Au cours du week-end passé, Kirsty Coventry et son prédécesseur à la tête du Comité International Olympique (CIO) ont pu mesurer la vivacité de l’héritage des Jeux de Paris 2024 dont ils gardent un souvenir précieux, au moment où l’Hexagone est engagé dans les préparatifs d’organisation des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030.

L’an passé, à plusieurs reprises, Thomas Bach avait eu des propos élogieux à l’égard des organisateurs des Jeux d’été de Paris 2024, constatant – au-delà de ses espérances et de celles formulées par l’ensemble des parties prenantes – un enthousiasme certain et le succès sur et en dehors des arènes et des monuments mobilisés pour l’occasion.
Dès le mois d’août 2024, à mi-chemin dans le programme olympique, celui qui était alors Président du CIO avait ainsi estimé que :
La France et l’ensemble de la population française ont accueilli le monde à bras et à cœur ouverts. Ils ont donné au monde un aperçu de l’Hexagone et de la passion que vouent les Françaises et les Français au sport.
Nous découvrons une France follement éprise des Jeux Olympiques, dans la ville de l’amour, à Paris, mais aussi partout en France. […]
Des millions de personnes dans les rues de Paris, des sites pleins partout, une ambiance inégalée, à la natation, au rugby, à la voile à Marseille – et vous n’avez jamais vu d’escrime si vous ne l’avez pas vue au Grand Palais, où des milliers de personnes chantent et encouragent chaque concurrent dans un cadre magnifique. Le triathlon était tout simplement sensationnel, ou devrais-je dire « Seinesationnel ».
Les athlètes adorent. Et cet enthousiasme général va dans les deux sens. Les athlètes, avec leur passion et la qualité sans précédent des compétitions, sont une source d’inspiration pour le public et le public ne fait qu’accroître la motivation des athlètes en retour.
Après la ferveur vécu sur l’instant, la joie du Président du CIO vis-à-vis de cette édition singulière avait perduré.
Toujours dans le courant de l’année 2024, Thomas Bach avait ainsi pu saluer la qualité des Jeux de Paris 2024, remercier les organisateurs et s’entretenir avec les représentants des pouvoirs publics, de la Maire de Paris, Anne Hidalgo, au Chef de l’État, Emmanuel Macron.
En fin d’année, celui qui renonça à se porter candidat à un hypothétique troisième mandat à la tête du CIO, traça finalement un bilan, lui qui fut la figure de proue et l’artisan des réformes olympiques de l’Agenda 2020 et de l’Agenda 2020+5.
Comme il le déclara en décembre dernier :
En 2014, nous avions une vision pour l’avenir des Jeux Olympiques. Cette vision a été exposée dans notre Agenda olympique 2020 ; elle repose sur un seul grand principe : des Jeux Olympiques où les athlètes et le sport occupent une place centrale. Des Jeux plus urbains, plus jeunes, plus durables, plus inclusifs. Des Jeux Olympiques où la parité hommes-femmes est respectée, avec le même nombre de places de qualification pour les sportives et les sportifs. Paris 2024 a adhéré à l’Agenda olympique 2020 dès la phase de planification de la candidature, en étroite coopération avec le CIO. […]
Ces Jeux ont véritablement été les Jeux Olympiques d’une nouvelle ère. Le monde aspirait à un événement porteur d’espoir, de joie et de fierté. Un événement fédérateur auquel il pourrait croire. Et c’est ce que furent les Jeux Olympiques de Paris 2024.
Je ne peux que dire « Merci beaucoup Paris 2024 », et « Chapeau » !
Fort de ce constat, durant le week-end passé, Thomas Bach – sous le charme des Jeux de Paris 2024 dès la phase préparatoire et ses visites in situ – a naturellement pris part aux festivités entourant le premier anniversaire des Jeux.
Pour l’occasion, le Président d’honneur du CIO était présent dans la capitale française avec celle qui lui a succédé le mois dernier, Kirsty Coventry.
