JO 2036 : Une réunion envisagée entre le CONI et le gouvernement italien pour une candidature de Rome

Fort du succès des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026, le Comité National Olympique Italien (CONI) envisage depuis plusieurs mois le dépôt d’une candidature pour accueillir les Jeux d’été à horizon 2036, et planifie actuellement une rencontre avec les autorités gouvernementales pour le mois de septembre 2026.

Après 2004, 2020 et 2024, la « Ville Éternelle » pourrait à nouveau être présente dans la course aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’été, réveillant en cela l’ambition de Rome qui, depuis 1960, n’est pas parvenue à reprendre le flambeau de l’événement planétaire pour lequel elle fut aussi en quête à plusieurs reprises au cours de la première moitié du XXème siècle.

Si pour l’Italie, Rome fait figure de légitime porteuse d’une candidature du fait de son positionnement comme capitale bien sûr, mais aussi de sa renommée et de son prestige, d’autres villes de la péninsule devraient être associée à la démarche ; Naples étant notamment évoquée pour les épreuves de surf, de voile et de tout ou partie des compétitions de natation.

Une telle ambition doit néanmoins encore être formalisée par les autorités compétentes, en tenant compte des nouvelles exigences calendaires fixées par le Comité International Olympique (CIO) en vue d’une désignation de l’Hôte des Jeux de 2036 dans le courant de l’année 2029, et en considérant également les chances de succès d’une nouvelle tentative italienne à l’aune d’une concurrence mondiale fournie.

Vue du Stades des Marbres au cœur du Foro Italico à Rome, Italie (Crédits – Turismo Roma)

En Asie, la Corée du Sud et l’Inde sont déjà en piste, avec une éventuelle tentation de la Chine.

Plus à l’Ouest, au Moyen-Orient, le Qatar et la Turquie sont eux-aussi sur les rangs et pourraient être accompagnés par l’Arabie saoudite, tandis qu’en Europe, l’Allemagne veut enfin s’imposer, face notamment au Royaume-Uni et possiblement à la Hongrie et à l’Espagne.

Le continent africain n’est pas à négliger non plus, la perspective des Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 pouvant créer un élan au bénéfice de l’Afrique du Sud ou de l’Égypte, deux pays qui ont déjà fait part de leur intérêt respectif pour une édition de la manifestation estivale.

Devant cet état des lieux, le CONI travaille aux conditions d’émergence d’une candidature italienne et espère en cela l’appui des pouvoirs publics.

Des contacts ont en ce sens d’ores et déjà été pris au niveau des territoires possiblement concernés afin de mesurer le degré d’enthousiasme et l’intérêt des villes. A un échelon supérieur, une réunion au sommet est même aujourd’hui envisagée avec la Présidente du Conseil italien.

Comme l’a ainsi fait savoir le quotidien « La Repubblica », le 24 juillet dernier :

« Il appartient désormais au gouvernement de se prononcer. Naturellement, le feu vert doit venir de la plus haute fonction hiérarchique.

Attendre les élections législatives de l’année prochaine n’est pas envisageable ; ce serait trop risqué compte tenu des délais serrés imposés par le CIO ».

De gauche à droite, Kirsty Coventry, Présidente du CIO ; Sergio Mattarella, Président de la République italienne ; Giovanni Malagò, Président du Comité d’Organisation des Jeux de Milan-Cortina 2026 ; et Giorgia Meloni, Présidente du Conseil italien, réunis lors de la Cérémonie d’inauguration de la flamme olympique au Palais du Quirinal à Rome, Italie, vendredi 05 décembre 2025 (Crédits – Milano-Cortina 2026)

La rencontre entre le Président du CONI, Luciano Buonfiglio – qui a pris le relais de Giovanni Malago l’an passé – et la Présidente du Conseil, Giorgia Meloni, pourrait avoir lieu en septembre ou au plus tard durant le mois d’octobre 2026.

Soutien du projet olympique et paralympique de Milan-Cortina 2026 dès l’arrivée au pouvoir de Giorgia Meloni qui a eu l’occasion d’échanger plusieurs fois avec les leaders du CIO, de Thomas Bach à Kirsty Coventry, le gouvernement transalpin fut un acteur direct des préparatifs.

