JO 2024 : La réélection du Maire de Los Angeles saluée par la candidature américaine

Ce mardi 07 mars, les citoyens de Los Angeles (Californie) étaient appelés aux urnes pour élire leur nouveau Maire. Sans surprise, le Premier Magistrat sortant a été réélu de manière très confortable.

En effet, selon un décompte portant sur 58% des bulletins dépouillés, Eric Garcetti (Parti Démocrate) récolte plus de 80% des voix. Un score exceptionnel – bien que la participation soit faible – au regard du nombre de candidats alignés sur la ligne de départ ; 11 prétendants outre le Maire sortant.

(Crédits – Eric Garcetti / Page Twitter)

Cette réélection massive pour un second mandat conforte en tous cas l’élu Démocrate dans sa volonté de placer Los Angeles comme l’une des premières métropoles mondiales. Surtout, elle devrait le conforter dans son opposition à la politique menée par le Président des États-Unis, Donald Trump.

Potentiel candidat au poste de Gouverneur du puissant État de Californie en 2018, Eric Garcetti pourrait aussi – le cas échéant – se porter candidat à l’investiture du Parti Démocrate pour la Présidentielle de 2020.

Son nom est régulièrement cité comme candidat possible, mais la route est encore longue cependant, Eric Garcetti n’ayant pas une stature nationale et n’étant pas particulièrement connu au-delà des frontières de Los Angeles et de la Californie du Sud.

Aujourd’hui, en plus de son opposition à Donald Trump, c’est surtout en qualité de soutien à la candidature olympique et paralympique de Los Angeles 2024 que le Maire de la « Cité des Anges » s’affirme comme une personnalité émergente.

Casey Wasserman, Président de Los Angeles 2024 (à gauche) et Eric Garcetti (à droite) autour du Président du CIO, Thomas Bach en marge des Jeux de Rio 2016 (Crédits – LA 2024 / Getty Images)

D’ailleurs, le Comité de Candidature n’a pas tardé à réagir à la réélection du Maire.

Par l’intermédiaire de son Président, Casey Wasserman, et du leader du Comité Olympique des États-Unis (USOC), Larry Probst, Los Angeles 2024 a ainsi adressé ses félicitations à Eric Garcetti.

« Depuis le premier jour, le Maire est le principal partisan de Los Angeles 2024, et sa vision et son enthousiasme pour ce projet constitueront un formidable atout pour nous au cours des six derniers mois de campagne.

Comme tout le monde parmi les partisans de Los Angeles 2024, Eric Garcetti reconnaît que nos plans s’alignent parfaitement sur la trajectoire ascendante et irrésistible que prend Los Angeles : à mesure que l’Hôtel de Ville contribue à l’amélioration de la vie des habitants de Los Angeles, la Cité des Anges devient plus prête que jamais à accueillir des Jeux d’été 2024 durables, à faible risque et à haut niveau technologique » a notamment affirmé Casey Wasserman, par ailleurs soutien financier du Parti Démocrate à l’échelle locale et nationale.

Grâce à cette réélection, le Comité de Candidature réaffirme la stabilité politique qui se présente à Los Angeles pour les années à venir.

Un argument important pour le Comité International Olympique (CIO), l’institution étant soucieuse de s’assurer d’avoir un partenaire fiable dans le cadre des préparatifs organisationnels qui s’échelonnent sur sept années avant l’ouverture des Jeux.

Si Los Angeles a parfaitement conscience de cet élément, sa rivale Paris entend aussi miser sur l’adhésion de la classe politique.

Sur ce point précis de l’engagement politique et par conséquent institutionnel, Larry Probst a tenu à placer Eric Garcetti comme le meilleur interlocuteur possible pour l’institution de Lausanne (Suisse).

« Dès son premier jour de mandat, Eric Garcetti m’a écrit pour exprimer l’intérêt de Los Angeles pour accueillir les Jeux et depuis ce moment-là, sa passion pour les Jeux n’a cessé d’augmenter.

Il a été le partenaire idéal pour le Comité Olympique Américain tout au long du processus de candidature et si Los Angeles est élue Ville Hôte des JO 2024, je ne doute pas qu’il sera le partenaire idéal pour le CIO pendant les années d’accompagnement du Comité d’Organisation » a ainsi déclaré celui qui occupe aussi les fonctions de membre du CIO pour les États-Unis.

Hôtel de Ville de Los Angeles (Crédits – Ville de Los Angeles)

Si son prédécesseur à l’Hôtel de Ville avait lui-aussi montré un intérêt important pour une potentielle candidature aux Jeux dès le début de l’année 2013, Eric Garcetti a par la suite concrétisé cette ambition de revivre l’expérience olympique après l’accueil des JO 1932 et 1984.

Son rôle à l’été 2015 a d’ailleurs été déterminant au moment où la ville de Boston (Massachusetts) fut prise dans la tourmente avant de finalement renoncer à porter la candidature américaine. Eric Garcetti martela alors le message de Los Angeles comme étant une ville de secours pour l’USOC certes, mais avant toute chose, une ville sans risque pour le Mouvement Olympique.

Avec un plan structuré et aux contours financiers relativement modestes, le Maire de Los Angeles avait réussi à convaincre l’USOC de repêcher la ville et de faire de cette dernière, la candidate américaine à l’organisation des JO 2024.

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JO 2024 : Le Maire de Los Angeles reste déterminé et combattif à l’égard de la politique migratoire de Donald Trump

A la fin du mois de janvier, le Maire de Los Angeles était monté au créneau afin de critiquer les fondements du Décret du Président Donald Trump relatif à la politique migratoire des États-Unis.

Moins de deux mois plus tard, Eric Garcetti se montre toujours aussi déterminé et combattif à l’égard de la politique conduite par le successeur de Barack Obama à la Maison Blanche.

Ainsi, malgré l’intervention de la justice et l’écriture d’un nouveau Décret – qui entrera en vigueur à compter du 16 mars -, le Maire de Los Angeles estime que les comptes n’y sont pas et que l’effort de sécurité souhaité par Donald Trump n’est pas en adéquation avec les idéaux américains.

Dans un communiqué publié ce lundi soir, celui qui est candidat à sa propre succession pour les élections municipales qui auront lieu ce mardi, reprend certains éléments de langage qu’il avait employé en janvier dernier.

