La course contre-la-montre du Brésil à un mois du Mondial de football

Le Brésil accueillera dans un mois, jour pour jour, la Coupe du Monde de football 2014. Le pays où le ballon rond est roi, sera ainsi hôte de l’un des événements les plus prestigieux de la scène sportive internationale.

Depuis sa désignation par la FIFA, le pays s’est préparé en proposant la rénovation ou la construction de douze stades – dont le mythique Estadio Maracana de Rio de Janeiro (76 800 places) -, mais les chantiers ont pris du retard, énormément de retard.

Ainsi, à un mois de la Cérémonie d’ouverture, quatre enceintes demeurent inachevées, dont le stade de la soirée inaugurale (65 800 sièges), à Sao Paulo. Les autres sont ceux de Curitiba (41 400 places), Cuiaba (42 900 places) et Porto Alegre (48 800 places).

Si les délais sont respectés, ils devraient être livrés pour le 21 mai… soit quelques jours à peine pour effectuer les tests de sécurité et d’accueil des spectateurs.

Stade de Sao Paulo

Le Brésil souhaitait démontrer au monde entier sa capacité à organiser de grands événements internationaux, comme la Coupe du Monde de football et les Jeux Olympiques et Paralympiques.

Aujourd’hui, il démontre surtout son incapacité à réformer son écrasante bureaucratie, ses difficultés à lutter contre les trafics – notamment dans les favelas – et de surcroît, son impréparation au niveau de la sécurité.

Car malgré les opérations spectaculaires menées dans les favelas de Rio de Janeiro et d’autres villes du pays depuis quelques années, le Brésil ne parvient pas à enrayer les trafics, la contrefaçons et les vols, nombreux sur les grandes artères de Rio.

Les autorités ont lancé d’ultimes opérations de sécurité, avec la mobilisation de 30 000 militaires et policiers aux frontières. Au moment du Mondial, ce sont 170 000 militaires et policiers qui seront déployés dans les villes hôtes de l’événement, en particulier autour des stades et des hôtels.

Stade de Porte Alegre

Quoiqu’il en soit, le Mondial 2014 n’est qu’une répétition générale avant les Jeux de 2016. D’ici deux ans, le Brésil devra achever les sites sportifs promis en 2009 aux membres électeurs du CIO.

Selon le quotidien britannique « The Guardian », à l’heure actuelle, seule 10% des infrastructures auraient été achevées alors que Londres affichait un taux de 60% dans le même espace-temps. Une course contre la montre s’engage désormais pour les ouvriers et les organisateurs, avec la pression supplémentaire des instances sportives et olympiques.

Il faut tout de même rappeler que dans l’Histoire récente, aucun pays n’a eu à affronter des défis organisationnels aussi important. En deux ans, le Brésil accueillera les deux plus importants événements sportifs et médiatiques de la planète.

Dilma Rousseff

Un défi immense, qui ne doit pas faire oublier l’autre défi, politique cette fois.

La Présidente du Brésil, Dilma Rousseff, espère en effet une réélection aisée en octobre prochain. Le succès, ou le fiasco, de l’organisation du Mondial et de la poursuite des préparatifs olympiques aura une incidence certaine sur l’issue du scrutin.

Ayant fait ses armes dans l’ombre de l’ancien Président, Lula, Dilma Rousseff doit désormais assurer la livraison des deux rêves sportifs de son prédécesseur. En jouant par la même occasion, son avenir politique.

Illustrations :
– Vue de l’Arena de Sao Paulo en septembre 2013 (Crédits – LOC / FIFA)
– Vue du Stade de Porte Alegre en septembre 2013 (Crédits – LOC / FIFA)
– Dilma Rousseff, Présidente du Brésil (Crédits – Page officielle Facebook)

4 pensées

  1. Précisions utiles: le Brésil n’est pas le premier à organiser les JO et la Coupe du Monde de la FIFA à 2 ans d’intervalle. Le Mexique, l’Allemagne-RFA et les Etats-Unis l’ont fait avant lui. Tout comme le Japon en 1998 et 2002.

    Le Brésil a eu 7 ans pour préparer le Mondial, contre 6 années pour la France, le Japon et la Corée du Sud, l’Allemagne et l’Afrique du Sud…C’est tout de même incroyable de réaliser à quel point ce pays a pu se traîner les pieds depuis 2007.

    Les difficultés du Brésil sont une chose, mais la responsabilité de la FIFA est grande également. Il est clair que l’évaluation du dossier de candidature a laissé à désirer.

    1. Le dossier de candidature n’a pas été un problème : il n’y avait que le Brésil de candidat !

      En effet, la FIFA a mis en place un système d’alternance des continents organisateurs. Si autrefois seules l’Europe et l’Amérique du Sud organisaient les Coupes du Monde, depuis les années 80′ ça s’est développé en Amérique du Nord, et depuis 2000 au reste du monde.

      Comme l’Asie a eu 2002, l’Europe 2006 et l’Afrique 2010, la FIFA a décidé que celle de 2014 serait en Amérique du Sud. Seul le Brésil a déposé une vraie candidature formelle, et voilà.

      Mais définir un continent est une chose exceptionnelle qui n’avait jamais eu lieu et qui n’aura plu lieu désormais, avec une alternance des continents complexe à expliquer ^^

      1. Oui, je sais tout cela. Le Brésil avait tout sur le papier pour gagner et la FIFA n’a pas vraiment eu le choix, puisque la Colombie s’est retirée rapidement pour laisser le champ libre aux Brésiliens. Toutefois, le processus de candidature est-il assez rigoureux? La politique n’est-elle pas trop dominante (cf le choix du Qatar pour 2022)?

  2. C’est justement là tout le problème avec la FIFA… Dans quelle mesure la politique est-elle influente ? Si ça n’a probablement pas été le cas avec le Brésil (qui a convaincu par défaut, probablement), l’exemple de la Russie 2018 et du Qatar 2022 sont révélateurs… La FIFA, où l’art de rendre les choses plus floues encore…
    Pour ma part, je pense que le processus de sélection et de vote devrait être affiné car il est trop problématique… Je n’ai pour ma part toujours pas compris qui votait ^^ …

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