JO 2024 : Les Mondiaux d’Athlétisme, prétexte à une nouvelle candidature olympique de Moscou ?

Éliminée dès le premier tour de scrutin pour l’organisation des JO 2012, la ville de Moscou (Russie) n’avait pas fait le choix de soumettre sa candidature aux Jeux de 2016 et de 2020.

Malgré tout, dans les années qui viennent, la Russie accueillera sur son sol plusieurs événements majeurs : les Mondiaux d’Athlétisme depuis hier matin, les Mondiaux de Natation à Kazan en 2015, la Coupe du Monde de Football en 2018 et entre temps, les Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi en 2014. Ces manifestations sportives d’envergure pourraient ainsi convaincre le pays de retenter sa chance pour l’organisation des Jeux d’été.

Dès lors, faut-il voir dans ces « mega events » en cours de préparation, un prétexte avant la présentation d’un nouveau projet olympique, une sorte de répétition générale ? Il est tout à fait légitime de le penser.

Carte du projet olympique - Moscou 2012

En 2005, le projet moscovite reposait sur un concept original de « Rivière Olympique » et consistait en partie à l’utilisation des installations olympiques héritées des Jeux de 1980, en plus de l’aménagement de sites autour du fleuve Moscova.

Les Cérémonies d’ouverture et de clôture avaient été planifiées au sein du Stade Loujniki dont la capacité aurait été portée à 80 000 places. La célèbre enceinte aurait également hébergé les épreuves d’athlétisme et la finale du concours de football en cas d’élection de Moscou comme Ville Hôte.

Complexe Olympique Loujniki - Moscou 2012

Le Complexe Olympique, implanté autour du Stade Loujniki et fort de ses nombreux équipements, devait pour sa part accueillir quelques unes des compétitions olympiques (lutte, boxe, badminton, hockey) parmi lesquelles les épreuves aquatiques.

Ces dernières (natation, natation synchronisée, plongeon et water-polo) étaient ainsi programmées dans le Centre Aquatique Loujniki d’une capacité de 18 500 places, soit davantage que le Centre conçu par l’architecte Zaha Hadid pour les Jeux de Londres.

Centre Aquatique - Moscou 2012

Outre le Complexe Loujniki, les organisateurs russes avaient prévu de mobiliser plusieurs installations existantes afin de limiter au mieux les investissements. Le dossier de candidature faisait ainsi état de 65% de sites existants et mentionnait le fait que 88% des sites avaient une vocation pérennes.

Par conséquent, les Complexes Sportifs Krylatskoye (aviron, cyclisme sur piste, cyclisme sur route, tennis de table, haltérophilie, triathlon), Olympiysky (basketball, volleyball, premiers matchs du tournoi de water-polo), Tushino (baseball, softball) ou encore CSKA (taekwondo, escrime, judo) figuraient parmi les sites existants qui auraient pu être utilisés pour les Jeux de Moscou 2012.

En plus de ces sites, les organisateurs avaient souhaité l’aménagement de deux nouvelles infrastructures majeures pour la gymnastique et pour le tennis : le Palais des Sports Novko (18 000 places pour les Jeux) et le Centre National Juan Antonio Samaranch (12 000 places).

Juan Antonio Samaranch National Tennis Centre - Moscou 2012

Infrastructure centrale des Jeux Olympiques et pièce importante du dispositif organisationnel, le Village des Athlètes devait être édifié « dans un secteur favorable à l’environnement situé dans la partie nord-ouest de la ville, sur les rives du fleuve Moscova ».

Comme l’indiquait alors le dossier de candidature de Moscou 2012, « le Village [devait s’étendre] sur 80 hectares environ. La majorité des sites sportifs et des sites non-sportifs, y compris le Stade Olympique, les CID/CPP et le Village des Médias [devaient être] accessibles en 15 à 20 minutes de trajet en bus depuis le Village ».

Projet de Village Olympique - Moscou 2012

Les promoteurs de la candidature moscovite s’étaient par ailleurs engagés à ce que le Village Olympique soit aménagé « sur un secteur […] non utilisé et spécialement destiné au développement et à la réhabilitation par les autorités de la ville de Moscou. D’ici à 2012, le terrain [devait être] transformé en un agréable espace vert doté d’habitations et de toutes les infrastructures nécessaires, de moyens de communication et de services ».