Les deux leaders olympiques ont dès lors multiplié les séquences, dès le vendredi 25 juillet en étant reçus au Palais de l’Élysée par le Président de la République, et même jusqu’au surlendemain, l’ancien patron du CIO assistant à l’événement « Week-end bleu Tour de France » organisé par le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) en marge de l’arrivée de la « Grande Boucle ».
Dès le début de la matinée du 26 juillet, à la tête d’une délégation comprenant notamment le Président de la Commission de Coordination des Jeux de Paris 2024 – et désormais des Alpes françaises 2030 – Pierre-Olivier Beckers-Vieujant, Kirsty Coventry et son prédécesseur se sont rendus sur les bords de Seine qui fut une actrice particulière des Jeux, de la spectaculaire Cérémonie d’ouverture au déroulement de certaines épreuves.
L’occasion tant de découvrir le site de baignade du Bras Marie – l’un des trois récemment ouverts au public en signe d’héritage des Jeux – que l’emplacement du futur Monument des Championnes et des Champions de Paris 2024.
Un ensemble monumental a par la suite été révélé, au Nord de Paris, le long de la Rue de la Chapelle (18ème arrondissement).
Les dix statues dorées de femmes illustres qui avaient émergé de la Seine lors de la Cérémonie d’ouverture des JO 2024 y ont été disposées de chaque côté de la promenade piétonne aménagée par la Ville de Paris dans le prolongement de la réalisation de l’Adidas Arena dont le parvis, a lui-aussi été inauguré en présence de la délégation olympique.
L’un des temps-forts des célébrations de la date anniversaire de l’ouverture des JO fut par la suite orchestré au sein même du Grand Palais (8ème arrondissement) qui, à l’été 2024, fut l’une des scènes iconiques, spécialement mobilisé pour les épreuves d’escrime, de taekwondo lors des Jeux Olympiques, puis de para-escrime et de para-taekwondo au moment des Jeux Paralympiques.
Sur place, Kirsty Coventry et Thomas Bach ont pu retrouver la ferveur des Jeux incarnée par la présence de dizaines de volontaires, mais également d’athlètes et de para-athlètes. L’événement s’est tenu en présence également des autorités, de la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marie Barsacq, en passant par le Préfet de Paris et de la Région Île-de-France, Marc Guillaume, mais aussi par la Présidente du CNOSF et ancienne Ministre, Amélie Oudéa-Castéra.
Ainsi que l’affirma la première femme Présidente du CIO :
C’est un grand honneur pour moi d’être ici avec vous toutes et tous pour vivre ce moment magique. Il suffit de voir l’enthousiasme qui règne dans cette salle pour ressentir l’énergie que vous avez créée.
Ces Jeux n’auraient pas été possibles sans vous. Vous avez fait de ces Jeux quelque chose d’unique.
La joie, le dévouement et le travail d’équipe ont été les mots d’ordre des Jeux de Paris 2024, ils doivent perdurer – c’est ce qui a rendu ces Jeux si spéciaux.
La patronne olympique ne manqua pas l’occasion non plus de saluer Tony Estanguet, Président du Comité d’Organisation des Jeux (COJO), sachant qu’ils ont fait leur entrée dans l’institution de Lausanne (Suisse) en même temps, ayant été élus par leurs pairs athlètes lors des Jeux de Londres 2012.
Ainsi qu’elle le déclara :
Nous avons commencé en tant qu’athlètes et nous faisons maintenant partie du Mouvement olympique en tant que dirigeants sportifs.
Je suis très fière d’être à vos côtés dans cette aventure.
Mais pour s’imprégner encore davantage dans le souvenir et l’énergie des Jeux, la délégation olympique et les officiels ont pu gagner la Seine-Saint-Denis, territoire où l’héritage de Paris 2024 est sans doute le plus tangible.
