Moins de deux mois avant la présentation officielle de la tant attendue carte des sites devant la Session du Comité International Olympique (CIO), les parties au projet des Alpes françaises 2030 sont engagées dans un contre-la-montre alors que le devenir du tournoi olympique de hockey-sur-glace se dessine désormais – au moins pour la partie masculine – en dehors de Nice (Alpes-Maritimes). Un revers pour la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur et une source d’agacement pour la Fédération Internationale (IIHF).

Les dernières réunions orchestrées entre le Comité d’Organisation des Jeux (COJO) des Alpes françaises et les autorités locales et régionales n’auront donc pas permis de trouver une solution pour conserver sur le pôle niçois l’intégralité du tournoi olympique de hockey-sur-glace dans la perspective des Jeux d’hiver de 2030.
De fait, tandis que le COJO et les acteurs du projet avaient jusqu’à présent travaillé sur la mobilisation du stade de l’Allianz Riviera – par le biais d’une transformation temporaire en double patinoire couverte le temps du rendez-vous olympique à venir – la nouvelle majorité municipale conduite par Eric Ciotti n’a eu de cesse d’avancer ses pions pour proposer une alternative destinée à ne pas impacter le club résident dudit stade, l’OGC Nice.
Mais malgré une franche opposition martelée dès la campagne électorale pour les Municipales des 15 et 22 mars 2026, Eric Ciotti et ses soutiens n’ont pas réussi à convaincre les autres parties au projet.
Comme l’a en ce sens affirmé le COJO dans un communiqué publiée ce mardi 28 avril 2026 :
L‘installation d’une patinoire temporaire susceptible de se substituer au stade de l’Allianz Riviera initialement prévu, a été étudiée sur les sites du stade Charles-Ehrmann et du stade de rugby des Arboras, principalement pour les matches de hockey masculin.
Les analyses techniques, temporelles et financières menées ont mis en évidence les limites de ces options, notamment au regard de leur coût très élevé et de leur impact.
Aussi, force est de constater aujourd’hui que les discussions au sommet ont davantage rajouté de la confusion au sentiment d’un projet brouillon qui renvoie plus que jamais à la genèse d’une candidature mal-ficelée.
En l’état actuel et face au calendrier qui se resserre chaque mois un peu plus, Nice se voit ainsi retirer les matchs du tournoi masculin de hockey-sur-glace, les organisateurs étant désormais soucieux de trouver un point de chute en dehors de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur.
Un coup dur évident pour l’entité régionale et son Président, Renaud Muselier, particulièrement actif au sein de la candidature et du projet.
Ainsi que l’a acté le COJO en ces termes :
Dans une logique de sobriété et d’optimisation budgétaire, le COJO a pris la décision d’élargir ses investigations en étudiant la mobilisation d’équipements existants, dans d’autres grandes métropoles comme Lyon ou Paris, répondant notamment à une capacité minimale de 10 000 places brutes assises.
Devant cette situation, Lyon (Rhône), qui a d’ailleurs déjà manifesté un certain intérêt au cours des semaines passées pour reprendre le flambeau, pourrait s’appuyer sur la LDLC Arena (9 400 places) située à Décines-Charpieu, même si un équipement temporaire de plus grande capacité pourrait être nécessaire pour répondre au cahier des charges du CIO et de la Fédération Internationale.
A l’évidence, l’issue lyonnaise pourrait être un moindre mal pour les Alpes françaises 2030, le tournoi restant localisé dans un pôle territorial – en Auvergne-Rhône-Alpes – cohérent avec la mouture du projet. Il n’empêche, une autre piste pourrait bien se dégager, rendant plus délicate la lisibilité dudit projet mais offrant dans le même temps une sécurité organisationnelle aujourd’hui recherchée.
Au-delà de la troisième ville de France, Paris pourrait en effet être tentée de faire valoir ses atouts pour abriter le hockey-sur-glace.
Bien loin du cadre alpin, la « Ville Lumière » dispose de sérieux arguments pour permettre au COJO et aux autres acteurs du dossier de ne pas perdre plus de temps. La desserte optimale de la capitale tricolore en est un, tout comme la qualité de l’infrastructure sportive en présence.
Conservant un souvenir bien vivace du succès des JO 2024 qui se sont pour partie déroulés sur place, Paris peut de fait compter sur deux enceintes existantes gérée par « Paris Entertainment Company » pour abriter les rencontres olympiques de hockey-sur-glace, à savoir l’Accor Arena dans le 12ème arrondissement (14 000 places) et l’Adidas Arena dans le 18ème arrondissement (8 000 places).
La capitale peut en outre s’appuyer sur l’expérience dans l’accueil de ce sport, la ville ayant partagé l’affiche du Championnat du Monde en 2017 avec Cologne (Allemagne) et s’apprête prochainement à renouveler l’exercice avec Lyon en 2028. Un exercice qui, opéré deux ans avant les Jeux, aurait tout l’air d’un véritable « test-event ».
Quoiqu’il en soit, pour le hockey-sur-glace, l’impression de flottement prédomine aujourd’hui, renvoyant quelque peu aux préparatifs chaotiques de Milan-Cortina 2026 qui avaient eux-aussi donné des sueurs froides à la Fédération Internationale désireuse de voir son sport pleinement respecté par les organisateurs des Jeux.
Ainsi que l’a rappelé Luc Tardif, Président de l’IIHF, dans une interview pour le quotidien sportif « L’Équipe » :
Le tournoi masculin, c’est comme une Coupe du monde (de foot). Donc après, il n’y a pas dix mille solutions. On va jouer, de toute façon, le Championnat du Monde à Paris (Accor Arena) et à Lyon (LDLC Arena) en 2028, donc les bâtiments sont construits. À l’heure actuelle, on est SDF, je veux dire qu’on est nulle part. C’est un tournoi (celui des JO 2030) qui va attirer à peu près 600 000 personnes, il y a 58 matches et on est dans la rue.
[…] Ne pas oublier une chose : le hockey, c’est 60 % de la recette billetterie. Donc parfois, on voudrait quand même être considérés à notre juste valeur. On commence deux jours avant l’inauguration, on finit le dernier, on mobilise tous les médias, etc.
On va trouver une solution. Je vais tout faire pour que notre tournoi soit joué dans les meilleures conditions.
Nul doute, l’IIHF sera particulièrement vigilante quant à la solution proposée par le COJO, surtout en considérant que la tournure actuelle des événements conduit à une délocalisation limitée au seul tournoi masculin, le pendant féminin demeurant implanté à Nice. Sauf à envisager la cohérence d’une unité sportive en un seul secteur géographique, ce qui serait certainement au goût de l’IIHF et du CIO.
Les prochaines semaines s’annoncent en tout cas hautement périlleuses pour un COJO encore et toujours dans une situation d’extrême fragilité, sans Directeur Général depuis février et le débarquement de Cyril Linette, sans le moindre sponsor déclaré et donc sans carte des sites pleinement sanctuarisée.
Le choix du ou des nouveaux sites pour le hockey-sur-glace devrait être présenté devant le Bureau Exécutif du COJO convoqué pour le 11 mai prochain, avant la révélation – attendue – de la carte des sites des Alpes françaises 2030 devant le CIO lors de la Session prévue les 22 et 23 juin 2026.
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