LA 2028 prévoit un « changement de couloirs » pour l’athlétisme et la natation

En dévoilant en début de semaine le programme des Jeux Olympiques par sessions, le Comité d’Organisation de Los Angeles 2028 a confirmé le changement spectaculaire adopté ces derniers mois pour l’ordonnancement de deux sports-phares que sont l’athlétisme et la natation.

Visuel du Los Angeles Memorial Coliseum dans l’optique des Jeux Olympiques et Paralympiques d’été de 2028 (Crédits – LA 2028)

A trois ans de l’ouverture de ses troisièmes Jeux d’été, Los Angeles prépare activement la mise en place d’un riche programme d’épreuves au sein d’arènes de classe mondiale avec, pour certains sports, des lieux que l’on peut aisément considérer comme iconiques au regard de la place qu’ils occupent dans l’histoire et la transformation du territoire.

Deux sites se distinguent en particulier de la cartographie récemment présentée par LA 2028 : le Memorial Coliseum et le SoFi Stadium.

Si le premier opérera – fait inédit dans l’histoire olympique – sa troisième édition des Jeux, après 1932 et 1984, en étant à nouveau le théâtre des compétitions d’athlétisme, le second abritera l’événement pour la toute première fois avec les épreuves de natation.

Le choix de ces deux enceintes monumentales – dont la construction a, pour chacune, marqué son époque – ne doit rien au hasard.

Désireux d’impressionner le monde, LA 2028 mise aussi sur la complémentarité des équipements sportifs présents à Los Angeles et dans sa région, avec également le souci de tisser un lien unique pour rappeler la place que les Jeux occupent dans l’histoire de la « Cité des Anges » ; le rendez-vous planétaire ayant systématiquement laissé installations et ambitions sportives en héritage.

Dès lors, le Comité d’Organisation pourra compter sur deux des plus grands stades américains pour servir d’écrins aux épreuves de deux des sports historiques de la manifestation olympique.

Mais pour accentuer encore davantage cet élément – véritable composante de la promesse du projet olympique et paralympique californien de bâtir des Jeux d’une nouvelle ère – les organisateurs ont fait le choix, en concertation avec les Fédérations Internationales concernées et avec le Comité International Olympique (CIO), de bouleverser la programmation même desdites compétitions.

Alors que la natation est habituellement agencée en première semaine, pour ensuite installer l’athlétisme en apothéose sur la deuxième semaine des Jeux, LA 2028 va inverser le schéma, avec les épreuves d’athlétisme programmées du 15 au 24 juillet 2028, et les épreuves de natation prévues du 22 au 30 juillet, soit jusqu’au dernier jour des Jeux.

« Switching lanes » (Changement de couloirs). Une décision qui s’explique tant par la volonté de renouveler l’expérience des Jeux, que par des contraintes logistiques bien particulières.

(Crédits – LA 2028)

En effet, en amont des épreuves, le SoFi Stadium accueillera la Cérémonie d’ouverture, conjointement avec le Memorial Coliseum. Une scénographie inédite là encore.

Certes, l’idée d’une Cérémonie d’ouverture sur deux Stades Olympiques avait été avancée dès la phase de candidature, préfigurant déjà le caractère spectaculaire de l’édition 2028. Mais un élément-clé est venu rebattre les cartes, conduisant les organisateurs à repenser le modèle général et à impacter de facto les épreuves.

Ainsi, alors que les compétitions de natation furent un temps projetées au sein d’un Centre Aquatique Olympique temporaire à édifier sur le Dedeaux Field après avoir initialement envisagé la mobilisation d’un nouveau stade près du Coliseum -, le SoFi Stadium s’est finalement imposé comme le point de chute de compétitions qui bénéficieront d’une jauge encore jamais vue sur la scène des Jeux.

Par le passé, des bassins ont déjà été installés dans des stades ou des arènes multifonctionnelles. Les Mondiaux de Barcelone 2013 ou de Kazan 2015 en ont été des exemples en leur temps, tout comme la mise en place de la natation au cœur de la Paris La Défense Arena pour les JO 2024.

