Londres 2012 : Derniers travaux en voie d’achèvement et finances « à l’équilibre » selon les organisateurs

Dans moins de huit mois aura lieu la Cérémonie d’Ouverture des XXXe Jeux Olympiques, à Londres.

Depuis six ans maintenant, la capitale britannique se prépare à accueillir l’événement planétaire et se transforme peu à peu en une cité olympique exceptionnelle.

Juillet 2005 : Londres devient Ville Hôte des Jeux. Dès lors, ce sont quelques 12 000 ouvriers qui se sont pressés sur le site du Parc Olympique afin de livrer à temps, infrastructures sportives, médiatiques et Village Olympique et ainsi éviter un scénario « à la Grec ». En 2004, quelques semaines à peine avant l’ouverture des Jeux et alors que spectateurs et athlètes s’apprêtent à rejoindre Athènes, les travaux ne sont pas achevés. Selon plusieurs médias étrangers, le Comité International Olympique (CIO) avait même un temps réfléchi à un « plan B », autrement dit, délocaliser l’organisation des Jeux dans une ville aux infrastructures existantes, une ville capable de se substituer au Berceau de l’Olympisme…

Pour 2012, aucun risque donc de voir se reproduire un tel fiasco, c’est du moins ce qu’annoncent les organisateurs britanniques. En Juillet 2010 déjà, ils avaient annoncé l’achèvement de 70% des sites. Aujourd’hui, les bordures de stades voient le jour les unes après les autres et le Parc Olympique commencent à prendre la forme de ce qu’il sera définitivement, le 27 Juillet prochain.

En début d’année 2012, les premières manifestations-tests se dérouleront dans la capitale britannique, notamment en Janvier dans le remarquable Centre Aquatique ou encore en Mai dans l’enceinte du Stade Olympique, avec des compétitions sportives universitaires.

Mercredi, à Londres, Le Président du Comité d’Organisation des JO de Londres (LOCOG) Sebastian Coe, a affirmé que le budget londonien serait tenu et qu’il était à l’heure actuelle, à l’équilibre.

« Le budget est à l’équilibre au niveau des opérations. On a réussi à porter à un niveau record la part financière venant des partenariats dans un contexte économique difficile. On a atteint nos ambitions en termes de billetterie et de budget lié aux infrastructures, c’est-à-dire à la transformation de Londres et à la création de sites de classe mondiale » a ainsi déclaré l’ancien Champion Olympique du 1 500 mètres (JO de Moscou 1980 et Los Angeles 1984).

L’investissement engagé dans l’organisation des Jeux de Londres – 10 milliards d’euros – sera-t-il payant pour la capitale britannique et le Royaume-Uni dans son ensemble?

Seule certitude : Une manifestation de cette envergure est rarement rentable sur le court terme, mais bien gérée, elle peut devenir une aubaine pour la Ville Organisatrice, à l’image de ce qu’a fait Barcelone (Espagne) à l’aube de la décennie 1990.

En effet – et comme je le dis souvent – la capitale catalane a su, avec brio, se servir de l’événement olympique pour métamorphoser son image et son économie. Comme l’indiqué, en Octobre dernier, un article paru dans « La Presse » de Montréal (Québec), « même la crise financière qui frappe l’Espagne semble à peine égratigner Barcelone, soutenue par une industrie touristique florissante, avec près de quatre millions de visiteurs par année ».

Interrogé par le journaliste Karim Benessaieh, un serveur barcelonais avait également déclaré : « Avant les Jeux, nous étions une ville d’ivrognes, où on venait pour acheter de la drogue, une ville de mauvaise réputation. Aujourd’hui, bien des villes paieraient des milliards pour avoir la réputation de Barcelone ».

Il faut dire que « des milliards », Barcelone en a investi depuis 1986, pour devenir ce qu’elle est maintenant : 10,3 milliards d’euros pour les transports (routes, métro, tramway, trains, bus), 4,6 milliards dans les télécommunications, 4,2 milliards pour les logements, les bureaux, les parcs et le port olympique, 1,3 milliard pour les infrastructures sportives, 330 millions pour la santé et la culture *… Un investissement colossal qui a depuis porté ses fruits, Barcelone étant devenue la quatrième ville d’affaires du continent européen.

Une réussite « à la catalane » sera-t-elle possible dans le futur et notamment pour Londres? Seul l’avenir nous le dira.

Illustrations :

– Village Olympique de Londres, le 27 Octobre 2011 (ODA – Page officielle Facebook London 2012)

Tour Orbit-ArcelorMittal et Stade Olympique, le 20 Octobre 2011 (ODA – Page officielle Facebook London 2012)

* Sources : Brunet (1994), Clusa (1996) et Brunet (2000). Selon des données fournies par AB, Forum 2004, Autorité des transports métropolitains et Ministère du Développement Industriel.

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