Après les Jeux de Milan-Cortina 2026, les Alpes françaises 2030 visent le rebond

Réunis en Bureau Exécutif en ce jour de clôture des Jeux Olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, les acteurs du projet des Alpes françaises 2030 ont examiné les recommandations de la mission d’accompagnement destinée à restructurer une gouvernance en souffrance. En attendant la mise en application, les parties ont convenu d’un calendrier, tout en affichant un certain optimisme à l’heure de vivre la passation du drapeau aux cinq anneaux.

De gauche à droite, Christophe Dubi, Directeur Exécutif des Jeux Olympiques ; Edgar Grospiron, Président du Comité d’Organisation des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030 ; Kirsty Coventry, Présidente du Comité International Olympique ; Renaud Muselier, Président de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur ; et Fabrice Pannekoucke, Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, en marge d’une réunion de travail, samedi 21 février 2026 à Milan, Lombardie, Italie (Crédits – Renaud Muselier / Page officielle X, ex-Twitter)

Les Alpes françaises 2030 s’engagent dans une phase de sursaut.

Frappé ces dernières semaines par une crise interne de forte intensité, le Comité d’Organisation (COJO) s’est d’ailleurs donné du souffle lors d’une réunion de travail orchestrée ce samedi 21 février 2026 en présence de la Présidente du Comité International Olympique (CIO), Kirsty Coventry, et du Directeur Exécutif des Jeux Olympiques au sein de l’institution olympique, Christophe Dubi.

L’occasion d’amorcer une nouvelle étape des préparatifs d’organisation des Jeux, alors que la transmission de flambeau qui va s’opérer ce dimanche 22 février à l’issue de la Cérémonie de clôture des JO 2026 de laquelle repartiront les deux Présidents de Région – Fabrice Pannekoucke pour Auvergne-Rhône-Alpes et Renaud Muselier pour Provence-Alpes-Côte-d’Azur – drapés du drapeau olympique.

L’entrée dans cette nouvelle étape-clé s’est même matérialisée en début de matinée au cous d’une réunion du Bureau Exécutif convoquée en urgence à l’aune des derniers développements internes, et notamment du débarquement annoncé de Cyril Linette de ses fonctions de Directeur Général.

Lors dudit Bureau, les parties au projet ont ainsi examiné les recommandations formulées dans le cadre de la mission d’accompagnement récemment confiée à Étienne Thobois, ancien numéro deux du COJO de Paris 2024.

Si les tenants et les aboutissants desdites recommandations n’ont pour l’heure pas été dévoilés par le Président du COJO, Edgar Grospiron, pas plus que par la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, présente en Italie pour assister à la clôture des Jeux, l’ambiance générale semble être à la concentration pour réussir le passage de témoin avec Milan-Cortina 2026 et aborder les prochaines séquences-clés avec pragmatisme et méthode.

Ainsi que l’a notamment indiqué la Ministre à l’issue du Bureau Exécutif :

Nous avons pris connaissance des recommandations de la mission Thobois, mission qui vise à revoir l’organigramme et l’organisation du COJO.

Des bonnes choses nous ont été présentées et sont encourageantes pour l’avenir. Cela nous permet de nous projeter vers une organisation qui sera beaucoup plus efficace si nous décidons d’acter les choses.

Marina Ferrari a en outre profité de la séquence milanaise pour préciser qu’une mission d’inspection avait été diligentée par le gouvernement français pour venir en appui du COJO et en complément de la mission confiée à Étienne Thobois.

Une façon de réaffirmer le retour de l’État sur le devant des préparatifs et une vigilance accrue pour contribuer au nécessaire sursaut et bâtir un projet sur des bases assainies au moment où s’ouvre pour la France une nouvelle étape capitale vers la livraison des JO 2030.

