JO 2024 : La candidature de Budapest dévoile de nouveaux chiffres pour éteindre une contestation naissante

Comme en septembre 2016, le Comité de Candidature de Budapest 2024 profite de la résurgence de la question référendaire pour dévoiler les résultats d’un nouveau sondage.

Ainsi, selon l’institut Kód Kft, 63% des Hongrois soutiennent aujourd’hui la candidature olympique et paralympique de la capitale, un chiffre en augmentation au regard des précédentes enquêtes d’opinion et ce, quelque soit l’institut à l’origine du sondage.

En septembre dernier, l’IFOP avait ainsi révélé que 58% des habitants de Hongrie soutenaient le projet aux JO 2024 soit douze points de mieux qu’un an auparavant.

(Crédits - Budapest 2024)

(Crédits – Budapest 2024)

« Nous sommes ravis de constater que le soutien au projet de Budapest pour les Jeux Olympiques continue de croître, et que de plus en plus de villes à travers la Hongrie appuient la candidature.

La Hongrie s’exprime par le sport, et les Jeux Olympiques et Paralympiques sont l’événement sportif le plus important au monde.

Les lieux publics de Budapest et les infrastructures ont été conçus et développés autour du sport, des grands événements, et de l’amour de la Hongrie pour le sport » a affirmé Balázs Fürjes, Président du Comité de Candidature.

Si la proportion des citoyens en faveur des Jeux est en augmentation, cette dernière est encore plus marqué auprès des jeunes, 71% des 18-29 ans soutenant Budapest 2024.

Mais au-delà du soutien à la candidature, les Hongrois semblent désormais bien informés des ambitions de leur pays, puisque le sondage mentionne le fait que 95% de la population a entendu parler au moins une fois du projet de la capitale.

La population est également réceptive à l’aspect économique, les deux tiers des sondés misant sur des retombées positives pour l’économie nationale et l’emploi, ainsi qu’au potentiel touristique des Jeux, 86 à 90% des sondés estimant que l’organisation de l’événement entraînerait un regain d’intérêt pour le pays.

Ces chiffres, bien que favorables à la candidature de Budapest 2024, ne masquent toutefois pas les mouvements de contestation qui se font de plus en plus présents.

(Crédits - Montage / Sport & Société)

(Crédits – Montage / Sport & Société)

Une première initiative structurée avait ainsi vu le jour en fin d’année 2016. Mais le mouvement Olimpiát ? Ne a depuis été rejoint par NOlimpia dont la forme n’est pas sans rappeler celle prise par les mouvements NOlympia Hamburg et avant celui-ci, No Boston Olympics.

Instigateur de ce dernier, Chris Dempsey a d’ailleurs été l’un des conseillers de NOlimpia qui entend contraindre les autorités locales à organiser un référendum.

La tâche ne sera pas aisée, d’autant plus lorsque l’on sait que les autorités nationales et municipales ont écarté à plusieurs reprises l’idée de tenir un tel scrutin. Une décision réitérée en novembre 2016.

Toutefois, le mouvement qui comptabilise d’ores et déjà plus de 15 000 abonnés sur le réseau social Facebook, entend parvenir à récolter en un mois, les 138 000 signatures nécessaires pour forcer les pouvoirs publics à organiser un référendum.

Pour réaliser ce challenge, NOlimpia peut compter sur l’appui de 150 militants et un rassemblement « portes ouvertes » a été programmé pour samedi 21 janvier dans l’optique de convaincre jusqu’à 1 500 personnes supplémentaires.

Cette potentielle armada serait dès lors mobilisée aux quatre coins de Budapest – en particulier devant des monuments emblématiques ou sur des artères particulièrement fréquentées – pour sensibiliser la population locale.

Si un référendum venait in fine à être organisé, les citoyens de Budapest seraient appelés à se prononcer sur la question suivante :

« Êtes-vous favorable à ce que la Municipalité retire la candidature de Budapest à l’organisation des Jeux d’été de 2024 ? »

A quelques mois de la visite de la Commission d’évaluation du Comité International Olympique (CIO) à Budapest (10 au 12 mai), nul doute que les autorités locales et nationales essaieront d’éteindre les braises d’une contestation naissante.

