JO 2020 : La contestation sociale en Turquie aura-t-elle une incidence sur la candidature d’Istanbul ?

Chaque course olympique est marquée par des rebondissements. La compétition pour l’obtention des Jeux de 2020 ne déroge pas à la règle.

Certains ont pensé que la polémique ayant entouré les propos du Gouverneur de Tokyo à l’encontre de la Turquie et de la candidature d’Istanbul, serait de nature à affaiblir le dossier japonais. Il n’en est rien. Tokyo fait toujours figure de favorite et ce, à moins de 100 jours de l’élection de la Ville Hôte.

Mais aujourd’hui, les regards sont tournés vers la Turquie et la « Perle du Bosphore ».

Cette dernière, en plein boum économique depuis plusieurs années, a déposé un cinquième dossier de candidature olympique, en espérant cette fois remporter la mise. Pour y parvenir, la ville a entrepris de profonds aménagements urbains : construction d’un troisième pont sur le Bosphore, mise en place du tunnel Marmaray, implantation d’un troisième aéroport international, destiné à devenir la plate-forme de ce type la plus importante au monde à l’horizon 2020

Outre les projets liés à l’amélioration du réseau de transports, les autorités stambouliotes et turques, prévoient la construction de nouveaux quartiers résidentiels, de commerces et de services divers.

Parmi ces projets, celui du parc Gezi – situé près de la place Taksim – symbolise le malaise d’une population qui constate une profonde mutation – régénération – urbaine à marche forcée. En effet, plus de 600 arbres doivent être abattus pour permettre l’édification d’un immense complexe immobilier. Dès lors, des centaines de manifestants ont commencé à se rassembler autour du futur chantier et dans les rues d’Istanbul, en début de semaine.

Mais depuis, la contestation initiale a laissé place à une révolte populaire sur fond de crise sociale qui dépasse largement les frontières d’Istanbul.

Ainsi, la capitale Ankara mais aussi la troisième ville du pays, Izmir, s’embrasent et les manifestants, de plus en plus nombreux, réclament désormais la démission du Premier Ministre, Recep Tayyip Erdogan. Celui-ci est accusé de mener une politique autoritaire et certains estiment même qu’il contribue à « islamiser » la Turquie, notamment depuis l’adoption d’une loi restreignant la vente et la consommation d’alcool.

De fait, la question se pose de savoir si cette contestation sociale d’un « niveau inquiétant » selon le Président Abdullah Gül, ne va pas handicaper la fin de campagne des promoteurs d’Istanbul 2020.

A moins de 100 jours du vote olympique – le 07 septembre à Buenos Aires (Argentine) – la compétition entre dans une nouvelle phase. Chaque faux pas pourrait coûter cher. La moindre contestation interne pourrait affaiblir les chances de victoire de telle ou telle Ville Candidate. Les trois cités en course – Istanbul, Tokyo et Madrid – retiennent donc leur souffle.

L’organisation des Jeux Olympiques pourrait être synonyme de renouveau pour Tokyo, de tremplin vers un éventuel retour à la croissance pour Madrid ou de consécration après de longues années d’efforts intensifs pour Istanbul.

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