Edgar Grospiron, Président du Comité d’Organisation des Alpes françaises 2030 à la tribune de la 145ème Session du CIO, mardi 03 février 2026 à Milan, Lombardie, Italie (Crédits – IOC / Quinton Meyer)

Pour sa part, Edgar Grospiron – qui fait l’objet de vives critiques quant à sa manière d’aborder la Présidence du COJO et pour qui la question se pose du maintien à la tête de l’instance organisatrice – compte bien aller de l’avant lui-aussi.

Comme l’a notamment affirmé le Champion Olympique de bosses aux Jeux d’Albertville 1992 :

On a toujours dit qu’au point de passage des Jeux de Milan-Cortina 2026 nous devions avoir une organisation solide, capable ensuite – puisque c’est à nous que reviendra la lumière de la prochaine organisation des Jeux – d’être au rendez-vous des attentes et des exigences des Fédérations Internationales, du CIO évidemment, des Comités Nationaux Olympiques. […]

Il y avait plusieurs choses dans cette mission. Il y avait la manière dont on allait se répartir dans les clusters avec les profils et les Directions de clusters, mais également la question des réunions qui vont devoir être mises en place en interne, en central, pour créer plus d’interactions entre les différentes Directions, et puis sur les sites, comment créer plus d’interactions avec les différentes parties prenantes, puisque vous avez toutes les autorités locales qui vont devoir être complètement investies et mobilisées dans l’organisation des Jeux.

[L’idée est de] mettre tout le monde dans la même dynamique et de créer les rythmes nécessaires, sachant que dans chaque cluster, chaque pôle, il doit y avoir une approche individualisée parce que les expertises locales ne sont pas les mêmes dans le Briançonnais ou en Savoie par exemple. On doit donc avoir une approche individualisée pour une organisation la plus efficace et la plus performante possible.

En engageant une telle restructuration interne, les Directions des quatre clusters départementaux – Savoie, Haute-Savoie, Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes – se retrouveraient renforcées, alors que les prérogatives dévolues à ces dernières n’étaient pas clairement établies jusqu’à présent.

De surcroît, ce renforcement attendu survient tandis que s’achèvent les Jeux de Milan-Cortina 2026 considérés à juste titre comme les premiers Jeux « disséminés » de l’histoire, au sens où ils se sont étalés sur un périmètre géographique inédit, périmètre qui renvoie directement à la physionomie du concept tricolore.

Les acteurs du dossier français en ont mesuré la portée – et le défi – dans le cadre de la participation au Programme des Observateurs du CIO auquel ont pris part environ quarante personnes issues du COJO et des institutions territoriales partenaires des JO 2030.

La Ministre des Sports a d’ailleurs insisté sur la dimension territoriale des Jeux de Milan-Cortina 2026 et le parallèle avec ceux des Alpes françaises 2030.

Ainsi que l’a exprimé Marina Ferrari qui a pu visiter plusieurs sites et infrastructures lors de ces déplacements en Italie, dans la foulée de la Cérémonie d’ouverture et en amont de la soirée de clôture :

On a déjà un premier retour d’expérience sur ce qu’il s’est passé aujourd’hui avec Milan.

Cela nous permet de projeter une organisation qui est peut-être mieux adaptée aux enjeux que nous avons aussi, puisque nous avons donc quatre pôles et que nous devons dès lors être très agiles.

On se projette sur quelque chose d’extrêmement opérationnel, une maille plus fine que ce que nous avions imaginé, car nous avons ce retour d’expérience qui nous permet aussi de réajuster les choses pour être le plus efficace possible.

Sous la vasque des Jeux d’Albertville 1992, visite de la Commission de Coordination du CIO pour les Jeux d’hiver 2030 dans les Alpes françaises en décembre 2025 (Crédits – Grégory Picout / Alpes françaises 2030)

Désormais, les Alpes françaises 2030 vont suivre une feuille de route parfaitement définie durant les prochaines semaines.

Une feuille de route qui doit à la fois assurer la remise à niveau de la gouvernance et l’enclenchement de nouveaux marqueurs dans les préparatifs d’accueil des Jeux.