Le risque serait en effet que cette contestation devienne rapidement hors de contrôle et aboutissent à l’échec de la candidature hongroise.

Au cours des dernières années, un tel élan avait balayé les ambitions de Boston (États-Unis) et de Hambourg (Allemagne) pour les Jeux d’été de 2024, sans compter les initiatives qui furent là encore couronnées de succès du côté de Munich (Allemagne) et de Cracovie (Pologne) pour les Jeux d’hiver de 2022.

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JO 2024 : Débat autour de la candidature de Boston, le 23 juillet

A l’instar des campagnes électorales américaines, la candidature de Boston va connaître les contours d’un débat télévisé organisé en partenariat par FOX 25 et le quotidien The Boston Globe.

Quatre intervenants participeront à ce débat organisé ce jeudi 23 juillet, de 20h00 à 21h00 (Boston) : le Président du Comité de Candidature de Boston 2024, Steve Pagliuca ; l’ancien leader de la candidature de New York 2012 et membre du Comité Olympique des États-Unis (USOC), Daniel Doctoroff ; le co-Président du mouvement d’opposants « No Boston Olympics », Chris Dempsey et l’économiste Andrew Zimbalist.

Boston 2024 - débat

Si ce rendez-vous démontre la promesse de transparence formulée par Boston 2024, il sera surtout l’occasion pour la candidature du Massachusetts de préciser certains points aujourd’hui sous le feu des critiques, en particulier en ce qui concerne le financement du projet et notamment le coût d’aménagement du Stade Olympique de 60 000 places.

Pour Boston 2024, ce débat sera un événement peut-être déterminant pour la suite de son aventure dans la course olympique. Si les porteurs de la candidature parviennent à apporter arguments et données chiffrées précises, la tendance actuelle de défiance à l’égard du projet parviendra peut-être à s’inverser.

Boston debate

La communication autour de la candidature se renforce en tous cas en ce milieu de semaine.

Après le lancement d’une nouvelle version du site internet de Boston 2024 et à la suite de la mobilisation de 4 000 volontaires sur le terrain, force est de constater que la candidature américaine veut reprendre la main – et rapidement – avant l’entrée officielle dans la course olympique mondiale, le 15 septembre 2015.

JO 2024 : Le Gouverneur du Massachusetts rencontre les leaders de « No Boston Olympics »

Incontestablement, la pression monte pour le Comité de Candidature de Boston 2024.

Après avoir affirmé que les promoteurs du projet olympique devaient présenter sans tarder leurs plans afin d’engager la discussion avec la population, le Gouverneur de l’État du Massachusetts, Charlie Baker, a rencontré cette semaine les représentants de la principale organisation d’opposants, « No Boston Olympics ».

Charlie Baker - meeting

L’élu Républicain et ses principaux conseillers ont en effet convié Chris Dempsey, Liam Kerr et Kolley Gossett autour d’une table pour évoquer le projet de Boston pour l’organisation des Jeux d’été de 2024, notamment en ce qui concerne l’utilisation des deniers publics et l’investissement nécessaire pour accueillir un tel événement.

Un sujet qui provoque depuis plusieurs mois l’inquiétude de citoyens et de mouvements comme « No Boston 2024 », récemment interviewé par « Sport & Société ».

« Il nous a posé beaucoup de questions. Il est en mode d’écoute et souhaite prendre connaissance des deux côtés de la problématique.

Je pense que le Gouverneur Baker est inquiet de la façon dont les dollars seront utilisés » a affirmé Chris Dempsey à l’issue de l’entrevue d’une trentaine de minutes.

Cette rencontre organisée à huis clos devrait certainement permettre à l’opposition olympique de travailler un nouvel angle d’attaque vis-à-vis du Comité de Boston 2024.

