Deux ans après les Jeux de Paris 2024 et moins de deux ans avant l’ouverture de la prochaine édition estivale sur le sol américain, Janet Evans – Directrice des relations avec les athlètes au sein du Comité d’Organisation de LA 2028 – évoque pour « Sport & Société » la poursuite des préparatifs d’accueil de ce qui constituera la troisième échéance olympique orchestrée dans la « Cité des Anges » après 1932 et 1984.
- Lors de notre dernier entretien, juste avant les Jeux de Paris 2024, vous m’aviez dit avoir hâte d’assister à la Cérémonie d’ouverture. A deux ans maintenant de votre propre ouverture, à Los Angeles, dans quel état d’esprit êtes-vous, en tant que membre du Comité d’Organisation, mais aussi en tant qu’ancienne nageuse qui a vécu l’excitation de la perspective des Jeux Olympiques en carrière ?
A deux ans de l’échéance, je suis dans un état d’esprit qui oscille entre enthousiasme et concentration.
Chaque étape franchie nous rapproche un peu plus du moment où nous accueillerons les plus grands athlètes du monde à Los Angeles, et où nous pourrons mettre en valeur notre ville, notre région et notre pays sur la plus grande scène sportive qui soit.
Pour moi, c’est véritablement l’aboutissement d’un parcours : passer de la représentation de mon pays en tant qu’athlète à l’organisation du retour des Jeux à Los Angeles pour la troisième fois de l’histoire. C’est une opportunité unique pour notre génération, et je suis fière de participer à la création de Jeux qui inspireront des millions de personnes et auront un impact durable, bien après que la flamme olympique se sera éteinte.
- Au sujet de la Cérémonie justement, et si l’on remonte le temps, au moment de la candidature où vous étiez déjà engagée, comment LA 2028 a eu l’idée incroyable de proposer un show sur deux stades ?
L’organisation d’une Cérémonie d’ouverture olympique sur deux sites répondait à la fois à des impératifs opérationnels et à la volonté de mettre en lumière la riche histoire sportive de Los Angeles, ainsi que son avenir tourné vers l’innovation, le tout, dans deux lieux emblématiques.
Nous avons vu là l’occasion d’installer les épreuves de natation dans le « 2028 Stadium » (SoFi Stadium), en faisant ainsi le plus grand Centre Aquatique Olympique de l’histoire ; cela nous a obligés à faire preuve de créativité pour pouvoir également l’utiliser pour la Cérémonie d’ouverture.
C’est là qu’est intervenue l’idée d’inverser le calendrier des épreuves de natation et d’athlétisme : cela nous donne le temps nécessaire, sur le plan opérationnel, pour que les deux sites soient prêts à accueillir les compétitions après la Cérémonie d’ouverture. Il s’agit d’une solution ponctuelle, spécifique aux Jeux de LA 2028, mais elle nous offre le meilleur des deux mondes et garantira une expérience palpitante tant pour les athlètes que pour le public.
- D’ailleurs, comment se déroulent la réflexion et le travail de création de ce show qui s’annonce sans précédent ? Ce doit être à la fois stimulant et vertigineux pour les équipes de LA 2028.
Pour être honnête, j’en sais autant que tout le monde à ce stade !
Nous disposons d’une équipe exceptionnelle chargée des Cérémonies, qui se consacre à créer des expériences reflétant l’identité unique de Los Angeles, tout en restant fidèle aux valeurs olympiques et paralympiques.
Cette équipe est dirigée par Peter Rice, Responsable des Cérémonies, qui collabore étroitement avec Ben Winston et Scott Givens ; ces derniers joueront un rôle clé dans la production de nos Cérémonies olympiques et paralympiques.
J’ai hâte de découvrir ce qu’ils vont imaginer et la manière dont ils donneront vie à l’esprit de Los Angeles pour nos athlètes, nos supporters, les communautés locales et le public du monde entier.
- Récemment, LA 2028 a révélé les départs et arrivées des épreuves cyclistes et du marathon. Cela constitue évidemment un jalon supplémentaire dans la mise en œuvre des Jeux. De quelle façon les athlètes ont-ils été associés pour ces choix, et plus largement pour le choix des différents sites olympiques et paralympiques de 2028 ?
Depuis le départ, notre priorité est d’offrir une expérience exceptionnelle aux athlètes.
Il ne s’agit pas seulement de répondre à leurs besoins, mais de les placer au cœur de notre planification et de leur garantir des sites de classe mondiale pour leur expérience olympique ou paralympique en 2028.