De fait, après la réunion de ce dimanche du Bureau Exécutif, une nouvelle convocation a d’ores et déjà été programmée pour le 19 mars 2026. A cette date, les membres dudit Bureau devront arrêter les modalités de restructuration suivant tout ou partie des recommandations exposées ce jour.

Entre temps, le drapeau olympique sera de retour dans l’Hexagone à compter de ce lundi 23 février.

Une journée au cours de laquelle la Halle Olympique d’Albertville et le mât olympique adjacent seront le théâtre de la célébration des athlètes tricolores ayant composé la délégation olympique sur les Jeux de Milan-Cortina 2026, et d’une séquence de projection en direction des Alpes françaises 2030.

Deux jours plus tard, soit le mercredi 25 février, Edgar Grospiron sera auditionné – tout comme Pierre-Antoine Molina, Délégué Interministériel aux Jeux Olympiques et Paralympiques (DIJOP) – devant la Commission sénatoriale en charge de la Culture, de l’Éducation, de la Communication et du Sport.

Par la suite, après l’arrivée du drapeau paralympique programmé pour le 16 mars à Chamrousse (Isère), un Conseil d’administration se tiendra le 30 mars prochain, avant un nouveau Bureau Exécutif annoncé pour le 20 avril 2026.

Ces deux séquences institutionnelles devraient permettre d’entériner des chantiers majeurs des Jeux.

Visuel de présentation du spectacle son et lumière dans le cadre de la soirée « Le Grand Retour » autour du mât olympique d’Albertville, Savoie, Auvergne-Rhône-Alpes (Crédits – CNOSF)

Le remplacement de Cyril Linette du poste de Directeur Général devrait ainsi intervenir après le départ effectif de ce dernier et l’établissement d’une phase de recrutement.

Pour l’heure, les parties au projet se contentent de dire qu’une coprésidence – sur le modèle d’Albertville 1992 – n’est pas à l’ordre du jour, pas plus que la nomination d’un Directeur Général aux prérogatives exorbitantes. Nul doute que les semaines qui viennent réserveront leurs lots de rumeurs et autres suppositions quant à l’identité du futur numéro deux du COJO.

Au-delà de cet aspect strictement lié à la gouvernance des Jeux, la sanctuarisation de la carte des sites est attendue pour le mois d’avril 2026, alors qu’un schéma préférentiel a été adopté à l’été 2025 et que Val d’Isère (Savoie) a depuis acté son retour dans le dispositif au détriment de Méribel qui avait pris la décision de quitter la piste l’an passé.

Au-delà des sites hexagonaux, il s’agira aussi de veiller à l’adoption du cadre dévolu aux épreuves du patinage de vitesse, sachant que deux options se présentent aux organisateurs depuis déjà la phase de candidature, à savoir une localisation à Turin (Italie) ou à Heerenveen (Pays-Bas). Si le choix devait intervenir à l’automne 2025, les déboires internes ont eu des répercussions indéniables sur les orientations à définir.

La présentation des emblèmes des Jeux de 2030 doit également avoir lieu au cours du printemps pour marquer un nouveau départ et ce, quelques mois après le dévoilement d’une identité visuelle provisoire par l’Utah 2034 dont les préparatifs sont à un stade avancé avec pourtant une marge calendaire bien plus conséquente que celle octroyée aux Alpes françaises 2030. L’Utah 2034 avec qui les responsables des Alpes françaises 2030 ont d’ailleurs signé un accord de coopération en marge de l’ouverture des Jeux de Milan-Cortina 2026.

La question du marketing, avec la venue espérée de premiers sponsors, sera en outre sur la table des discussions entre les différentes parties au projet au cours des semaines à venir, la stabilisation de la gouvernance interne devant être un motif de confiance pour les futurs partenaires des Jeux de 2030.


En savoir plus sur Sport & Société

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire