Tokyo 2020 a déjà sécurisé 80% des sites pour une utilisation à l’été 2021

Dans le cadre du report des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2020, la mobilisation des sites constitue l’un des défis majeurs pour les organisateurs. Ces derniers ont toutefois fait savoir que 80% des infrastructures ont d’ores et déjà été sécurisées pour l’été 2021.

Vue intérieure du Stade Olympique de Tokyo (Crédits – Japan Sport Council)

Deux mois et demi après l’annonce du report d’un an des Jeux d’été 2020, les organisateurs nippons semblent avancer à bon rythme en ce qui concerne la sécurisation logistique des sites prévus pour abriter les épreuves.

L’affaire n’est pourtant pas aisée car, pour rappel, Tokyo 2020 s’appuie – si l’on regarde les plans initiaux – sur l’utilisation de 43 sites durant les Jeux Olympiques et de 19 sites pour les Jeux Paralympiques.

Or, en actant une reprogrammation des deux événements, le Comité International Olympique (CIO) et le Comité d’Organisation des Jeux de 2020 (TOCOG) ont parfaitement mesuré la complexité du challenge à relever et le risque de se heurter in fine à des difficultés de mobilisation des infrastructures, ces dernières ayant déjà signé des partenariats pour abriter de futures manifestations ou ayant engagé des discussions en vue d’être cédées.

Pour l’heure, les négociations ont en tout cas permis de sécuriser 80% des sites selon le Comité d’Organisation. Comme l’a ainsi précisé Toshiro Muto, Directeur Général du TOCOG et artisan du processus de report des Jeux :

Nous espérons utiliser les mêmes sites pour les mêmes sports l’an prochain.

Des ajustements restent à faire, mais nous sommes en mesure de pouvoir utiliser 80% des installations qui étaient initialement prévues pour être utilisées cet été.

Toshiro Muto, Directeur Général de Tokyo 2020 et Yoshiro Mori, Président de Tokyo 2020, lors d’une conférence de presse organisée le 10 juin 2020 (Crédits – Tokyo 2020)

Malgré tout, un effort capital devra encore être mené afin de garantir la mobilisation des sites restants, parmi lesquels deux infrastructures non-négligeables, à savoir d’une part le Village des Athlètes, et d’autre part, le Tokyo Big Sight, l’immense Centre des Expositions de la mégalopole nippone.

Pour ces deux sites, le Gouvernement Métropolitain de Tokyo (TMG) supervise directement les négociations qui engagent une pluralité de parties. En effet, tandis que des investisseurs immobiliers ont déjà planifiés la vente des futurs logements du Village, le Tokyo Big Sight – site intégré au dispositif des Jeux pour héberger le Centre Principal de Presse (CPP) et le Centre International de Radiodiffusion (CIRTV) – est quant à lui réservé par plusieurs organisateurs d’événements.

Aussi, pour espérer maintenir ces deux infrastructures dans le giron des Jeux en 2021, les autorités gouvernementales et les organisateurs se devront de poursuivre les discussions dans les semaines qui viennent, sans doute avec des compensations financières à la clé. Pour Tokyo 2020, l’objectif est de parvenir à une sécurisation de l’ensemble des sites d’ici la fin du mois de juillet 2020, soit tout juste un an avant l’ouverture programmée des Jeux.

Vue extérieure du Centre aquatique olympique de Tokyo (Crédits – Tokyo 2020 / Uta Mukuo)

Mais si la mobilisation souhaitée des sites est une problématique essentielle pour Tokyo 2020, les organisateurs doivent aussi faire face aux doutes concernant la poursuite des engagements des entreprises partenaires de l’événement.

Ainsi, alors que le Programme des Sponsors des JO 2020 a atteint un niveau sans précédent pour une Ville Hôte, avec plus de 3 milliards d’euros de recettes générées, le secteur privé se trouve aujourd’hui dans une situation particulière à l’aune de la crise sanitaire liée au Covid-19, crise doublée de perspectives économiques floues.

Selon une enquête publiée en milieu de semaine par NHK, les deux tiers des partenaires de Tokyo 2020 seraient dès lors susceptibles de ne pas prolonger leur contrat à l’issue de l’année 2020, ce qui pourrait avoir une incidence pour les finances du Comité d’Organisation. De fait, sur 57 des 78 sponsors contactés ayant répondu aux questions du diffuseur public nippon, 65% ont fait savoir qu’ils n’avaient pas arrêté de décision à ce stade quant à une prolongation de leur engagement, tandis que 12% ont indiqué qu’ils comptaient poursuivre l’aventure des Jeux de Tokyo 2020 jusqu’en 2021.

Les mois à venir promettent donc d’intenses tractations du côté des organisateurs afin de garantir un certain niveau de trésorerie, même si un surcoût des dépenses est inévitable et que le CIO a convenu il y a peu de débloquer 650 millions de dollars pour palier aux conséquences du report des Jeux.

Yuriko Koike, Gouverneure de Tokyo et Yoshitaka Sakurada, ancien Ministre des Jeux, le 30 mars 2019 (Crédits – Tokyo 2020)

En dépit des incertitudes, les autorités gouvernementales continuent en tout cas d’afficher leur confiance dans la tenue effective des Jeux.

Il faut dire que depuis 2013, année de l’attribution de l’événement à Tokyo, le Gouvernement du Japon et le Gouvernement Métropolitain de Tokyo ont mis sur la table pas moins de 7 milliards de dollars d’investissements (6,31 milliards d’euros), dont 5,6 milliards à la seule charge de la métropole (5,05 milliards d’euros). Or, même si le report engendrera un surplus, et qu’un retour sur investissement semble plus qu’hypothétique, les autorités veulent surtout éviter une annulation des Jeux – que certains prédisent déjà, faute de traitement efficace ou de vaccin contre le Covid-19 – ce qui serait catastrophique tant du point de vue financier et logistique que pour l’image de marque du Japon et, par extension, du Mouvement Olympique.

Pour la Gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, la gestion du report des Jeux est d’autant plus importante qu’elle s’est officiellement lancée cette semaine dans la course à sa propre réélection à la tête de la capitale nippone.

Outre la question du report de l’événement olympique et paralympique, sa manière de gérer la crise du Covid-19 sera aussi au cœur du scrutin du 05 juillet 2020 pour lequel deux opposants principaux émergent avant la date limite de dépôt des candidatures, fixée au 18 juin prochain.

Face à la première femme Gouverneure de Tokyo, le Vice-Gouverneur de la Préfecture de Kumamoto, Taisuke Ono, a annoncé sa candidature le mois dernier – précisant alors son intention de négocier un report des Jeux de Tokyo 2020 à… 2024 -, tandis que trois forces politiques aujourd’hui minoritaires, à savoir le Japan Communist Party, le Social Democratic Party et le Constitutional Democratic Party of Japan, ont choisi de soutenir la candidature de Kenji Utsunomiya, avocat et ancien Président de la Fédération Japonaise des Associations du Barreau.

Le Liberal Democratic Party du Premier Ministre Shinzo Abe a en revanche renoncé à aligner cette année un candidat au poste de Gouverneur de Tokyo.

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