Il faut dire qu’au-delà de la tenue sur place d’un certain nombre de compétitions durant les Jeux, le Département limitrophe de la capitale – l’un des plus défavorisés du pays – a surtout vu la venue de l’événement planétaire comme un tremplin insufflant une dynamique, notamment en ce qui concerne l’héritage aquatique.
Alors que la Seine-Saint-Denis faisait figure de mauvais élève concernant le taux d’apprentissage de la natation chez les plus jeunes, le Département a bénéficié de l’apport de bassins consécutifs en partie à l’édification du Centre Aquatique Olympique à Saint-Denis, face au Stade de France. La dépose des bassins temporaires – issus notamment de la Paris La Défense Arena – a aussi offert un gain d’infrastructures à la Seine-Saint-Denis, où d’autres installations sportives et ouvertes au public ont émergé au fil des préparatifs des Jeux.
Forte d’un héritage qui, outre l’univers aquatique, a aussi permis l’intégration de structures d’escalade ou de modules de skateboard, sans compter bien sûr la construction et l’aménagement de nouveaux quartiers issus du Village des Athlètes et du Village des Médias, la Seine-Saint-Denis est aujourd’hui élevée au rang de source d’inspiration pour les futurs hôtes, que ce soit Los Angeles 2028 ou Brisbane 2032, dont des délégations se sont récemment rendus sur place.
Aussi, Kirsty Coventry et Thomas Bach ont pu pleinement mesurer ledit héritage en visitant d’abord le Centre Aquatique Olympique.
Unique site sportif construit spécifiquement dans la perspective des Jeux, l’enceinte installe un nouveau cadre sportif et urbain.
Sportif, car il permet d’apporter davantage d’opportunités d’apprentissage et de pratique, pour la natation, mais également pour l’escalade et le padel, avec l’agencement d’équipements dédiés. Urbain, car il s’inscrit dans le développement de la ZAC Plaine Saulnier qui, à terme, redéfinira l’espace paysager environnant, avec de nouveaux logements, des bureaux, des commerces et un vaste parc à quelques encablures du Stade de France.
Sur place, Patrick Ollier, Président de la Métropole du Grand Paris – entité qui a assuré la maîtrise d’ouvrage du Centre Aquatique Olympique – n’a pas manqué de vanter les atouts de la structure, identifiable du fait de sa signature architecturale, qui abritera en 2026 les Championnats d’Europe de natation.
Le Président de la Métropole a par ailleurs offert à Kirsty Coventry et à Thomas Bach une affiche collector symbolisant l’ouvrage qui arbore les anneaux olympiques en souvenir de la venue des Jeux.
Les leaders olympiques ont ensuite pu mesurer l’enthousiasme persistant auprès de la population et l’apport des Jeux sur le territoire francilien en découvrant le Terrain des Essences, adjacent au site du Village des Médias, avec comme guide du jour, Stéphane Troussel, Président du Conseil Départemental de la Seine-Saint-Denis.
Ce site, qui a bénéficié d’une importante campagne de dépollution, a permis d’accroître la superficie du Parc Georges Valbon, poumon vert du Département et l’un des trois plus grands espaces du genre en Île-de-France.
Au-delà d’une déambulation pédestre durant une partie de l’après-midi du 26 juillet, la visite ensoleillée a été l’occasion de dévoiler les anneaux olympiques sur la plage du Parc, comme pour rappeler que le site fut l’un des principaux lieux de festivités des Jeux en France.
Au moment des Jeux de Paris 2024, le Parc Georges Valbon avait en effet été aménagé pour accueillir des milliers de visiteurs dans un esprit festif et populaire accessible à tous.
Un écran-géant avait ainsi été disposé sur le lac, tandis qu’un impressionnant skyliner de 80 mètres de haut avait été disposé à l’endroit où se situe aujourd’hui la grande-roue, offrant une vue panoramique sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis et même au-delà.
Des espaces de détente et de restauration, ainsi que des ateliers et des terrains sportifs avaient également été aménagés, comprenant notamment un mur d’escalade, un skate park et un terrain de basket 3×3.
