Artisan d’un projet acté et présenté de façon précipitée dans le courant de l’année 2023, l’ex-Président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, s’inquiète désormais de l’éventuel départ du tournoi olympique de hockey-sur-glace en direction de Paris. Une montée au filet qui témoigne de l’évidente fébrilité des acteurs politiques régionaux du dossier des Alpes françaises 2030.

Bien qu’ayant quitté la présidence de la Région Auvergne-Rhône-Alpes au profit de Fabrice Pannekoucke en septembre 2024, Laurent Wauquiez demeure néanmoins un acteur attentif des préparatifs d’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver des Alpes françaises 2030.
Celui qui milita pour une candidature alpine avant d’être à la manœuvre en 2023 en tandem avec son homologue de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur pour acter la candidature et soumettre cette dernière à l’appréciation du Comité International Olympique (CIO) participe en effet de très près aux discussions et porte un œil vigilant sur les choix à définir dans l’optique des Jeux de 2030.
Après avoir déjà eu l’occasion d’évoquer par exemple le cas des sites privilégiés pour l’accueil des épreuves de ski alpin, mais encore le modèle de la Cérémonie d’ouverture, l’actuel Député de la 1ère circonscription de la Haute-Loire se mobilise désormais pour préserver le cadre territorial des JO 2030, alors que le cheminement vers la révélation de la tant attendue carte des sites pourrait conduire à un éclatement du dispositif initialement envisagé.
De fait, tandis que le tournoi masculin de hockey-sur-glace s’apprête à migrer en dehors de Nice (Alpes-Maritimes) et possiblement au-delà des limites des deux Régions-Hôtes – avec sans doute aussi le tournoi féminin – après les ultimes tractations menées avec le nouvel édile niçois, Eric Ciotti, Laurent Wauquiez s’est montré particulièrement agacé de la situation qui pourrait amener ledit tournoi à se dérouler à Paris.
Face à la perspective de compétitions pouvant ainsi se tenir au sein de l’AccorArena et de l’Adidas Arena, l’ex-leader régional a décidé de taper du point sur la table comme l’a indiqué « Le Dauphiné Libéré » citant Laurent Wauquiez :
Nous nous sommes battus pour ramener la flamme à la maison, ce n’est pas pour qu’ensuite, elle finisse à Paris. Ils ont eu leurs Jeux Olympiques, c’est très bien mais, maintenant, ça suffit ! […]
Il faut que personne n’ait de doute : ça ne sera pas ailleurs que dans nos régions. […] Ce ne sera pas Paris, c’est hors de question.
Un propos qui renvoie autant à la volonté de s’éloigner du modèle de Paris 2024 – perceptible dès la structuration de la gouvernance des Jeux des Alpes françaises 2030 – qu’au désir de réaffirmer le schéma d’une complémentarité des deux pôles régionaux précités.
Une complémentarité qui reposait, à la fondation du projet, sur un équilibre délicat de juste répartition des épreuves entre le Nord et le Sud, soit entre Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Or, cet équilibre est aujourd’hui plus fragile que jamais, et le maintien de toutes les compétitions dans le périmètre des deux Régions – exception faite du patinage de vitesse qui, pour des raisons logistiques entérinées dès la phase de candidature, sera orchestré en dehors du pays – n’est plus assuré.
Cette perspective a dès lors de quoi inquiéter les acteurs régionaux qui, jusqu’à présent, s’étaient illustrés par leur omniprésence, surpassant le monde sportif, de l’annonce de candidature en passant par la création tumultueuse du Comité d’Organisation (COJOP), marquée notamment par la sortie polémique de Renaud Muselier à l’égard de Martin Fourcade.
Les récents propos de Laurent Wauquiez montrent d’ailleurs la fébrilité qui s’est emparée desdits acteurs qui voient le devenir du projet olympique et paralympique leur glisser entre les doigts.
Il faut dire que l’impatience a gagné mois après mois les rangs des autres parties prenantes, à commencer par le CIO, présidée par une leader déterminée à recadrer le modèle olympique dans ses différents aspects, et les Fédérations Internationales qui tardent à percevoir la vision réelle des Alpes françaises 2030 qui, au-delà de la problématique des sites, n’arrivent pas à engranger le moindre partenariat, le flou permanent n’étant pas source d’optimisme pour le secteur privé.
Un point qui – rappelant le cas de Milan-Cortina 2026 – doit nécessairement soulever une vigilance accrue, sachant de surcroît que le budget prévisionnel des JO 2030 a été fixé dans une ambitieuse enveloppe de 2,1 milliards d’euros.
D’ailleurs, toujours sur le plan budgétaire, il ne faudrait pas négliger le fait que le tournoi de hockey-sur-glace constitue traditionnellement aux Jeux la bagatelle de 60% des recettes de billetterie. Tout, sauf anecdotique. De quoi renforcer le positionnement et la voix de la Fédération Internationale (IIHF) qui voudra à n’en pas douter chercher le point de chute le plus adapté pour l’événement olympique de 2030 avec aujourd’hui un duel opposant donc Paris et Lyon.
Face à cette impatience de ceux qui détiennent les cartes des Jeux entre leurs mains, le COJOP est en effet sous pression pour enfin avancer devant un calendrier resserré pour assurer la livraison en temps et en heure des JO 2030 et, avant cela, pour présenter l’ordonnancement des sites dans à peine un mois, à l’occasion de la 146ème Session – extraordinaire – de l’institution olympique qui se réunira les 24 et 25 juin 2026 à Lausanne (Suisse).
Une échéance attendue mais redoutée par les organisateurs qui se savent pertinemment scrutés face à des décisions à prendre – parfois difficiles – qui engageront la crédibilité du projet pour les moins de quatre années restantes avant l’ouverture des Jeux.
Des organisateurs qui auront aussi l’occasion de présenter aux membres du CIO le nouveau Directeur Général du COJOP, en la personne de Vincent Roberti jusqu’alors Préfet du Tarn-et-Garonne.
Un serviteur de l’État qui aura la lourde tâche de piloter le projet avec rigueur, pragmatisme et sens des responsabilités, loin des considérations partisanes qui ont pu prévaloir par le passé.
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