(Crédits – Eric Garcetti / Page Facebook)

« Le Décret que le Président a signé aujourd’hui vise toujours les mêmes personnes et est encore loin d’être en accord avec les valeurs de tolérance religieuse et d’égalité. Il va toujours à l’encontre de tout ce que nous pensons en tant qu’Américains et en tant que citoyens de Los Angeles. Notre ville protégera toujours la sécurité de nos familles et de nos communautés et restera une ville accueillante où des gens du monde entier pourront trouver un foyer.

Notre ville reste celle qui concentre le plus grand nombre de personnes touchées par l’action de l’Administration. Au cours des jours ayant suivi l’adoption du premier Décret du Président Trump, j’ai eu l’honneur de me joindre à deux rassemblements ; l’un auprès d’une maison de culte où les dirigeants religieux et les élus se sont montés solidaires avec nos frères et sœurs de la communauté musulmane ; l’autre à l’aéroport pour accueillir un ressortissant iranien qui avait attendu 12 ans pour être réuni à nouveau avec son fils mais qui a été empêché en raison de l’interdiction du Président et ce, jusqu’à ce qu’un Tribunal ordonne une remise en cause du Décret.

Cet esprit d’unité pacifique à la mosquée, et la joie d’accueillir Ali Vayeghan au Terminal de l’aéroport LAX, représentent l’Amérique que nous connaissons et que nous aimons. La fermeture des portes aux réfugiés – à un moment où des innocents dans le monde entier sont tués pour aucune autre raison que leurs croyances religieuses ou leurs affiliations politiques – n’est pas une solution.

Nous pouvons – et nous devons – travailler ensemble pour assurer la sécurité de notre pays. Et nous pouvons le faire d’une manière qui honore notre humanité partagée, qui célèbre notre diversité, et qui ne se détourne pas des idéaux qui définissent qui nous sommes » a fait savoir l’élu Démocrate de Los Angeles.

Avec cette nouvelle déclaration, Eric Garcetti se positionne une fois encore comme un farouche opposant à Donald Trump, n’hésitant pas à ériger Los Angeles comme un bastion – un refuge même – de la défense des valeurs américaines.

Cette stratégie n’est pas anecdotique et pourrait encore se renforcer dans les mois à venir et ce, à mesure que le Président des États-Unis mettra en œuvre son programme, en particulier en matière d’immigration et de relation avec le Mexique, limitrophe de la Californie.

De gauche à droite, Janet Evans, vice-Présidente de LA 2024 ; Eric Garcetti, Maire de Los Angeles ; Allyson Felix, Olympienne ; Angela Ruggiero, membre du CIO ; et Casey Wasserman, Président de la candidature américaine en marge de la présentation des Villes Candidates à Doha (Qatar) en novembre 2016 (Crédits – LA 2024)

A 191 jours de l’élection de la Ville Organisatrice des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024, Los Angeles semble aujourd’hui soucieuse de se démarquer plus que jamais du Président élu en novembre 2016.

Quelques jours après la victoire de Donald Trump, le Comité de Candidature de Los Angeles 2024 avait pourtant souhaité dialoguer avec le nouveau patron de la Maison Blanche et ce dernier avait même téléphoné au Président du Comité International Olympique (CIO) pour lui assurer de son soutien et de son appui à l’égard de la candidature américaine.

Mais les intentions et actions louables de cette période s’étaient constituées avant la mise en application des premières mesures polémiques de l’Administration Trump. Aujourd’hui, la situation est donc bouleversée et Los Angeles tente – via les autorités municipales – de s’affranchir de la ligne politique défendue par le Président Républicain.

Une façon de rassurer les membres électeurs du CIO et avant ces derniers, les membres de la Commission d’évaluation qui inspecteront – du 23 au 25 avril – les sites californiens proposés pour abriter les Jeux d’été de 2024.

A ce moment-là, les responsables politiques locaux et les dirigeants de LA 2024 devraient avoir à cœur de rappeler les engagements de la candidature vis-à-vis du Mouvement Olympique et de l’élaboration d’un projet largement financé au-delà des deniers fédéraux.

En effet, hormis sur le plan de la sécurité, l’État Fédéral n’est pas référencé de manière explicite dans les garanties financières fournies par la candidature au CIO.

Los Angeles 2024 entend en effet – suivant en ce sens la tradition des candidatures olympiques américaines – s’appuyer sur des investissements privés et, le cas échéant, sur une participation de secours de l’État de Californie et de la Ville de Los Angeles.

Là encore, une manière de tenir au loin la sphère politique nationale et les aléas que celle-ci peut parfois comporter.

JO 2024 : Los Angeles propose une nouvelle mise à jour de son concept

Les Villes Candidates ont remis ce vendredi 03 février 2017 l’ultime volet technique de leur dossier de candidature respectif.

Du côté de Los Angeles (États-Unis), l’actualisation du projet semble se poursuivre.

Quelques mois après sa sélection comme Ville Candidate par le Comité Olympique des États-Unis (USOC), Los Angeles avait apporté une première modification à ses plans initiaux, en écartant la possibilité de construire un Village pour les athlètes, préférant alors miser sur la mobilisation du campus de l’Université de Californie (UCLA).

Carte du dispositif olympique (Crédits - LA 2024)

Carte du dispositif olympique (Crédits – LA 2024)

D’autres changements sont ensuite intervenus, avec la délocalisation de certains sports à Anaheim et surtout Long Beach, au Sud de Los Angeles. Puis récemment, la candidature américaine a annoncé son choix d’organiser les Cérémonies d’ouverture et de clôture au sein de deux enceintes, à savoir le mythique Memorial Coliseum et le futur Stade d’Inglewood en proche périphérie de Los Angeles.

Mais la candidature a aussi révélé ses choix quant à l’implantation de trois sports et ce, alors même que les Villes Candidates devaient formuler l’ensemble des positionnements dans le cadre du second volet du dossier de candidature, livré le 07 octobre 2016.

De fait, Los Angeles 2024 propose à présent la tenue du VTT, du Pentathlon moderne et du tir-à-l’arc sur des sites comme le Frank G. Bonelli Park, le StubHub Stadium et Hollywood Park.

Après ces multiples ajustements techniques et logistiques, Los Angeles 2024 a désormais fait l’annonce d’un autre changement pour les épreuves de canoë-kayak cette fois-ci.

Dans le cadre du troisième volet technique du dossier de candidature, LA 2024 indique ainsi l’aménagement d’un Village supplémentaire sur le campus de l’Université de Californie-Riverside, à une vingtaine de minutes du Lac Perris.

(Crédits - LA 2024)

(Crédits – LA 2024)

Plus anecdotique mais non moins important dans la planification du concept olympique et paralympique, les dates d’organisation proposées ont également été modifiées.