Charlie Baker et Marty Walsh

Alors que son prédécesseur Démocrate, Deval Patrick, est l’un des plus farouches partisans de la candidature, Charlie Baker attend d’obtenir des réponses avant de se positionner de manière précise.

La parole donnée par Charlie Baker démontre ainsi que ce dernier est soucieux d’un projet qui est loin de recueillir les faveurs de la population. Mais en accueillant les opposants dans son bureau, l’élu Républicain s’est sans doute souvenu que ses sympathisants ont été parmi les plus virulents à l’égard de Boston 2024 au cours de l’année passée.

Et si, désormais, Charlie Baker venait à se rallier aux opposants à la candidature ? Un rêve pour ces derniers !

Illustrations : Charlie Baker et le Maire de Boston, Marty Walsh (Crédits – Site officiel du Gouverneur du Massachusetts)

JO 2024 : « Nous devrions pouvoir planifier l’avenir de Boston pour les Bostoniens et non pour le CIO »

Confrontée à des sondages en chute constante depuis le début de l’année, la candidature olympique de Boston (Massachusetts) est vivement critiquée par des mouvements d’opposants particulièrement structurés sur le terrain mais aussi sur les réseaux sociaux.

Parmi les mouvements leaders dans l’opposition au projet olympique, ‘NoBoston2024’ a récemment organisé des manifestations de protestation, notamment dans le Franklin Park, lieu emblématique de la cité du Massachusetts, aujourd’hui pressenti pour accueillir les épreuves équestres des JO 2024.

En exclusivité francophone, ce mouvement citoyen a accepté de répondre en toute franchise aux questions de « Sport & Société ».

No Boston 2024

– Quelle est l’origine du mouvement « NoBoston2024 » ? Depuis quand ce groupe d’opposants est-il actif ?

Nous avons organisé notre première réunion, le 24 novembre 2014 dans le quartier de Jamaica Plain. L’impulsion a commencé réellement le vendredi précédent (21 novembre), lorsque nous avons été quelques uns à échanger sur Twitter au sujet d’un article paru dans « Jamaica Plain Gazette » où il fut abordé la question de l’utilisation de Franklin Park en qualité de site équestre pour les Jeux Olympiques et ce, bien sûr, sans aucune participation et avis du public.

Nous avons donc décidé que puisque Boston 2024 n’allait pas avoir une assemblée publique, nous en aurions une afin d’engager la discussion avec la communauté et d’organiser une contre-offensive. La première réunion a été suivie de manière impressionnante, surtout lorsque l’on connaît le cours délai entre la création du mouvement et la réunion, avec la participation de citoyens de tous les quartiers de la ville et de la région métropolitaine.

Lors de la réunion, nous avons commencé par parcourir la salle afin de connaître les motivations des gens qui s’étaient déplacés : pourquoi sont-ils opposés aux Jeux Olympiques ? Que veulent-ils apprendre ? Nous avons eu l’apport de Chris Dempsey du groupe « NoBostonOlympics » qui a fait à cette occasion une courte présentation. Et puis nous avons organisé des échanges thématiques avec les différents participants.

– Au-delà des coûts potentiels d’organisation des Jeux, que cherche à dénoncer le mouvement « NoBoston2024 » ?

Historiquement, les Jeux Olympiques ont contribué à faire déplacer des populations à faible revenu, à forcer ces dernières à quitter leurs quartiers selon le modèle de la gentrification urbaine et ce, sans offrir ou de manière mineure, l’accès à des logements abordables.

Les Jeux ont également servi de terrain d’essai pour les nouvelles technologies de surveillance, les systèmes intrusifs. Et bien que les Jeux ne sont qu’un événement de trois semaines, les technologies intrusives développées peuvent durer éternellement.

En outre, les Jeux Olympiques sont un événement écologiquement insoutenable, avec pour exemple la mobilisation de ressources et d’énergie pour des stades et des enceintes sportives dont nous n’avons pas besoin.

Le processus olympique est par ailleurs éloigné de notre conception de la démocratie, les décisions publiques étant sous-traitées par une entité privée. Ce processus détourne aussi notre attention de nos véritables priorités.

