JO 2026 : Les citoyens du Valais rejettent la candidature de Sion

Ce ne sera pas pour cette fois.

Malgré les enseignements tirés des précédentes candidatures helvètes et en dépit d’un projet technique qui avait recueilli l’approbation des instances politiques locales et cantonales, les citoyens du Valais ont rejeté le principe de la candidature de Sion à l’organisation des Jeux d’hiver de 2026.

Déjà candidate pour les Jeux de 2002, puis de 2006, Sion s’était respectivement inclinée face à Salt Lake City (États-Unis) puis face à Turin (Italie) après le vote des membres électeurs du Comité International Olympique (CIO).

Par la suite, plusieurs villes avaient tenté de reprendre le flambeau, mais Swiss Olympic avait néanmoins assisté au retrait successif de Berne (2010), St-Moritz (2022) et plus récemment des Grisons (2026) en raison, là-aussi, d’une votation citoyenne défavorable.

(Crédits – Sion 2026)

Invités à s’exprimer, les citoyens Valaisans ont aujourd’hui largement désapprouvé le projet qui devait raviver l’esprit olympique en Suisse, 70 ans après les Jeux de St-Moritz.

Avec une participation de l’ordre de 62,6%, le « Non » l’emporte finalement avec 53,98% des suffrages, soit plus de 10 500 voix d’avance sur le « Oui » qui ne recueille que 46,02% des suffrages. Concrètement, pas moins de 71 579 Valaisans ont dit « Non » à l’ambition olympique et paralympique helvète, tandis que 61 019 électeurs ont au contraire espéré une candidature.

Signe encore plus symptomatique de ce rejet populaire et de la méfiance, pour ne pas dire de la défiance des citoyens à l’égard du modèle olympique actuel, les électeurs de la ville de Sion ont refusé à 60,9% de voir leur ville s’engager dans une course aux Jeux à l’issue incertaine.

En toute logique, la réaction du Comité Olympique Suisse n’a pas tardé à venir avec la publication, en milieu d’après-midi, d’un communiqué sans équivoque :

« Swiss Olympic a pris connaissance avec regret de l’issue de cette votation ainsi que du retrait du canton du Valais du Comité de Candidature. Au cours des prochains jours, le Comité de Candidature va ainsi restituer le mandat que Swiss Olympic lui avait attribué pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques en Suisse et mettre en route les préparatifs nécessaires à la dissolution.

[…] Swiss Olympic et le Comité de Candidature de Sion 2026 se retrouveront dans les prochains jours afin d’analyser les raisons du Non des Valaisans ».

La Suisse n’a plus accueilli les Jeux depuis 1948 (Crédits – Swiss Olympic)

Si cet échec est avant toute chose celui de Sion et des porteurs de la candidature helvète, il est aussi, en filigrane, celui du Mouvement olympique qui, malgré l’adoption de l’Agenda 2020 et une récente refonte de la procédure de candidature, n’est pas parvenu à convaincre du bien fondé de candidater et, le cas échéant, d’organiser l’événement planétaire.

Désormais, six candidatures demeurent en course, mais de nouvelles défections ne sont pas à exclure compte-tenu des spécificités de chacune d’entre elles, ce qui fragiliserait encore davantage le modèle olympique des Jeux d’hiver, déjà rudement mis à mal par la course tumultueuse des JO 2022.

Il y a trois ans, après un processus international de deux années, le CIO s’était retrouvé face à un choix cornélien entre deux Villes Candidates atypiques, à savoir Pékin (Chine) et Almaty (Kazakhstan). In fine, l’institution de Lausanne (Suisse) avait choisi de faire à nouveau confiance à la Chine pour organiser les Jeux, même si cette dernière ne disposait pas d’expérience probante en matière de sports d’hiver.

Le retrait aujourd’hui de Sion, sans doute pressenti par le CIO, devrait avoir des répercussions sur la suite du processus pour 2026.

L’institution pourrait dès lors chercher à affiner un peu plus son discours à l’égard des villes en lice, que sont Graz (Autriche), Calgary (Canada), Cortina d’Ampezzo / Milan / Turin (Italie), Sapporo (Japon), Stockholm (Suède) et Erzurum (Turquie).

Mais à ce stade, force est de constater aussi que la récurrente fragilité politique italienne et les incertitudes soulevées par d’autres territoires (Sapporo, Calgary, Stockholm) au cours des dernières semaines et des derniers mois ne sont pas de nature à pouvoir rassurer le Mouvement olympique qui sera appelé à se prononcer sur la Ville Hôte des Jeux en septembre 2019.

Illustration de cette incertitude, il y a quelques mois, l’Autriche avait une première fois fait faux bond au CIO, après le référendum et le retrait de la candidature d’Innsbruck.

Désormais, par effet domino, et au regard des systèmes institutionnels et politiques en place dans chacun des territoires, il n’est pas inenvisageable d’imaginer l’arrivée des Jeux de 2026 en Turquie, un pays qui a plusieurs fois tenté en vain l’expérience des Jeux d’été et qui ambitionne à présent l’accueil des Jeux d’hiver.

Une stratégie qui a fait ses preuves, au détriment sûrement de l’esprit alpin des Jeux, mais qui fut payante pour Pékin et la Chine.

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