Si les Jeux Olympiques sont toujours prévus entre le 19 juillet le 04 août 2024, les Jeux Paralympiques seront quant à eux avancés dans le temps.

Initialement, LA 2024 proposait la tenue de ces derniers entre le 21 août et le 1er septembre 2024. Finalement, la candidature propose d’organiser l’événement entre le 16 et le 29 août 2024.

Visuel du Stade Olympique d'Inglewood (au premier plan) et du LA Memorial Coliseum (Crédits - LA 2024)

Visuel du Stade Olympique d’Inglewood (au premier plan) et du LA Memorial Coliseum (Crédits – LA 2024)

Avec la fourniture du troisième volet technique de son projet, Los Angeles 2024 a souhaité préciser certains fondamentaux.

Ainsi, la « Cité des Anges » ambitionne une large participation du public, à la fois des habitants de Los Angeles, mais aussi des spectateurs. Sur ce point précis, LA 2024 prévoit la venue de 2 millions de visiteurs américains et 1,2 million de visiteurs étrangers.

Pour associer du mieux possible ce public, la candidature entend contrôler de A à Z sa communication et n’hésite d’ailleurs pas à égratigner de manière subtile les précédentes organisations des Jeux et les échéances à venir, avec la mention claire d’un paragraphe intitulé ; « L’élimination des problèmes de communication ».

Dans cet extrait, LA 2024 estime que « compte tenu des difficultés rencontrées par la couverture médiatique des récentes éditions des Jeux et de l’incertitude caractérisant la couverture des trois éditions programmées au cours des sept prochaines années, LA 2024 pense que les messages positifs qui émaneront de la préparation des Jeux à Los Angeles seront précisément ce qu’il faudra pour planifier les Jeux de l’avenir ».

Dans un autre extrait issu d’un autre paragraphe, Los Angeles 2024 précise les temps forts de sa communication.

« Après les Jeux de Tokyo 2020, le 24 de chaque mois, le Comité d’Organisation (LAOCOG) définira un échéancier d’annonces destinées à présenter des festivités et intensifier l’ardeur du public en vue de l’été de 2024 » énonce notamment ce paragraphe.

Outre le grand public, LA 2024 veut aussi associer les athlètes à l’élaboration de son projet et évidemment des préparatifs liés à l’organisation des Jeux.

De fait, comme ce fut le cas à plusieurs reprises au cours des deux dernières années, la candidature américaine mentionne la rencontre de 500 Olympiens et Paralympiens – à l’initiative en particulier de Janet Evans, vice-Présidente de LA 2024 en charge de la relation avec les sportifs – l’envoi d’un questionnaire à quelques 4 000 Olympiens et Paralympiques américains afin de cerner les besoins spécifiques des athlètes et l’instauration d’une Commission des Athlètes.

En novembre 2016, Janet Evans avait d’ailleurs évoqué son attachement à cette question singulière.

« Mon rôle est de veiller à ce que toutes nos décisions jusqu’au vote final du CIO, en septembre 2017, bénéficient de l’apport des Olympiens et des Paralympiens » avait-elle affirmé dans une interview exclusive accordée à « Sport & Société ».

Sans surprise, la qualité de l’hébergement, de l’environnement, des transports sont au cœur des préoccupations des sportifs, ce à quoi Los Angeles 2024 répond par la mobilisation du campus de UCLA et la modernisation d’une partie de la flotte des transports en commun, avec par exemple l’extension du réseau ferré de 30 kilomètres avec par ailleurs 18 nouvelles stations.

La thématique des transports est un point crucial pour toute Ville Candidate, mais Los Angeles entend inciter à un maximum de déplacements collectifs, là où nombre d’Américains se déplacent en voiture individuelle.

Un challenge important mais qui se confronte aussi à la réalité, avec la récente congestion du métro à l’occasion de la « Women’s March », courant janvier 2017.

Visuel du campus de l'Université de Californie à Los Angeles remanié en Village des Athlètes le temps des Jeux (Crédits - LA 2024)

Visuel du campus de l’Université de Californie à Los Angeles remanié en Village des Athlètes le temps des Jeux (Crédits – LA 2024)

Éléments-clés de l’Agenda 2020 du Mouvement Olympique, les critères liés à la durabilité et à l’héritage occupent une place importante du troisième volet du dossier de candidature.

Concernant LA 2024, le projet fait la mention qu’il s’agit d’un concept « utilisant uniquement des sites existants ou provisoires, [et qui] a pris l’engagement de livrer des Jeux à faibles déchets, à faibles émissions de carbone, à utilisation judicieuse de l’eau et à forte inclusion, tant sociale qu’économique ».

Pour justifier son positionnement ambitieux, la candidature précise les diverses réglementations mises en place par les autorités locales et de Californie :

« Les réglementations et politiques intraitables en matière d’environnement adoptées par Los Angeles et la Californie placent la ville et l’État à la pointe de la lute contre le changement climatique.

En 2015, la Californie a adopté le projet de loi 32 du Sénat qui exige, pour 2030, une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990 et le projet Sustainable City Plan de Los Angeles vise à atteindre, pour 2030 également, une réduction de 45% par rapport à 1990.

En outre, le projet de loi 350 du Sénat exige des sociétés d’électricité que 50% de leur énergie proviennent de sources renouvelables d’ici à 2030.

Los Angeles vise également à réduire ses importations d’eau de 50% d’ici à 2025 et la ville est la première des États-Unis à s’engager à recycler 90% de ses déchets d’ici à 2025″.

Les engagements de LA 2024 ne sont pas négligeables, d’autant plus lorsque l’on sait les difficultés rencontrées par l’État de Californie chaque année, à la fois en termes de sécheresse et d’approvisionnement en eau.

La mise en place de réservoirs est ainsi régulièrement valorisée pour démontrer le plein investissement des autorités.

Vue de Los Angeles (Crédits - Eric Garcetti / Page Facebook)

Vue de Los Angeles (Crédits – Eric Garcetti / Page Facebook)

Sur le plan de l’hébergement, Los Angeles 2024 détaille ses plans pour les spectateurs, les médias et la Famille Olympique.

Pour le premier public, la candidature annonce sans surprise la mobilisation d’un quota de chambres d’hôtels supérieur à l’exigence du Comité International Olympique (CIO). Ce dernier demande en effet aux Villes Candidates de garantir 41 000 chambres. Los Angeles en prévoit 50 000 dans un rayon de 20 kilomètres autour du centre-ville ; si l’on évoque la capacité à 50 kilomètres, le nombre de chambres disponibles est ici de 125 000. A ce dispositif, LA 2024 promet 9 500 chambres supplémentaires au cours des prochaines années, sans oublier aussi les autres capacités d’accueil comme le dispositif existant de AirBNB.

