Réflexion : Les Candidatures aux Jeux Olympiques 2016 : Quels enseignements pour la France et le sport hexagonal ?

Les Jeux Olympiques 2016 représentent une chance formidable pour la France, le sport en général et les sportifs français.
Une chance car la France peut tirer des enseignements des quatre candidatures présentées au Comité International Olympique (CIO). Des candidatures solides, modernes et durables :

• Après l’échec de sa candidature pour l’organisation des JO 2012, Madrid (Espagne) présente un projet cohérent ayant la volonté de faire participer plusieurs villes du pays pour l’accueil d’une partie des compétitions (voiles…).
• En Asie, le Japon rêve de revivre la ferveur des Jeux après l’édition 1998 des Jeux d’Hiver, à Nagano. La capitale nippone, Tokyo, présente un projet alliant sport, respect de l’environnement et héritage social.
• Chicago (USA) a la chance de voir son statut sportif évoluer : passer de capitale du basket à cité olympique ! Là aussi, le projet se veut porteur d’un héritage sportif et environnemental.
• Enfin, Rio de Janeiro (Brésil) peut en 2016, devenir la première ville d’Amérique du Sud à accueillir les Jeux Olympiques modernes. Jamais dans l’histoire du sport, cette région du monde n’a eu l’honneur d’organiser le plus grand rassemblement sportif planétaire. Autant dire que ce seul argument peut faire penser que la cité brésilienne fait figure de favorite. A noter de plus, que le Brésil organisera la Coupe du Monde de football 2014. Imaginez l’impact que pourrait avoir l’attribution et l’organisation des XXXIe Jeux Olympiques, sur la société, l’économie et le sport, sur l’ensemble du territoire sud-américain…
En organisant les JO 1992, Barcelone (Espagne) avait fait un bond en avant de vingt ans – en matière d’urbanisation et de qualité de vie notamment.

La France présente une candidature pour l’organisation des Jeux d’Hiver 2018, avec la ville d’Anneçy (Haute-Savoie).
Cette candidature peut être l’occasion pour le sport français dans son ensemble, de moderniser les infrastructures sportives de la région alpine, mais aussi pour la société, une modernisation des réseaux routiers et ferroviaires, ainsi que ceux des télécommunications.

Bien que les JO d’Hiver n’ont pas le même impact que les Jeux d’Eté, la campagne 2016 peut et même doit servir, de templin pour la France.
Comme indiqué dans un précédent Billet, la France souffre d’importantes carences concernant les infrastructures sportives, un véritable déficit au regard d’autres pays européens comme l’Allemagne ou l’Angleterre :
– un seul stade capable d’accueillir plus de 80 000 personnes (football, rugby, athlétisme)
– une moyenne d’âge des stades français atteignant 65 ans
– aucune enceinte aquatique pour l’accueil de compétitions européennes ou mondiales, au moment où les Championnats du Monde de Natation 2009 se sont déroulés au sein du complexe aquatique rénové, des JO 1964 de Rome (Italie).
– aucun gymnase d’envergure
– un complexe tennistique devenu années après années, trop exigu…

Il est regrettable de constater que le plan de relance gouvernemental (26 milliards d’euros) ne réserve pas une place digne de ce nom, pour la modernisation de nos structures sportives nationales.
Selon un rapport de la Cour des Comptes, 1,5 milliards d’euros seraient nécessaires pour construire ou rénover les stades français susceptibles d’organiser les matchs de football de l’EURO 2016.
La France est sur les rangs, mais une réelle volonté politique est nécessaire afin d’éviter précipitation et confusion quelques mois avant le choix de l’UEFA, instance sportive supervisant l’organisation des compétitions de football sur le sol européen. Ce choix se fera d’ailleurs au mois de Mai 2010. Un choix pour départager plusieurs candidatures – Italie, Suède, France…

Bien sûr, la France a récemment organisé des compétitions d’importances mondiales comme la Coupe du Monde de Rugby 2007 ou bien encore les Championnats du Monde de Ski alpin, à Val d’Isère, au début de l’année 2009 ; mais la patrie du Baron Pierre De Coubertin – père des Jeux Olympiques Modernes – ne figure plus parmi les places fortes du sport, où plutôt, des sports !
Il est impératif que la France entreprenne les « 12 Travaux d’Hercule » en matière d’infrastructures sportives et pas seulement en faveur du football, mais aussi pour des sports moins médiatiques, comme la Gymnastique ou encore le Cyclisme sur piste.

En 2005, la Candidature de Paris 2012 pour l’organisation des XXXe Jeux Olympiques, avait insufflé une prise de conscience sur la nécessité pour Paris et plus globalement pour le pays tout entier, de se doter d’infrastructures sportives performantes et des moyens matériels qui vont avec ces dernières.

Ainsi, le projet de Paris 2012 proposait la construction d’un complexe aquatique près d’Aubervilliers comprenant notamment une Piscine Olympique. Ce type d’infrastructures faisait alors – et fait encore – défaut à la France.
En effet, bien que plusieurs villes possèdent aujourd’hui des Piscines dites « olympiques » (bassin de 50 mètres de longueur contre 25 mètres pour un bassin classique), aucune ville française ne dispose d’un complexe capable d’accueillir de grandes compétitions internationales, à l’image de Rome (Italie) ayant obtenu l’organisation des XIIIe Championnats du Monde de Natation. L’an prochain, en 2010, Budapest (Hongrie) accueillera les Championnats d’Europe de la discipline.

