L’organisation des épreuves de triathlon et de natation en eau libre dans la Seine aura été l’un des challenges majeurs des parties prenantes au projet de Paris 2024. Si la composante paralympique doit encore avoir lieu, le volet olympique a d’ores et déjà laissé des images spectaculaires dans un cadre urbain d’exception.

Des mois durant, de vives critiques ont fusé de part et d’autre quant à l’opportunité de maintenir le concept initial de compétitions sportives dans la Seine, certains commentateurs des réseaux sociaux voire même quelques médias se prenant pour des experts, d’autres n’hésitant pas à relayer de véritables fake news ou à propager des informations erronées.
Face à cela, les organisateurs des JO 2024 ont su tenir bon, tout comme les pouvoirs publics engagés dans la réussite des Jeux et, spécifiquement dans le cas présent, dans le vaste chantier visant à rendre le fleuve francilien baignable pour l’été 2024 et la mise en place des épreuves olympiques et paralympiques, avec de surcroît la volonté affichée de créer un héritage important pour le territoire.
Car si les critiques ont retenu le seul chiffre de 1,4 milliard d’euros correspondant audit chantier, ils ont parfois ostensiblement négligé le fait que les travaux engagés en amont de Paris et dans Paris intra-muros – avec notamment l’aménagement du bassin d’Austerlitz ou le raccordement des péniches amarrées le long du fleuve – ont surtout eu pour finalité de pouvoir mettre en perspective l’ouverture de divers endroits de baignade à l’horizon 2025 sur la Seine et sur la Marne.
Un siècle après l’interdiction faite aux Parisiens de se baigner dans le fleuve, la venue des Jeux aura de facto faciliter la concrétisation d’une ambition déjà évoquée au milieu des années 1980 par l’ancien Maire de la capitale, Jacques Chirac.
Aussi, l’agencement des compétitions olympiques – puis dans quelques semaines celui des épreuves paralympiques (1er et 02 septembre 2024) – a été scruté à la loupe par les parties au projet soucieuses d’être au rendez-vous de l’événement en ce qui concerne les critères de baignabilité.
En ce sens, l’eau du fleuve a été analysée à maintes reprises, que ce soit en amont des épreuves, mais aussi en préambule des journées dites de familiarisation et ce, au regard des conditions sanitaires fixées par les règlements des Fédérations Internationales concernées, à savoir World Triathlon et World Aquatics.
Il en ressort que l’eau de la Seine a été de bonne qualité lors des cinq épreuves de triathlon et de natation en eau libre – ou natation marathon – des Jeux Olympiques de Paris 2024 selon les résultats complets dévoilés ce jour en tenant compte des quatre points de prélèvements (Pont Alexandre III, Pont des Invalides, Port du Gros Caillou, Pont de l’Alma).
Les organisateurs et les Fédérations Internationales précitées par avaient néanmoins pris la décision d’adapter les étapes de familiarisation et l’une des épreuves consécutivement aux épisodes pluvieux qui se sont abattus sur la région francilienne le jour de la Cérémonie d’ouverture et après.
Comme le précise en ce sens un communiqué du Comité d’Organisation de Paris 2024, ce dimanche 11 août 2024 :
Les épisodes de pluies des 26 juillet, le jour de la Cérémonie d’ouverture, et 27 juillet, puis les orages des 31 juillet au 02 août (43 mm), qui se sont matérialisés par des cumuls importants à Paris et sur l’amont, ont dégradé la qualité de l’eau de la Seine sur quelques jours.
Cela a conduit à annuler des jours de familiarisation et, par précaution, à reporter l’épreuve de triathlon masculine du 30 juillet, sachant que les résultats des prélèvements connus le lendemain se sont révélés satisfaisants.
La tenue effective des compétitions selon les plans prévus a en tout cas permis d’offrir un cadre prestigieux aux athlètes et aux milliers de spectateurs qui ont répondu présents pour suivre les épreuves le long de la Seine et sur la partie terrestre au cœur de Paris.
Ainsi que l’a d’ailleurs salué Marisol Casado, Présidente de World Triathlon et membre du Comité International Olympique (CIO) :
Je peux dire sans crainte d’être contredite que les trois épreuves de triathlon ont été l’un des plus grands spectacles de ces Jeux Olympiques. Et elles l’ont été non seulement grâce aux performances exceptionnelles de nos triathlètes, mais aussi grâce au cadre magnifique offert par Paris 2024, avec la ligne d’arrivée sur le Pont Alexandre III, la Tour Eiffel et l’Arc de Triomphe comme témoins, ainsi que les Invalides et le Grand Palais.
Au nom de World Triathlon, nous tenons à remercier chaleureusement les athlètes pour leur effort, ainsi que Paris 2024, la Ville de Paris et l’État pour leur engagement à nous fournir un lieu de compétition que nous n’oublierons jamais et qu’il sera difficile de surpasser. Et bien sûr, aux dizaines de milliers de spectateurs qui sont venus tôt le matin pour encourager les athlètes, laissant à chacun un souvenir inoubliable.
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