Pour le second public, quelques 13 800 chambres ont été réservées pour les journalistes et médias qui viendront à Los Angeles, en plus des 3 200 lits qui seront disponibles au sein du Village des Médias sur le campus de l’Université de Californie du Sud (USC).

Pour le troisième public enfin, Los Angeles a d’ores et déjà prévu l’hôtel JW Marriott et le Ritz Carlton pour héberger les membres de la Famille Olympique, notamment les membres du CIO.

Visuel du Memorial Coliseum repensé pour les Jeux Olympiques (Crédits - LA 2024)

Visuel du Memorial Coliseum repensé pour les Jeux Olympiques (Crédits – LA 2024)

En ce qui concerne le financement des Jeux, LA 2024 a d’ores et déjà annoncé la constitution – inédite – d’un seul et unique budget et ce, alors que le CIO demande traditionnellement l’élaboration de deux budgets distincts, à savoir le budget d’organisation (COJO) et le budget non-COJO.

Dans le cas de la candidature américaine, les dépenses sont aujourd’hui chiffrées à 5,325 milliards de dollars (4,96 milliards d’euros), dont 175,6 millions (163,6 millions d’euros) pour les transports, 37,9 millions (35,3 millions d’euros) pour les opérations liées aux Villages, mais encore 195,2 millions pour les Cérémonies (181,88 millions d’euros).

La majeure partie des investissements nécessaires est bien sûr confiée aux sites avec plus de 1,190 milliard de dollars consacrés (1,108 milliard d’euros).

Mais si le budget global fait mention de plusieurs secteurs, la sécurité n’est en revanche pas budgétée et ce, compte tenu de la prise en charge de cet élément au niveau fédéral. La candidature fait ainsi le commentaire de « manifestations nationales à sécurité particulière » en lieu et place d’une estimation chiffrée.

Pour compenser les dépenses exigées par la tenue des Jeux, Los Angeles compte bien sûr sur la participation du CIO au travers de la contribution et des droits TV, mais la candidature envisage aussi un plan marketing d’importance.

En cumulant les trois niveaux de partenariats, LA 2024 prévoit ainsi des recettes de l’ordre de 1,760 milliard de dollars (1,639 milliard d’euros).

Une estimation correcte si l’on regarde le programme mis en œuvre à Londres 2012 (plus de 1 milliard de dollars) et actuellement en cours pour Tokyo 2020, avec plus de 3 milliards de dollars d’ores et déjà engrangés.

La billetterie des Jeux occuperait également une place importante pour la collecte de recettes (1,3 milliard de dollars soit 1,21 milliard d’euros).

Mais sur ce point, Los Angeles pourrait bien être une édition olympique aux coûts élevés, avec malgré tout l’ambition de parvenir à un taux de remplissage de 97%.

Ainsi, les tarifs proposés par la candidature américaine établissent une moyenne de 140,7 dollars par billet (131,1 euros) – 13,12 dollars (12,22 euros) pour le golf en phase préliminaire -, avec un pic moyen à 1 783 dollars (1 661 euros) pour la Cérémonie d’ouverture des Jeux.

Comme le mentionne aujourd’hui le « Los Angeles Times », « cela placerait les Jeux dans la lignée des récents Super Bowl ou des finales de la NBA ».

(Crédits - Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

(Crédits – Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

Dans l’ensemble du troisième et donc dernier volet du dossier technique, aucune référence n’est faite à Donald Trump et à la politique américaine dans sa globalité.

Il n’en demeure pas moins que les récentes décisions du Président des États-Unis pourraient impacter la perception de la candidature aux JO 2024 à travers le monde, et plus particulièrement auprès des membres du CIO.

La visite prochaine de la Commission d’évaluation – qui compte en ses rangs des membres issus de pays musulmans certes non-mentionnés dans la liste du Décret Trump – sera particulièrement scrutée.

Si le langage diplomatico-olympique de la Commission olympique sera comme toujours de mise, l’attitude des autorités locales et surtout fédérales pourrait donner une tendance pour les mois à venir.

JO 2024 : Face à la politique migratoire de Donald Trump, l’USOC se veut rassurant

La réaction était attendue. Elle est intervenue ce lundi soir.

Par l’intermédiaire de son Président – par ailleurs membre du Comité International Olympique (CIO), Larry Probst, et de son Directeur Général, Scott Blackmun, le Comité Olympique des États-Unis (USOC) a publié une déclaration officielle dans laquelle il évoque le Décret de Donald Trump relatif à l’immigration.

Sujet à polémiques et à manifestations aux quatre coins des États-Unis – notamment à Los Angeles (Californie) – ce Décret prive temporairement l’entrée sur le sol américain des ressortissants de sept pays.

(Crédits - USOC)

(Crédits – USOC)

« Nous avons reçu un certain nombre de demandes de renseignements au sujet du Décret émis par le Président Trump vendredi. Comme les États-Unis, le Mouvement Olympique a été fondé sur des principes de diversité, d’inclusion, d’opportunité et de dépassement de l’adversité.

En qualité de représentant du Mouvement Olympique aux États-Unis, nous adoptions ces valeurs.

Nous reconnaissons également la tâche difficile qui consiste à assurer la sécurité d’une Nation. Nous espérons sincèrement que l’ordre exécutif mis en œuvre récemment reconnaîtra de façon appropriée les valeurs sur lesquelles notre Nation et le Mouvement Olympique ont été fondés.

Nous avons spécifiquement été interrogés sur l’impact que le Décret présidentiel pourrait avoir sur les athlètes et les officiels venant aux États-Unis pour participer et assister à des compétitions.

Reconnaissant le pouvoir extraordinaire du sport pour rassembler les gens dans une célébration pacifique de l’amitié, de l’excellence et du respect, le Gouvernement Fédéral nous a informés aujourd’hui qu’il travaillera avec nous pour que les athlètes et les officiels de tous les pays puissent accéder aux États-Unis afin de se rendre à des compétitions internationales » ont ainsi affirmé et précisé les deux responsables sportifs américains.