Nous devrions pouvoir planifier l’avenir de Boston pour les Bostoniens et non pour le Comité International Olympique (CIO).

– Le 06 mars dernier, vous avez donné rendez-vous aux citoyens de Boston au cœur du Franklin Park. Quel bilan peut-on tirer de cette manifestation ?

La réunion de Franklin Park a été un désastre pour Boston 2024.

Les participants – nombreux – étaient très en colère et n’avaient pas l’impression d’être entendus par Boston 2024. Il y a avait un ou deux membres de l’auditoire qui voulaient que les Jeux de Boston 2024 investissent le Franklin Park, peut-être deux autres indécis, mais surtout des dizaines d’opposants au projet de Boston 2024.

Ce mardi 31 mars, le Comité de Candidature a participé à une réunion à la Harvard Business School. L’ambiance a été semblable à celle constatée à Franklin Park il y a moins d’un mois.

Boston 2024 - baie

– Après les manifestations successives de fin 2014 / début 2015, une baisse significative du soutien populaire a été enregistrée dans les sondages (51% en janvier, seulement 36% en mars). Pensez-vous que les mouvements d’opposition ont réussi à inverser la tendance qui prévalait jusqu’alors ?

Les mouvements d’opposition ne sont pas en train de changer l’état d’esprit des gens. Au contraire, les gens s’éduquent, se mettent debout et disent « Non » ! Les citoyens n’ont jamais eu la moindre parole et n’ont pas eu une quelconque participation dans le cadre de la préparation de la candidature de Boston 2024.

La candidature a été soumise sans notre consentement. Boston n’est pas le genre de ville qui est heureuse avec cette manière d’agir. Souvenez-vous, c’est la ville où la Révolution, la Guerre d’Indépendance américaine a commencé !

– Pensez-vous que l’organisation d’un référendum est aujourd’hui devenue indispensable pour la candidature de Boston ?

Nous soutenons les initiatives en faveur d’un référendum sur les Jeux Olympiques, mais la classe politique n’a pas besoin d’un référendum pour réaliser que le projet olympique est une mauvaise affaire pour les citoyens de Boston.

– Avec l’organisation d’un tel scrutin dans les prochains mois, pensez-vous qu’un résultat négatif se traduirait par le retrait pur et simple des États-Unis de la course olympique et ce, sans possibilité de recourir à une autre ville que Boston ?

Nous ne voulons pas les Jeux Olympiques ici ou dans n’importe quelle ville.

Après l’annonce du référendum pour le mois de novembre 2016 et à la suite de l’augmentation du nombre de réunions publiques, le Comité de Candidature de Boston 2024 espère remonter la pente. Mais n’est-il pas déjà trop tard ?

Je ne sais pas si c’est fini pour Boston 2024, mais cela devrait être le cas.

Boston ne veut pas des Jeux Olympiques de 2024. La candidature devrait nous écouter au lieu de constamment vouloir essayer de changer l’opinion des citoyens.

Illustrations : Crédits – No Boston 2024 / Comité de Candidature de Boston 2024

JO 2024 : Les opposants à Boston veulent un référendum

Structurés depuis plusieurs mois, les opposants à la candidature olympique de Boston (Massachusetts) n’ont pu empêcher la nomination de cette dernière en qualité de candidate officielle du Comité Olympique des États-Unis (USOC).

Néanmoins, malgré cette désignation logique au regard des efforts réalisés par Boston 2024, les opposants n’ont pas l’intention de relâcher la pression vis-à-vis des autorités locales et de l’USOC. Ainsi, ils réclament désormais la tenue d’un référendum afin de ratifier la candidature de la ville.

Pour y parvenir, les opposants s’appuient sur les exemples récents de scrutins populaires organisés dans plusieurs villes intéressées par l’événement olympique (Munich, Cracovie, Oslo…) ainsi que sur des initiatives politiques comme celle portée par Evan Falchuk, ex-candidat au poste de Gouverneur de l’État du Massachusetts.

