JO 2026 : Un retour aux fondamentaux assuré pour le CIO

Ce lundi 24 juin, les membres du Comité International Olympique (CIO) se réuniront pour écouter une dernière fois les présentations des deux Villes Candidates en lice pour les Jeux d’hiver de 2026 et pour procéder à l’élection de la Ville Hôte.

Si les deux rivales disposent, comme chacune des Villes Candidates avant elles, de forces et de faiblesses – soulignées par le Rapport d’évaluation publié il y a un mois – l’élection de demain revêtira un caractère particulier à plus d’un titre.

(Crédits – CIO)

Tout d’abord, il est à penser que le scrutin devrait se jouer sur la fibre émotionnelle et sur une certaine empreinte historique.

En effet, les deux territoires en compétition – à savoir la Suède d’une part et l’Italie d’autre part – possèdent chacun une riche histoire autour du sport en général et des sports d’hiver plus spécifiquement, avec nombre d’événements d’ampleur organisés au cours des dernières décennies. Avec leur candidature respective, les deux territoires précités veulent désormais bâtir une relation nouvelle avec le Mouvement sport et olympique et ce, à l’aune des exigences de l’Agenda 2020 et de la Nouvelle Norme.

Pour Stockholm-Are 2026, l’objectif est simple : ramener les Jeux en Suède après l’édition estivale de 1912 et surtout, permettre au pays d’organiser pour la première fois de son histoire les Jeux d’hiver, des Jeux que la candidature souhaite exemplaire, économiquement, socialement et écologiquement.

Pour Milan-Cortina 2026 en revanche, l’équation est différente : si la volonté de proposer des Jeux durables est bien établie, il s’agit davantage de confirmer la place de l’Italie au sein du Mouvement olympique après deux retraits successifs et inscrire de surcroît le pays au Panthéon des territoires-hôtes des Jeux d’hiver après les Jeux de Cortina d’Ampezzo 1956 et de Turin 2006.

(Crédits – Rapport de la Commission d’évaluation du CIO / Capture d’écran Sport & Société)

L’élection de la Ville Hôte des Jeux d’hiver de 2026 apportera ensuite un signe positif bienvenu dans le contexte actuel entourant le CIO et la désaffection récurrente de Villes Candidates ou de territoires intéressés.

Ainsi, pour la première fois depuis les Jeux de Vancouver 2010, l’édition hivernale de 2026 consacrera un territoire ayant une forte culture historique dans la pratique des sports d’hiver. Après les incursions à Sotchi 2014 (Russie), PyeongChang 2018 (Corée du Sud) et prochainement Pékin 2022 (Chine), le CIO réinvestira donc un pays où l’enneigement dense et qualitatif est régulier, que ce soit en choisissant l’option suédoise ou italienne, même si des aléas climatiques peuvent et pourront survenir.

Cette culture des sports d’hiver et, par ailleurs, l’expérience dans la tenue de grandes manifestations (Coupes du Monde, Championnats du Monde), font de ces deux régions candidates des exemples diamétralement à l’opposé de l’issue de la course pour les Jeux d’hiver de 2022 qui avait abouti à un choix entre Almaty (Kazakhstan) et Pékin.

Ce retour aux sources est loin d’être anecdotique, n’en déplaise à ceux qui prônent pour une ouverture des Jeux à des pays « émergents » sur la scène des sports d’hiver. Contrairement aux Jeux d’été où nombre de villes ou de pays peuvent prétendre à recevoir l’événement, les Jeux d’hiver doivent garder une certaine spécificité et ce, pour des raisons évidemment météorologiques à l’heure où le développement durable et la lutte contre le réchauffement climatique sont élevés au rang de priorités.

Le Président du CIO, Thomas Bach, lors de l’annonce de la Ville Hôte des JO d’hiver 2022 (Crédits – CIO / Ubald Rutar)

Afin de départager les deux Villes Candidates, les membres du CIO auront eu à leur disposition le Rapport de la Commission d’évaluation, un document qui a placé Milan-Cortina 2026 dans la position – convoitée mais redoutée – de favorite.

Ils pourront également être attentifs aux diverses interventions, et notamment celles en provenance des athlètes qui composent largement les deux délégations.

Les dernières présentations et le vote final concluront un processus ayant vu plusieurs prétendantes faire marche arrière, après un référendum désastreux ou par choix stratégique pour mieux se focaliser sur l’édition 2030.

Fait notable à souligner, l’élection de la Ville Hôte garantira à l’Europe d’accueillir successivement deux éditions des Jeux, avec d’abord Paris 2024, puis ensuite Stockholm-Are 2026 ou Milan-Cortina 2026. Dans les années à venir, cette configuration pourrait se décaler jusqu’aux États-Unis, avec l’organisation assurée des Jeux de Los Angeles 2028, puis potentiellement la tenue des Jeux d’hiver à Salt Lake City (Utah) en 2030.

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