Par cette déclaration, ces derniers souhaitent au plus tôt éteindre les polémiques naissantes autour des Décrets présidentiels de Donald Trump – tout en restant dans un discours convenu – et ce, alors que Los Angeles ambitionne de devenir Ville Hôte des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024 et que les États-Unis sont en passe d’accueillir des événements sportifs majeurs, comme les Mondiaux d’athlétisme à Eugène (Oregon) en 2021.

Quoiqu’il en soit, les prochaines semaines seront déterminantes pour la candidature olympique et paralympique, d’autant plus si le Maire de Los Angeles confirme son positionnement parmi les leaders politiques de la fronde au Président Trump.

Au-delà de son soutien à la candidature de LA 2024, Eric Garcetti n’oublie pas les fondements politiques qui sont les siens, lui qui est actuellement candidat à sa propre succession, et qui pourrait éventuellement être intéressé par le poste de Gouverneur de Californie en 2018, avant peut-être, de se lancer dans la course à l’investiture du Parti Démocrate pour la Présidentielle de 2020.

Autant d’échéances certaines ou potentielles qui jalonneront les mois à venir dans la « Cité des Anges ».

Plus que jamais, la candidature de Los Angeles 2024 se retrouve au cœur de considérations politiques, qu’elle n’avait sans doute pas imaginé il y a encore six mois.

Les principales figures de la candidature – Eric Garcetti et Casey Wasserman, son Président – sont en effet des proches de la candidate Démocrate battue par Donald Trump lors de l’élection présidentielle 2016, Hillary Clinton.

Les deux hommes forts de la candidature de LA 2024 auraient dès lors souhaité travailler avec l’ex-First Lady plutôt qu’avec le détonnant – et déroutant – leader Républicain.

JO 2024 : Los Angeles face aux décisions controversées de Donald Trump

Quelques semaines après son investiture, le Président Donald Trump n’en finit pas de faire parler de lui.

Comme il s’y était engagé durant la campagne présidentielle américaine, le leader Républicain a acté des mesures polémiques liées au Mexique et à l’immigration.

(Crédits - Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

(Crédits – Donald Trump / Compte Twitter de la Présidence des États-Unis)

Ainsi, Donald Trump a notamment signé un Décret pour officialiser la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, mur que le Président souhaite voir financer – a postériori – par les autorités de Mexico. Toutefois, ces dernières ont d’ores et déjà écarté cette possibilité, le Président Enrique Pena Nieto annulant au passage une visite à Washington (District of Columbia).

Mais le Président Trump a aussi engagé un autre Décret – aux multiples impacts – concernant l’immigration, en interdisant temporairement ou jusqu’à nouvel ordre, l’arrivée sur le sol américain de ressortissants issus de sept pays : Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen.

Sans surprise, cette dernière mesure a soulevé une vague de contestation outre-Atlantique, d’autant plus dans les villes considérées comme « sanctuaires » pour les immigrés par le nouveau Président des États-Unis.

Dans le viseur de Donald Trump, Los Angeles a fait savoir qu’elle demeurerait une ville d’accueil et ce, après de multiples déclarations écrites du Maire Eric Garcetti au cours des derniers jours, et à la suite d’une conférence de presse organisée depuis l’aéroport international de la ville.

« Je me suis entretenu ce matin à l’aéroport LAX avec les membres du Congrès, Maxime Waters et Ted Lieu, les responsables des douanes et de la protection des frontières, notre police aéroportuaire et des avocats en immigration pour évoquer l’impact des ordonnances présidentielles dans notre ville.

J’ai aussi rencontré des proches de certaines personnes touchées par ces décisions, pour mieux comprendre comment la ville de Los Angeles peut aider les gens durant cette période très difficile, déroutante et douloureuse.

J’ai voulu les assurer que Los Angeles honorera une tradition américaine unique, en demeurant toujours un lieu de refuge pour les personnes de toutes les nationalités et de toutes les confessions religieuses.

L’interdiction d’accès à des personnes sur un critère religieux ou sur celui de leur pays d’origine n’est pas seulement contraire aux idéaux américains, c’est aussi une mesure dangereuse contre notre sécurité nationale.

Il existe des stratégies efficaces, rationnelles, humaines et constitutionnelles pour garantir la sécurité des Américains, et c’est ce que nous attendons du Président à l’égard du peuple américain » a notamment affirmé le Maire Démocrate de Los Angeles.

(Crédits - Eric Garcetti / Compte Twitter du Maire de Los Angeles)

(Crédits – Eric Garcetti / Compte Twitter du Maire de Los Angeles)

Les mesures prises par le Président Donald Trump ont également fait réagir au-delà des frontières américaines, et un possible impact sur la candidature olympique et paralympique de Los Angeles 2024 n’est plus à écarter.

Sans évoquer la candidature ou la perspective du vote olympique du 13 septembre prochain, Richard Peterkin, membre du Comité International Olympique (CIO) à Saint-Lucie, n’a pas hésité à pointer la politique actuelle des autorités fédérales des États-Unis.

Sur son compte Twitter, le responsable olympique a notamment indiqué que « le Décret de Donald Trump relatif à l’immigration est totalement contraire aux idéaux olympiques.

Selon lui, la responsabilité collective l’emporte sur la justice individuelle ».

Si elle n’engage que son auteur, cette déclaration illustre en tous cas l’état d’esprit qui pourrait être celui de bon nombre de membres de l’institution qui élira la Ville Hôte des Jeux d’été de 2024.

La visite prochaine de la Commission d’évaluation du CIO – du 23 au 25 avril – sera déterminante pour la candidature de Los Angeles et ce, même si Donald Trump a récemment assuré de son soutien le CIO et la candidature américaine.

Le Maire de la ville devrait être de la partie, tout comme les membres américains du CIO, Larry Probst – par ailleurs Président du Comité Olympique des États-Unis (USOC) -, Anita DeFrantz, Conseillère de LA 2024 en charge de l’héritage, sans oublier Angela Ruggiero, qui est aussi Présidente de la Commission des Athlètes de l’institution de Lausanne (Suisse).

Toutes ces personnalités – avec également les leaders de la candidature comme Casey Wasserman, Président, et Janet Evans, vice-Présidente – devront alors assurer la Commission d’évaluation de la qualité du projet olympique et paralympique, tout en essayant d’atténuer l’image d’ores et déjà désastreuse des mesures présidentielles sur la scène internationale.

Un exercice difficile mais sans doute nécessaire pour éviter à la candidature d’être plombée dans les mois à venir par les décisions controversées de Donald Trump.

En novembre 2016, Janet Evans s’était d’ailleurs voulue rassurante avant même la prise de fonction du Président.