Ce dernier, sous la proposition du People’s Vote Olympics Committee, souhaite mettre en place un référendum à l’échelle de l’État et ce, compte-tenu de la mobilisation de plusieurs sites sportifs à Boston et dans sa proche périphérie, ainsi que du soutien affiché par les autorités politiques actuelles, à l’instar du Gouverneur Deval Patrick.

Outre le soutien politique, l’État du Massachusetts devrait engager plusieurs centaines de millions de dollars dans des travaux liés à l’accueil des Jeux. Bien qu’indépendants de ces derniers, les différents chantiers à l’étude sont un élément indispensable afin d’améliorer le trafic et la gestion des transports à Boston.

Boston 2024 - logo

Pour Christopher Dempsey, co-Président de No Boston Olympics, « nous sommes encore dans une phase de réflexion quant à la meilleure stratégie à adopter.

Si nous décidons de mobiliser l’ensemble de l’État, nous devrions travailler en commun avec Evan Falchuk, mais il est encore trop tôt pour le dire.

Si nous poursuivons une initiative dans toute la ville, cela ne constituerait pas une incompatibilité avec la proposition émise par Falchuk ».

Les modalités techniques afin de pouvoir organiser un référendum nécessitent la mobilisation d’un grand nombre de citoyens.

Ainsi, pour obtenir la tenue d’un scrutin d’ici 2016 – soit après le dépôt officiel de la candidature de Boston devant le CIO, le 15 septembre – les opposants devront rassembler quelques 65 000 signatures de citoyens inscrits sur les listes électorales avant d’envoyer celles-ci au bureau du Gouverneur de l’État du Massachusetts, courant août.

Si en revanche les opposants privilégient l’option locale, ils devront obtenir 40 000 signatures d’électeurs inscrits à Boston et présenter ces dernières sur le bureau du Maire de la ville, Marty Walsh, jusqu’à présent opposer à une telle initiative.

Dans l’optique où les opposants parviendraient à contraindre les autorités à organiser un référendum, et quelque soit le résultat des urnes, l’USOC ne changera pas son choix et se pliera donc à la volonté des citoyens.

Un porte-parole de l’institution olympique a en effet affirmé que cette dernière « n’a pas l’intention de changer de ville.

Boston a une vision passionnante pour les Jeux. Avec les informations qui seront communiquées au public, nous sommes convaincus que l’offre olympique bénéficiera d’un soutien massif ».

Illustration : Crédits – Boston 2024

JO 2024 : Et si le danger pour Boston venait de l’intérieur ?

Actuellement en course pour être sélectionnée comme Ville Requérante par le Comité Olympique des États-Unis (USOC) pour les Jeux d’été de 2024, Boston (Massachusetts) mise sur son projet compact ainsi que sur la vaste mobilisation politique et institutionnel.

Jusqu’à présent, la principale ville de l’État du Massachusetts a réussi à avancer pas à pas sans encombre. D’un petit comité de soutien, la ville s’est dotée d’un Comité de Candidature digne de ce nom et capable de rivaliser avec les dossiers de Washington District of Columbia, Los Angeles (Californie) et San Francisco (Californie).

Néanmoins, en voulant convaincre à tout prix l’USOC, le Comité de Boston 2024 n’aurait-il pas sous-estimé le pouvoir de nuisance des opposants à l’organisation des JO ?

Ces derniers ont publié en février 2014 un rapport portant sur les coûts d’organisation des Jeux. Loin des estimations des partisans de Boston 2024 (4,5 milliards de dollars pour les Jeux et 5 milliards d’investissements supplémentaires), les opposants avancent les chiffres de 10 à 20 milliards de dollars pour permettre l’accueil des JO en 2024. Un montant conséquent qui pourrait en rebuter plus d’un.

Boston 2024 - No Boston Olympics

A chaque candidature, des groupes d’opposition se mettent en place et tâchent – outre de rencontrer les membres de la Commission d’évaluation lors des visites olympiques – de mobiliser une large portion de la population locale afin de contrer les projets portés par les partisans olympiques.

