au long de la candidature, et jusqu’à la désignation de la Ville Hôte en septembre 2013, les autorités sportives et institutionnelles avaient ainsi fait valoir que le projet olympique et paralympique serait une réponse à la catastrophe de Fukushima survenue au printemps 2011 et le symbole de la reconstruction du pays.

Par la suite, la mise en œuvre du projet de Tokyo 2020 a été parasitée par les querelles d’architectes et les polémiques concernant le coût d’aménagement du Stade Olympique, sans compter le fiasco du premier emblème des Jeux pointé du doigt pour plagiat et les efforts à conduire pour réduire la voilure des dépenses.

En sept années de préparatifs, rien n’aura donc été épargné aux organisateurs des Jeux et la crise sanitaire liée au Covid-19 – et qui conduit une majeure partie des employés du Comité d’Organisation à œuvrer encore en télétravail – est venue rajouter un degré de tension au sein d’un dispositif logistique complexe.

En maintenant la candidature de Sapporo – Ville Hôte des Jeux d’hiver en 1972 – le JOC espère dès lors envoyer un message à l’attention du CIO et des membres de la Famille Olympique.

De fait, Sapporo, qui se prépare activement à recevoir les compétitions de marche ainsi que le marathon des JO 2020, peut se rappeler aux souvenirs de l’institution olympique qui pourra alors découvrir ou redécouvrir une ville où l’héritage des JO 1972 perdure. Pour la cinquième ville du Japon, il s’agira par ailleurs de conforter un certain leadership acquis au cours des dernières années, et plus encore des derniers mois écoulés, dans le cadre de discussions menées avec la Commission de Future Hôte via la nouvelle phase de dialogue instaurée par le CIO vis-à-vis des territoires intéressés par l’accueil des Jeux.

Le Miyanomori Ski Jump Stadium a accueilli les Jeux en 1972 ainsi que les Mondiaux de ski nordique en 2007 (Crédits – Office de Tourisme de Sapporo)

Mais si l’enthousiasme du Comité Olympique du Japon pour la candidature de Sapporo ne semble pas avoir été altéré par la crise et les répercussions de celle-ci sur les préparatifs de Tokyo 2020, il faudra néanmoins veiller à la position que prendra le Gouvernement national dirigé par Shinzo Abe.

Car malgré un geste du CIO à hauteur de 650 millions de dollars, en plus d’une enveloppe de 150 millions de dollars à destination des Fédérations Internationales (FI) et des Comités Nationaux Olympiques (CNO), la part la plus importante du surcoût relatif au report des JO 2020 incombera aux pouvoirs publics et donc aux contribuables nippons.

Or, le Gouvernement du Japon a déjà apporté 1,4 milliard de dollars pour accompagner les aménagements nécessaires aux Jeux dans la capitale, tandis que le Gouvernement Métropolitain de Tokyo (TMG) a mis sur la table pas moins de 5,6 milliards de dollars depuis 2013, année de désignation de Tokyo 2020 comme Hôte des Jeux.

La perspective d’une nouvelle candidature pourrait dès lors rebuter les autorités institutionnelles soucieuses de regagner la confiance de l’opinion publique, qui regarde aujourd’hui avec scepticisme le maintien des Jeux de Tokyo 2020 et qui attend de ses dirigeants un engagement complet pour contenir l’épidémie de Covid-19.

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