« Nous sommes fortement convaincus que les Jeux Olympiques et LA 2024 transcendent la politique et peuvent contribuer à rassembler nos communautés et le monde entier.

Nous sommes impatients de coopérer étroitement avec le Président élu, Donald Trump, et avec l’ensemble du Gouvernement Fédéral, afin de livrer des ‘Jeux nouveaux pour une ère nouvelle’ qui serviront et motiveront l’ensemble du Mouvement Olympique en 2024″ avait déclaré l’ancienne Championne Olympique de natation dans le cadre d’une interview exclusive pour « Sport & Société ».

JO 2024 : Le métro de Los Angeles à rude épreuve face au succès de la « Women’s March »

Ce samedi, les organisateurs de la « Women’s March » ont souhaité mobiliser massivement la population américaine autour des problématiques liées aux droits des femmes, mais au lendemain de l’investiture de Donald Trump en qualité de 45ème Président des États-Unis, la journée a pris une toute autre tournure.

L’opposition à Donald Trump et à ses propos polémiques durant la campagne présidentielle a en effet été au cœur des manifestations organisées aux quatre coins du pays, ainsi que dans diverses villes à travers le monde.

(Crédits - Eric Garcetti / Page Facebook)

(Crédits – Maire de Los Angeles, Eric Garcetti / Page Facebook)

Aux États-Unis, plusieurs millions de personnes sont ainsi descendues dans les rues dans grandes métropoles, à l’instar de Los Angeles (Californie).

La ville – largement acquise au Parti Démocrate – a connu une mobilisation exceptionnelle à en croire les chiffres communiqués par les organisateurs et par les forces de l’ordre.

Selon les manifestants, plus de 750 000 personnes avaient répondu à l’appel de la « Women’s March », tandis que le décompte estimé par le Los Angeles Police Department (LAPD) faisait état d’au moins 500 000 manifestants.

Dans les deux cas, cette mobilisation massive constitue un record pour la « Cité des Anges » et une journée historique depuis la manifestation en faveur des immigrés organisée en 2006.

Plusieurs personnalités du show business avaient fait le déplacement pour participer à la « Women’s March » de Los Angeles, parmi lesquelles Miley Cyrus, Barbra Streisand ou encore Natalie Portman.

Dans les mois à venir, la politique de Donald Trump pourrait à nouveau mobiliser leaders politiques, stars de Hollywood et citoyens américains. Le Maire de Los Angeles, Eric Garcetti, pourrait notamment monter au créneau sur la question migratoire, et s’imposer ainsi comme l’une des figures d’opposition au nouveau Président des États-Unis.

(Crédits - Maire de Los Angeles, Eric Garcetti / Page Facebook)

(Crédits – Maire de Los Angeles, Eric Garcetti / Page Facebook)

Au regard de la mobilisation, les lignes du métro de Los Angeles ont été particulièrement sollicitées hier, notamment l’Expo Line qui relie le quartier de Santa Monica au centre-ville et dont le tracé sera l’un des axes majeurs pour l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2024 dans le cas où Los Angeles viendrait à être élue Ville Hôte.

L’affluence dans les transports en commun a d’ailleurs entraîné la diffusion de messages d’information sur les réseaux sociaux.

Pour des raisons de sécurité, le compte Twitter de MetroLink – qui gère le réseau en Californie du Sud – a ainsi invité les passagers et manifestants à utiliser d’autres moyens de transports pour se rendre dans le centre de Los Angeles et ce, au moment où plusieurs lignes venaient d’atteindre leur capacité maximale.

La démonstration de force opérée ce samedi illustre en tous cas les préoccupations liées à la thématique des transports en vue de l’organisation des JO 2024.

Pour rassurer la population et donner des gages de sécurité au Comité International Olympique (CIO), les autorités locales comptent s’appuyer sur deux plans colossaux – de 88 et de plus de 120 milliards de dollars (82,2 et 112,1 milliards d’euros) – pour mettre à niveau et moderniser un réseau parfois congestionné.

Ce double plan – qui doit s’échelonner d’ici 2024 et au-delà – intervient en parallèle du programme de rénovation de l’aéroport international de Los Angeles (LAX) pour un coût de 14 milliards de dollars (13,08 milliards d’euros).

JO 2024 : Avant son départ officiel de la Maison Blanche, Barack Obama reçoit l’hommage du Maire de Los Angeles

Au moment où Donald Trump s’apprête à investir les bureaux de la Maison Blanche à Washington (District of Columbia), le Président sortant Barack Obama a d’ores et déjà fait ses adieux à ses collaborateurs ainsi qu’au peuple américain après l’exercice de deux mandats à la tête des États-Unis.

Au cours des huit dernières années, Barack Obama a dû affronter diverses défis intérieurs et de crises extérieures – dont nombre de journalistes font aujourd’hui la rétrospective – mais il a aussi assisté à la conduite de deux candidatures américaines à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été.

Sur sa page Twitter, Eric Garcetti a mentionné : "Merci M. Le Président" avec la photographie ci-dessus (Crédits - Eric Garcetti / Page Twitter)

Sur le réseau social Twitter, Eric Garcetti a mentionné : « Merci M. Le Président » avec la photographie ci-dessus (Crédits – Eric Garcetti / Page Twitter)

Si le projet de Chicago 2016 demeure comme un fiasco à la fois diplomatique et politique pour l’ancien Sénateur de l’Illinois, la candidature de Los Angeles 2024 semble être dans une posture autrement plus favorable.

Surtout, il semble désormais acquis que l’équipe du nouveau Président travaillera en bonne intelligence avec celle qui dirige aujourd’hui les ambitions de la « Cité des Anges ». Une condition nécessaire à la poursuite du dossier californien avant l’appréciation de celui-ci par les membres du Comité International Olympique (CIO), d’ici le 13 septembre 2017.

Le Maire de Los Angeles, Eric Garcetti – par ailleurs candidat à un nouveau mandat municipal – a en tous cas salué la présidence démocrate qui s’achève, en rendant un hommage appuyé à Barack Obama, et en se remémorant les deux campagnes présidentielles de ce dernier.

Ainsi, dans un communiqué diffusé cette nuit, Eric Garcetti rappelle que Barack Obama a été « une inspiration en tant que candidat et Président pour toute une génération de jeunes, une génération prête à s’engager dans le processus civique et à prendre possession de la destinée de leur pays pour la première fois ».

Mais au-delà de l’espoir partagé à travers les États-Unis dès 2008, le Maire de Los Angeles a également remercié le Président sortant pour l’action engagée en faveur du pays et dans le cas présent, de Los Angeles.

