JO 2020 : Et si la surprise venait de Madrid ?

A la veille de la publication du Rapport d’Évaluation des Villes Candidates aux JO d’été 2020, les trois comités concernés – Madrid, Tokyo et Istanbul – attendent avec impatience les observations du Comité International Olympique (CIO).

Fidèle à sa ligne de conduite, le CIO ne devrait pas donner d’indications franches en faveur de telle ou telle candidature. Utilisant le langage diplomatique, l’institution de Lausanne ne laissera rien transparaitre quant à la Ville Candidate ayant le plus de chance de l’emporter, le 07 septembre prochain.

10 - Vélodrome Olympique - Parcours de BMX

Pourtant, chacun s’accorde à dire que Tokyo fait aujourd’hui figure de favorite.

Éliminée au second tour de scrutin pour les Jeux de 2016, la capitale nippone a réussi à relever la tête sur tous les niveaux – notamment après la catastrophe nucléaire de Fukushima – afin de présenter un solide dossier de candidature.

Se basant sur l’héritage des Jeux de 1964 et sur un concept mettant en avant le développement durable, le projet japonais pourrait séduire le CIO par la sécurité qu’il apporte.

Face à Tokyo, Istanbul a perdu du terrain. Un temps donné au coude-à-coude, le projet stambouliote a souffert des manifestations et de la contestation sociale en Turquie, et ce, malgré les propos rassurants du comité turc.

Dès lors, les chances de victoire sont-elles anéanties ? Personne ne peut le dire, mais si la contestation se poursuit ou retrouve un nouveau souffle, alors Istanbul pourra dire adieu à son rêve olympique, le cinquième en un quart de siècle.

Stade Ataturk - Istanbul 2020

De l’autre côté, Madrid attend son heure. Candidate pour l’Olympiade 2012 et 2016, la capitale espagnole avait failli créer la surprise face à Rio de Janeiro.

Certains avaient estimé qu’elle serait battue à plate couture dès l’ouverture du scrutin olympique en 2009. Ce ne fut pas le cas, loin de là : la candidature de Chicago, pourtant soutenue par le couple présidentiel américain, avait été écartée au premier tour; Tokyo avait suivi et de fait, Madrid s’était retrouvée « en finale » face à Rio de Janeiro.

Cette année, le contexte est différent, mais comme pour Tokyo, Madrid se base sur son expérience des grandes manifestations – à défaut d’avoir organisé les Jeux – et sur l’importance des sites déjà construits (plus de 80%). Surtout, la ville compte sur l’adoption d’une nouvelle loi en matière de lutte antidopage pour redorer son blason dans ce domaine.

Parc Olympique de Madrid 2020

Malgré une économie en déroute depuis quelques années, la capitale espagnole pourrait profiter des JO pour se refaire une santé sur la scène européenne et internationale. La ville présente pour cela un faible budget mais une réelle ambition économique. Reste à savoir si cela sera suffisant pour convaincre un CIO sans doute échaudé par les récentes manifestations au Brésil et les retards dans l’aménagement des sites de 2016.

Quoiqu’il en soit, il ne faudrait pas sous estimer les capacités madrilènes.

Car même si elle ne fait figure que d’outsider, la candidature de Madrid pourrait profiter de l’aura des membres olympiques espagnols, parmi lesquels Juan Antonio Samaranch Junior, fils de l’ancien Président de l’institution olympique.

Un héritage difficile à estimer, mais qui existe bel et bien. Quand à savoir si celui-ci permettra d’arracher la victoire lors de la Session réunie à Buenos Aires…

Réponse le 07 septembre 2013 !

Illustrations :
– Présentation du Vélodrome et du parcours de BMX de Tokyo 2020 (Site officiel)
– Stade Olympique Atatürk à Istanbul (Site officiel)
– Projet du Parc Olympique de Madrid 2020 (Site officiel)