Aussi, en révélant in situ de nouveaux anneaux olympiques, le CIO a voulu montrer sa reconnaissance pour un territoire qui a été associé aux Jeux dès la phase de candidature de Paris 2024.
Plus globalement, la venue en France de la délégation conduite par Kirsty Coventry a permis de sanctuariser une relation de confiance tissée au fil des ans et que Paris 2024 a immanquablement consolidé et ce, après les échecs des candidatures passées, tant en ce qui concerne les prétentions territoriales – Paris 1992, Lille 2004, Paris 2012, Annecy 2018 – que les candidatures de personnalités désireuses de devenir membres de la vénérable institution olympique.
Les déconvenues du passé ont finalement été balayées par le succès de la candidature tricolore pour 2024 et encore davantage par la réussite organisationnelle de Jeux qui ont pris le relais d’une édition 2020 perturbée par les conséquences de la crise sanitaire du Covid-19.
Le fait d’avoir implanté les Jeux en cœur de ville a été un marqueur essentiel de cette réussite, avec une Cérémonie d’ouverture donnant le ton d’une quinzaine olympique flamboyante ; les Jeux de 2024 s’étant soldés par des records, sur la billetterie ou sur la diffusion télévisée à travers le monde, et avec une maîtrise budgétaire pour l’instance organisatrice.
Pour parachever le souvenir de Jeux qui ont fait de Paris 2024 un modèle à suivre, Kirsty Coventry – qui a pu s’entretenir lors de rencontres bilatérales avec Marie Barsacq et avec Amélie Oudéa-Castéra – et Thomas Bach ont enfin pris part à l’envol de la vasque dans le Jardin des Tuileries.
Comme durant les Jeux et, grâce à l’accord conclu avec le CIO, encore chaque été jusqu’aux Jeux de Los Angeles 2028, ladite vasque suscite un intérêt persistant de la part des habitants de Paris et des visiteurs qui sont des milliers à venir admirer l’œuvre de Mathieu Lehanneur, en journée et à la tombée de la nuit lorsque l’anneau-flamme et sa montgolfière s’élèvent dans le ciel parisien.
A l’évidence, les Jeux de Paris 2024 ont laissé une empreinte indélébile dans l’esprit du CIO, de ses membres et de ses leaders.
Reste à savoir désormais si une telle empreinte pourra être laissée – avec l’héritage qui va avec – lors des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030.
Si les festivités du week-end passé ont été consacrées à Paris 2024, la perspective des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver de 2030 a tout de même été évoquée, lors des échanges menés par Kirsty Coventry avec les autorités, et au travers de la présence, notamment lors de la séquence finale aux Tuileries, du Président du Comité d’Organisation des Jeux (COJO), Edgar Grospiron.
Opérée dans un cadre bien différent de celui de Paris 2024, la désignation des Alpes françaises 2030 s’était faite sous conditions à l’avant-veille de la Cérémonie d’ouverture l’année dernière.
Depuis, l’enclenchement des préparatifs d’accueil de l’événement s’est formalisé à l’aune d’une succession de péripéties et autres épreuves, de la signature attendue et repoussée des garanties de l’État, en passant par le mouvementé feuilleton de la nomination du Président du COJO, sans oublier également les nombreuses questions en suspens quant à la localisation des sites ou la problématique du financement des Jeux.
Après le succès de Paris 2024 et la confiance pleine et entière nouée à cette occasion, le CIO devra in fine faire preuve d’une inévitable vigilance.
Quoiqu’il en soit, les Jeux des Alpes françaises 2030 ne seront pas une réplique des Jeux de Paris 2024, la conception même des candidatures étant distincte ; le modèle et l’esprit étant également différents.
Le souvenir et la magie des JO 2024 pourront toutefois être perceptibles au travers de l’apport de personnalités qui, après avoir œuvré au sein du COJO de Paris 2024, travaillent déjà ou s’apprêtent à rejoindre le Comité d’Organisation des Jeux de 2030.
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