Les Jeux Panaméricains de Toronto 2015, répétition générale avant une nouvelle candidature olympique ?

Dans deux ans s’ouvriront les Jeux Panaméricains 2015 organisés à Toronto.

La capitale économique du Canada se prépare activement à accueillir quelques 7 000 athlètes pour ce qui pourrait constituer une répétition générale avant le dépôt d’une candidature olympique pour les Jeux de 2024.

Logo - Toronto 2015

La ville, qui compte pas moins de 2,6 millions d’habitants, a ainsi mis les petits plats dans les grands pour recevoir comme il se doit les différentes délégations nord, sud et latinos américaines : le réseau des transports publics a été modernisé, les axes de circulation rénovés et certains quartiers réhabilités.

Il faut dire que l’enjeu est de taille : les Jeux Panam’ représentent l’un des événements sportifs et médiatiques les plus importants au monde. Un faux pas et Toronto pourrait dire adieu à son rêve olympique après ses échecs pour les éditions 1996 et 2008. A l’inverse, une organisation maitrisée et réussie pourrait servir de tremplin pour le Canada qui se retrouverait alors en concurrence frontale face aux États-Unis, au Moyen-Orient (Qatar) et à plusieurs pays d’Europe (France, Allemagne, Italie…) voire d’Afrique (Maroc, Afrique du Sud).

Pour pouvoir s’aligner dans la course aux Jeux 2024, le Canada sait qu’il devra convaincre bien au delà de ses frontières. Les Jeux Panam’ sont donc l’argument parfait pour le pays et sa plus grande ville, Toronto.

Ainsi, plusieurs sites sportifs de la région vont être mobilisés pour les Jeux afin de montrer la pleine capacité de Toronto à organiser et accueillir un tel événement. Bien sûr, certains sites ne sont pas dimensionnés pour des Jeux Olympiques, mais la qualité globale – et la quantité – des infrastructures est un élément de premier plan en vue de la constitution d’un dossier de requérance.

Le Village Panaméricains sera situé à l’est de la ville, à 25 minutes de l’aéroport et à 45 minutes des sites de compétition les plus éloignés. La plupart des athlètes auront notamment une vue imprenable sur la célèbre Tour CN de Toronto.

Au total, près de 8 500 lits seront disposés dans divers bâtiments au cœur d’un parc de 7,2 hectares. Celui-ci sera également équipé d’une piscine d’entraînement aux dimensions olympiques (50 mètres), d’une aire de lancer et de saut, d’un terrain de football, d’un espace dédié au basketball et d’une piste d’athlétisme de 400 mètres.

Cette ville dans la ville a été conçue dans un souci d’héritage pour l’ensemble des habitants, et sera implantée entre la rivière Don et le boulevard paysagé de Front Street. Son financement a d’ailleurs été pensé en adéquation avec les plans de réhabilitation d’une zone bien plus vaste, dont le coût est estimé à 1,5 milliard de dollars (1,13 milliard d’euros) et pour lequel l’État, la Province de l’Ontario et la Municipalité ont apporté leur concours.

Ce financement tripartite est un autre argument majeur des promoteurs d’une candidature olympique, qui souhaitent montrer la volonté commune des autorités politiques et économiques canadiennes.

Centre Rogers - Tour CN - Toronto

Parmi les autres sites emblématiques de Toronto qui serviront de toile de fond des prochains Jeux Panaméricains, le Centre Rogers sera une pièce maitresse du dispositif.

Construit à la fin des années 1980, cette infrastructure dispose du premier toit rétractable motorisé et possède une capacité comprise entre 50 000 et 70 000 places selon la configuration souhaitée.

Il sera de fait l’enceinte des Cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Panaméricains 2015.

Centre Sportif - Jeux Panaméricains 2015

Une autre installation sera au cœur des prochains Panam’, à savoir le Centre Aquatique et Complexe Sportif. Construit sur le campus Scarborough de l’Université de Toronto, ce bâtiment recevra les compétitions de natation, de natation synchronisée, de plongeon mais aussi d’escrime, de pentathlon moderne et de volleyball assis.

Deux piscines olympiques (50 mètres) sont en cours d’aménagement, de même qu’un bassin de plongeon de 5 mètres de profondeur et qui sera doté de plateformes situés à 3 mètres, 7,5 mètres et 10 mètres.

Des salles d’entrainement sont également en préparation dans cette enceinte appelée à devenir un haut lieu du sport canadien.

Piscine - Jeux Panaméricains 2015

Autre équipement majeur des Jeux Panaméricains, le Vélodrome est actuellement bâti à Milton, près de Toronto.

Doté d’une piste intérieure de 250 mètres, le Vélodrome aura une capacité permanente de 1 500 places auxquelles viendront s’ajouter 1 000 places temporaires lors de l’événement sportif de 2015.

A l’issue des Jeux Panaméricains, l’infrastructure deviendra le site d’entrainement de l’équipe nationale de cyclisme ainsi qu’un espace dédié au basketball et au volleyball.