La différence notable se trouve dans le fait que le SoFi Stadium offrira – dans sa configuration aquatique – une capacité d’accueil aujourd’hui projetée à 38 000 spectateurs, soit plus du double que les standards habituels.

Pour preuve, Londres 2012 avait installé la natation dans un Centre Aquatique disposant d’une jauge temporaire de 17 500 places. Quatre ans plus tard, Rio 2016 avait orchestré les épreuves au sein d’un site de près de 15 000 places, soit une capacité peu ou prou similaire à celle apportée par le Centre Aquatique des Jeux de Tokyo 2020, et par celui éphémère de Paris 2024.

La jauge prévisionnelle de LA 2028 pour le SoFi Stadium est par ailleurs supérieure à celle qui fut envisagée pour le site temporaire du Dedeaux Field pour lequel la candidature prévoyait alors 22 000 places.

Visuel du SoFi Stadium à Inglewood, Californie, pour les épreuves de natation des JO 2028 (Crédits – LA 2028)

Or, en mobilisant le stade d’Inglewood comme théâtre de la Cérémonie d’ouverture et comme scène de la natation olympique, les organisateurs ont dû composer pour permettre la faisabilité technique d’une bascule de configuration en un temps record.

La perspective de devoir accomplir cette mission en quelques heures était tout bonnement inenvisageable entre la fin du show inaugural des Jeux Olympiques et le début des compétitions dans un bassin.

La perspective de devoir réaliser cette prouesse en à peine quelques jours constituera tout de même un défi sans précédent, puisque les organisateurs ont d’ores et déjà fait savoir que les premières épreuves de natation auraient lieu in situ à compter du 22 juillet 2028.

Soit 8 petites journées seulement après la Cérémonie d’ouverture planifiée pour le 14 juillet.

A titre d’exemple – et le parallèle permet de mesurer l’incroyable performance qui s’annonce pour LA 2028 – la mise en œuvre de l’installation du bassin olympique de Paris 2024 a nécessité pas moins de 60 jours de logistique.

Les organisateurs français avaient pu prendre possession des lieux à compter du 15 mai 2024, au lendemain de concerts-événements donnés dans la Paris La Défense Arena par la popstar, Taylor Swift.

Plusieurs séquences s’étaient alors enchaînées pour préparer et adapter l’enceinte, que ce soit au travers de la fixation au toit de caméras et de projecteurs, l’établissement des fondations pour les bassins – un pour l’échauffement, l’autre pour la compétition -, sans compter l’aménagement d’une tribune pour les médias, tribune sectorisant d’ailleurs les deux bassins.

A noter que l’installation des bassins justement – conçus en kits et en acier inoxydable par les équipes de « Myrtha Pools » dont l’expérience en la matière n’est plus à démontrer – avait à elle seule nécessité 36 jours de travail.

(Crédits – SoFi Stadium)

Dans le cas du SoFi Stadium, la modularité de l’équipement et sa modernité technologique devraient permettre de réduire drastiquement les délais préparatoires.

Restera cependant à réaliser, sans doute en amont, l’assemblage des kits composant le bassin d’échauffement et celui destiné à recevoir les épreuves, avant la pose de ces derniers et des opérations de contrôle et de mise en eau.

Il n’est pas à écarter la possibilité que les organisateurs face aussi le choix de disposer le site en configuration natation avant la Cérémonie d’ouverture, avec un agencement particulier pour la scène de l’événement.

Cela pourrait se traduire par la mise en place d’un faux plancher qui viendrait recouvrir les espaces dévolus aux bassins et qui serait démonter après la soirée inaugurale.

Quoiqu’il en soit, nul doute que les organisateurs des JO 2028 sauront mettre en mouvement les connaissances techniques et l’innovation pour être au rendez-vous, d’abord de la Cérémonie d’ouverture, et ensuite des épreuves de natation, le tout au cœur du bijou architectural que représente le SoFi Stadium.

Vue du spectaculaire écran géant du SoFi Stadium aux couleurs du Super Bowl LVI, le 11 février 2022 (Crédits – SoFi Stadium)


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