Pour preuve, le Vice-Président du Conseil, par ailleurs Ministre des Infrastructures et des Transports, Matteo Salvini, s’était personnellement impliqué dans le suivi des chantiers, notamment en ce qui concerne le Village des Athlètes de la cité lombarde, la question d’un éventuel recours à Turin pour l’anneau de vitesse, et, plus largement, dans l’aménagement des sites à travers le Nord de l’Italie comme avec la rénovation et l’adaptation des Arènes de Vérone.

Surtout, les autorités gouvernementales s’étaient montrées intransigeantes sur la problématique de la piste de Cortina d’Ampezzo, allant jusqu’au bras de fer avec le CIO qui souhaitait davantage mobiliser une installation existante et opérationnelle en dehors des frontières du pays.

Mais avant cela, le gouvernement fut déjà à la manœuvre lorsqu’il fut nécessaire de donner un coup d’accélérateur dans l’enclenchement des partenariats, avec le remplacement de Vincenzo Novari par Andrea Varnier au poste stratégique de Directeur Général du Comité d’Organisation à l’automne 2022.

Aussi, il apparaît aujourd’hui probable que les autorités nationales poursuivent leur implication quant à l’ambition olympique et paralympique du pays et décident prochainement d’appuyer l’effort d’une candidature aux Jeux d’été qui pourrait se fonder sur 80 à 85% d’infrastructures existantes, le reste du dispositif pouvant être exclusivement temporaire dans le but de limiter les coûts.

Si d’aventure Giorgia Meloni venait à soutenir cette entreprise, l’Italie pourrait ensuite rapidement franchir le pas en direction de l’institution olympique et déposer de facto une lettre manifestant l’intérêt de la péninsule.

La Fontaine de Trevi aux couleurs de la candidature de Rome 2024 lors d’un spectacle son et lumière quotidien en décembre 2015 (Crédits – Sara Cervelli / GMT)

Reste à savoir si d’ici la rencontre au sommet, le CONI parviendra à imposer sa vision d’un projet porté par Rome, sachant que d’autres villes pourraient être désireuses d’être les figures de proue au détriment de la capitale.

L’hypothèse milanaise n’est ainsi pas à exclure, les autorités locales pouvant être convaincues de tenter le doublé après les Jeux d’hiver réussis de 2026, et une éventuelle tentative de Florence et de la Toscane pourrait aussi constituer une alternative à une candidature romaine.

Pour l’heure, la piste de Rome – étudiée par le CONI qui aura le dernier mot quant au choix du candidat – repose en tout cas sur quelques orientations à affiner.

Celles-ci, tout en reprenant pour partie le concept de la candidature avortée pour les JO 2024, pourraient notamment inclure l’athlétisme et le tennis dans l’enceinte du Foro Italico, l’aviron et le canoë-kayak du côté de Castel Gandolfo, et de manière peut-être fort ambitieuse, l’orchestration rêvée de la boxe et de la lutte dans l’écrin du mythique Colisée.

L’idée d’associer la Cité du Vatican au projet pourrait également se faire jour le cas échéant, à l’image de ce qui a pu être un temps évoqué pour une précédente candidature, et à l’instar de ce que le Tour d’Italie de cyclisme était parvenu à opérer en 2025.

Au-delà de la composition du dossier, la pertinence d’une nouvelle candidature italienne pourrait être conditionnée aux résultats financiers du Comité d’Organisation de Milan-Cortina 2026 et ce, sachant que les parties alors engagées sont conscientes d’un risque de dérapage budgétaire sévère, entre dépenses supérieures aux estimations et recettes inférieures aux projections.

A cet égard, ledit Comité a encore jusqu’au 31 décembre 2026, soit la date de clôture de l’exercice comptable, pour combler au maximum le déficit dont la charge reposera in fine sur les pouvoirs publics, de l’État aux Régions mobilisées en passant par les Villes Hôtes.

D’ores et déjà, le CIO a écarté toute rallonge exceptionnelle de sa contribution, malgré la demande formulée plus tôt cette année par Milan-Cortina 2026 pour 100 millions d’euros.

Une façon pour l’institution de Lausanne (Suisse) de rappeler que la – bonne – gestion des finances doit être assumée de bout en bout par les organisateurs.

Luciano Buonfiglio, Président du Comité National Olympique Italien, et Giorgia Meloni, Présidente du Conseil italien, lors d’une entrevue au Palazzo Chigi à Rome, Italie, le 29 septembre 2025 (Crédits – CONI / Filippo Attili)

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