Vélodrome - Jeux Panaméricains

Une reconversion maitrisée et un héritage donc, à l’image de ce que souhaite faire le Comité d’Organisation de Toronto 2015, soucieux de laisser une empreinte durable de ces Jeux Panaméricains… avant une éventuelle candidature pour les Jeux Olympiques 2024.

Cette dernière pourrait ainsi être la troisième de Toronto depuis le début des années 1990.

Une première fois, la ville avait échoué à décrocher les Jeux de 1996 finalement attribué à Atlanta (États-Unis). Ce 18 septembre 1990, la cité de l’Etat de Géorgie s’était imposé aux dépens d’Athènes (Grèce) dans le dernier tour de scrutin, par 51 voix contre 35. Toronto avait quant à elle été éliminée au quatrième tour, recueillant 22 suffrages de la part des électeurs du Comité International Olympique (CIO).

Quelques années plus tard, malgré une candidature remarquée, la ville canadienne n’avait pu faire mieux qu’une deuxième place derrière la grandissime favorite, Pékin (Chine). Celle-ci avait alors obtenu 56 voix dès le second tour de scrutin, devançant Toronto (22), Paris (18) et Istanbul (9).

Absente de la course pour les Jeux de 2012, 2016 et 2020, la principale ville du Canada pourrait bien se positionner pour l’Olympiade 2024 et ce, d’autant plus, que le Canada et la province de Québec, ne présenteront pas de candidature olympique pour les Jeux d’hiver 2022.

Illustrations :
Crédits – Toronto 2015
Centre Rogers / Wikipédia

8 pensées

  1. Je pense que ces Jeux « continentaux » sont une excellente chose pour les candidatures des pays ! Un bon entrainement, qui permet d’ores et déjà la construction d’un très grand nombre d’infrastructures qu’il sera ensuite possible de réutiliser pour d’autres événements sportifs… C’est la base pour une bonne candidature. Et j’avoue que j’aimerai bien des Jeux là-bas (tout le monde aime le Canada, pas de raison d’être contre 😉 ! Après reste à voir ce qu’il propose et la concurrence évidemment…)

    En comparaison, je ne comprends pas pourquoi en la presse européenne voit cela d’un mauvais oeil : par exemple Baku va organiser les 1er Jeux d’Europe en 2015… Une excellente idée et une bonne base pour un avenir olympique de niveau international ! Mais selon la presse, obtenir des Jeux européens seraient contre-productif car ce serait faire concurrence aux JO… Et j’ai l’impression que c’est la même chose pour des JOJ ! Rien que pour les futurs Jeux de la Jeunesse en 2018, il n’y avait que UNE candidate européenne ! Et les JOJ d’hiver semble n’attirer presque personne, en tout cas pas en France, alors que ce serait une bonne chose : cela prouverait l’engagement olympique, montrerait que l’on aime le sport, et préparerait des infrastructures qu’il serait possible de réutiliser… Et dans le cas des JOJ, dans d’autres villes plus petites que Paris, mais tout aussi intéressante… Ces événements n’ont pas pour but de compromettre les JO, même si cela peut jouer en la défaveur d’une ville, mais cela est une bonne opportunité de préparer de belles candidatures… Ils le font en Amérique, et aussi en Asie… Pourquoi serait-ce différent en France ?

    1. Oui, la France possède les qualités pour organiser les JOJ.

      Pour les premiers, des villes telles que Nice, Annecy, Grenoble (hiver) ou Lyon, Bordeaux voire même Montpellier ou Bordeaux (été) pourraient candidater.

      L’édition 2020 a déjà une solide candidature étrangère : Lausanne (Suisse), qui n’est autre que le siège du CIO. Cette candidature – lot de consolation pour la Suisse après son retrait des JO d’hiver 2022, est d’ores et déjà soutenue par Jacques Rogge, qui l’a récemment indiqué sans ambiguïté… 🙂

      1. Ce n’est pas très étonnant que Jacques Rogge apprécie Lausanne… Ce serait une bonne idée en tout cas !

        Sachant que plusieurs villes rêvent de Jeux qu’ils n’auront vraisemblablement jamais, l’idée des JOJ serait une énorme chance en France. Il y a une effet un certain nombre de villes susceptibles d’être en mesure de supporter cela… J’espère que un jour, les villes y seront sensibles… Certes, Buenos Aires est une capitale, mais pas besoin d’être la 1ère ville du pays pour réussir.

        Dans tous les cas je pense que c’est en accumulant les événements que le pays se renforce et capte mieux les enjeux… C’est peut-être bien cela qui aura fait défaut à la France ces 20 dernières années dans sa course aux JO…

      2. Exactement et ce, même si notre pays a organisé – avec succès – plusieurs grandes compétitions internationales (Coupe du Monde de football, de rugby, Mondiaux d’athlétisme, d’escrime et prochainement de handball, Euro de basket féminin…).

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