« Le Président Obama a conduit l’Amérique avec sagesse, intégrité, compassion et grâce.

J’ai le privilège de l’appeler comme un ami, j’ai été honoré d’avoir servi son Groupe de travail sur le changement climatique, et je suis reconnaissant d’avoir eu un allié si extraordinaire pour Los Angeles pendant son séjour à la Maison Blanche.

L’administration Obama a été un partenaire stable pour notre ville, en faisant des investissements et en fournissant des conseils qui laisseront un héritage durable à Los Angeles.

Son leadership nous a permis d’élargir notre réseau de transport, de loger plus d’anciens combattants sans abri que n’importe quelle autre ville, d’investir dans la jeunesse, de donner une deuxième chance à ceux qui veulent terminer leurs études ou entrer sur le marché du travail, de développer de nouvelles technologies qui offriront une nouvelle génération d’emplois, de redonner vie à des quartiers de Los Angeles, de renforcer les relations entre les communautés et les forces de l’ordre » a ainsi déclaré Eric Garcetti.

(Crédits - Eric Garcetti / Page Facebook)

(Crédits – Eric Garcetti / Page Facebook)

Bien qu’il soit actuellement mobilisé pour la candidature olympique et paralympique aux JO 2024, le Maire de Los Angeles pourrait occuper une place majeure au cours des prochaines années.

Son nom est régulièrement cité comme potentiel candidat au poste de Gouverneur de Californie pour 2018 voire même d’éventuel candidat à l’investiture démocrate pour l’élection Présidentielle de 2020.

D’ici là, Eric Garcetti devrait retrouver Donald Trump par déclarations interposées ou par rencontres organisées.

Cette semaine, le Maire de Los Angeles a en effet été l’un des élus à l’initiative d’une résolution réclamant une réforme de la politique migratoire américaine et la levée des obstacles à l’obtention de la citoyenneté pour les plus de dix millions de clandestins.

La résolution a été adoptée ce mercredi lors de la Conférence bipartite des Maires des États-Unis, et a été coécrite par Eric Garcetti, mais aussi par Tom Tait, Maire de Anaheim (Californie) – ville intégrée au projet de LA 2024 -, par Jorge Elorza, Maire de Providence (Rhode Island) et par Ed Murray, Maire de Seattle (État de Washington).

Mitt Romney, futur Secrétaire d’État de Donald Trump ?

Malgré des déclarations franchement hostiles à l’endroit de Donald Trump durant la campagne des Primaires Républicaines puis lors de la campagne présidentielle américaine, Mitt Romney pourrait finalement rejoindre l’administration du Président élu.

Le 19 novembre dernier, soit onze jours après le scrutin présidentiel, l’ex-Gouverneur du Massachusetts s’était entretenu avec Donald Trump et avait notamment échangé sur la politique étrangère américaine.

Depuis lors, celui qui fut candidat à l’élection présidentielle de 2012 fait figure de favori pour décrocher le poste stratégique de Secrétaire d’État, l’équivalent du Ministère des Affaires étrangères.

Mitt Romney, lors d'une conférence de presse en février 2001 (Douglas C. Pizac / AP)

Mitt Romney, lors d’une conférence de presse en février 2001 (Douglas C. Pizac / AP)

Le 29 novembre, une nouvelle rencontre a été organisée entre les deux leaders politiques.

Ensemble, ils ont pu échanger à nouveau sur la politique étrangère des États-Unis et ce, dans le cadre du restaurant français « Jean-Georges » situé dans la Trump Tower à New York.

Dans les prochains jours, Donald Trump annoncera officiellement son choix quant à la nomination du prochain Secrétaire d’État.

Si son choix se porte sur Mitt Romney, ce ne serait pas seulement un ancien candidat – et adversaire – que Donald Trump parviendrait à convaincre. Ce serait aussi une personnalité importante du Parti Républicain mais aussi un homme d’affaires expérimenté, notamment dans le domaine des Jeux Olympiques.

En effet, et pour rappel, Mitt Romney fut le Président du Comité d’Organisation des Jeux d’hiver de Salt Lake City 2002.

Faisant suite aux dérives et révélations qui avaient ébranlé les premiers mois d’existence du Comité, Mitt Romney était parvenu à s’imposer comme l’homme de la situation en redressant les comptes et ce, afin de remettre sur les rails l’organisation des JO.

Bien qu’il se soit ensuite tourné de nouveau vers la sphère politique – en devenant Gouverneur du Massachusetts en 2003 – Mitt Romney a conservé un intérêt singulier pour l’Olympisme.

Ainsi, dès novembre 2013, il avait apporté son soutien à Boston, ville candidate à la nomination américaine pour l’organisation des Jeux d’été de 2024.

« Je serais ravi de voir les Jeux revenir aux États-Unis et je pense que Boston serait le meilleur endroit imaginable pour accueillir cet événement.

Je serais ravi de pouvoir apporter mes suggestions et mon expérience aux promoteurs de la candidature » avait alors affirmé l’homme politique.

Mitt Romney avait par ailleurs exprimé son attachement à une éventuelle candidature de Salt Lake City (Utah) pour l’accueil des Jeux d’hiver de 2026. In fine, les États-Unis – déjà engagés dans la campagne 2024 – ne devraient pas, sauf retournement de situation, se mobiliser pour l’échéance hivernale.

Quelques mois avant ses deux prises de position, l’homme politique avait déjà fait parler de lui dans la course aux JO 2024.

Sollicité par l’alliance américano-mexicaine San Diego / Tijuana, Mitt Romney avait finalement décliné l’invitation, sans doute conscient des faiblesses de cette entreprise.

« Il n’a pas l’intention de prendre un poste de direction auprès du Comité de Candidature, [mais il serait] heureux de fournir des conseils » avait fait savoir son conseiller, Eric Fehrnstrom.

En amont de l’ouverture des Jeux Olympiques d’hiver de Sotchi 2014, Mitt Romney s’était encore illustré dans le domaine olympique, en exprimant son avis sur les Jeux et sur l’image de ces derniers. Il avait alors affiché son opposition à l’attribution de l’édition 2014 à la Russie.

Une intervention comme un message de politique étrangère.

« Si j’avais eu à choisir, je n’aurai jamais attribué à la Russie l’organisation des Jeux Olympiques d’hiver [de février 2014], sans parler d’éventuels Jeux Olympiques d’été, en raison du message politique que le pays diffuse.