Les aménagements pour la Zone Résidentielle et la Zone Internationale du Village, prévoyaient l’édification pour un coût global de 530,5 millions de dollars (397,4 millions d’euros) de « quinze immeubles de différents niveaux de 3 à 22 étages chacun, tous équipés d’ascenseurs modernes silencieux ».

Le 06 juillet 2005 toutefois, ce projet ambitieux fut recalé par les membres du Comité International Olympique (CIO), ne recueillant que 15 suffrages, contre 19 pour New York (États-Unis), 20 pour Madrid (Espagne), 21 pour Paris (France) et 22 pour Londres (Royaume-Uni). Mais nul doute qu’il pourrait être repris en partie et amélioré, dans le cadre d’un nouveau dossier de candidature de Moscou et de la Russie, pour les Jeux de 2024.

A moins que Saint-Pétersbourg, grande rivale de la cité moscovite, ne déploie de meilleurs arguments auprès du Comité de Russie puis de l’instance olympique de Lausanne… Mais si les deux villes se déclarent intéressées par l’échéance de 2024, la concurrence sera des plus féroces entre l’ancienne cité des Tsars et l’actuelle place forte du pouvoir russe.

Illustrations : Projet olympique de Moscou 2012 (Skyscrapercity.com)

7 pensées

  1. C’est frai que cela fait beaucoup d’événements sportifs internationaux en peu de temps, 2 Championnats du Monde, des JO d’hiver, du football… Cela semble évident que l’objectif sera tôt ou tard de prouver l’a capacité que le pays a d’organiser de grand événements. D’autant plus que cela attirera nombre d’investisseurs étrangers et apportera une grande couverture médiatique sur l’ensemble du pays (enfin, « l’ensemble », la portion Ouest du pays en l’occurrence, car les 2/3 Est du territoire sont toujours délaissés, même pour la Coupe du monde…).

    Accueillir autant de sports pour rien serait suicidaire pour le pays à de nombreux égards, ce n’est donc pas une surprise que le plan soit de s’appuyer sur ces expériences pour une candidature à des futurs JO d’été. Il faudra donc je le pense s’attendre à voir la Russie tenter sa chance. Dans quelle ville ? Moscou et Saint Petersburg semble évidemment les plus appropriés… Reste à voir quand ils candidateront, étant donné que 2024 semble très prisée (par à peu près tous les pays du monde ! ^^), cela semble risqué d’oser tenter cette année-là, mais probable aussi que la ville tente une candidature pour 2028. Et surtout il faudrait d’abord faire oublier les controverses que le pays subit ces derniers temps (entre les problèmes de possibles boycotts, les problèmes de Sotchi, qu’ils soient financiers, écologiques ou structurels…). Une candidature précipitée, si la population et la communauté internationale ne sont pas rassurés, pourrait être fatale assez rapidement…

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    1. Les prochains JO d’hiver de Sotchi seront un très bon indicateur. Car certes la Russie a mobilisé des moyens colossaux pour aménager un site vierge jusqu’alors mais quid de la reconversion post-olympique ? Ce sera LA question au moment des Jeux et bien sûr après…

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      1. C’est vrai que Sotchi n’a pas une grande popularité internationale… Cela va peut-être changer avec les JO, mais c’est risqué quand même… Le stade sera bien réutilisé en 2018 pour la Coupe du Monde, mais il faudra assurer et assumer à côté… Car les JO d’été ont très peu (voire aucune) chance d’y avoir lieu… Il faut espérer que la ville devienne une haute destination touristique dans ce cas !

        L’autre solution (qui n’a pas été envisagée et qui est aujourd’hui improbable vues les dépenses engagées) aurait été de démonter certaines infrastructures comme d’autres villes le font, voire même tout ou partie du stade (comme l’a fait Atlanta ou comme le Qatar prévoir pour ses stades de footballs en 2022), afin de ne pas être encombré et même de gagné un peu au change… Mais rien ne pourra désormais plus compenser les 38 milliards d’euros de Sotchi c’est certain…

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      2. Tout à fait ! Les sites aménagés ne vont pas être temporaires comme la logique l’aurait voulu. A l’image d’Athènes 2004, Sotchi va donc sans aucun doute, devoir faire face à d’immenses « éléphants blancs », mais les autorités russes auront vite fait de démentir ou de camoufler le fiasco annoncé des Jeux…

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