Après plusieurs années d’incertitudes, il semble que le projet de complexe sportif dédié à la natation soit enfin mis en avant, mis à l’ordre du jour. Il y a quelques mois, le Cabinet d’architectes « Chaix & Morel » a en effet obtenu l’appel d’offres pour la construction du complexe, à Aubervilliers.
Le coût du projet est estimé à ce jour, à 67 millions d’euros. D’un point de vue technique, le complexe aquatique d’Aubervilliers comprendra quatre bassins « permanents » auxquels s’ajouteront un bassin extérieur ainsi que deux bassins temporaires pouvant servir à l’accueil de rendez-vous sportif d’envergure. La capacité d’accueil de l’ensemble attendra les 20 000 places. D’un point de vue éducatif, un centre de formation sera également présent sur le site, ainsi qu’un centre de remise en forme.
Votée fin 2008, la construction devrait – à priori – débuter au premier semestre 2010 pour une ouverture courant 2012. Une date qui n’est pas anodine, puisque elle coïncidera avec les Championnats d’Europe de Natation. La France pourrait dès lors se porter candidate pour organiser le rendez-vous de la natation continentale.

Toujours dans le projet de candidature de Paris 2012, un Gymnase était prévu afin d’accueillir les compétiteurs, lors des JO de 2012. Londres étant la ville hôte, le projet de Gymnase est au point-mort.
Le « Super Dôme » aurait pu accueillir 22 000 spectateurs pour des compétitions de gymnastique artistique, de gymnastique rythmique ou bien encore de trampoline. D’un coût initial d’environ 220 millions d’euros, le projet aurait pu être repris dans le Plan de Relance de l’économie française, afin de créer un haut lieu de la pratique sportive tout en permettant la création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects, à court et long terme. L’investissement de base – relativement lourd pour les Collectivités Territoriales – aurait été contrebalancé par un investissement du secteur privé. Malheureusement, le Gouvernement n’a pas retenu cette idée et le projet risque bien d’être enterré définitivement.

Autre infrastructure de taille – encore un projet de Paris 2012 – le Vélodrôme de Saint-Quentin situé à une vingtaine de kilomètres de la capitale. A proximité de la « Vallée de la Chevreuse », le complexe cycliste d’un coût initial de 32,5 millions d’euros aurait, là aussi, pu accueillir, malgré la défaite de la candidature olympique parisienne, des compétitions régionales, nationales et internationales, toutes génératrices de retombées économiques, touristiques et sportives.

Ces trois exemples ne sont qu’une illustration des capacités du pays en matière sportive.

Du côté des projets en cours de réalisation, celui de l’agrandissement de Roland-Garros.
Situé à la deuxième place mondiale derrière Wimbledon (Royaume-Uni), le tournoi de tennis de Roland-Garros ne dispose pas d’un stade couvert à l’inverse de nombreux tournois aujourd’hui.
Un projet est depuis de nombreuses années à l’étude, mais il doit aujourd’hui faire face à des critiques plus ou moins virulentes, notamment de la part des riverains du pôle tennistique, qui estiment qu’il pourrait y avoir des nuisances pendant et après les travaux de construction et d’agrandissement. Une modernisation est pourtant plus que nécessaire, sur plusieurs points. Si Roland-Garros veut garder son rang de tournoi du Grand Chelem, il doit être en mesure de disposer d’un stade couvert, comme en dispose depuis quelques mois, Madrid avec le « Magic Box », inscrit dans le projet Madrid 2016.

Roland-Garros doit aussi se moderniser afin de garantir un accueil optimal des spectateurs et des sportifs, le lieu étant aujourd’hui, au regard du succès du tournoi français (plus de 460 000 spectateurs pour l’édition 2009, soit 5 000 entrées de plus qu’en 2008), exigu.
La concurrence est présente avec Madrid, mais aussi Shanghaï; à nous de démontrer que l’on reste un tournoi attractif, en Europe et dans le monde.

Autre projet actuellement en suspens, celui du Stade Vélodrôme à Marseille (Bouches-du-Rhônes). Cela fait plusieurs années que l’idée d’une couverture du Stade et d’un agrandissement de celui-ci fait son chemin. Repris dans le projet municipal de Jean-Claude Gaudin et de son équipe, il est aujourd’hui à espérer que cette promesse de campagne ne reste, justement pas, une idée lancée durant une campagne électorale.
Marseille, ville avoisinant les deux millions d’habitants (aire urbaine), ne serait-elle pas capable de rivaliser, au niveau européen avec des stades comme ceux de Wembley (Royaume-Uni – 90 000 places), du Millenium Stadium (Cardiff, Pays de Galles – 74 500 places), ou bien encore de l’Olympiyski de Kiev (Ukraine – 83 450 places) ?

Au delà de Paris ou de Marseille, c’est l’ensemble du pays qui manque cruellement d’infrastructures modernes et de qualité, répondant aux besoins de la société d’aujourd’hui. Bien entendu, les coûts ne sont pas négligeables, loin de là, mais l’investissement – durable – peut être une richesse pour l’avenir du sport et de la pratique sportive en France, mais aussi une richesse en matière de créations d’emplois – plusieurs dizaines de milliers – à court, moyen et long terme.

La Coupe du Monde de Rugby 2007 est un exemple parmi d’autres, avec le constat d’une hausse sensible du nombre de licenciés dans les clubs de rugby et les centres de formation, sur l’ensemble du territoire national.
Actuellement, le sport britannique se « muscle » pour pouvoir accueillir les Jeux 2012. L’an dernier, les Chinois avaient répondu présents pour « leur » Jeux, l’an prochain, les Canadiens feront sans doute de même avec l’organisation des Jeux d’hiver à Vancouver.

Organiser et gagner : un incroyable défi sportif, économique et social pour la génération actuelle mais aussi – et surtout – pour les générations futures.
L’étude des candidatures aux Jeux Olympiques de 2016 de villes représentant le monde d’aujourd’hui, peut être une réflexion utile pour le sport français dans sa globalité. Elles possèdent en effet, une qualité technique rarement constatée.

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