Cette approche privilégiant les athlètes est renforcée par notre Commission des Athlètes, composée de plus d’une douzaine d’Olympiens et de Paralympiens qui consacrent bénévolement leur temps à travailler étroitement avec mon équipe et moi-même. Ils veillent à ce que le point de vue des athlètes reste central dans chaque décision majeure que nous prenons.
Nous intégrons également des Olympiens et des Paralympiens au sein des équipes de LA 2028 grâce à notre programme « Athlete Fellowship ». Cela permet d’inclure directement la perspective des athlètes dans le travail quotidien de LA 2028 et de garantir qu’ils jouent un rôle significatif dans la conception de l’expérience des Jeux, de la planification jusqu’à leur réalisation.
Si l’annonce des lieux de départ et d’arrivée de ces courses est absolument enthousiasmante – notamment parce qu’ils offrent des décors emblématiques de Los Angeles – je suis encore plus impatiente de découvrir les tracés de ces courses.
Nous ne sommes pas encore tout à fait prêts à dévoiler ces détails, mais si l’on considère le terrain et les lieux emblématiques jalonnant le parcours – des lignes de départ à Venice Beach et au zoo de Los Angeles jusqu’aux arrivées au LA Memorial Coliseum et au Griffith Observatory – l’événement s’annonce grandiose.
- Les Jeux de Los Angeles 2028 seront les premiers à dépasser la parité femmes / hommes, avec davantage d’athlètes féminines. Quel est votre sentiment sur cette avancée historique ?
C’est incroyable que nos Jeux marquent l’histoire en étant les premiers Jeux Olympiques à allouer plus de quotas d’athlètes aux femmes qu’aux hommes, avec une parité hommes-femmes également renforcée du côté paralympique.
A Paris, pour la quatrième édition consécutive des Jeux d’été, les athlètes féminines américaines ont remporté plus de la moitié des médailles de l’équipe des États-Unis. Leur succès, ainsi que celui d’autres athlètes olympiques et paralympiques féminines, continue de démontrer l’étendue des talents et l’influence croissante du sport féminin.
En fin de compte, la parité hommes-femmes ne constitue pas seulement une étape-clé pour le Mouvement olympique ; elle témoigne de l’avenir du sport mondial.
Je suis fière que Los Angeles joue un rôle dans la pérennisation de cet héritage.
- Parmi les sports additionnels de LA 2028, quel est celui – ou quels sont ceux – que vous avez le plus hâte de découvrir dans la région de Los Angeles ou à Oklahoma City ?
C’est tellement difficile de choisir !
Je pense que chacune de nos nouvelles disciplines apporte quelque chose d’unique sur le terrain, et j’adore voir le programme sportif évoluer de manière à offrir à davantage d’athlètes la possibilité de concourir sur la plus grande scène mondiale et de tisser des liens avec de nouveaux publics à travers le monde.
- Au cours du printemps, la Commission de Coordination du CIO a pu mesurer l’avancement des préparatifs, notamment concernant la billetterie qui connaît un succès majeur, et le lancement prochain de la phase d’inscription pour le recrutement des volontaires. Que diriez-vous aux futurs spectateurs et à ceux qui souhaitent justement s’inscrire pour vivre de l’intérieur les Jeux ? Quel message pouvez-vous leur délivrer ?
Je leur dirais : lancez-vous ! Inscrivez-vous, enregistrez-vous, déposez votre candidature et venez à Los Angeles pour vivre les Jeux de LA 2028 en personne.
L’énergie, l’émotion ainsi que le sentiment d’unité et de camaraderie que suscitent les Jeux sont sans équivalent dans le monde. Ils sont vraiment uniques, et vous ne comprendrez pas de quoi je parle tant que vous ne l’aurez pas vécu vous-mêmes.
Rejoignez-nous à Los Angeles !
- Cette année a marqué le premier anniversaire de l’arrivée de Kirsty Coventry à la présidence du CIO. Première femme et première personnalité issue du continent africain à accéder à cette fonction et, comme vous, ancienne nageuse. Quel regard portez-vous sur les choix faits cette année par le CIO sous son impulsion, et notamment quant à l’envie de mieux accompagner les athlètes avec l’octroi d’une subvention de 10 000 dollars ?
En tant qu’athlète, je trouve formidable que de telles opportunités soient offertes aux sportifs du monde entier afin qu’ils poursuivent leur rêve olympique.
J’ai eu la chance d’avoir une famille qui soutenait ma carrière, mais beaucoup d’athlètes ne bénéficient pas de ce soutien, et doivent financer eux-mêmes leur parcours.
Plus nous pourrons aider les athlètes à se concentrer sur leur entraînement et leur préparation aux Jeux, mieux ce sera.
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