L’un des exemples fameux en la matière n’est autre que Munich 2018. La cité allemande avait souhaité se porter candidate à l’organisation des JO d’hiver mais un groupe d’agriculteurs locaux et d’opposants avait tenté de bloquer l’avancée du projet, en particulier dans la région montagneuse de Garmisch-Partenkirchen.

Un référendum fut d’ailleurs organisé sous la pression des opposants à la candidature. Cette dernière bien qu’affaiblie avait finalement tenu le choc avant de s’incliner face à PyeongChang (Corée du Sud) lors du vote olympique de Durban (Afrique du Sud).

Une initiative comparable fut par la suite mise en place pour la candidature aux JO 2022. Fin 2013, les opposants parvinrent à court-circuiter le projet lors du référendum bavarois.

Munich 2022 - référendum

En ce qui concerne Boston, les opposants souhaiteraient eux-aussi que la parole soit directement donnée à la population locale au travers d’une consultation qui pourrait être organisée en marge des élections américaines de 2016.

Cela suppose néanmoins que la ville soit retenue par l’USOC.

L’institution américaine devrait logiquement se prononcer au début de l’année 2015 et ce, afin d’être dans les temps pour déposer la lettre d’intention auprès du Comité International Olympique, en septembre de la même année.

Co-Président du groupe « Non aux Jeux Olympiques à Boston », Chris Dempsey estime d’ailleurs qu’un référendum local serait une option intéressante à court terme.

Selon lui, « un vote est l’un des outils potentiels dans notre boîte à outils.

Notre mouvement est encouragé dans sa démarche par les résultats des sondages qui démontrent que la plupart des électeurs du Massachusetts s’opposent à la candidature olympique.

Et l’Histoire montre que lorsque les candidatures olympiques n’ont pas le soutien du public, elles sont vouées à l’échec.

Les électeurs du Massachusetts savent qu’il y a des défis beaucoup plus importants auxquels nous devons faire face plutôt que de savoir comment organiser une fête de trois semaines pour l’élite mondiale.

Une consultation populaire pourrait donc être un moyen de leur donner la parole dans un processus qui fonctionne la plupart du temps derrière des portes closes ».

Boston 2024 - No Boston Olympics - twitter

Même si l’optique d’un référendum paraît aujourd’hui peu probable – surtout pour 2016, année électorale majeure pour les États-Unis – les représentants de « No Boston Olympics » espèrent parvenir à faire échec à la candidature en investissant notamment Internet et les réseaux sociaux.

Soit en amont de la décision du CIO, soit après. Un peu à la manière de Denver 1976. L’exemple est encore dans toutes les têtes expertes du Mouvement olympique et démontre toute la nécessité de convaincre une population locale parfois hostile à l’idée de financer un événement de la dimension des Jeux Olympiques.

A l’époque, la ville du Colorado fut désignée Hôte des Jeux d’hiver pour l’année 1976. En ce 12 mai 1970, Denver triomphe de Sion (Suisse) par 39 voix contre 30 et s’apprête donc à débuter les chantiers pour aménager les différents sites des compétitions.

Toutefois, le Comité d’Organisation va rapidement être confronté à une défiance croissante, en particulier en ce qui concerne le coût d’organisation jugé par nombre de citoyens comme étant sous-évalué. L’impact potentiel des Jeux et des sites implantés dans les Montagnes Rocheuses pose également problème ce qui conduit à l’organisation d’un référendum, le 07 novembre 1972.

Avec 60% des suffrages, la population refuse d’accorder une enveloppe budgétaire pourtant nécessaire à la tenue de l’événement olympique. Cela débouchera donc au retrait de Denver et à l’organisation d’un nouveau scrutin olympique. Finalement, ce fut la ville d’Innbruck (Autriche) qui remporta la mise et qui organisa les JO 1976.

Illustrations :
– Capture d’écrin du site officiel de « No Boston Olympics »
– Affiches des partisans et des opposants à Munich 2022
– Capture d’écrin de la page Twitter de « No Boston Olympics »