Au lendemain du départ annoncé de Cyril Linette des fonctions de Directeur Général qu’il occupe depuis moins d’un an, le Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030 a acté l’ampleur des désaccords avec le Président de l’instance alors que la crise désormais installée menace aujourd’hui clairement la structure et la crédibilité du projet tricolore.

A l’avant-veille de la Cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, les organisateurs de l’édition suivante – Alpes françaises 2030 – avaient continué de balayer d’un revers de la main les interrogations pourtant légitimes quant à la situation interne du COJO et plus particulièrement les tensions entre Edgar Grospiron, le Président, et Cyril Linette, le Directeur Général.
Ainsi que l’évoquait alors un communiqué publié le 04 février 2026 suite à une série de démissions au sein de l’instance organisatrice :
Conscients des difficultés rencontrées, le Président Edgar Grospiron et son Directeur Général Cyril Linette échangent de façon responsable et ce dans l’intérêt du projet.
Ces échanges n’ont pas vocation à être partagés en dehors de l’organisation.
Or, ce mercredi, un changement de ton – apparent – se fait jour, laissant poindre que les parties prenantes au projet olympique et paralympique français commencent enfin à prendre la mesure de l’urgence à régler une situation devenue intenable au fil des semaines écoulées.
Comme le précise un nouveau communiqué publié en milieu de matinée, ce mercredi 11 février 2026 :
Les parties prenantes du Comité d’Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes Françaises 2030 se sont réunies hier soir avec le président du COJO.
Au regard des éléments partagés lors de ces échanges, elles ont collectivement pris acte de désaccords insurmontables entre le Président Edgar Grospiron et le Directeur Général Cyril Linette.
Dans ce contexte, elles ont donné leur aval au Président du COJO pour conduire les discussions nécessaires et lui ont demandé de proposer la solution la plus adaptée à l’intérêt collectif du projet.

Dans l’immédiat, le Directeur Général devrait être débarqué dans les prochains jours. Dans l’immédiat toujours, la mission d’accompagnement lancée il y a peu et placée sous l’égide de l’ancien Directeur Général de Paris 2024, Étienne Thobois, devra rendre des conclusions devant permettre un sursaut. Si cela est encore possible.
A cet égard, un Bureau Exécutif est convoqué pour le dimanche 22 février au matin pour notamment examiner les recommandations de la mission précitée. Le jour-même de la Cérémonie de clôture des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 au cours de laquelle les Alpes françaises 2030 prendront le relais avant de conduire le drapeau olympique à Albertville, le 23 février.
Ce timing pourrait prêter à sourire, mais il témoigne davantage de la gravité de la situation.
Dans ce calendrier de gouvernance acté par les parties prenantes tricolores, un second Bureau Exécutif se tiendra par la suite le jeudi 19 mars 2026 pour arrêter les modalités opérationnelles de mise en œuvre de la nouvelle organisation.
Là-encore, la date annoncée se situe dans une période capitale, sachant que les Jeux Paralympiques de Milan-Cortina 2026 se seront achevés le 15 mars au soir et que les yeux du monde olympique et paralympique seront désormais tournés en direction des Alpes françaises 2030 pour ce qui est du prochain événement hivernal.
Si les services de l’État apporteront leur contribution aux discussions à venir afin, comme l’indique le communiqué du jour, d’accompagner « cette phase de transition et de consolidation », il est à prévoir aussi que le CIO se montre plus présent qu’il ne l’est actuellement, concentré à l’évidence sur le suivi de la livraison et du déroulement des JO 2026.

Pour les Alpes françaises 2030, les semaines à venir seront particulièrement décisives pour donner une suite favorable à la gouvernance ou au contraire poursuivre la descente infernale avec le risque d’une intervention plus musclée de la part de l’institution olympique.
Eu égard à la tournure des prochains événements, le CIO pourrait en effet faire le choix de renverser la table, en sollicitant un changement du sol au plafond au sein du COJO, ce qui conduirait de fait à une démission ou à un départ forcé du Président en exercice et ce, afin de reprendre la main pour in fine tenter de placer une personnalité de confiance à la tête de l’instance tricolore en capacité de relever la barre dans les meilleurs délais.
Ces derniers jours en tout cas, le Président de la Commission de Coordination a pu montrer des signes d’agacement.
Ainsi qu’a pu l’affirmer Pierre-Olivier Beckers-Vieujant la semaine dernière :
Le temps est compté.
A seulement quatre ans de l’échéance, plusieurs décisions-clés restent en suspens, et le rythme de livraison doit s’accélérer dans l’ensemble des chantiers.
[…] 2026 sera absolument déterminante pour la réussite du projet.
[…] Une fois les Jeux de Milan-Cortina 2026 terminés, l’attention du monde se portera rapidement sur 2030 : les attentes augmenteront, le rythme s’intensifiera, le travail à accomplir est considérable, et l’horloge se mettra à sonner encore plus fort.
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