Le mois qui s’ouvre sera crucial pour les porteurs du projet des Jeux d’hiver des Alpes françaises 2030, avec en particulier l’installation effective du Comité d’Organisation (COJO) programmée pour le 18 février prochain.

Après une fin d’année 2024 mouvementée pour les acteurs du projet olympique et paralympique des Alpes françaises 2030, le début d’année 2025 n’en est pas moins chaotique.
Si les parties prenantes s’activent pour mettre en place les structures de gouvernance, que ce soit au niveau de la Société de Livraison des Ouvrages Olympiques (SOLIDEO 2030) et bien sûr du COJO, le temps presse déjà. L’ouverture de la première édition des Jeux d’hiver à se tenir dans l’Hexagone depuis Albertville 1992 doit en effet avoir lieu dans cinq ans à peine.
Évidemment, les organisateurs misent grandement sur l’expérience acquise grâce aux Jeux de Paris 2024 et sur l’expertise tricolore de la montagne et des sports d’hiver. Il n’empêche, orchestrer un événement de la dimension des Jeux en l’espace de cinq petites années constitue bel et bien un défi logistique qui ne saurait désormais souffrir d’aucun retard.
De quoi certainement provoquer un début de sueurs froides du côté du Comité International Olympique (CIO) qui a d’ailleurs récemment missionné Michel Barnier – éphémère Premier Ministre français et surtout ancien Coprésident du COJO d’Albertville 1992 pour engager la préfiguration de la structure organisationnelle des JO 2030.
Ces dernières semaines, le tempo s’est en tout cas accéléré, avec des réunions et rencontres au sommet orchestrées tant à l’initiative de la Ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marie Barsacq, que de Michel Barnier qui, du temps de ses fonctions à l’Hôtel de Matignon, avait déjà montré son attachement singulier au projet olympique et paralympique.
Aussi, ce jeudi 30 janvier 2025, l’ensemble des parties prenantes – à savoir le Ministère, la Délégation Interministérielle aux Jeux Olympiques et Paralympique (DIJOP), les Régions Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte-d’Azur, le Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), le Comité Paralympique et Sportif Français (CPSF) – en concertation avec le CIO ont convenu de l’installation du COJO à la date du 18 février 2025.
Ce jour-là, une Assemblée Générale constitutive se tiendra ainsi pour mettre en marche l’instance qui aura à piloter l’organisation des JO 2030, sachant que l’identité du Président de ladite instance devrait être dévoilée peu avant, les discussions se poursuivant à ce stade quant au profil le plus adapté pour conduire un projet fortement impacté par l’omniprésence politique depuis les prémices de la candidature.
Cette omniprésence et les pressions qui vont avec pour maintenir sur chaque élément stratégique un équilibre entre les deux Régions Hôtes pèsent sur le choix du futur leader, alors que l’option Martin Fourcade semble avoir du plomb dans l’aile malgré la confiance du CIO dont l’ancien biathlète est l’un des membres depuis 2022. A en croire « Le Dauphiné Libéré », le sextuple Champion olympique aurait même décidé de renoncer à sa candidature au poste de Président du COJO.
Loin de se pencher sur le cas spécifique de la présidence du COJO, le Ministère a néanmoins tenu à faire savoir que les chantiers de la gouvernance étaient en mouvement. Comme l’indiqué en ce sens un communiqué :
Les statuts du Comité d’Organisation font l’objet d’un accord entre les parties prenantes.
Les travaux de préfiguration du Comité se concrétisent avec la préparation du pilotage du Comité d’Organisation ainsi que des premiers recrutements.
L’appel à candidature pour le recrutement du Directeur Général du futur Comité est en cours de publication pour garantir la constitution de l’équipe de direction dans les prochaines semaines.
Preuve de la montée en puissance constatée autour de l’établissement à venir des structures de gouvernance et eu égard aux échanges menés avec les représentants des Régions et des Départements concernés, une nouvelle rencontre entre Marie Barsacq et Michel Barnier a eu lieu le 29 janvier, à la demande du Premier Ministre, François Bayrou.
L’actuel Chef du gouvernement a conscience de l’urgence d’une situation imbriquée dans un contexte politique marqué par l’instabilité alors que la France se cherche toujours un budget pour l’année 2025. Sur ce point, les prochains jours seront déterminants pour le devenir du gouvernement français, une nouvelle motion de censure pouvant théoriquement conduire à sa chute dès le mercredi 05 février.
Pour le dossier des Alpes françaises 2030, les prochains jours seront également essentiels pour sanctuariser la question budgétaire et les éléments techniques entourant la problématique des sites appelés à recevoir les compétitions.
Ainsi que l’a évoqué le communiqué du Ministère :
La mission d’appui, composée de représentants des inspections générales des finances, de l’environnement et du développement durable, et de l’éducation, du sport et de la recherche a été constituée.
Elle prépare les arbitrages qui seront pris par le gouvernement et les parties prenantes sur le budget du COJO, la maquette de la SOLIDEO et les projets d’infrastructures, d’ici la fin du premier trimestre 2025, dans une exigence d’efficacité et de sobriété qui est aux fondements du projet.
Alors que les préparatifs des Jeux d’hiver de Milan-Cortina 2026 ont été – et restent – marqués par des décisions polémiques, le CIO avait sans doute espéré s’éviter de nouvelles tensions en accordant sa confiance aux Alpes françaises pour 2030.
Le succès des Jeux d’été de Paris 2024 – salué à plusieurs reprises par le CIO – avait immanquablement ajouté à cet espoir.
A ce jour, l’essentiel reste pourtant à faire pour les acteurs du projet qui devront démontrer leur parfaite entente et une certaine coordination quant à la mise en œuvre effective des objectifs promis durant la phase de candidature.
Il en va de la crédibilité de la France au sein du Mouvement olympique.
Cet enjeu est d’autant plus important à l’heure où un cinquième membre – Tony Estanguet – s’apprête à faire son retour dans le saint des saints qu’est la Session du CIO, quelques années après avoir quitté l’institution de Lausanne (Suisse) et quelques mois après avoir assuré avec brio la livraison des JO 2024 en sa qualité de Président du COJO de Paris 2024. A l’heure aussi où le CIO se prépare à l’arrivée de son nouveau leader dont l’élection aura lieu à la fin du mois de mars 2025 avec, parmi les postulants, le Président du CNOSF, David Lappartient.
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