JO 2032 : Le Président Sud-Coréen à la rencontre de Thomas Bach

En février dernier, un an après l’amorce d’une discussion inédite entre la Corée du Nord et la Corée du Sud en marge des Jeux d’hiver de PyeongChang 2018, le Comité International Olympique (CIO) avait accueilli à Lausanne (Suisse) deux délégations en provenance de la péninsule coréenne.

Les échanges entre les parties avaient alors portés sur une participation d’équipes unifiées aux Jeux d’été de Tokyo 2020, mais également sur l’idée d’une candidature commune des deux territoires pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2032.

Quelques jours auparavant, le Conseil des sports de Corée (KSOC) avait enclenché une première étape d’importance en faisant officiellement le choix de Séoul pour porter les couleurs d’une candidature Sud-Coréenne et ce, au détriment de Busan, autre métropole intéressée par l’échéance de 2032. Le KSOC avait ainsi tranché en faveur de la capitale – Hôte des Jeux en 1988 – par 34 voix sur 49.

Le Président du CIO, Thomas Bach, avec les délégations Nord-Coréenne et Sud-Coréenne, le 15 février 2019 à Lausanne (Crédits – CIO / Greg Martin)

Ce mardi 24 septembre, une nouvelle étape a été franchie, cette fois-ci du côté de New York (États-Unis). En marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies (ONU), le Président Sud-Coréen, Moon Jae-in a en effet rencontré le Président du CIO, Thomas Bach.

L’occasion pour les deux dirigeants de revenir sur l’idée d’un projet conjoint entre Séoul et Pyongyang. Comme le rapporte le quotidien national « The Korean Herald », le Président Moon Jae-in a montré une volonté réelle de poursuivre les efforts engagés et d’aller de l’avant :

Nous tenterons activement de participer au relais des Jeux en Asie de l’Est qui a débuté avec les Jeux d’hiver de PyeongChang l’année dernière, et qui se poursuivra l’an prochain avec les Jeux de Tokyo et ensuite avec ceux de Pékin 2022. Nous voulons instaurer un dialogue fructueux pour la prospérité de cette région.

Comme pour toute ville ou région intéressée par la perspective de candidater et d’organiser les Jeux, le CIO fournira son assistance logistique et maintiendra un dialogue régulier avec les autorités des deux pays.

Il n’empêche, malgré l’enthousiasme exprimé par la Corée du Sud depuis plus d’un an, l’idée d’une candidature commune avec la Corée du Nord pourrait se heurter à plusieurs obstacles.

Le Président de la République de Corée, Moon Jae-in, à la tribune de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 24 septembre 2019 (Crédits – UN Photo / Cia Pak)

De fait, si l’idée peut paraître séduisante au premier abord, avec en filigrane la volonté pour le CIO de contribuer à une pacification de la péninsule coréenne, elle reste aujourd’hui conditionnée aux décisions diplomatiques et aux humeurs du leader Nord-Coréen, Kim Jong-il. La situation dans le pays, du point de vue économique, mais aussi social et alimentaire, est aussi un élément à prendre en considération avant d’envisager concrètement la mise en œuvre d’une candidature, de même que l’expérience dans l’organisation de grands événements, expérience inévitablement liée aux décisions politiques internes et aux sanctions internationales en vigueur.

Un projet commun est par ailleurs confronté à la solidité d’autres candidatures en cours de réflexion et aux réseaux de ces dernières dans les instances sportives internationales, à l’instar du Queensland (Australie) ou de la Rhénanie du Nord-Westphalie (Allemagne), sans négliger également les intérêts exprimés par l’Indonésie et l’Inde.

La récente réunion organisée au sein de la Maison Olympique à Lausanne entre des représentants australiens et le Président du CIO pourrait aussi jouer un rôle prépondérant dans les semaines et mois qui viennent.

Élogieux vis-à-vis du projet présenté par le Queensland, Thomas Bach a à cette occasion clairement ouvert la voie à une désignation prochaine du territoire australien pour être hôte des Jeux de 2032. Sur ce point, il conviendra toutefois d’attendre les conclusions de l’étude d’opportunité commandée par la Première Ministre du Queensland cet été et la prise d’une décision de la part des autorités locales à la fin de l’année 2019.

Le Président du CIO, Thomas Bach, en compagnie de la Première Ministre du Queensland, Annastacia Palaszczuk, le 10 septembre 2019 à Lausanne (Crédits – CIO / Greg Martin)

Compte-tenu de ces divers éléments, et même si le monde olympique peut réserver son lot de surprises, le projet d’une candidature coréenne unifiée aurait sans doute plus de sens à se concrétiser à une échéance à plus long terme.

Au-delà de la symbolique et du caractère historique que représenterait une telle entreprise, le réalisme devrait en effet primer.

L’état d’avancement des discussions entre les deux pays d’une part et entre les deux pays et le CIO d’autre part, mais également les relations de la Corée du Nord avec ses voisins régionaux et bien sûr avec les États-Unis seront de toute façon de nature à influer sur les choix et décisions à venir.

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