Alpes françaises 2030 : Edgar Grospiron proposé pour la présidence du COJO

A l’issue de plusieurs mois de tergiversations, les parties prenantes au projet olympique et paralympique des Alpes françaises 2030 se sont enfin accordées sur l’identité de celui qui s’installera officiellement à la présidence du Comité d’Organisation des Jeux d’hiver de 2030 lors de l’Assemblée Générale constitutive de l’instance programmée pour le 18 février prochain.

(Crédits – Edgar Grospiron / Page officielle Facebook)

De longs mois durant, le Comité International Olympique (CIO) aura sans nul doute regardé la mise en place de la gouvernance des Alpes françaises 2030 avec une pointe de fatalisme, un soupçon d’agacement, et une certaine dose d’impatience.

Tandis que Paris 2024 avait réussi son atterrissage entre la phase de candidature et l’enclenchement des préparatifs d’organisation, le dossier tricolore pour les Jeux d’hiver de 2030 a plus que tardé à se structurer.

Il faut dire que contrairement au projet pensé pour l’édition estivale de 2024 qui avait annoncé les intentions au sujet de la gouvernance du Comité d’Organisation (COJO) dès l’étape-clé de la visite de la Commission d’évaluation en mai 2017, les Alpes françaises 2030 n’ont pas su jusqu’à présent travailler cet aspect pourtant essentiel devant guider les organisateurs et l’ensemble des acteurs associés.

Rien de bien étonnant lorsque l’on sait que le projet des Jeux d’hiver s’est avant tout constitué sur la base d’ambitions territoriales et politiques, avec un leadership partagé entre les deux Présidents des Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur.

Paris 2024 avait à l’inverse fondé sa candidature sur un tandem issu du Mouvement sportif et en mesure de dialoguer et de convaincre les diverses parties, Bernard Lapasset se concentrant alors sur les dirigeants institutionnels et Tony Estanguet se faisant le relais des athlètes. La mise sur orbite du COJO s’était ensuite opérée sans turbulence, Tony Estanguet prenant seul les commandes.

Du côté des Alpes françaises 2030, un profil a bien un temps émergé pour incarner le projet en la personne de Martin Fourcade.

Toutefois, l’évidente hostilité affichée par les deux leaders régionaux – et la virulente charge de l’un d’eux ces derniers jours en a été une amère illustration – n’a pas permis au sextuple Champion Olympique de biathlon de pouvoir entamer une mission si singulière en confiance avec ses interlocuteurs et de surcroît en osmose avec ses convictions profondes.

Aussi, les jours qui ont suivi le renoncement de Martin Fourcade avec pertes et fracas ont conduit les acteurs du projet français désigné à l’été 2024 à retravailler les contours de la gouvernance et à se remettre autour de la table pour convenir d’un profil adéquat pour le poste de Président du COJO.

In fine, à l’aune d’une ultime réunion opérée ce jeudi 13 février 2025 en présence des représentants du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), du Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF), des Régions concernées, du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, et enfin de la Délégation Interministérielle aux Jeux Olympiques et Paralympiques (DIJOP), avec l’appui de Michel Barnier, missionné par le CIO, tous ont convergé vers la candidature proposée par Edgar Grospiron.

Ainsi que l’a précisé un communiqué conjoint des parties publié ce jour en fin d’après-midi :

Fin connaisseur du Mouvement olympique, Edgar Grospiron a convaincu par son énergie, sa passion et son expertise. […]

Lors de leurs échanges, les parties prenantes ont salué la qualité des candidatures reçues qui reflète l’attractivité des Jeux de 2030. Ils ont remercié l’ensemble des autres candidats (Nathalie Péchalat, Vincent Jay, Marie Martinod, Jean-Luc Crétier, Gérard Holtz) et souhaité qu’ils puissent s’engager dans la réussite du projet. Ils ont souligné leur volonté commune, qu’autour du COJOP emmené par Edgard Grospiron, le projet Alpes françaises 2030 rassemble largement le mouvement sportif et tous les Français.

Edgar Grospiron au jour de l’officialisation de la candidature de Paris 2024 depuis le siège du Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF) à Paris, mardi 23 juin 2015 (Crédits – Sport & Société)

La quête d’un leader aura été particulièrement éprouvante et douloureuse.

Elle débouche aujourd’hui sur un profil qui a su se montrer incontournable ces derniers jours, même si les marges de manœuvre du futur Président du COJO seront à apprécier au regard de la nature et de la portée des décisions que prendra l’instance.

Car ne nous y trompons pas, les deux Régions-Hôtes pourraient bien ne pas lâcher aussi aisément le guidon, ces dernières se montrant depuis les prémices de la candidature soucieuses des bénéfices qu’elles pourraient tirer de la venue des Jeux.

Au risque toutefois de paraître quelque peu éloignées des nouveaux standards véhiculés par le CIO pour des Jeux qui s’adaptent au territoire plutôt que l’inverse.

Âgé de 55 ans, le natif de Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie) qui fut Champion Olympique de ski de bosses aux Jeux de 1992 – hasard du calendrier, il y a tout juste trente-trois ans jour pour jour – et qui fut par ailleurs Champion du Monde en 1989, 1991 et 1995, avant de devenir conférencier, aura à l’évidence à batailler pour tenir le cap au cours des cinq prochaines années.

Edgar Grospiron – un temps Directeur Général du Comité de Candidature d’Annecy 2018 que « Sport & Société » avait eu l’occasion d’interviewer en juin 2015 en marge du lancement de la candidature de Paris 2024 – devra de facto, en concertation avec chacun des acteurs associés, définir la vision et les objectifs d’une ambition olympique et paralympique qui se matérialisera à nouveau sur le sol français, six ans après Paris 2024 et trente-huit ans après Albertville 1992.

Il devra en outre tenter de maintenir le nouvel équilibre restant à concevoir entre les parties au projet jusqu’à la livraison effective des JO 2030.

Le plus difficile commence désormais et les prochaines semaines seront en ce sens décisives pour consolider la gouvernance des Jeux.

Elles le seront d’autant plus pour convaincre pleinement le CIO et les futurs partenaires de l’événement que le bon choix a été fait dans l’intérêt de tous, alors que le feuilleton des mois passés a sérieusement ébranlé les certitudes sur la capacité de la France à accueillir la manifestation hivernale dans le prolongement du succès incontestable des Jeux de Paris 2024.


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