[…] Les Russes sont un acteur sur la scène mondiale. Ils ont le droit de présenter une candidature, mais ils ne trompent pas des gens comme moi concernant leur vision de l’esprit olympique. [Les dernières mesures législatives] ont dépouillé les valeurs qui sont censés représenter les Jeux Olympiques.

[…] La présence d’Hitler lors des Jeux Olympiques de Berlin 1936 avait miné le message olympique » avait notamment déclaré Mitt Romney dans une critique acerbe à l’encontre de la Russie de Vladimir Poutine.

Si Mitt Romney est choisi par Donald Trump dans les jours à venir, il n’est pas impossible d’imaginer qu’il pourrait aussi être un conseiller de l’ombre pour le Président élu et pour le Comité de Candidature de Los Angeles 2024.

JO 2024 : Donald Trump assure Thomas Bach de son soutien vis-à-vis du CIO et de Los Angeles 2024

Avec l’élection surprise de Donald Trump à la présidence des États-Unis, les porteurs de la candidature olympique et paralympique de Los Angeles 2024 ont rapidement souhaité nouer des relations de travail avec le magnat de l’immobilier.

L’objectif est simple : ne pas perturber le bon déroulement de la candidature et s’assurer de la continuité de l’appui des plus hautes autorités fédérales.

(Crédits - Donald Trump / Page Facebook)

(Crédits – Donald Trump / Page Facebook)

Dans une récente interview accordée à « Sport & Société », la vice-Présidente de LA 2024 avait d’ailleurs évoquer la perspective de travailler avec le futur locataire de la Maison Blanche.

« Nous avons commencé à discuter avec des représentants de l’équipe de transition du Président élu, et nous sommes impatients de travailler avec Donald Trump et avec son administration » avait ainsi affirmé Janet Evans, le 18 novembre dernier.

Les premiers échanges n’ont en tout cas pas tardé.

En effet, après une déclaration formelle de LA 2024 au lendemain de l’élection présidentielle du 08 novembre, une conversation téléphonique s’était tenue il y a peu entre Donald Trump et le Maire de Los Angeles, Eric Garcetti.

Cette semaine, un nouvel entretien a été organisé à l’initiative de ce dernier.

Cette fois-ci, l’échange s’est déroulé entre le Président élu des États-Unis et le patron du Comité International Olympique (CIO), Thomas Bach. L’occasion pour le premier de rassurer le second sur ses intentions.

« Le Président élu Donald Trump s’est entretenu avec le Président du CIO, Thomas Bach, pour exprimer son ferme soutien au Mouvement Olympique et à la candidature de Los Angeles 2024 qui vise à organiser de grands Jeux » a précisé le Comité de Candidature dans un tweet.

Ces deux échanges devraient de fait permettre à la candidature américaine d’aborder la fin de l’année 2016 dans des conditions plus paisibles.

Le Maire de Los Angeles à la suite des présentations des Villes Candidates devant l'ANOC, le 15 novembre dernier (Crédits - Sport & Société)

Le Maire de Los Angeles, Eric Garcetti, à la suite des présentations des Villes Candidates devant l’ANOC, le 15 novembre dernier (Crédits – Sport & Société)

Les craintes relatives à l’élection de Donald Trump – sans être écartées – sont tout du moins reléguées au second plan. Une aubaine pour Los Angeles 2024 avant d’affronter une année 2017 décisive à plus d’un titre.

Car si la première moitié de l’année sera consacrée coup sur coup à la livraison du troisième et dernier volet du dossier de candidature, puis à la visite d’inspection de la Commission d’évaluation du CIO, l’installation effective de Donald Trump à la Maison Blanche – mi-janvier – pourrait raviver certaines inquiétudes.

La mise en œuvre du programme électoral du Républicain – notamment sur les immigrés – est en effet de nature à créer des tensions internes sur le sol américain, avec une potentielle incidence sur la candidature aux Jeux, compte-tenu de la perception qui pourrait être celle d’une partie des membres électeurs du CIO.

JO 2024 : La candidature de Los Angeles veut « travailler en étroite coopération avec le Président élu Donald Trump »

La déclaration de Los Angeles 2024 se veut des plus formelles.

En quelques lignes, le Comité de Candidature a souhaité dresser les perspectives de travail des prochains mois avec la future administration qui sera mise en place par le Président élu hier soir, Donald Trump.

(Crédits - LA 2024)

(Crédits – LA 2024)

« LA 2024 félicite le Président élu Donald Trump et apprécie le soutien de longue date dont il fait preuve à l’égard du Mouvement Olympique aux États-Unis.

Nous croyons fermement que les Jeux Olympiques et LA 2024 transcendent la politique et peuvent aider à unifier nos diverses communautés et notre monde. LA 2024 a obtenu 88% de soutien populaire dans le cadre du dernier sondage, ainsi qu’un solide appui des autorités bipartisanes au niveau local, régional et fédéral.

Nous sommes impatients de travailler en étroite coopération avec le Président élu Donald Trump et son administration gouvernementale afin de livrer des ‘Jeux nouveaux pour une nouvelle ère’ qui profitera et inspirera l’ensemble du Mouvement Olympique en 2024″ indique le Comité de Candidature.

Si l’arrivée du milliardaire à la tête des États-Unis a pu soulever des inquiétudes, il apparaît évident que la candidature de LA 2024 et les autorités olympiques américaines entendent travailler en bonne intelligence avec le nouveau Président et ce, afin de solidifier les bases du projet récemment soumis au Comité International Olympique (CIO).

Cependant, les propos polémiques qui ont été prononcés durant la campagne électorale par Donald Trump pourraient laisser des traces en vue de l’élection de la Ville Hôte des Jeux d’été de 2024.

Les attaques du candidat Républicain à l’égard des minorités – notamment latinos – et ses déclarations sexistes pourraient en effet éloigner certains électeurs de l’institution olympique.

La teneur des échanges entre le Président et le Comité de Candidature sera dès lors un élément important pour limiter les potentielles pertes de voix.

La promesse de grandeur mentionnée à diverses reprises et réitérée à chaque meeting par Donald Trump passe par la reconnaissance du savoir-faire des États-Unis et par l’obtention de contrats et de partenariats majeurs.

N’oublions pas que les Jeux Olympiques représentent une vitrine sans commune mesure pour la Ville Hôte et le pays organisateur. En ce sens, il n’est donc dans l’intérêt de personne – du côté de la candidature bien sûr, mais aussi du côté du prochain locataire de la Maison Blanche – de torpiller les chances de victoire de Los Angeles 2024.