PyeongChang célèbre le retour des Jeux d’hiver en Asie

A la croisée des chemins – déjà – en 2011, le Comité International Olympique (CIO) avait à choisir entre trois Villes Candidates pour l’organisation des Jeux d’hiver de 2018.

Trois Villes Candidates et deux continents furent représentés, avec les projets de Munich (Allemagne), d’Annecy (France) et de PyeongChang (Corée du Sud). Compte-tenu de la persévérance dont elle avait fait preuve au cours des dernières années, et au regard de son dossier technique, PyeongChang fut finalement choisie par le CIO, le 06 juillet 2011.

Mais si ce succès électoral fut éclatant – 63 voix, contre 25 pour Munich et seulement 7 pour Annecy – l’obtention des Jeux ne fut pas chose facile. Car avant 2018, PyeongChang avait déjà tenté d’obtenir les Jeux de 2010 puis de 2014, respectivement attribués à Vancouver (Canada) et à Sotchi (Russie).

(Crédits – PyeongChang 2018)

En procédant à l’aménagement d’une partie des infrastructures nécessaires aux Jeux et ce, malgré l’échec de ces deux premières tentatives, PyeongChang donna des gages au CIO de la fiabilité et de la solidité de son projet.

Ainsi, la construction de la station d’Alpensia – ouverte en 2010 – pour un coût de 1,4 milliard de dollars, fut un argument majeur de la stratégie et de la volonté de la Corée du Sud d’accueillir les Jeux.

En outre, l’appui populaire autour de la candidature fut l’une des clés de la réussite de PyeongChang 2018 devant le CIO, soucieux de se diriger dans un territoire ouvert à l’idéal olympique. De fait, le sondage mené par le CIO avant la venue de la Commission d’évaluation, montra un soutien de 92% des habitants de PyeongChang et de 87% de la population du pays.

Le CIO apporta cependant des réserves quant aux prévisions budgétaires présentées par la candidature Sud-Coréenne. Cette dernière avait en effet élaboré un budget global de 7,963 milliards de dollars, comprenant notamment un apport limité de la part du Comité d’Organisation (POCOG) à hauteur de 1,531 milliard de dollars.

Dans le cadre de son Rapport, la Commission d’évaluation nota à ce titre que :

« Le budget du COJO est raisonnablement étayé et témoigne d’une analyse complète. Il semble refléter une juste évaluation des coûts potentiels de l’organisation des Jeux sur la base des meilleures informations disponibles aujourd’hui.

La Commission juge la réserve pour parer aux imprévus peu élevée mais estime que les risques financiers seraient atténués par les engagements du gouvernement ».

Sur ce point, il faut dire que les autorités nationales avaient fait de la candidature de PyeongChang 2018, une véritable priorité.

Dès lors, outre l’engagement pris pour la mise en place du Comité d’Organisation, les autorités avaient fait mention de garanties concernant les investissements nécessaires.

Selon les dispositions prévues par PyeongChang 2018, le gouvernement national devait s’engager à hauteur de 67,5% du budget hors-COJO, tandis que les partenaires publics et privés devaient apporter 27,2%, le reste étant à la charge du gouvernement de la Province de Gangwon et des autorités locales.

In fine, en raison des déboires administratifs et des retards constatés dans l’aménagement des sites et dans la recherche de partenaires, la facture globale devrait dépasser le budget prévisionnel, et sans doute frôler la barre des 13 milliards de dollars.

Thomas Bach, Président du Comité International Olympique, vendredi 09 février 2018 à PyeongChang (Crédits – PyeongChang 2018)

Aujourd’hui, avec la tenue effective des Jeux, une nouvelle page s’ouvre pour PyeongChang, et risque d’être plus difficile à aborder, compte-tenu de la concurrence régionale.

Avant son élection en qualité de Ville Hôte des Jeux de 2018, la cité Sud-Coréenne avait fait mention de sa volonté de se positionner comme une destination de premier plan en Asie, et de succéder à Nagano (Japon), dernière Ville Organisatrice des Jeux d’hiver sur le continent (1998) :

« PyeongChang 2018 entrera dans l’histoire pour devenir un élément important de l’héritage du CIO, un catalyseur qui accélérera le développement local, donnera force et vigueur au secteur des sports d’hiver dans la région et fera apprécier les sports d’hiver à des générations nouvelles, en Asie et au-delà ».

Or, le contexte sportif international a considérablement évolué depuis 2011, en particulier avec la désignation de Pékin (Chine) comme Ville Organisatrice des Jeux d’hiver de 2022. La capitale chinoise n’a eu de cesse, entre 2013 et 2015 de rappeler son ambition de faire venir 300 millions de Chinois sur les pistes enneigées de Zhangjiakou pourtant distantes de plusieurs centaines de kilomètres de Pékin. Un argument qui avait fini de convaincre le CIO dans le cadre du duel surprenant avec Almaty (Kazakhstan).

Mais au-delà de Pékin, PyeongChang pourrait aussi être concurrencée par Sapporo.

Ville Hôte des Jeux d’hiver en 1972, la cité nippone entend désormais tenter sa chance pour rafler les Jeux de 2026 et installer durablement l’esprit olympique au Japon, le pays se préparant, en parallèle, à l’ouverture des Jeux de Tokyo en 2020.

Cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver 2018 (Crédits – PyeongChang 2018)

En attendant, et avec la participation record de 92 nations, PyeongChang profitera de cet hiver 2018 pour faire découvrir son territoire et son environnement aux caméras du monde entier.

D’ores et déjà, la participation de la Corée du Nord, la poignée de mains entre les dirigeants du Nord et du Sud, le défilé commun des athlètes et le relais conjoint de la flamme par deux hockeyeuses, offrent des images historiques pour la Corée du Sud et, plus largement pour le CIO.

Loin des polémiques sur le coût des Jeux et sur la désaffection des Villes Candidates, l’institution olympique peut en effet tirer son épingle du jeu pour réaffirmer son rôle international et se poser en garante des valeurs humanistes.

Une stratégie judicieuse pour espérer regagner la confiance de l’opinion publique.

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